La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes |
|
|
2011 : Toutes les prédications
Tous espèrent une aide... qu'en est-il de notre bénévolat ?Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains - Esaïe 58 v 7 ss
Chers frères et sœurs
Au catéchisme, le verset que nous avons appris ensemble pour ce jour est tiré du Psaume 145 : Les yeux de tous espèrent en toi et tu leur donnes leur nourriture en son temps Des yeux qui espèrent… nous avons tous en mémoire ces yeux d’enfants affamés, ces regards dont certains expriment encore une attente, et d’autres regards sur lesquels le voile de la mort est déjà discernable. Ces yeux qui nous regardent… c’est parfois insupportable, car troublant, douloureux, bien entendu d’autant plus qu’il s’agit d’enfants. Cette introduction à notre réflexion est un peu rude, mais elle est l’écho de ce que dénonçait le prophète Esaïe : Donne du pain à celui qui est affamé, ouvre ta porte à celui qui est sans asile. Aujourd’hui, dans le sud soudan, à majorité chrétienne, on meurt toujours de faim. Un tsunami est filmé par les médias, un Fukushima fait du bruit et des dégâts, mais d’autres drames ne font pas de bruit. Il en est ainsi de la faim dans le Sud Soudan et de la faim dans le monde. Cet avertissement si sévère du prophète Esaïe est sensationnel de bon sens. A quoi sert la religion ? Superficiellement les religieux de l’époque avaient bien institué des rites, des habits, la manière d’égorger une bête, une manière de la partager, de la brûler. Ils avaient bel et bien établi des fêtes pour que toute l’année les croyants aillent d’une fête, vers une commémoration. Qu’est-ce qu’un bon Israélite ? Celui qui observe la loi. Comment doit-on manger, qu’a-t-on le droit de manger, qu’est-ce qui est pur, qu’est-ce qui est impur ? Qu’est-ce que le respect du Sabbat ? Quels sont les pèlerinages que l’on doit faire ? Qui peut-on épouser, quand peut-on divorcer ? Etc. Etc. Des centaines de lois, un maquis de lois. Et au milieu le cri des prophètes Esaïe et Amos : « 21Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos cérémonies… 3Cessez d'apporter de vaines offrandes : L'encens me fait horreur ; Quant aux nouvelles lunes, aux sabbats et aux assemblées,Je ne puis (voir) le crime avec les solennités. Je paraphrase : Vous respectez ma loi et vous laissez des gens mourir de faim ? Vous dites respecter mes lois, et vous laissez des gens sans asile, sans nourriture, sans vêtement, sans couverture ? Cette protestation est reprise par Jésus quand il mentionne le jour où deux files se formeront :
Le riche de Luc 12, lecture du jour, ne pensait qu’à profiter du bon temps qu’il avait devant lui. Ajouter une pièce à sa maison, ajouter une pièce pour y entasser encore plus de biens. Et puis son âme lui sera redemandée… cette nuit même… Cela fait trois ans que je suis parmi vous, et je dois dire que quelque chose me frappe quand j’écris le « Lebenslauf », la biographie des personnes décédées. Bien entendu, nous avons toujours l’évocation de joies et de peines, du mariage et des enfants, du métier, de la carrière ou des déménagements. Bien entendu, on aime les voyages, on aime sa maison, on aime les siens dont on a partagé la peine. Tout cela est bien normal. Mais à la lumière des textes du jour je cherche ce qu’un homme ou une femme, auront donné aux autres. Quelle a été sa militance, a-t-il fait partie d’une association ? A-t-il exercé un bénévolat ? Bref, qu’a-t-il fait pour les autres, ceux qui avaient besoin d’aide, de présence, d’idée, de proximité. Au-delà de ce qui est personnel et inconnu, je ne puis que constater la faiblesse du don que l’on fait à l’autre. J’aimerais qu’à la fin de nos vies, quand nous évoquerons nos centres d’intérêts, l’utilisation de nos talents, que l’on puisse également mentionner les lieux : associations, politique, organisme, paroisse où l’on a donné de soi, pour les autres. Le pasteur évoque la vie des défunts, puis, là-haut, nous formerons deux files, celles qui sont évoquées par Jésus. C’est donc une exhortation à veiller à ce que nos charges et nos joies quotidiennes ne nous fassent pas oublier nos devoirs de fraternité. Mais à présent sortons de la lamentation pour nous réjouir avec le Psalmiste. « Les yeux de tous espèrent en toi et tu leur donnes la nourriture en son temps ». Jésus disait : « Demandez et vous recevrez, frappez et l’on vous ouvrira » Nous voulons nous réjouir de la nature, nous réjouir des jeunes qui sont présents, nous réjouir des personnes qui osent et qui trouvent le sens de leur vie par une autre orientation. Merci aux bénévoles, merci aux donateurs, merci aux fidèles, merci à ceux qui répondent présent car nous sommes tous des riches. Oh pas forcément en argent, mais nous pouvons avec simplicité et cordialité rendre de petits services, même les plus pauvres peuvent serrer une main, offrir une pomme, venir chanter avec la chorale, distribuer quelque chose. Offrir une amitié, un sourire, une présence. C’est là que nous voyons le panier se remplir de fruits et de légumes. C’est à ce moment-là que l’autel est décoré et que le culte rendu à Dieu est beau, car nos vies expriment de l’empathie, de la bonté, de la solidarité. Que la grâce de Dieu soit avec nous et suscite en nous de nombreuses bonnes œuvres. Frères et sœurs, vivrons-nous ainsi : Amen, c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi. Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 20 Octobre 2011
Lu 210 fois
Dans la même rubrique :
|
|
|
Site d'information de la paroisse protestante luthérienne de Niederbronn-les-Bains, Eglise membre de l'Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine -EPCAAL -
|
|
Accueil
Nous vivons une crise de toute parole