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Témoignages de vacances différentes et photos de l'assemblée paroissiale

Les réflexions de trois participants ayant vécu des vacances différentes, plus dépouillées


Pourquoi être attiré par la prière monastique ?

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Quand on cherche un peu, sur la route des vacances ou via internet, on constate l’existence d’un grand nombre de monastères  avec des communautés religieuses de frères ou sœurs, catholiques ou protestants …. qui ouvrent les portes de leur monastère pour permettre aux laïcs  d’assister à un office, de faire « retraite. ». Cela existe depuis le début du Christianisme  et  doit correspondre à un besoin.
 
Nous allons vous parler d’une communauté que nous connaissons, celle de TAIZE, un petit village sur une colline de Saône et Loire, près de Cluny ou Macon, dans le Beaujolais.  C’est l’une des rares communautés de frères œcuménique…l’église du lieu s’appelle église de la Réconciliation … tout un programme !
Elle a été fondée en 1940 par un jeune réformé suisse de 25 ans, Roger Schutz,  pour venir en aide aux personnes ayant des difficultés avec l’occupant. Frère Roger, le prieur de la Communauté, l’a magnifiquement conduite jusqu’à avoir ce rayonnement mondial et interreligieux qu’on lui connaît. … Il fut assassiné en plein office, pendant la prière, en 2005. C’est Frère Aloïs, un allemand, qui lui succède. La communauté refuse tout don pour elle-même et ne vit que du fruit du travail des frères.
 
Ce que nous aimons à Taizé, c’est :
- une église « habitée » toute l’année
- plein, plein de jeunes du monde entier, mais aussi des gens de toutes les générations, des enfants, des vieillards… on peut alors vraiment ressentir la communion des chrétiens, l’esprit d’unité, l’Eglise universelle.
- une autre forme de beauté dans l’architecture de l’église, sa décoration, la beauté des chants. Ces chants très courts, donc assez faciles à mémoriser, sont repris  10, 15, 20 fois comme une mélopée qui monte vers Dieu. Nous avons fait l’expérience dans des moments difficiles de notre vie combien cette prière chantée nous porte, nous donne une paix profonde. A Taizé on chante en français, latin, allemand, anglais, italien, espagnol, polonais…. selon l’origine des pélerins du moment. De même, l’Evangile est aussi lu en plusieurs langues.
- un temps de silence, loin de l’agitation de notre quotidien.
- des offices simples, sobres, dépouillés de toute marque de différence entre les hommes et les confessions
- des offices courts, sauf celui du soir où l’on peut rester et prolonger longuement, un message simple, direct, pur.
 
Alors, sur la route de vos vacances, faites une halte à Taizé, comme on s’arrête à une source pour remplir sa gourde, pour un office ou plus (8h15, 12h20,20h30) ou pour quelques jours…
 
                                             J. et G. Ertzinger

Jeûne et randonnée

M’arrêter…faire une pause dans le rythme effréné de mes journées, de mes semaines, partir loin du bruit, des pots d’échappement, du stress, quitter mes habitudes, mes repères et, le temps d’une semaine, vivre autrement…

Oh ! il ne s’agit pas d’aller loin, il suffit de trouver un endroit isolé où la nature a encore ses droits et où l’on n’est pas envahi par toute la publicité dont notre société de consommation est friande pour ne pas dire esclave.

Et nous voilà partis à trois en ce printemps 2010 sur les hauteurs de Saulxures pour une semaine de « jeûne et randonnée ». Oui, oui, vous avez bien entendu : marcher et jeûner, c’est possible, c’est même extraordinaire ! Nous ne mangeons rien de solide, mais nous buvons de l’eau tout au long de la journée ainsi que des tisanes. A midi, nous prenons un peu de jus de fruits coupé avec de l’eau pour pallier à une éventuelle hypoglycémie. Et le soir nous nous retrouvons autour d’un bon bouillon de légumes dont nous savourons les sels minéraux nécessaires et pleinement suffisants à notre organisme.
Les 2 premiers jours sont les plus difficiles, non pas tellement à cause de la faim qui nous tenaille un peu, mais bien plus à cause de nos habitudes alimentaires : en effet nos journées sont tellement rythmées par la nourriture…pensez donc à tout le temps consacré aux courses, à la préparation des repas, à la vaisselle, au rangement de la cuisine ; en sortant de table, la maîtresse de maison est déjà en train de réfléchir au repas du soir ou du lendemain ! et puis, il y a la digestion ! Quelle fatigue pour notre organisme souvent vidé de toute son énergie !

Et voilà que nous osons offrir à notre organisme un temps de repos ! enfin ! quel régal, quel luxe pour notre système digestif ! le corps peut enfin s’occuper de lui-même, tout seul, sans apport extérieur. Nous prenons le risque de lui faire confiance et il honore cette confiance, croyez-moi : il en profite pour faire le ménage, chasser les toxines accumulées pendant l’hiver, éliminer du superflu, bref, il fait de l’auto-resto-ration et cela lui réussit à merveille.
De jour en jour, nous nous sentons plus libres, moins fatigués, nous ressentons un bien-être et une énergie incomparables et au 6ème jour de jeûne, c’est-à-dire la veille de la reprise alimentaire, nous sommes émerveillés devant la forme retrouvée, le teint plus clair, le regard plus pétillant et l’esprit plus lucide.

Pendant ces 6 jours nous avons bien sûr marché, loué Dieu pour la beauté de la création, mais nous avons aussi été à l’écoute de notre corps, de ce qui se passe en nous. Nous nous sommes respectés, reposés et nous avons réalisé combien il est important d’être un bon compagnon pour soi-même parce qu’après tout c’est avec nous-mêmes que nous passons le plus de temps !! c’est aussi un moment privilégié pour une remise en question constructive de nos choix de vie, pour relativiser certaines situations et revisiter nos priorités.

Arrive le moment de la rupture du jeûne le 7ème jour : nous dégustons le matin une petite compote de pommes : l’odorat, le goût, bref, tous nos sens sont décuplés. A midi de ce même jour, nous prenons notre 1er vrai repas : plusieurs sortes de légumes et une petite pomme de terre, le tout préparé dans le cuit vapeur, sans sel, mais arrosé d’un mince filet d’huile d’olive : un vrai festin : nous retrouvons avec joie et émerveillement la saveur unique de chaque aliment et une fois de plus nous nous demandons pourquoi nous dénaturons si souvent les aliments dans nos modes de cuisson divers et variés.
Retour à l’essentiel, simplicité, authenticité, légèreté et joie : c’est avec ces ingrédients que nous quittons la montagne pour redescendre dans la vallée et poursuivre notre chemin, transformés et renouvelés de l’intérieur.
MH

Un jeune de 23 ans apporte son témoignage sur le pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle

De quelle manière me suis-je ressourcé, qu’est ce que j’attendais avant d’y aller ? Comment l’ai-je vécu ? Etait-ce un chemin intérieur ? Comment fut la rencontre avec des gens dans un autre contexte ? Etc.
Lors de l’été 2008, j’ai pris le départ de Puy-en-Velay dans le Puits de Dôme, dans l’intention de vivre une expérience en dehors du rythme de la société. Un parcours d’un mois, visant à comprendre ce qu’est un pèlerinage, une retraite, autant pour moi que pour les gens que j’allais découvrir. Certains avec une démarche spirituelle, d’autres dans une démarche touristique.
L’expérience recherchée par les pèlerins-marcheurs dépend largement du temps libéré pour la traversée, souvent lié à l’objectif final : atteindre Saint-Jacques de Compostelle d’un trait, ou en étapes.

Je pense lors de mon départ, avoir eu comme but de vivre une expérience touristique enrichissante, découvrir des personnes et des endroits m'étant complètement étrangers, en dehors de mes repères, une sorte de volonté de placer le chemin comme un défi personnel. Savoir si j’existais en dehors de mon cercle familial et de mes amis. C’est pourquoi je suis parti seul.
J’y ai finalement trouvé un emblème à suivre, un chemin balisé au milieu de l’inconnu. Permettant en toute tranquillité, d’aborder sereinement une route vers un objectif non palpable, à des centaines de kilomètres, une façon d’être mis en confiance. Les repères sont faciles à prendre, une petite trentaine de personnes sont chaque jour sur les mêmes tronçons, chacune à leur rythme, pour se retrouver, souvent, aux mêmes lieux d’hébergements. Les amitiés se lient, les marches sont en groupe de quelques personnes ou solitaires.
 
Entre les groupes venus passer une semaine à la campagne et les pèlerins ayant déjà parcouru mille kilomètres, deux-milles kilomètres ou plus encore, on relativise le motif réel de notre démarche. Devant les profils tellement différents des personnes, appréciant la même expérience à différentes mesures, on se rend compte d’une autre façon d’apporter de la valeur à sa vie, à son temps.
La nationalité s’efface souvent, pour laisser place à un partage d’expérience, de vécu, des semaines précédentes, de ce qui est à venir, enrichi des expériences de chacun. Il n’y a plus de compétition, il y moins de différences sur le niveau social ou financier, tout le monde marche, avec pour ligne de mire la même citadelle, et pour jalon les mêmes lieux de recueillements.
Pour réfléchir, pour méditer, pour se souvenir du passé, mieux appréhender le futur, les expériences sont toujours très humaines, très proches des personnes. J’en ai conservé une grande expérience humaine, et encore d’excellents contacts, que je prends plaisir à maintenir ce contact en leur rendant visite.

JBH


Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 4 Juillet 2010
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