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Méditations de Mme Annelise Merz-Heusner

Sur les pas de Martin Luther et Jean Sébastien Bach

De retour de voyage Mme Merz nous livre un bon article résumant la vie de deux hautes figures du protestantisme


Sur les pas de Martin Luther et Jean Sébastien Bach
Sur les pas de Luther et de Bach…

Du 02 juin au 10 juin 2008


Ce voyage que nous avons fait au mois de juin dernier « Sur les pas de Luther et de Bach », nous a amenés sur ces lieux que nous connaissons depuis si longtemps par notre enseignement religieux. Il nous a permis de découvrir les racines de nos convictions.
Quand Luther est né en 1483, l’église catholique était omniprésente : tout lui était soumis. Très jeune étudiant il cherchait déjà désespérément la Paix avec Dieu ! A l’université d’Erfurt il prit la décision d’entrer au Couvent des Augustins, sans trouver là, la réponse à ses angoisses. Promu professeur, il obtient la chaire de l’Écriture Sainte à l’université de Wittemberg. Là il commente les Épîtres de Paul, en particulier celle « aux Romains » ! Il découvre la justification par la foi ! A partir de là, il se défend violemment contre le trafic des indulgences. Il affiche ses 95 thèses à la porte de la Schlosskirche de Wittemberg. Il s’attire les foudres de l’église : c’est là que commence la REFORME. Il est mis au ban de l’Empire, ex-communié par le pape, après le Diète de Worms, où il refuse de se rétracter. Mais il a un protecteur : l’Électeur de Saxe, il le cache pendant une année à la Wartburg. Dans cette totale solitude, il traduit le nouveau testament du grec en allemand : il devient le fondateur de l’allemand moderne. Et si aujourd’hui persiste encore quelque chose de notre culture occidentale, nous le devons en grande partie à Luther. A Eisleben, le lieu de naissance de Luther, se trouve sur la place centrale, une imposante statue de Luther. Il est représenté avec la Bible sous son bras gauche et de sa main droite tenant la bulle papale d’excommunication avec le sceau papal, qu’il avait déchirée. Cette magnifique œuvre d’art sait rendre à merveille toute la personnalité de cet homme qui a su résister à l’Empire et à la papauté parce que sa conscience était prisonnière de la Parole de Dieu ! « Hier stehe ich, ich kann nicht anders, Gott helfe mir ! »


Sur les pas de Martin Luther et Jean Sébastien Bach
Deux cents ans plus tard, en 1685, naît à Eisenach, d’une très ancienne famille de musiciens, Jean-Sébastien Bach : une famille où tout le monde joue des instruments, où tout le monde chante. Le malheur s’abat, lorsque d’abord le père, ensuite la mère décèdent. Il a 8 ans ! Son frère aîné le prend à sa charge. Jean-Sébastien copie déjà les œuvres de compositeurs connus. Il a une magnifique voie de soprano. I entre à l’école de latin d’Eisenach. Il fait de remarquables progrès dans la connaissance de la langue latine. Mais il travaillait la musique avec un zèle extraordinaire, surtout lorsqu’il commença jouer de l’orgue. Sébastien avait 18 ans lorsqu’il obtient son premier poste d’organiste. Il avait compris très jeune qu’il ne pouvait compter que sur lui-même pour subvenir à ses besoins. Il ne perdait pas un instant pour travailler la musique pour arriver à une virtuosité inégalable, et en plus il devenait compositeur : jour après jour il enseignait, composait, jouait de l’orgue, du clavecin, de l’alto ou d’autres instruments. A 23 ans, il épousa sa cousine Barbara, de ce mariage naquirent sept enfants, dont trois moururent en bas âge. Il était un père de famille très attentionné et tous ses enfants avaient reçu en héritage le don de la musique ! Barbara mourut après treize ans de mariage. Il en fut très affecté. L’année suivante, il épousa Anna Magdalena, elle aussi très musicienne et dotée d’une voix d’or de soprano. C’est par elle que la postérité a pu accompagner la vie de cette grande famille, car elle a écrit « La petite chronique d’Anna Magdalena Bach » où avec son immense admiration pour « son Sébastien », elle note avec précision la vraie nature de son grand homme ! Elle écrit : « chez lui la religion restait cachée, mais elle était toujours présente, jamais négligée. Au fond de son grand cœur il portait toujours l’image du Christ crucifié et sa musique la plus élevée est le cri de désespoir que la vision de sa mort lui donnait » Le destin de mon mari devait le conduire à Leipzig, où il devait passer les 27 derniers ans de sa vie et composer la plus grande partie de sa musique sacrée : il devint le Cantor de la Thomas-Kirche de Leipzig.
Les passions selon Saint Mathieu et saint Jean et la grande messe en si mineur, sont sans doute les plus grandes œuvres d’art qu’un esprit humain ait conçues. Ces passions venaient du plus profond du cœur de Sébastien, qui les écrivait dans le douleur. C’est de cette souffrance que vient la beauté poignante qui retentit de ces oratorios.
J’entends encore dans la Passion selon Saint Mathieu, vers la fin de l’Oratorio, la basse et tout le chœur qui chantent en alternance :
« Nun ist der HERR zur Ruh’gebracht
Mein Jesu, gute Nacht,
Die Müh’ ist aus, die unsere Sünde ihm gemacht,
Mein Jesu, gute Nacht »
Et la fin de la tragédie, quand chœur, orchestre et solistes pleurent :
« Wir setzen uns mit Tränen nieder
Und rufen Dir im Grabe zu :
Ruhe sanfte, sanfte Ruh ! »
Ce chœur final est une des plus grandes réalisations du génie de Sébastien et il évoque les Paroles sacrées : « Une épée transpercera ton âme ! »
Si nous nous recueillons aujourd’hui à sa tombe, dans le chœur de la Thomas-Kirche de Leipzig, nous pensons avec reconnaissance à toute cette richesse qu’il nous a transmise.

L’apothéose de notre voyage fut Dresden. A la Kreuz-Kirche nous avons assisté à une Kreuz-Chor-Vesper : un chœur d’une centaine de jeunes gens de 6 à 20 ans chantaient des motets de 6 à 8 voix, d’une pureté angélique.
Le dimanche nous avons participé au culte à la Frauenkirche. Rien que de pénétrer dans ce sanctuaire, en sachant qu’il représente une vraie résurrection, où tout était sinistré à la suite du bombardement de 1943 est une immense émotion. Elle est redevenue un joyau, sorti des ruines et de montagnes de désespoirs pour briller à la Gloire de Dieu !
Soli Deo Gloria !

Juin 2008

Annelise MERZ-HEUSNER





Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 7 Août 2008
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