La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2009

Se frotter aux Ecritures comme on frotte une allumette

1 Cor 4

1 Vous devez donc nous considérer comme des serviteurs du Christ, chargés de gérer les vérités secrètes de Dieu.
2 Tout ce que l'on demande à un gérant, c'est d'être fidèle.
3 Pour ma part, peu importe que je sois jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge pas non plus moi-même.
4 Ma conscience, il est vrai, ne me reproche rien, mais je n'en suis pas justifié pour autant. Le Seigneur est celui qui me juge.
5 C'est pourquoi, ne portez de jugement sur personne avant le moment fixé. Attendez que le Seigneur vienne : il mettra en lumière ce qui est caché dans l'obscurité et révélera les intentions secrètes du coeur des hommes. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient.


Chers frères et soeurs

Par l'extrait du jour nous plongeons dans les premières années du christianisme et tout particulièrement dans cette jeune assemblée de la ville de Corinthe.
Nous avons, dans nos paroisses, un passé s'étalant sur plusieurs siècles, mais ici tout vient de commencer, l'enthousiasme est là, les nouvelles idées aussi, tout comme – et c'est moins heureux - une forme de concurrence entre ceux qui prennent la parole et ceux qui se revendiquent de l'un ou de l'autre évangéliste. « Moi je suis de Paul, moi d'Apollos, moi de Céphas », et ainsi de suite...
L'autorité de Paul n'est pas indiscutée et celui-ci tente de se justifier quand il prend des décisions, quand il donne des conseils, des directives. Paul est bouillonnant d'activités, et son message constant enfonce un clou : « Pas de divisions, pas de divisions » « Tout le monde se concentre sur le Christ, tout le monde se met au service du Christ ». L'Evangile de Jésus-Christ ! Le message de la croix ! La profondeur spirituelle de tout ce qui a été révélé en Christ. Cela fait partie des mystères de Dieu et tous les croyants sont menés par ce mystère, ils sont les serviteurs de ce sublime mystère. A chacun de vérifier qu'il bâtit sa vie et son ministère avec ce qu'il y a de plus élevé, à chacun d'être trouvé fidèle, ayant une conscience pure et vivant dans l'humilité.

Mais pourquoi aborder ces questions maintenant alors que nous nous préparons de plus en plus à vivre l'esprit de Noël, la venue du Christ, la joie et la paix ? Nous avons lu les semaines précédentes ces paraboles de Jésus demandant d'être vigilants, d'être actifs, d'être trouvés prêts et au travail avec notre pleine responsabilité, gérant ainsi très activement l'attente de son retour.
Cette parole est bien destinée à des chrétiens qui sont tous lancés dans des tâches multiples. Non pas décorer sa maison ou préparer des petits gâteaux, mais des chrétiens qui ont des idées et qui prennent des initiatives ! Et si nous sommes ce matin 50 personnes, c'est-à-dire que, dans la logique de ce texte,'il faudrait gérer 50 personnes ayant chacune plusieurs idées, prenant des initiatives, se lançant dans des projets. Dans ce contexte comment décider, comment organiser, comment répondre à d'éventuelles critiques car évidemment 50 personnes ce sont bien facilement 50 personnes ayant des idées différentes !
Comment faire ? Trois pistes – nous pourrions en imaginer d'autres – nous permettent de vivre ensemble le grouillement d'activités évoqué.

Paul place un premier critère, celui de la fidélité. C'est-à-dire qu'une responsabilité a été confiée et l'on attend que ce qui a été confié soit effectivement et correctement accompli. Cela signifie simplement pour nous que nous réfléchissions et que nous vérifions que la tâche confiée est correctement remplie. Que nous a-t-on demandés ? Suis-je conseiller presbytéral, suis-je dans la musique, dans le coup de main pratique, dans l'aide discrète ? Ai-je une fonction d'enseignement ? Etc. Suis trouvé fidèle ? Peut-on compter sur moi ?
Le deuxième critère est très intéressant, mais sans doute plus difficile. Nous utilisions autrefois cette expression : « Juger en son âme et conscience ». Paul est jugé par sa conscience et face à d'éventuelles critiques, - comment échapper aux critiques ? - il peut se regarder dans une glace et se tenir droit. Sa conscience plaide pour lui. Nous y reviendrons.
Le troisième critère est celui du Seigneur lui-même. Plus encore que la conscience, c'est la prière, le lien avec l'absolu,avec la révélation, le plus élevé, le plus saint. C'est la conscience éclairée par la lumière de Dieu. Et c'est tout à la fin, après notre mort, dans la lumière de Dieu, que tout sera éclairé et que la louange sera donnée à ceux qui auront agi droitement et fidèlement.

----------------------
Ce texte est aussi l'occasion pour nous de parler de ce qui est spécifiquement protestant. Le protestantisme veut que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu.
La question de la fidélité, de la conscience et de la relation avec le Seigneur ne se pose pas de manière molle ou seconde, elle est au centre de ce qui nous fait vivre.
Aujourd'hui nous n'interrogeons pas, mais nous sommes interrogés en notre âme et conscience, face au flamboiement de la vérité de Dieu. Que faisons-nous de notre frère ? Avons-nous une conscience qui nous entraîne sur un certain chemin ? La fidélité, cette notion, ce lien, signifie-t-elle encore quelque chose ? C'est le Seigneur qui me justifie... cette phrase a-t-elle encore un sens en-dehors du pardon des péchés ? Avons-nous besoin de toutes nos forces, de toute notre foi, pour nous arc-bouter sur l'assurance que le Christ est la vraie, la constante et l'ultime justification de ce que nous tentons et faisons...

Il me semble possible que nous nous en tenions à une attitude plus passive et plus tiède...

Je ne me lasse pas de m'inquiéter quand la télévision et tant de médias nous tiennent lieu de pensée, de conscience, de motif d'action. Quand ces médias nous sensibilisent à la détresse et nous poussent par exemple à soutenir les restaurants du coeur, ils jouent un rôle positif. Mais quand les médias nous poussent à consommer à longueur d'année, ils tuent en nous ce qui devrait être la grandeur de l'homme.
Quand les médias interrogent des petites vedettes sur Dieu sur leur la spiritualité ou carrément sur le Christ, leurs propos ne valent pas plus qu'un haussement d'épaule, et pourtant leurs paroles sont bues et leurs paroles intégrées.
Quand les millions d'euros volent, quand les scandales éclaboussent, quand les égoïsmes font carrément crever la planète, j'aimerais que les Protestants, et tous les croyants, puissent avoir cette conscience vive, claire, sobre, lucide et pure.

Mais continuons à parler des médias. Quand nous regardons à la télévision, les actualités du moment donnent des nouvelles de la santé d'un chanteur très connu, rien n'avive notre conscience.
On nous signale une grève de la RATP à Paris, il est douteux que le vent de l'Esprit Saint passe par là.
Mais même nos professions ne sont que bien rarement synonymes de rencontre avec la profondeur, la sagesse, la vérité, sincérité. Le plus souvent le vent de l'Esprit ne passe pas par là. Même notre entourage nous permet que rarement d'être amenés à un approfondissement.
Imaginons encore quelqu'un qui en reste avec sa propre opinion, il n'est pas dit pour autant que le vent de l'Esprit passe par là...

Que faut-il en conclure ? C'est que l'Esprit de Dieu, cette conscience haute et ardente, personnelle, intime, consolante et exigeante se vit et se reçoit quand on se frotte à la Bible, à l'Ecriture sainte. (Je frotte une allumette contre la boîte et je l'allume) Se tenir devant Dieu ce n'est pas connaître une envolée mystique, c'est se frotter aux Ecritures. Rencontrer Dieu c'est se laisser conduire, sonder, interroger, labourer par elles. La relation avec Dieu n'est pas l'irruption d'une voix tonitruante, mais mener un long et profond dialogue. Quelque chose se construit, quelque chose s'allume quand je me laisse habiter par ce qu'elle dit. La lumière vient ! Le reste ce sont des allumettes sans doute mouillées ! Vous avez beau frotter, il ne se passe pas grand-chose. Le reste n'est pas forcément sans valeur, mais il est incomparable comparé à celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde ».

A présent il est bon de se demander : « Quand ai-je eu une idée, un projet, qui est le résultat de mon dialogue au plus intime avec Dieu ? » « Ai-je fait quelque chose ces derniers mois qui est issue du travail de Dieu en moi ? »

Oui il est bien possible de se ressourcer en se promenant sur nos massifs, mais le lieu où parle l'Esprit de manière claire, constante et décisive, c'est par la Bible. Et on se frotte au Christ comme on frotte une allumette ; la lumière vient !

En conclusion nous pouvons répéter que le temps de l'Avent est un temps d'attente qui exerce notre endurance, notre patience, mais c'est aussi un temps de travail qui nécessite un engagement entier.
Paul s'est lancé dans son travail d'évangéliste et nous n'avons pas à nous prendre pour lui.
Pour Paul il s'agissait de ne pas se mettre en concurrence les uns avec les autres tant il y avait d'idées et d'énergies dans cette jeune église. Nous, nous devons plutôt nous demander si notre âme et notre conscience ne se sont pas appesanties par tous les excès du manger et du boire ou toutes les facilités vers laquelle nous pousse la société contemporaine. Oh tout n'est pas condamnable dans cette société, heureusement. Mais quel malheur, quelle tiédeur, quelle fadeur, quand nous permettons que soit remplacé l'ardeur de la foi par de toutes petites lucioles.

Amis, notre message de l'Avent, notre message de Noël c'est bien plus que de parler de douceur, de la beauté de l'enfance, de la gentillesse des cadeaux. Noël qui vient c'est l'annonce d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui fait briller le feu de la conscience, de l'engagement. Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noêl
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

http://www.protestants-niederbronn.org/docs/Predications2009/allumette_2.mp3 http://www.protestants-niederbronn.org/docs/Predications2009/allumette_2.mp3


Rédigé par Bruno Holcroft le Lundi 14 Décembre 2009
Lu 905 fois