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2011 : Toutes les prédications
Réflexions lors de la fête paroissiale" Vous ne pouvez pas avoir Dieu pour Père si vous n'avez pas l'Eglise pour mère "
Chers frères et sœurs
Je voudrais profiter de ce culte et de cette fête pour parler de l’Eglise et plus précisément de notre paroisse. Dans quelques semaines nous allons renouveler le conseil presbytéral – il nous manque toujours un candidat - mais la question que je voudrais aborder est cette notion d’appartenance, d’être membre de l’Eglise. Oh je sais bien chacun ici veut rester libre, le pasteur aussi apprécie sa liberté. Mais arpentons déjà les textes lus ce matin. Le premier est simplement un extrait du Deutéronome sensé nous rappeler que l’histoire que nous aimons n’est pas seulement une histoire comportant des héros, des saints, des rois et quelques prophètes. Ouvrir la Bible c’est aussi ouvrir l’histoire d’un peuple. L’apprentissage est certainement celui d’une liberté, mais d’une liberté collective. Les lois, les fêtes, les rites, les exigences sont données afin que toutes ces personnes parviennent à vivre ensemble dans la paix, la justice, la vérité. Oui cela va à l’encontre d’une vision purement individuelle et privée de la foi, cette compréhension tellement répandue de nos jours. En allant du judaïsme au christianisme, la compréhension du salut va encore s’élargir. Oui l’on demande bien à chacun une fidélité personnelle, une foi individuelle, cette foi qui naît mystérieusement quand se vit un face à face avec le Christ et qu’on y répond. Mais en même temps, le salut s’universalise. Ceux qui sont sensés être sauvés par l’œuvre du Christ, ne sont pas des individus isolés, c'est encore plus vaste que le peuple d’Israël, c’est l’humanité qui est censée être sauvée. Le projet de Dieu ce n'est pas le salut de milliards d'hommes et de femmes isolés les uns des autres, c'est vivre ensemble, c'est croire ensemble, c'est être sauvés dans une réalité qui forme l'Eglise : elle veut être l'avant-goût du royaume de Dieu. Le début de la réalisation du projet de Dieu. Le second texte lu nous rappelait les débuts de l’Eglise. Nous sommes dans le livre des Actes et les croyants se retrouvaient régulièrement, la joie du salut était partagée, la solidarité était exercée, tout était en ordre, calme et joyeux. On se retrouvait pour la sainte cène, on se retrouvait lors de grandes assemblées. Il aurait sans doute été très étrange d’entendre une phrase comme celle que nous disons tout le temps. De ces phrases de catéchumènes ou d'adultes: « Monsieur est-ce qu’on est obligé ? » « Il ne faut pas le forcer » « Chacun est libre, n’est-ce pas ? ». Ceux qui étaient entrés dans la dimension de la foi, ceux qui suivaient le chemin ouvert par Jésus, étaient cette force tranquille. Ils avaient ce désir, cette volonté, de rester dans cette lumière, de progresser dans l’approfondissement de la vérité, dans l’expérience d'une fraternité nouvelle. Le troisième texte est le rappel du psaume que nous avons antiphoné. « J’aime ta maison ». Il ne s’agit pas d’obligation, il s’agit d’amour. C’est cet amour qui fait comprendre le rôle du culte ; du temple autrefois, de l’Eglise aujourd’hui. Quelle chance d’avoir la paix civile, quelle chance d’avoir la liberté religieuse, quelle chance d’avoir un passé riche d’intelligences, de cultures et d’œuvres sociales. Dire qu’il y a des chrétiens qui versent leur sang pour venir dans leur église. Egypte, Liban, Maghreb, tant de pays arabes, tant de conversions forcées, tant de chrétiens obligés de quitter leurs pays. Et tant de pays corrompus où l’Eglise est parfois le seul espoir des peuples. Pas l’opium, l’espoir ! Il y a trois années en arrière, ici même, je vous avais distribué un petit signet. Le thème du jour y figurait. Ce thème s’intitulait « réparer les brèches », y figurait un mur et une petite truelle. Trois années se sont écoulées et nous sommes heureux de constater la confiance réciproque qui s’est nouée à différents niveaux de la vie paroissiale. La confiance financière, la confiance au sein du Conseil presbytéral, la confiance lors de nos cultes où je vous fais parfois vivre des temps inhabituels, et déjà tant de baptêmes, de mariages, aussi d’obsèques. Et bien des temps forts à l’image de protes’temps forts. Durant les années soixante, et le mouvement n’a cessé de se développer depuis, c’est la liberté individuelle qui est de plus en plus prônée dans la société comme dans les Eglises. Connaissez-vous quelqu'un qui n'apprécie pas la liberté ? Je n'en connais aucune. Tout le monde soutiendra la demande de plus de libertés. L’Eglise, à sa façon, a participé à ce mouvement, elle a incité nombre de ses membres à ne pas rester dans l’unique cadre paroissial d'autrefois, mais à être sel et lumière, à trouver sa place dans nombre de militances, nombre d’associations, nombre d'engagements. Le mouvement voulait faire sortir d'un cadre afin d'entrer mieux dans la vie de ce monde et de contribuer par les talents et les forces à le faire progresser. Très bien. Très bien pour le téléthon, très bien pour les restaurants du cœur, pour la Croix Rouge, etc. A présent nous sommes en 2011. La sécularisation de la société a suivi son cours, mais parfois d’une manière idiote. Même France3, chaîne de service publique, le soir de Noël, n’était peut-être pas obligé de programmer un film 100% religieux. Mais elle aurait pu développer pour le moins une facette de l'humanisme, une émission relayant une solidarité, s'inscrire dans une quête de sens. Non. Le soir de Noël, France3 a préféré passer un épisode de Zorro et du sergent Garcia. Le soir de Noël ! Ca c'est une laïcité atterrante. La sécularisation suit son cours et la société ne perçoit plus ce qu'une religion, une Eglise, peut apporter de positif à un pays. De plus trop de croyants sont engagés ailleurs que dans leur paroisse, trop de croyants pensent à leur propre cheminement individuel. Vous vous souvenez combien la rentrée des catéchumènes nous avait peiné. Près des 2/3 des parents qui avaient promis à l'église, devant nous, devant Dieu, avec leur famille, avec leurs amis, de catéchisé leurs enfants, ont été défaillants. Sept sur dix-huit ont commencé leur catéchisme. Où allons-nous ainsi ? L'Eglise ne peut pas être à ce point le parent pauvre de nos engagements. La transmission ne se fait plus. Quand l'idéologie prônait le seul peuple au-dessus des individus nous avons eu un Reich épouvantable, de fer et de sang. Ce fut le Nazisme. Quand l'idéologie prône le seul individu, sa recherche personnelle, sa spiritualité privée, c'est un morcellement qui rend indiscernable le corps du Christ. Oh nous savons fort bien que l’Eglise ce n’est pas seulement la paroisse dans son fonctionnement le plus classique. Mais je vous propose de terminer par une citation de l'un de nos plus grands réformateurs, de Jean Calvin. Lui-même s'inspirant sans doute de l'un des Pères de l'Eglise. La citation va mentionner le rôle de l'Eglise dans la vie du croyant. Jean Calvin écrivait : «Vous ne pouvez pas avoir Dieu pour Père si vous n'avez pas l'Eglise pour mère ». Il y a un lien très très fort, entre la vérité, la fidélité, l'intensité de notre quête avec cette réalité qu'est l'Eglise. Une paroisse n'est pas une secte, elle comporte des gens de tout âge, de toute condition et c'est dans la liberté que nous agissons. A nous d'apprendre à vivre et à travailler ensemble, libres, mais attachés au Christ et à son Eglise. Ceci dites-le autour de vous, à vos réseaux, à vos connaissances, à vos familles. La complexité de la vie L’individualisme trop extrême Les loisirs et toutes sortes de jouissances Le relativisme ambiant La sécularisation Ici les chrétiens chantent et prient « Je t’appartiens par le baptême ». Ce n’est pas seulement l’Eglise qui est en question, c’est notre théologie, notre conception de Dieu, la place de notre liberté. Rédigé par Bruno Holcroft le Mercredi 4 Janvier 2012
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