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2011 : Toutes les prédications
Que serait le monde sans la beauté ?Noël
Chers frères et sœurs,
Le texte biblique indique que les gens étaient surpris et Marie repassait tous ces événements dans son cœur… Pourtant tout autour d’eux tout était agité : recensement, les romains, l’autorité. Tous disaient qu’il fallait compter, peser, mesurer. Les hommes à droite, les femmes avec enfant à gauche, les femmes attendant un enfant aussi à gauche… Compter, peser, recenser… Je crois entendre les intendants : « Colonne des religions, tribu d’origine, village d’origine » Compter, peser, recenser et faire rentrer les impôts… Ceux qui sont propriétaires, ceux qui sont locataires… Compter, peser, la crise…, tout calculer. Combien d’ennemis, combien d’amis, la force de l’armée, les solutions de repli… Compter, peser, sous-peser, compter et maitriser, Construire et préparer l’avenir, se méfier et encore comptabiliser… Hier comme aujourd’hui, place à la logique, place à la force, place au recensement, c’est l’empire. Pourtant, pour d’autres raisons, les gens étaient surpris et Marie repassait tous ces événements dans son cœur… L’origine de la surprise n’était pas dans cette agitation, elle était dans ce qui était simple comme la maternité, beau comme un bébé, délicat comme cette simple fleur que je veux vous faire distribuer. L’Empire romain, comme la mondialisation aujourd’hui, avait donc sa logique. Nous voulons entrer dans ce que Marie repassait dans son cœur. Il ne s’écrit pas qu’une seule histoire dans le monde, de multiples histoires s’inscrivent en même temps. Nous voulons vivre l’histoire de la grâce et de la beauté. La force, les forces politiques, économiques sont des réalités évidentes et de poids. Pourtant il nous est déjà arrivé à tous de voir une fleur pousser dans un recoin de macadam, ou un arbuste au sein d’un bloc de béton, des blocs immense de grès soulevés par la force des racines… Ici la prophétie qui s’accomplit est celle de l’annonce d’un rameau qui pousse sur un vieux tronc que l’on pensait mort. Cela faisait des siècles que Dieu n’avait plus parlé… Des siècles… Le rameau est la partie vivante de l’arbre, il se couvre de fleurs au printemps. Voilà pourquoi vous avez une fleur en main. La vie est là. Cette fleur est donc le symbole de la vie, de la vie, de la jeunesse, malgré la dureté de l’hiver, malgré d’autres conditions météorologiques. En Israël, autrefois, l’espérance était douloureuse, bien incertaine, bien vacillante. C’est comme aujourd’hui quand les français sont pessimistes quant à l’année 2012 et que nos Eglises ne savent pas comment faire surgir de nouveaux rameaux ! La fleur redit la réalité de la présence de la beauté, elle place la réalité de la grâce. Les romains, comme tant de spécialistes aujourd’hui, disaient : compter, peser, diviser, enquêter, recenser, prospecter, gérer. Une société de chiffres et de statistiques… fortement tentée de donner une valeur marchande à des hommes, des femmes, des enfants… L’idéal, selon eux, selon ces hommes qui oublient qu’ils sont des hommes, c’est une société rentable, la société comme une immense entreprise, la société comme autant de rouages et de machines implacables. La société laissée aux mains des experts, des savants, des efficaces, des sérieux. Mais reste la fleur, reste l’enfant, reste la beauté, reste le mystère, reste ce qui ne peut pas être inscrit dans la comptabilité. Les religions existeront toujours, elles donnent accès à l’espérance, à la raison du cœur car reste la gratuité, la délicatesse, l’amour, l’altruisme. Les gens étaient étonnés et Marie repassait tout cela dans son cœur… La logique ne permettait pas d’espoir, ce sont des paroles, de simples paroles de prophètes auxquelles on s’accrochait. Oui, mais depuis si longtemps… C’est comme nous quand nous songeons à quel point les mots et les notions de nos religions se sont usés. Oui les paroles anciennes, oui les réformateurs, oui nos pères et les générations récentes. Que peut-il pousser sur ce vieux tronc ? Et au fond de la nuit le ciel s’ouvre :… début … Notre rôle à nous est celui de la fleur. Oh oui c’est une pensée joliment naïve. Mais au-delà de son expression poétique un peu simpliste, c’est bien de cela dont il s’agit. Dans un monde de fer, de bruit, de mécanique et de précipitation, placer la réalité qui manque, redonner un sens plus profond, proposer l’arrêt sur image, l’entrée dans une dimension qui rendra à nouveau la société tout simplement humaine. Où faut-il placer cette réalité ? Mais partout. L’Eglise n’a pas à se mêler de tout, mais tous les domaines de la vie ont besoin de la grâce. Les humains ne sont pas une partie d’ordinateur, nous ne sommes pas que des producteurs et des consommateurs, nous sommes de ceux qui sont faits à l’image de Dieu. Beaux, libres, géants et petits enfants dépendants. Faits de la grandeur du souffle de Dieu et cependant n’étant que de passage, faits de la poussière de la terre. L’Eglise n’a pas à se mêler de tout comme si elle était un autre système en concurrence avec le système de fer et d’économie. C’est la fleur et le parfum de la fleur qui veut s’étendre. A l’odeur de l’huile des machines placer le parfum de la fleur, le parfum de la vie. Place à tout ce que Marie repasse dans son cœur, à la surprise qui saisit les témoins de la scène. Que serait le monde sans la beauté, sans la fleur que l’on recueille dans ses mains. Mieux encore on ne la cueille pas, on la protège, on la couve des yeux, on l’admire, on s’émerveille, on la multiplie. La fleur que vous avez entre les mains, n’est que du papier mais placé entre mes mains le papier est devenu plus que du papier. Le papier quelconque devient gracieux, porteur de sens, porteur d’un message, porteur d’une espérance. Ce qui est quelconque peut être beau. Ce qui n’a pas de valeur peut être recherché. Ce qui pourrait être jeté veut être admiré. C’est par nous que le Christ est présent dans le monde, à nous de laisser les gens étonnés, repassant tout ce qui arrive dans leur cœur. Etre par la beauté, rendus à la vie, réorientés vers la fraternité, guéris de la laideur et de la douleur. La vie d’une fleur est bien brève, il faut donc la renouveler. Ce qui alimente en nous la grâce : le Christ, la Bible, le culte, a besoin d’être fréquenté. Il est vrai que Dieu est partout, mais il n’est pas vrai qu’il se donne à nous partout de la même manière. Recevoir la parole, la promesse et la bénédiction, c’est le sens même de l’Eglise, du culte que nous rendons à Dieu. Et le bien que nous faisons a lui besoin d’être renouvelé non seulement par ce que la mémoire est courte, mais tout simplement parce que la laideur du monde, la brutalité des machines et la logique mercantile veulent toujours reprendre le dessus. Célébrons la grâce reçue et renouvelée en Jésus-Christ. Frères et sœurs, c’est à nous de répondre, vivrons-nous ainsi ? Amen, c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi. Rédigé par Bruno Holcroft le Mercredi 4 Janvier 2012
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