Chers frères et sœurs
Comme nous-mêmes en 2011, le prophète Esaïe vivait dans une période troublée. Les premiers chapitres de son livre sont une plainte contre Israël, nous sommes aux alentours de des années 700 avant Jésus-Christ. Esaïe écrit une longue plainte énumérant les scandales de l’époque. La liste de ces scandales ne varie pas beaucoup tout au long des siècles et d’ailleurs il suffit d’ouvrir les journaux de 2011 pour y retrouver l’essentiel de ces plaintes.
Corruption, les étrangers nous envahissent, il n’y a plus qu’un faible reste de personnes qui ont encore la vraie foi, cérémonies religieuses belles mais sans profondeurs, les plus pauvres ne sont pas secourus, la vraie foi, la vraie religion est abandonnée.
C'est l'orgueil qui mène la course et non l'humilité devant Dieu, etc.
Il se trouve aussi qu’Esaïe a vécu longtemps et, dans le même registre que plus haut, il verra le roi va s'enorgueillir de la puissance de ses armées, les armées du roi Ozias vont inventer des catapultes qui assureront quelques succès. Esaïe verra dans les succès militaires le signe de la bénédiction de Dieu... nous avons appris à être plus prudent, au moins plus nuancés...
Ce roi vainqueur va être si puissant qu'il voudra aussi accomplir ce qui est du ressort exclusif des prêtres, mais voilà qu’une dispute éclate avec les prêtres qui ne se laissent pas faire. Le roi n'est pas prêtre, il est atteint de la lèpre, soudainement celle-ci éclate sur son front ! Le voici obligé de vivre à l'écart et de régner avec son fils.
Un peu plus tard, nous nous souviendrons que le nord du pays avait été vaincu par les Assyriens, puis par les Babyloniens, et voici qu'à présent des milliers de fonctionnaires et d'agriculteurs viennent s'installer sur la terre des ancêtres...
Ce petit rappel voulait montrer que nous ne sommes pas les seuls à vivre une période difficile, contradictoire, tourmentée.
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Revenons en France en 2011. Cette semaine c'est la Midiluve, mission de vigilance et de luttes contre les dérives sectaires. Ce rapport est en ligne sur Internet il pointe des annonces faites par les sectes.
La fin du monde surviendra en décembre 2012 : ce sont, dit la Midiluve, des interprétations volontairement anxiogènes. Autrement dit on vend de l’angoisse et on fait de l’argent par l’angoisse créée.
La dérive sectaire concerne aussi la santé : l’exemple type, quelqu’un atteint d’un cancer.
Le Président de la Midiluve, Georges FENEC, indiquait à la télévision que 40 % des français malades tentaient aussi de se soigner par les médecines parallèles. Ce qui était dénoncé, ce n'étaient pas certaines médecines « douces » mais celles qui mettaient la vie en danger en abandonnant le médecin généraliste ou nos spécialistes.
Les sectes se nourrissent d'angoisses. Souvenez-vous du sang contaminé, des hormones de croissance, de la vache folle, du clonage de la première brebis, de la fièvre H1N1, de la grippe aviaire, de la grippe porcine, le concombre espagnol, et les steacks hachés contaminés.
De plus, la liste énumérée par le prophète Esaïe pourrait être reprise. C'est la crise, les églises sont vides, les pauvres sont de plus en plus pauvres, oui c'est la crise : tout le monde divorce,chacun est intéressé exclusivement par l'argent, le sexe, le pouvoir et tout ce qui est superficiel.
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A présent nous pouvons écouter ce que dit Esaïe. Le prophète dans ce contexte de crises multiples a une vision et dans cette vision il se tient en un lieu presque inconnu, bien identifié, mais c'est le lieu où Dieu lui-même réside, autrement dit un temple !
D'un coup nous ne sommes plus livrés à mille et une approches de ce qui se passe dans le monde, mais nous sommes amenés en une autre dimension.
L'histoire comporte bien les sectes et les partis, les envahisseurs et tout le panier de scandales, la dimension politique et militaire, mais la vision du prophète est religieuse.
Esaïe dans sa vision se trouve devant la gloire de Dieu,dans le saint des saints, là où même les anges doivent se voiler la face pour servir celui qui est trois fois saint. Esaïe aussi reconnaît qu'il est pécheur, indigne, impur.
Face à tout ce qui va mal nous sommes placés devant la volonté du SEIGNEUR qui cherche quelqu'un à envoyer vers son peuple. Esaïe est volontaire, mais le SEIGNEUR le prévient : il ne sera pas écouté, le cœur du peuple sera engourdi, ses yeux seront fermés, ses oreilles sourdes.
Nous avons l'impression d'entendre Moïse allant trouver Pharaon ! et malgré les plaies qui s'abattront l'une après l'autre, c'est le cœur qui s'endurcit de plus en plus.
Jusqu'à quand Seigneur ?Jusqu'à ce que tout soit saccagé, sans habitant et la terre dévastée ! Et quand 90 % des habitants seront morts, ils seront à nouveau passés au crible par l'incendie apportés par les ennemis.
Comme vous le constatez, les paroles des prophètes sont redoutables. Mais n'y a-t-il pas au moins une espérance, un lambeau de Bonne Nouvelle dans cette parole du prophète Esaïe ?
Oui il indique que quand l'arbre est abattu, de la souche pourra surgir une nouvelle pousse ! C’est une toute petite consolation !
Le prophète Esaïe nous fait nous tenir devant une lecture de l'histoire. Celle de Dieu qui cherche inlassablement à guider son peuple, à lui assurer la sécurité, et même son bonheur. Nous l’avons déjà dit, toutes les dénonciations d'Esaïe se retrouvent dans les maux dont souffre l'humanité : corruption, sexualité, orgueil, l'argent, le pouvoir, les peurs, etc.
Qu’ont-ils à espérer, qu’avons-nous à espérer, nous qui vivons également une période de crises sévères et multiples ? La parole du jour nous dit que le seul espoir sera en un petit nombre de survivants qui formera le noyau par lequel tout redémarrera.
Du temps de Jésus il ne s'est pas passé autre chose, sauf que nous disons que pour voir Dieu parfaitement, pour nous tenir devant son trône, c'est le Fils qu'il faut regarder, car il nous révèle tout du Père.
Là encore après la gloire de l'amour de Dieu, c'est aussi le déchaînement de la violence et le drame de la croix. Comme les dix plaies s'abattront sur l'Egypte, comme le peuple endurcira son cœur du temps d'Esaïe, le peuple sera à nouveau sourd, aveugle pour mener le Fils de Dieu à la croix. Jusqu'à quand ? Dit Esaïe, et pour Jésus aussi, il boira la coupe, la videra totalement, ira jusqu'à la mort. Et le petit reste ? Peut-être les douze apôtres ?
Peut-être l’histoire est-elle cyclique ? Un peuple qui part à la dérive, puis quelques élus qui reprendront le flambeau ? Et qu’en est-il de l’Eglise, le tout partirait à la dérive, une minorité remprendrait le flambeau ? Une paroisse partirait à la dérive, victime de la sécularisation, et les quelques pratiquants reprendraient le flambeau ?
Le Christianisme n'offre pas de lecture simple de l'histoire du monde. Sommes-nous à quelques 500 jours de la fin du monde ? En décembre 2012 ?
Sommes-nous, au contraire, à l'aube d'une ère de paix et de prospérité au sortir de ces crises que nous traversons ? Nous ne sommes pas en une époque sans valeurs : Droits de l'Homme, libertés démocratiques, libertés des minorités, dialogues interreligieux. Accès pour tous au savoir, etc. Chaque jour apporte sa révélation, son scandale, sa violence. Mais chaque jour aussi il se crée une nouvelle paroisse en Chine ! Le christianisme est en pleine expansion hors de l’Europe !
Notre sécurité et notre chemin, c'est de nous tenir devant un trône, devant tout ce qui nous est révélé en Jésus-Christ. La phrase de Martin Luther sur la fin du monde est bien connue, même si la fin du monde survenait demain, aujourd’hui je planterai un pommier !
Au fond nous avons à nous tenir devant Dieu, devant ce qui nous est révélé par Jésus. Comme Esaïe nous avons à être purifié, à répondre présent et à travailler, même dans les contextes les plus difficiles.
A nous il ne nous est pas certifié d’avance que tous resteraient sourds, aveugles ou au cœur engourdi. Allez dans le monde entier, en toute nation faites des disciples et baptisez-les au nom du Père du Fils et du Saint Esprit. Le monde est péché et il ne resteraient que quelsques croyants ! Je préfère croire que nous avons à semer abondamment et à laisser faire le St Esprit. Je ne crois pas que Dieu abandonne le monde dans une course folle vers un abîme.
Frères et sœurs, sommes-nous découragés estimant que tout est difficile, complexe, contradictoire ? Plaçons-nous devant ce qu’Esaïe appelle le trône. Celui qui vit ne se tient pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.
C’est à nous de répondre, vivrons-nous ainsi ?
Amen, c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.