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2011 : Toutes les prédications

Prier... c'est bien plus que de demander du secours, du bonheur et du pain

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains


Chers frères et sœurs, nous aborderons aujourd’hui le thème de la prière et l’entrée en matière sera tout à fait pragmatique. Comment faut-il prier ? Quels sont les mots qu’il faut dire ? Les disciples étaient venus auprès de Jésus précisément avec cette question, encouragés par le fait que. Jean-Baptiste avait lui aussi enseigné ses disciples à prier.
Jésus leur enseigne le Notre Père que nous disons chaque dimanche, au point que nous avons l’impression que ce n’est pas un culte si nous ne disons pas ensemble le Notre Père. Nous le disons avec les catholiques et bien souvent, dire le Notre Père, est notre prière du soir, la prière de la fin de nos rencontres. Nous le savons fort bien.
 
J’ai annoncé une entrée en matière pragmatique. La voilà. Pour prier que faut-il dire, quelle doit être le geste, la posture du corps ? Quelles sont les paroles à dire ? Combien de fois faut-il les dire ? En quel endroit faut-il prier ? Faut-il prier seuls ou à plusieurs ?
Quelles paroles ? Nous avons mentionné le Notre Père, mais prier c’est tout simplement parler et utiliser les mots de tous les jours.
Combien de fois faut-il prier dans la journée ? Matin, midi et soir ? Peut-être. Nous pouvons continuellement prier quand nous sommes habitués par de  grandes inquiétudes . Peut-être.
Prier le dimanche matin, avec l’Eglise, au sein de l’église ? Peut-être.
Prier quand nous en ressentons le besoin, quand le besoin de Dieu est comme le besoin de vacances ou d’oxygène ? Là encore, peut-être.
Prier seul, avec son conjoint, avec sa famille. Prier avec d’autres est devenu fort rare.
Comme annoncé, l’entrée en matière a été pragmatique et sans difficulté aucune. Nous avons une expérience et la conscience que ces pratiques peuvent fluctuer selon les individus et selon les étapes, les circonstances de nos vies.
 
Qu’est-ce que prier ?A nouveau la réponse est extrêmement facile car nous prions, nous toute l’humanité, pour les mêmes choses. Nous demandons du secours, du bonheur et du pain.
Nous demandons le secours c'est-à-dire que dans nos cœurs et de nos lèvres nous mentionnons l’aide dont nous avons besoin et c’est la vie de tous les jours qui est ainsi évoquée. La famille, la santé, le chômage, les relations, nos enfants, des crises ou des circonstances difficiles. Dans la prière nous mentionnons aussi le besoin, la volonté de bonheur car en effet nous pensons que chaque homme et chaque femme  voudrait ainsi connaître le bonheur, et pour soi-même nous avons cet appétit du bonheur que nous exprimons sous une forme ou une autre.
Nous demandons aussi du pain pour chaque jour. Littéralement il est vrai qu’une partie de l’humanité a vécu et vit encore dans une telle fragilité qu’elle n’est pas du tout certaine d’avoir de quoi manger à satiété dans la journée.
Dans la prière nous demandons « du secours, du bonheur et du pain », la phrase est extraite d’un poème du théologien Dietrich Bonhoeffer.
 
Il y a néanmoins une difficulté. C’est que tous les humains de toutes les religions prient ainsi. Prenez les musulmans, les hindous, les chrétiens et tant de religions, c’est la même chose qui est demandée, du secours, du bonheur et du pain. C’est ainsi que nous sommes poussés à nous demander, si tous prient, s’il y a une spécificité de la prière chrétienne ?
 
Les textes choisis par l’Eglise pour encadrer notre méditation sur la prière n’abordent pas les questions pragmatiques relatives à la prière.
-        Nous avons entendu comment Moïse priait le Seigneur afin que le peuple ne soit pas détruit mais qu’il puisse continuer à vivre ses promesses, à expérimenter ses bénédictions. Il s’agit là d’un destin national, de la vie ou de la mort d’un peuple entier. Et si Moïse a été exaucé ce n’est pas grâce à lui, mais surtout qu’il a réussi à faire regarder Dieu à lui-même, à ce qu’il est. Secours, bonheur, pain ? Nous sommes dans tout autre chose.
-        Quand Paul écrit à Timothée il exhorte, en tout premier lieu, à faire des requêtes, des prières, des supplications pour … (Trouverons-nous le secours, le bonheur et le pain ?) Il exhorte à prier afin que (et je paraphrase) le gouvernement soit stable et assure la paix, afin que la vie d’Eglise puisse se poursuivre sans encombre. Il ne parle pas du secours, du bonheur et du pain.
-        Jésus de son côté enseigne le Notre Père et le deuxième extrait de l’Evangile se veut rassurant. Le Père vous aime et dans l’adversité il tente de les réconforter en leur insufflant du courage. C’est ce courage qui est placé au premier plan.
 
Après l’entrée en matière pragmatique et l’élargissement au contexte biblique, abordons le texte du jour.
 
Demandez et vous recevrez
Cherchez et vous trouverez
Frappez et l’on vous ouvrira.
 
La première impression serait de croire que tout est possible, que tout peut être demandé et sans doute qu’à la mesure de la foi tout peut être obtenu.
 
Demandez et vous recevrez
Cherchez et vous trouverez
Frappez et l’on vous ouvrira.
 
L’étonnement et le sens viennent de la conclusion du texte. Jésus les rassure, il n’y a pas de risque ! Le poisson demandé ne se transformera pas en serpent, l’œuf souhaité ne mutera pas en scorpion, mais c’est le Saint Esprit qui sera donné !
L’enseignement sur la prière se termine par la promesse de l’Esprit-saint. Quel est le lien ? C’est là qu’il faut approfondir. L’enseignement que Jésus apportait se distinguait, s’écartait de l’enseignement traditionnel reçu au temple et dans les synagogues. De plus Jésus encourageait à penser par soi-même et à se poser la question qui traverse avec constance tous les Evangiles. Qui est cet homme ? Qui est ce Jésus ? Où nous entraîne-t- il ? Est-ce le chemin qu’il faut suivre ? Les autorités religieuses nous encouragent-elles à le suivre ?
Jésus révèle Dieu comme Père, un père aimant, généreux, attentionné. Et si les pères et les mères que nous sommes savons donner de bonnes choses à nos enfants à combien plus forte raison celui qui est le Père céleste donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui s’adressent à lui.
Jésus encourage à poursuivre l’aventure commencée. Oui il faut oser le suivre, oui c’est une aventure mais une aventure qui promet, à celui qui persévère, de trouver certitude, connaissance, entrée dans la lumière !
Il me semble entendre : « Certes Jésus entraîne peut-être hors des chemins traditionnels mais c’est comme le peuple autrefois avec Moïse à sa tête, il y a la promesse d’une terre promise. »
Quel est le rôle de l’Esprit-Saint ? Nous faire comprendre la personne et l’œuvre du Christ. Demandez et vous recevrez n’est pas ouvrir un moulin à prière dans lequel nous énumérerons tant et tant de besoins. Demandez et vous recevrez, c’est s’interroger quant au Christ, quant à Dieu. Nous avons besoin de lumière intérieure.
Quand nous prions nous mentionnons parfois aussi notre perplexité. Tant et tant d’aspects de nos vies nous sont cachés, par contre la lumière promise, la prière exaucée, est celle qui interroge le Père quant à son Fils.
 
Jésus rassure encore et encore, il n’y a pas de risque, tout ce que vous risquez est de trouver la vérité qui vous illuminera et vous placera dans le cœur de Dieu.
 
Voilà pourquoi, frères et sœurs, quand nous nous retrouvons les dimanches matin, nous rendons un culte à Dieu. Nous nous plaçons dans cette révélation, dans cette sécurité.
Oui nous avons été exaucé car le Père nous a envoyé son fils unique.
 
Regarder à Jésus, c’est regarder la naissance, l’enseignement, les signes et regarder jusqu’au bout, c’est regarder la croix et la résurrection. C’est par la fin que nous comprenons le début. C’est à la croix, que le drame va de jouer puis se dénouer. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils.
 
Mais dira quelqu’un : « Cher pasteur ! Et le secours, le bonheur et le pain ? »
Jésus y a répondu : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et vivez comme des justes, toutes ces choses vous seront données en plus ».
 
Frères et sœurs vivrons nous ainsi ?
Amen c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 23 Août 2011
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