La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2009

Prédications : résurrection !

Pâques 2009. Une prédication du pasteur Bruno Holcroft, à Niederbronn-les-Bains, le 12 avril 2009.


Chers frères et sœurs,

je vais pour parler de l'espérance, de l'espérance païenne et de l'espérance chrétienne, je vais vous parler de Zeus et surtout de Jésus-Christ.

après le silence qui suivit l'agonie de Jésus, chacun des disciples restait dans sa peine, livré à ses douleurs et à ses interrogations. La lumière est donc venue dans le monde et les siens ne l'ont pas reconnue.  Les ténèbres ont donc recouvert celui qui disait être la lumière du monde et le Sauveur. Terrassé par la mort Jésus gisait dans ce tombeau et avec elle l'espérance des disciples, par conséquent aussi la nôtre. Voici donc dans nos vies cette loi implacable et sans exception : c'est le règne du péché et la fatalité de la mort ! C'est la victoire de la violence, de l'arbitraire ! C'est le règne des puissants, des complots, des mensonges ! Reste pour nous l'amertume décrite par bien des philosophes tout comme par quelques auteurs de la Bible : "Aujourd'hui mangeons et buvons car demain nous mourrons ! " " Tout est vain et éphémère ", " Vanité des vanités, tout est vanité ".

Nombreux sont les foyers parmi lesquels il n'y a plus d'espérance, nombreuses sont les vies dont la flamme s'est éteinte et qui portent au fond des yeux la flamme étouffée par la dureté de la vie. Nombreux sont ceux qui portent le deuil de leur espérance et se livrent à des actes désespérés contre eux-mêmes. Nombreux sont ceux dont la vie est dans une telle impasse qu'il ne reste que la révolte amère ou la révolution. C'est en France, c'est dans le monde entier. La mythologie grecque nous apprend qu'au fond de la boîte ouverte par Pandore, tous les maux de l'humanité en surgirent et que demeurait la seule petite Espérance bien effrayée et contusionnée dans un ultime recoin. Hors de la boîte se déchaînait tout le mal que pouvait souhaiter Zeus; l'espérance n'était qu'un vague espoir. C'est là la foi des païens livrés à l'arbitraire des dieux. Que leur restait-il à espérer connaissant la nature des dieux de l'Olympe, connaissant la nature de l'homme ? A peine l'un ou l'autre demi-dieu put-il boire après de gigantesques exploits le nectar qui allait le rendre immortel et par-là le rendre dieu. Mais que restait-il à espérer aux autres ? Les oracles prédisaient implacablement ce qui allait arriver. Les hommes résistaient et succombaient aux péchés propres à notre nature : les meurtres, les adultères, les orgueils en tout genre, la perversité et la bestialité. Ils étaient livrés à leurs peurs, des monstres régnaient et exigeaient d'eux des sacrifices humains.

Chaque époque génère ses peurs et véhicule ses démons. Que restait-il autrefois comme espoir aux païens ? Il leur restait l'espoir d'éviter le courroux parfois juste des dieux pour aller enfin dans le triste pays de la mort d'où l'on ne revient pas, mener une grise existence d'ombre humaine. Il nous reste à nous l'espoir que le pire n'arrivera pas, que cela n'arrivera qu'aux autres.

L'espérance tremble toujours tant elle est petite et contusionnée. L'espérance que peut-elle donc ? Elle permettait hier comme aujourd'hui aux petites gens d'espérer que demain une amélioration ne serait pas impossible, qu'un concours de circonstances peut-être... qu'une déesse s'intéresse à son sort... le loto et pas le Sida.

La quête de l'Espérance n'est cependant pas l'unique apanage des païens. Depuis sa longue existence, Israël connut la même quête dans la même condamnation à vivre une humanité livrée à ses passions et à ses forces destructrices. Quelle espérance pour le peuple d'Israël ? Quelle espérance dans ce monde livré au mal ? Quelle espérance pour nos familles ? Quelle espérance pour nos enfants, notre avenir ? Quelle espérance quand du fond de son exil à Babylone, Israël humilié errait sans comprendre, espérait sans savoir que croire. Quel serait son rétablissement, quand le Messie viendrait-il ?
Faisons un nouveau bon dans le temps. Au fond de la tombe de Joseph d'Arimathée, Jésus semblait avoir emporté avec lui l'espérance qui avait animé ses disciples. Ceux-ci vivaient en reclus, terrassés, dans leurs pièces fermées. Du fond de nos échecs, des blessures de la vie, de nos vaines tentatives, quelle est notre Espérance ? Zeus, ce dieu païen, craignait les humains, les voulut mortels et livrés à tous les maux. Il les condamnait à la désespérance.

Dieu par contre, en Christ, a voulu être humain et délivrer de toute fatalité l'humanité entière. L'Espérance n'est pas au fond de la tombe comme elle gisait dans la boîte de Pandore. Israël vit ! C'est la réalité du retour d'Exil et la réalité de la recréation de l'Etat d'Israël. L'Eglise surgit à l'événement de sa résurrection ! Nous tenons en main, nous aussi, comme Pierre et Jean, ces bandages de mort. Le rideau du Temple de Jérusalem s'est déchiré. L'impensable a été accompli.

Vivrons-nous comme si nous n'avions pas d'Espérance ? Sachons que l'homme n'est plus hors de la présence du seul vrai Dieu créateur et saint. La séparation qui se dressait entre Dieu et les hommes est tombée, elle s'est déchirée en ce corps disloqué. Désormais la présence de Dieu envahit tout le Temple, désormais la force et l'amour de Dieu nous environnent ! Le processus de guérison est en cours. En ces cœurs meurtris le cœur connaît à nouveau de réelles impulsions. Bientôt ils vont le voir, partager à nouveau leurs repas avec lui. A nouveau ils l'entendront, à nouveau ils connaîtront cette intimité, cette proximité. Le règne du péché et de la mort n'a plus cours ! Ces disciples couraient vers le tombeau dans le bouleversement de la mort, bientôt ils vont parcourir le monde entier pour dire que le tombeau est vide et qu'il est ressuscité !

Dieu est amour, le péché est vaincu, l'Espérance s'accomplit. Bientôt face à toutes les adversités, face aux bêtes sauvages, devant la perspective du martyre, ils ne reculeront plus. Ils feront resplendir le flambeau de la vérité, celui de l'amour de Dieu qui a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle. « La vie éternelle c'est qu'il te connaissant toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ ! »

Si notre Espérance tend à s'essouffler et à redevenir païenne, si le doute vient à notre porte, si les difficultés s'accumulent, c'est là souvent notre vie, revenons au pied de la croix, revenons aussi au seuil de ce tombeau vide. Les pleurs dans les yeux des femmes les empêchaient de voir clair et de saisir immédiatement l'Espérance victorieuse qui s'offrait à elles. Revenons également parmi les disciples qui reçurent l'Esprit Saint. Notre espérance peut, elle aussi, resurgir, se déployer, connaître une métamorphose. Du vendredi saint au dimanche de Pâques, puis de Pâques jusqu'à la Pentecôte, puisse le souffle de l'Esprit s'engouffrer dans les creux de nos vies et gonfler la voile de notre Espérance !



Qu'en nos yeux, nos cœurs, jusqu'au centre de nos vies se rallume aussi cette flamme. Puissions-nous briller de l'éclat de la vérité de ce jour et porter la Bonne Nouvelle.

Puissions-nous nous livrer à cette Espérance et vivre réconciliés.

Béni soit Dieu le Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts pour une espérance vivante.

Amen.




Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 12 Avril 2009
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