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Prédications 2009

Prédications : Le mystère de l'élection et ce qu'on peut faire...

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse luthérienne de Niederbronn les Bains le 28 juin 2009

Luc 15


Chers frères et soeurs nous sommes invités à méditer ce matin la parabole de la brebis perdue, une parabole bien connue. La parabole enseigne d'une manière générale la bonté de Dieu qui fait tout pour nous retrouver. Elle a souvent été utilisée pour dire que chacun de nous est accepté, même ceux qui s'égarent très loin, nous pouvons également penser à la parabole du fils prodigue.


Nous avons par l'une des lectures du jour également entendu le témoignage de l'apôtre Paul. Il était un adversaire de la foi chrétienne, il a été de ceux qui, droit dans leurs bottes, ont voulu par une notion de fidélité et de sainteté, assumer l'arrestation et même la mort d'Etienne. Il fallut l'épisode du chemin de Damas pour Saul devienne l'Apôtre Paul.

Quel étrange choix de la part de Dieu : choisir parmi les plus redoutables persécuteurs, parmi les plus violents, parmi les plus intransigeants, un homme, pour le retourner et faire de lui l'apôtre que nous connaissons.


Ce que nous voudrions observer aujourd'hui c'est comment un homme retrouve le chemin vers Dieu. Parfois la foi lui « tombe dessus » comme on le dit parfois. Mais il n'y a pas que l'exemple d'André Frossard. Je voudrais ainsi vous raconter la conversion de l'écrivain Arild Pollestad. Il raconte lui-même son histoire dans un livre qui a connu un grand succès dans son pays, la Norvège. Au départ Arild Pollestad n'était pas du tout une brebis perdue, bien au contraire. L'auteur est né et a été baptisé écrit-il « dans un coin de la terre de Dieu où la vérité du christianisme était à ce point hors de doute que le Bon Dieu était non seulement chrétien, mais luthérien ! Il donne dans ses livres des images savoureuses et touchantes du milieu protestant de son enfance, de la vie familiale, de l'école publique très religieuse, où « spirituellement parlant » écrit-il, nous habitions plus près du Lac de Génésareth que de la mer du Nord. »

Pourtant à 16 ans le jeune Arild tourne le dos à tout cela, il veut voir le monde, il est attiré par Paris et il écrit que « les seins généreux des danseuses du Moulin-rouge l'emportaient de beaucoup sur les voûtes gothiques de Notre-Dame ».

Voilà donc notre brebis perdue qui découvre la sexualité, il se passionne aussi pour l'étude des langues, le français et le russe. C'est une brebis qui cherche l'aventure. Il zigzague à travers l'Europe et un jour il circule sur l'une des collines qui entoure Rome, il se trouve à 24 ans devant la basilique Sainte-Marie-Majeure et il entre juste au moment où commence la liturgie du jeudi saint. C'est là que la vraie aventure commence, la brebis, sans préparation préalable, se retrouve dans un face à face avec ce Dieu qu'elle avait quitté. 8 ans après avoir quitté 99 brebis luthériennes il est rejoint par Dieu au détour d'une route sans autre préparation, sans autre intervention...


Comment la foi vient-elle et surtout aujourd'hui comment revient-elle ? Le choix de l'apôtre Paul est un mystère complet. Le face à face avec Dieu d'Arild Pollestad aussi. Nous restons du coup bien songeurs car si cela dépend seulement de Dieu nous ne voyons pas bien ce que nous pourrions faire sinon prier afin que de tels choix, de telles révélations, se multiplient. Nous sommes bien songeurs car nous ne sommes pas dans le contexte Norvégien, et notre humour est tout de même teinté d'amertume quand nous constatons que ce n'est pas l'un ou l'autre dans la masse qui serait manquant, mais que les proportions sont presque inversées. Dans nos villes et villages les pratiquants sont environ 2 à 8 %. Et mes statistiques ne sont pas les plus récentes.


Mais revenons au texte biblique. Le point de départ de Jésus, la raison pour laquelle il a raconté cette histoire, est l'attitude des Pharisiens et des spécialistes de la Loi juive. Nous connaissons bien ces spécialistes des 10 commandements et les centaines de développement relatifs à la Loi. Non il ne fallait pas fréquenter les gens « pas bien », il ne faut pas aller chez eux, il ne faut pas leur parler. Ces gens-là sont non seulement louches mais dégoûtants, immondes ! Il faut se couper de ces gens.


La réponse de Jésus est une fois encore basée sur l'amour, sur le souci que l'on se fait pour quelqu'un. Quand on aime et que l'on veut aider l'on ne regarde pas à la boue qui peut couvrir quelqu'un à un moment de sa vie, l'on regarde à ce qu'il a été ou à ce qu'il peut à nouveau devenir. La boue change le visage de quelqu'un mais l'humain digne d'être aimé, connu, aidé, fréquenté est toujours là.

Au fond même quand quelqu'un s'éloigne, même s'il fait les quatre cents coups, même s'il tombe dans le mal, la violence, l'alcoolisme, le complet matérialisme... S'il s'égare dans tout ce que la vie a de superficiel, s'il se laisse gagner par l'appât des gains rapides, s'il oriente sa vie sur son énorme nombril. Tout cela ne change pas la simple réalité, il est digne d'être fréquenté, digne d'être aimé, digne d'être rétabli. Peut-être direz-vous qu'il est indigne ? Dieu ne le voit pas comme cela, il n'écoute que son amour, son souci de l'autre.


Si tout dépendait de Dieu dans le choix, dans l'élection, alors nous n'aurions qu'à prier. Mais l'apôtre Paul lui-même est devenu un prédicateur infatigable. Il ne s'est pas dit « tout dépend de Dieu et s'il le veut il convertira d'autres personnes comme il l'a fait pour moi ». Paul a pris son bâton de pèlerin, il a sillonné le bassin méditerranéen, il a écrit, il a exhorté, il a enseigné. Il a vraiment fait tout ce qu'il a pu, il se sentait responsable, à lui de présenter du mieux qu'il pouvait cet évangile qui l'avait sauvé. Et Arild Pollestad ? Arild Pollestad est quant à lui devenu un auteur à succès, il est devenu prêtre.


Voilà pourquoi le pasteur vous invite à aller partout. Au café, au club, dans les associations, dans les foyers, dans les salles de jeux, dans la fantaisie, dans tous les lieux de vie vous permettant de retrouver quelqu'un en danger. A nous de multiplier les occasions, les contacts, les lieux où l'on peut parler, les moments où l'on peut accompagner. Bien entendu il ne s'agira pas de faire la morale... mais de porter la brebis sur ses épaules. Il s'agit d'aider. C'est une tâche ardue ! Avons-nous déjà tenté d'aider quelqu'un qui n'écoute pas, qui fait successivement des mauvais choix, qui redouble de courage pour s'enfoncer encore davantage ? Avons-nous déjà connu le découragement quand nous ne sommes pas payés en retour, quand nombre de nos tentatives sont, en fait, autant d'échecs ? Je pense que oui, c'est une tâche vraiment difficile. Le bon berger de la parabole a laissé les brebis dans la bergerie pour un temps s'occuper de celle qui était perdue... Oui peut-être faut-il parfois laisser quelque peu ses propres objectifs, ses préoccupations et même les siens, pour s'attacher à aider ceux qui sont en train de couler. L'amour fait faire de telles choses... Les brebis égarées ne sont pas des adversaires, c'est peut-être quelqu'un que nous n'avons pas encore assez aimé...


Terminons par une dimension politique, l'amitié franco-allemande. Plus qu'un homme, c'est tout un peuple qui s'est égaré et à l'issue de la guerre, malgré tant et tant de drames, le chemin a consisté à voir ce que l'Allemagne et l'Europe pourraient devenir. La France et l'Allemagne, les 6, les douze, les 24, les 27. Il a fallu chercher celle qui s'était perdue, et c'est au bénéfice de tous qu'elle est revenue.


Voyez amis, nous partions de l'idée de Dieu se révélant à qui il voulait et à présent nous sommes poussés à nous intéresser avec toutes les idées, toutes les initiatives que suscitera en nous l'amour. Offrons du temps, offrons une parole, offrons une présence, offrons une invitation, offrons un livre, portons une partie de leur souci.

Le tout n'est pas d'en faire des Protestants, mais que ceux qui sont égarés et dans les griffes du diable soient rendus à la vie, qu'ils puissent tout simplement commencer une nouvelle vie.


Jésus terminait en disant : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui commence une vie nouvelle que pour 99 justes qui n'en ont pas besoin. Pour la joie de Dieu, multiplions les gestes, les paroles conduisant à une vraie vie.


Frères et soeurs vivrons-nous ainsi ? Amen, c'est vrai nous le croyons et voulons vivre ainsi.





http://www.protestants-niederbronn.org/docs/Predications2009/brebis_perdue.mp3 http://www.protestants-niederbronn.org/docs/Predications2009/brebis_perdue.mp3


Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 28 Juin 2009
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