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Prédications 2009

Prédications : Jésus lave les pieds de ses disciples - Humilité -

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft, le 9 avril 2009, à Niederbronn-les-Bains

Jean 13
1 C'était la veille de la fête de la Pâque. Jésus savait que l'heure était venue pour lui de quitter ce monde pour aller auprès du Père. Il avait toujours aimé les siens qui étaient dans le monde et il les aima jusqu'à la fin.

2 Jésus et ses disciples prenaient le repas du soir. Le diable avait déjà persuadé Judas, fils de Simon Iscariote, de trahir Jésus.
3 Jésus savait que lui-même était venu de Dieu et retournait à Dieu, et que le Père avait tout mis en son pouvoir.

4 Il se leva de table, ôta son vêtement de dessus et prit un linge dont il s'entoura la taille. 5 Ensuite, il versa de l'eau dans une cuvette et se mit à laver les pieds de ses disciples, puis à les essuyer avec le linge qu'il avait autour de la taille.


Frères et soeurs

sans doute êtes-vous comme moi saisis par l'humilité démontrée par le Christ. Cette  humilité va nous interpeller, cette humilité sera le coeur de notre réflexion et nous en chercherons des exemples concrets.
Il me semble que de vouloir rejouer la même scène, c'est-à-dire littéralement de nous laver les pieds les uns aux autres, n'a qu'un intérêt limité. Par contre il est tellement important de donner autour de nous des signes d'un véritable amour.

Le christianisme mène de nombreux combats : pour la doctrine de la foi, pour la vérité, pour la justice, pour l'art, par des efforts intellectuels. L'Eglise semble faite d'un ensemble de valeurs que nous entendons défendre ardemment. Les uns citeront Luther, la foi ou les cantiques protestants. D'autres mentionneront la langue maternelle, d'autres les valeurs humanistes et humanitaires, d'autres le respect et la fidélité, d'autres les valeurs éducatives et culturelles, d'autres la Bible, la prière et les dons qui permettent à nos institutions de vivre.

Aujourd'hui nous sommes orientés vers un christianisme pratique. Nous sommes ce soir invités à faire des gestes qui montrent que ce qui nous anime se manifeste par une humilité.
Il me semble que ce soir nous avons à entendre que des gestes ont besoin d'être posés afin qu'ils expriment concrètement le monde subtil et souvent confus qui agite nos vies. Les gestes servent au témoignage, ils servent à la concrétisation, les gestes sont un discours, ils sont le prolongement de ce qui nous tient à coeur. Les gestes sont destinés aux croyants comme aux non-croyants, ils expriment le coeur de la foi.

Peut-être devrions-nous simplement nous souvenir que le christianisme est la religion de l'amour. Pas une mièvrerie sentimentale et larmoyante, mais un amour qui se donne, qui se montre, qui s'éprouve. Un amour tangible, un amour qui se partage, un amour un peu fou qui fait que l'on se mette dans la position de l'inférieur. Le Christ se tenait aux pieds de ses disciples... oui l'image est suffisamment explicite, se tenir au pied de celui que l'on veut servir. L'on dit que les médecins font le serment d'Hypocrate, mais tout chrétien prêtant serment au Christ devient de fait serviteur, comme le Christ. Etre ou ne pas être pasteur n'est pas la question, nous sommes tous appelés à être des serviteurs.

Quelle richesse et quelle bénédiction pour une paroisse quand, tout en discutant, nous nous mettons non seulement à la hauteur de notre vis-à-vis, mais que nous le mettons lui et ses besoins, au-dessus des nôtres.
Cela change tout. Une discussion ce n'est pas prendre le dessus sur l'autre, c'est comprendre en profondeur son besoin. Quand vous aurez lavé les pieds de votre vis-à-vis, à mon avis, il écoutera bien différemment ce que nous aurez à coeur de lui dire.

Quand nous travaillons, quand nous recherchons le meilleur choix, quand nous envisageons l'avenir de la paroisse, quand nous travaillons avec les plus jeunes jusqu'aux plus anciens, c'est toujours une écoute vraie qui nous donnera la vie.
Personne n'a la vérité, nous sommes tous serviteurs de la vérité.
L'autre a sa part d'authenticité, l'autre a sa part de vérité, l'autre a des besoins qui ont besoin d'être reconnus, l'autre a une histoire, l'autre à ses blessures, l'autre a ses espérances, l'autre a ses peurs, l'autre a ses secrets, aussi ses capacités.

Ce qu'il faut peut-être entendre ce soir, c'est le besoin de descendre encore bien plus bas, afin de bien entendre. Pourquoi aurions-nous peur de descendre ? Nous ne trouverons que ce que nous trouvons au fond de nous-mêmes, à la fois la grandeur et aussi la misère, le courage et la lâcheté, l'envie de fuir Dieu et de le retrouver, l'envie de savoir, et l'envie qu'on nous laisse tranquille, l'envie d'être exaucé et l'envie que l'autre soit exaucé.
Plus nous allons au plus profond, plus nous allons dans l'humilité, dans l'humanité, et plus nous serons dans la vérité.

Parlons aussi des paroissiens absents, parmi les causes, qui sont nombreuses, on me fait part de déceptions, de blessures, parfois pire. Bien des personnes ont été déçues par des comportements, il importe que nous placions des gestes et des paroles qui seront comme la bonne odeur du Christ.
Peut-être vous souvenez-vous d'une prédication dont le titre était « Quelqu'un m'a fait du bien et je m'en souviens ». C'est dans ce sens qu'il faut aller.

L'enseignement de ce soir me semble évident. Quand les premiers chrétiens se réunissaient ce qui frappait les contemporains de l'époque c'est que ces premiers chrétiens s'aimaient, oui ils s'aimaient. Nulle naïveté dans ces paroles car autrefois aussi ils avaient toutes les raisons de faire crier les différences et les souffrances étaient nombreuses. Les assemblées étaient composites, les milieux sociaux différents, les mentalités contradictoires et les doctrines incertaines ; ils n'avaient pas encore tous les écrits de ce que nous appelons le Nouveau Testament. Beaucoup d'imperfection mais un véritable amour, un témoignage puissant qui faisait constater que ce n'était pas seulement une nouvelle doctrine, bien plus encore qu'un nouveau style de vie, mais que dans ce milieu l'on vivait une véritable dimension d'entraide, de fraternité.

Etes-vous sensible aux nouvelles maisons permettant d'économiser l'énergie ? Cela compte pour bien peu !
Etiez-vous au Canada, en Europe de l'Est, ou dans les Baléares ? Cela compte bien peu.
Quelles sont vos lectures, vos libertés, vos difficultés ? Je crains là encore que cela compte peu pour établir une Eglise.
Etes-vous assez épanouis ? Savez-vous goûter à ce qu'offre la vie ?
Voyons, ce qui compte c'est que la fraternité connaisse une dimension réelle, tangible, qui étonne celui qui la reçoit.

La suite de l'histoire de ce jour nous la connaissons. Pierre ne voulait pas que le Christ lui lave les pieds mais ayant mieux compris il demanda à ce que le Christ lui lave non seulement les pieds mais le corps tout entier. Le Christ ne le fit pas et nous comprenons qu'il s'agissait là d'une allusion au baptême.
Descendre jusqu'à l'autre, descendre jusqu'au plus profond, descendre pour délaisser, pour se dépouiller, descendre pour grandir et nous mettre à la dimension du Christ, pour laisser toutes nos constructions, tous nos efforts qui consistent à paraître, faire semblant ou à nous cacher. Le Christ s'est lui-même dépouillé, de Dieu qu'il était il s'est abaissé afin que nous soyons enrichis par sa pauvreté.
Le Christ nous a laissé un exemple afin que nous suivions ses traces. Celui qui reste debout sera peut-être droit dans ses convictions, mais celui qui se baisse trouvera la vérité, le Christ, et ses frères. Heureux ceux qui prendront part au repas, part au Christ qui se donne, il aura part à la vérité qui fait de nous des hommes et des frères. Amen c'est vrai nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 9 Avril 2009
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