La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2008

Prédication : Une deuxième chance

Exode 34
Les nouvelles tablettes de la loi
1 Le Seigneur donna cet ordre à Moïse : « Taille deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes, que tu as fracassées s ; j'y inscrirai les commandements qui figuraient sur celles-ci. 2 Sois prêt pour demain matin. A l'aube, tu monteras au sommet du mont Sinaï et tu m'y attendras. 3 Que personne ne t'accompagne ! Que personne non plus ne se montre ailleurs sur la montagne ; que même aucun animal — mouton, chèvre ou vache — ne paisse à proximité ! »
4 Moïse tailla deux tablettes de pierre, semblables aux précédentes. Tôt le lendemain matin, il monta sur le Sinaï, conformément à l'ordre du Seigneur ; il emportait les deux tablettes. 5 Le Seigneur descendit dans la colonne de fumée et se tint là, à côté de Moïse. Il proclama son nom : « Le Seigneur » t . 6 Puis il passa devant Moïse en proclamant encore u : « Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d'une immense et fidèle bonté. 7 Je manifeste ma bonté envers les hommes jusqu'à mille générations, en supportant les péchés, les désobéissances et les fautes ; mais je ne tiens pas le coupable pour innocent, j'interviens contre celui qui a péché, contre ses enfants et ses descendants jusqu'à la troisième ou la quatrième génération v . »
8 En toute hâte, Moïse se jeta à terre pour adorer le Seigneur, 9 puis il s'écria : « Seigneur, puisque tu m'accordes ta faveur, je t'en supplie, viens nous accompagner. Je sais bien que ces gens sont rebelles, mais pardonne nos péchés et nos fautes, et considère-nous comme ton peuple. »
10 Le Seigneur déclara à Moïse : « Je vais conclure une alliance avec vous. En présence de tout ton peuple, je réaliserai des merveilles telles qu'on n'en a jamais vu de pareilles, nulle part sur terre, dans aucune nation ; les Israélites qui t'entourent verront alors combien sont impressionnantes les oeuvres que j'aurai accomplies par ton intermédiaire.


Prédication

Chers frères et soeurs,

Avez-vous de la chance dans la vie ? Nous aimerions tous avoir de la chance, trouver un billet parterre, gagner la tombola de la soirée « tarte flambée » et surtout que les coïncidences nous soient favorables.
Par contre, rater une chance, celle qui passerait juste là, est l'une de nos angoisses. L'époque veut que nous pensions qu'il ne faut pas rater une occasion, une chance inespérée ! Cela va des tracts et prospectus qui inondent nos boîtes aux lettres, jusqu'à la personne rencontrée lors d'une circonstance inattendue ! Nous croyons que c'est de la chance qu'il nous faut pour arriver à vivre vraiment, c'est la chance que l'on doit guetter pour la saisir au passage. Du coup c'est bien une certaine angoisse qui peut nous habiter à l'idée que nous pourrions la rater.
Saisir sa chance ? On peut aussi penser à la chance de ne pas rater l'occasion d'une réconciliation, l'occasion d'une parole, l'occasion d'une retrouvaille. C'est maintenant, là, le temps favorable, l'occasion qui ne se présentera peut-être plus avant longtemps.
Mais notre sujet est celui de la deuxième chance. L'expression est utilisée entre autres par le gouvernement en voulant que certains ouvriers ou employés puissent profiter d'une reconversion afin d'exercer un nouveau métier. Si quelqu'un a un raté dans son cursus, dans une première formation professionnelle, il veut lui donner une deuxième chance, une vraie chance, afin qu'il puisse trouver sa place dans la société, vivre normalement, vivre dignement. On oublie ce qui a été un échec et l'on ouvre la voie par la deuxième chance.
L'expression, il arrive aussi que nous l'utilisions après une opération médicale, après un danger, une maladie, une nouvelle chance est donnée, c'est un retour à vie normale, un nouveau départ, car on ne savait pas comment on s'en sortirait. Là encore c'est une nouvelle chance.

Mais cette introduction n'est pas très solide car elle semble signifier que c'est un peu le hasard qui déciderait de la vie, de la réussite, de la santé, de la deuxième chance. Si je suis capable de reconnaître ou de saisir ma chance je connaîtrai la réussite, mais si par contre je n'en suis pas capable, je ne pourrai en vouloir qu'à moi-même. La faute à « pas de chance » ? Non, la faute à soi-même de n'avoir pas sû saisir au bon moment ce qui me passait sous le nez ! Nous allons chercher une meilleure base pour parler de la deuxième chance.

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Dans notre récit biblique Moïse était en train de gravir le Mont Sinaï, il avait à nouveau les tables de la loi pressées sur sa poitrine. Pour le moment elle ne comportait aucune écriture, rien d'écrit, rien d'ordonné, rien de promis. Il montait vers le sommet du Sinaï et cette montée prenait des heures.
Sans doute eut-il le temps de se souvenir du chemin parcouru par le peuple durant les mois qui venaient de s'écouler. L'esclavage en Egypte, les plaies d'Egypte, l'intervention miraculeuse, et Dieu qui voulait être si proche de ce peuple au point d'en faire son peuple, un peuple qui recevrait des mains du Seigneur les commandements qui les rendraient heureux et qui feraient éclater sa gloire. Et cette chance avait été gâchée. A peine s'était-il éloigné d'eux qu'ils se mirent à fabriquer une image de Dieu, un veau d'or, et avaient dansé autour de lui. Un Dieu visible leur semblait plus palpables que des orientations, des principes et des lois. Ils avaient besoin de voir, de toucher, d'être concrets comme tous les dieux égyptiens qui étaient représentés partout quand ils étaient en Egypte. Alors qu'ils avaient été esclaves durant des générations voici qu'en un clin d'oeil ils se détournaient de celui qui les avait pourtant sauvés.
Quand Moïse descendit du Sinaï il entendit le bruit d'un peuple faisant la fête, il entendit de la musique, les éclats de voix des chants et le rythme des danses. Nous aussi pouvons parfois faire la fête après un choix trop rapide. On nous avait dit que la promotion de cet article était une chance tout à fait inespérée et l'article en question révèle ses faiblesses, en fait il était trop cher pour ce qu'il était ou alors il n'est pas vraiment nécessaire et en fait la joie de l'acheter, la joie de consommer s'est révélée de bien courte durée. L'ambiance et l'excitation retombent, le veau d'or n'est qu'un objet, le désir assouvi crée un grand manque inassouvi. Tu sais quoi – dit le blagueur - ? Tu devrais acheter autre chose, saisir une autre promotion, te laisser remplir et gagner par une autre envie afin que la joie d'acheter soit à nouveau là. Et tu sais quoi ? Tu peux faire cela toute ta vie, remplir la vie d'objets, et répondre à la frustration par un achat qui générera d'autres frustrations auxquelles tu répondras par de nouveaux achats ! Une frustration ? Un achat ? Un achat ? Une frustration ! Une frustration ? Un achat ! Et ainsi de suite.

Moïse montait vers le sommet de la montagne, il priait et réfléchissait. Il avait intercédé auprès de Dieu afin qu'il ne se détourne pas de ce peuple indigne. Il s'était proposé en échange, il avait rappelé à Dieu qui il était, ce que diraient les païens si lui abandonnait le peuple. Et Dieu l'avait à nouveau convoqué au sommet de la montagne.
La deuxième chance est un cadeau de Dieu. C'est sur l'ordre du Seigneur que Moïse gravit la montagne avec de nouvelles tables sur lesquelles il allait graver sa loi. Ces nouvelles tables étaient exactement comme les premières, les tables et les commandements, les promesses qu'elles contiennent seront exactement les mêmes que les premières. Aucun bémol, pas de qualité inférieure, pas de commentaire différent, la manière dont le Seigneur se noue au peuple est absolument comme s'il n'y avait pas eu de première fois raté ! La deuxième chance est une vraie chance. C'est absolument comme le premier départ, le premier don.
Mais il y a eu un préalable. Le pardon, la réconciliation... Moïse eut la clairvoyance, le courage d'une démarche de vérité. La deuxième chance est donnée absolument gratuitement, mais elle ne peut être donnée qu'à partir d'une démarche de droiture et de sincérité. Que faire pour avoir une deuxième chance ? Il y a quelque chose à faire, quelque chose à accepter, quelque chose qui touche au sens de la vie, à l'orientation profonde. Dans l'Eglise nous nommons cette réorientation la repentance. Pour accéder à la deuxième chance il faut une prise de conscience et Israël le fit en se détournant du veau d'or, c'est pour cela qu'une seconde chance possible lui est accordée.
Cette attitude est tellement fondamentale qu'elle nous incite à la prudence. Les enjeux sont tellement importants qu'on ne peut tricher. Dire du bout des lèvres « oui oui, pardon pardon » n'ouvre aucune porte. Aller au fond de soi pour des revirements profonds ne peut être fait qu'au compte-goutte dans sa vie.

Si le fils prodigue était venu à répétition auprès de son Père avoir dilapidé moulte fois une partie de son patrimoine, il est fort à craindre qu'il n'aurait pas retrouvé le chemin vers son Père.
Par contre il y a un tout autre rythme de retour à Dieu qui se vit au quotidien. Combien de fois pardonnerai-je à mon frère qui a péché contre moi ? Là nous sommes dans le Nouveau Testament, nous sommes dans la grâce qu'on ne peut épuiser, et c'est ce que nous vivons jour après jour, dimanche après dimanche. La joie de dieu est de pardonner, de nous renouveler l'Esprit. Nos pas s'égarent, mais nous pouvons venir et revenir. Pour l'orientation des jours, et des choix quotidiens, oui nous pouvons sans crainte nous approcher de l'océan de la grâce.

Amen c'est vrai nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 30 Septembre 2008
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