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Prédication : Tous prient pour avoir du secours, du bonheur et du pain
Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains
L'espérance du salut
1 Pierre 1 3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour une espérance vivante.
Chers frères et soeurs, nous poursuivons le thème de la résurrection, celui du plus grand étonnement, de l'événement inattendu et incompréhensible : le Christ est ressuscité... Les destinataires de l'épître de Pierre sont dans la souffrance, mais le Christ est ressuscité. Quand nous nous rendons sur les tombes de nos bien-aimés nous pouvons penser à eux avec cette idée de la résurrection. C'est une espérance qui nous est chère, même si nous ne savons guère aller plus loin tant nous manquons de lumière. La résurrection ? Oui, plus tard, et nous nous projetons dans un avenir permettant de penser que nous vivrons et retrouverons nos amis, notre parenté. Mais l'espérance de la résurrection ne consiste pas seulement en des retrouvailles, mais c'est surtout l'idée, la promesse qu'alors nous vivrons la plénitude de ce que nous avons commencé à vivre. Ressusciter ce n'est pas seulement continuer notre chemin, de le continuer avec ceux qui nous ont précédés, mais tout ce que nous avons partiellement commencé à vivre, ce qui fait précisément de nous des enfants de lumière, tout ce développement en profondeur et en hauteur que nous avons commencé à vivre, tout cela sera amené à la plénitude, à l'accomplissement, à la perfection. Et cela nous le croyons malgré le mal et la souffrance. Aujourd'hui ce sens de la souffrance nous échappe complètement. Les exemples sont malheureusement nombreux ; il suffit d'ouvrir un journal pour y lire l'accident, l'injustice, la violence, l'éphémère et l'absurde. Il suffit de nous écouter quand nous parlons de ce qui est lourd dans nos vies. Ces événements, ces malheurs, peuvent nous éloigner de Dieu, mais ils peuvent aussi nous faire approfondir notre compréhension . Nous sommes toujours tentés de prier Dieu, de faire appel à lui, afin d'éviter la souffrance et tant de maux qui nous déchirent. Comment pourrait-il en être autrement ? Tous les humains prient de la sorte afin qu'ils soient préservés.
Le théologien Dietrich Bonhoeffer, que je cite de mémoire, disait : « Seigneur les hommes vont à toi dans leur misère et prient pour avoir du secours, du bonheur et du pain. Tous font ainsi, païens et chrétiens ». « Seigneur, les hommes vont à toi et te trouvent nu, pauvre, sans honneur, délaissé. Et c'est ainsi que tu viens parmi tes frères ». Nous sommes toujours tentés d'avoir un Sauveur qui arrange, qui rattrape, qui répare, qui garantit. Que Dieu nous exauce ! mais c'est pourtant bien « le crucifié » que nous annonçons ici dans cette église. Celui qui vit parmi nous est celui qui n'a pas été épargné par la souffrance, il est celui dont la vie de vérité l'a mené à la souffrance, jusqu'à la mort. Sa vie de vérité l'a mené au fond du gouffre. Et le Père l'a ressuscité.
Par 1000 exemples nous comprenons que le mal et la souffrance ravagent ce monde. Où est Dieu ? Qui est Dieu s'il n'est pas celui qui empêche le mal d'arriver ? La question est trop immense, trop bouleversante pour que nous en comprenions plus qu'une partie à la fois. Il nous faut à tous un cheminement pour qu'un coin du voile soit soulevé. Nous ne savons pas pourquoi tant de malheurs arrivent, cela ne nous est pas révélé. Par contre nous savons que le mot final n'appartient ni à la destruction, ni à la souffrance, ni à la mort. Parce que le Christ est ressuscité nous savons que la direction que prend notre vie par la foi est la bonne. Nous ne savons pas de quoi notre vie sera faite. Comment ces prochaines années se passeront-elles ? Il nous faut mener de nombreux combats qui sont tantôt intérieurs, tantôt extérieurs, et il n'est pas évident du tout qu'une « victoire » soit l'issue de ces combats. Aussi la foi en la résurrection du Christ est-elle la porte ouverte que l'on aperçoit à quelque distance. Le monde entier va passer par là. L'apôtre Pierre mentionne que les destinataires de l'épître sont affligés par diverses épreuves. Il est fort probable que soient là mentionnés, non pas les événements tristes et les deuils que chacun doit affronter, mais plus probablement la persécution à cause de la foi. L'idée centrale c'est que nous sommes tous, à tous les âges de la vie, pour tous les caractères, et malgré tous les choix personnels, traversés, interrogés. L'idée de la résurrection, l'affirmation de la résurrection, la foi en la résurrection, la réalité de la résurrection de Jésus d'entre les morts viennent ce matin à notre rencontre. Quand nous disons le Crédo « Je crois en Dieu le père tout puissant... » ce n'est pas l'idée de la puissance qui est exprimée de manière constante. La puissance de Dieu est exprimée pour la création, elle est dite pour la résurrection, elle est dite pour le jugement dernier, elle est dite pour le pardon de nos fautes. « Je crois en Dieu le père tout puissant... » est un début qui peut gauchir notre compréhension de Dieu. Ce qui est dit essentiellement c'est qu'il a envoyé son Fils dans son humanité, qu'il a expérimenté la faiblesse, la dépendance, les tentations et les souffrances. L'injustice a tué le Christ. Et c'est ce Christ, le crucifié, qui nous accompagne jour après jour. L'idée dominante n'est pas celle du tout-puissant dont nous allons attendre le miracle, mais celle de l'homme, ce frère et Seigneur que nous avons en Jésus, c'est lui qui nous accompagne. Nous vivrons comme il a vécu et nous ressusciterons comme il a été ressuscité. Quand y a-t-il une Eglise ? Bien plus important que l'idée d'habitude, de cycle, d'héritage, de respect ou de l'attente du miracle, notions qui ont toutes une certaine valeur, voici quand surgit la réalité de l'Église. C'est quand nous sommes rencontrés par cet homme Jésus, quand le souffle de l'événement passé nous rejoint aujourd'hui. La résurrection fait se redresser, persévérer. Nous ne sommes pas sauvés de nos difficultés à vivre et à tenir bon, mais nous sommes accompagnés, rencontrés dans nos souffrances et dans nos quêtes par ce qui est dit en Jésus. Parce qu'il est ressuscité nous savons avoir fait le bon choix, nous savons qu'avec ses soubresauts violents, avec ses échecs et ses immenses souffrances, le monde va vers le passage ouvert par Jésus. C'est bien l'amour qui est la force la plus grande, c'est bien l'amour qui sauve le monde et le sens dernier sera donné tout à la fin quand nous renaîtrons, nous aussi, à la vie éternelle. Ajoutons que bien évidemment avant Jésus l'on croyait déjà en Dieu et l'on célébrait par exemple le Dieu créateur. On célébrait celui qui s'était révélé en Abraham, Isaac, Jacob. On célébrait la fin de la servitude en Égypte, on célébrait l'élection du peuple et l'alliance manifestée par la circoncision. A présent Dieu est connu comme s'étant manifesté en Jésus-Christ. Cet homme qui a parlé, ce chemin de délivrances à travers le pays, tout comme l'épisode de sa vie et de sa mort, sont devenus centraux. A présent c'est devant la croix, devant le tombeau et puis le tombeau vide que nous comprenons clairement qui est Dieu. Comme Jésus nous vivons une vie humaine, comme Jésus nous menons notre chemin de fidélité qui peut nous entraîner jusqu'à affronter des ténèbres profondes, comme Jésus nous faisons confiance au-delà de ce qui est raisonnable, au-delà de ce que nous disent la raison, la logique et l'éducation. Comme pour Jésus la lutte contre le mal, la fidélité à la vérité peuvent faire de nous une brindille sur des flots déchaînés. Comme pour Jésus les ténèbres peuvent nous parler et selon toutes les apparences nous rompre, nous disloquer, nous tuer. Mais comme Jésus – là aussi - c'est recevoir à nouveau l'énergie, comme une nouvelle naissance, une capacité à vivre au-delà de ce dont nous étions porteurs au départ. Comme Jésus c'est voir que quelqu'un a roulé la pierre. Comme Jésus, c'est être délivré de toutes les bandelettes qui nous maintenaient statiques et étendus. Comme Jésus, c'est pouvoir à nouveau circuler parmi les humains et transmettre cette espérance, ce feu qui est contenu dans les Ecritures. Il y a une Eglise parmi nous, et nous en sommes des membres, non pas quand différents commentaires courent, mais quand l'espérance court. Non quand on se chuchote ceci ou cela, mais quand la vérité du Christ est telle qu'on se la transmet comme le plus grand des trésors, quand on s'en saisit pour en vivre, mieux encore que si l'on nous invitait à quelque événement d'exception. La foi est au Christ, au Christ ressuscité est cet élan qui vient nous chercher dans nos doutes et même dans nos désespoirs pour nous donner l'au-delà. L'au-delà des mots, l'au-delà du raisonnable, l'au-delà du justifiable. « Le Christ est ressuscité » ce n'est pas qu'un mot religieusement correct au sein des Eglises et particulièrement adéquat au matin de Pâques. « Le Christ est ressuscité » c'est recevoir la lumière qui ne s'éteint jamais. Oh nul d'entre nous ne peut rester aussi longuement sur de tels sommets spirituels c'est pourquoi nous avons à vivre chaque jour notre baptême. Il retrace l'itinéraire à vivre tous les jours. Chaque jour j'ai besoin d'entendre la parole du Christ qui me convoque, m'enseigne et m'envoie. Et chaque jour j'ai à vivre cette descente dans le vrai même si j'y rencontre la nuit du péché. J'ai besoin de laisser dans une tombe toutes sortes de superficialités, toutes sortes d'illusions, toutes sortes de mauvais choix et de tentations afin de mener la vie que Dieu attend de moi. Et tous les jours je découvre que c'est au fond d'un abandon, c'est dans l'élan sincère que je suis rejoins, connu et aimé. Concluons Nous poursuivons tous de nombreux petits buts dans la vie, mais c'est le but ultime qui doit être décisif. Quels sont les rêves qui nous habitent ? Un adolescent me parlera d'un simple jeu vidéo, un jeune adulte d'une voiture, un troisième d'une maison, d'une épouse ou d'un époux ou d'un lieu de vacances. L'aspiration la plus puissante, celle qui sauve l'homme et l'humanité, est l'aide " que l'on apporte là où réside la souffrance. Quand on apporte l'espérance, quand on fait avancer la justice, c'est quand on rend la dignité, c'est quand partout le souffle reçu de la résurrection redresse, guérit et réoriente, c'est cet élan là qui est éternel, c'est cette aspiration profonde qui est notre vraie identité. . Un jour nous ressusciterons... et – terminons par un peu d'humour - ce n'est pas notre goût pour la choucroute, le vacherin ou le pot au feu qui survivra ! C'est notre désir de la vraie vie, de la connaissance et de la justice qui nous entraînera. Venir au culte, faire partie d'une Eglise, c'est vivre de ce souffle qui continue à parcourir la terre. Il annonce qu'il vient bientôt !
Chant : Nous serons vainqueurs, nous serons vainqueurs un jour. Oui je crois en mon coeur, oui je le crois. Nous serons vainqueurs un jour. 3 Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts, pour une espérance vivante.
Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 11 Avril 2010
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