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2012 : Toutes les prédications

Prédication : Quelqu'un peut-il m'expliquer le déroulement d'un culte ?!

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains


Chers frères et sœurs

Les textes du jour nous font découvrir Moïse (Exode 33) dans sa volonté de voir Dieu. Il ne le pourra pas, il ne pourra que le voir par derrière. Nous avons tous ce désir de nous rapprocher de Dieu, de comprendre, de saisir, de voir ! Ce n’est pas une expérience mystique qui s’offre à nous, c’est tout bonnement le culte du dimanche matin qui nous le permet.
Nous allons redire aujourd’hui ce qu’est culte et comment nous pouvons le vivre. Comprendre c’est pouvoir se joindre en profondeur, assister sans comprendre, c’est rater le sens du culte, ne pas le vivre. J’ai été surpris de constater que, même si l’on est de puis très longtemps membre de notre Eglise, en fait on ne sait pas bien comment un culte est construit. On discerne bien que l’on prie, que l’on chante, que les uns écoutent pendant que le pasteur prêche. L’on peut aussi mentionner que l’on lit la Bible et que le culte se termine par une bénédiction. Mais le sens ne semble pourtant pas être compris. Les éléments semblent mentionnés dans le désordre sans la figure qui est tracée, l’esprit n’en comprend pas la simple logique que je vais tenter de redire très simplement.
Le déroulement de nos cultes n’a pas été inventé par les réformateurs. Depuis des millénaires les cultes rendus à des divinités consistaient à s’approcher d’un lieu où il était sensé résider (Trône, autel, statue). On s’en approche, l’on parle, se réconcilie et l’on se voue, selon un certain rituel.  Du temps de la Réforme protestante ce qui avait été estimé déviant a été réformé, mais le déroulement des cultes est resté le même. Bien entendu il existe des variantes selon les lieux !
Voici l’un des déroulements parmi les plus recommandés.
1.    Nous commençons le culte debout
2.    Nous chantons la gloire et l’amour de Dieu
3.    Nous antiphonons un psaume prolongeant l’expression de la gloire de Dieu et nous prions avec les mêmes mots que nos ancêtres, et ce depuis des millénaires.
4.    Nous nous tenons ensuite humblement devant Dieu, confessant nos péchés, recevant le pardon
5.    Nous prions ensuite afin qu’avant la lecture de la Bible, l’Esprit nous soit donné, ceci afin d’aller au-delà d’une simple lecture.
6.     Nous écoutons ensuite ce qui est dit de sa part durant la prédication
7.    Nous répondons à cette parole par notre confession de foi
8.    Nous répondons à cette parole par nos dons
9.    Ensuite nous chantons dans la cohérence du thème du jour.
10.    Nous communions les uns avec les autres et avec le Christ.
11.    Nous intercédons les uns en faveur des autres
12.    Nous évoquons la vie paroissiale lors des annonces.
13.    Et nous partons en paix, sous le signe de sa bénédiction, assurés de continuer à vivre en sa présence, avec son aide.

A présent développons ces points
1.    Nous commençons le culte debout, car on ne se tient pas assis devant Dieu. Les élèves se lèvent quand entre le professeur, on se lève au tribunal, on se lève quand entre le Président. Nous invoquons son nom, nous invoquons sa présence car c’est devant lui que nous nous tenons. C’est à lui que nous rendons un culte.
D’autre part, être debout, signifie que nous sommes à notre tour un peuple en marche. Ce n’est pas seulement une personne qui se tient debout, mais une personne avec l’immense peuple des croyants qui se tiennent tous ainsi devant Dieu. Je suis membre d’un peuple, ton peuple Seigneur, je réponds à ton appel, je réponds à cette convocation. Moi simple homme, simple femme, je suis membre du peuple de Dieu et c’est debout que je commence ce culte. Ma fidélité me montre ma place au sein du peuple de Dieu.

2.    Etape 2 : J’antiphone un psaume. Le fait d’antiphoner me situe à nouveau au sein du peuple, non seulement de manière universelle, partout le dimanche matin à travers le monde, mais aussi à travers le temps. Plus loin, à la fin du culte, nous prierons pour notre monde et pour nous, nous prierons avec nos mots. Pour le moment je veux m’inscrire dans la lignée des croyants depuis les premiers temps, prier avec leurs mots, prier avec leur sensibilité. Je suis membre d’un peuple et ma fidélité me fait utiliser les prières, et les mots qui ont été les leurs. Nos pères, nos ancêtres ont prié avec ces mots. Ces psaumes sont lus ou chantés depuis des siècles, ils disent à nouveau la gloire de Dieu et la relation qu’entretient le croyant avec son Dieu.
Certains hommes ont récités ces Psaumes dans le secret de leur chambre ou de leur cellule de moine. D’autres sont morts en les chantant. Le psalmiste priait et traversait toutes les circonstances de la vie et je m’inscris dans la continuité. Ces prières reçues de nos pères, priées par le Seigneur Jésus lui-même, nous voulons les prier à notre tour. Nous n’inventons pas le déroulement du culte, ni les paroles de la prière, nous nous inscrivons dans ce qui nous a été transmis. Nous nous inscrivons dans l’histoire des croyants, dans la succession des générations dont nous sommes le dernier maillon.

3.    Vient l’étape de la confession des péchés et de l’annonce du pardon.
Souvenons-nous que nous nous sommes réunis pour aller à la rencontre de celui qui est Dieu que, symboliquement, nous situons dans le chœur de l’Eglise. Quand nous nous présentons devant Dieu, c’est nécessairement avec humilité. Que disons-nous lors de la confession des péchés ? Des réalités toutes simples. Je ne suis qu’un homme parmi les hommes, cherchant mon chemin, tentant la fidélité, donnant d’une main mais reculant souvent d’un pas. Je ne suis qu’un homme cherchant la justice, animé de soupirs et d’idéaux et constatant sans cesse la distance qui se creuse entre ce que je voudrais, entre ce que je tente de réaliser et ce que je suis ou accomplis. Je ne suis donc pas prêt à écouter, à me tenir devant lui. J’ai besoin de poser ce qui me pèse, ce que j’ai raté ou de reconnaître tout simplement ma superficialité.
Je reçois la parole du pardon. Oui Dieu est cette réalité qui veut toujours m’apaiser et aussi m’orienter. Il veut nous rapprocher les uns des autres et nous rapprocher de lui, nous réconcilier avec lui. Cette étape est nécessaire. Ce n’est pas la lassitude de la répétition d’un rite, c’est aussi simple et aussi bon que la respiration profonde qui soulève notre poitrine. Cette étape est l’élan qui fait que je peux toujours revenir vers celui qui est Père. Quel orgueil, quel aveuglement, de ceux qui pensent que c’est facultatif…

4.    Après cela nous prions avant de lire la Bible. Lors d’un culte nous lisons la Bible, nous écoutons…, mais nous demandons cependant quelque chose de différent aie lieu. Nous demandons que nous soit communiqué, dans la lecture et par la prédication, quelque chose d’unique, de presque innommable. C’est justement cette aide de l’Esprit qui va nous faire aller plus loin. Un certain voile du mystère de Dieu nous sera dévoilé et nous aidera à vivre. Seigneur donne-nous ton Esprit ! Nous ne voulons pas écouter une simple lecture, mais par elle ainsi que par la prédication, nous puissions recevoir ce qui va vraiment nous faire vivre.

5.    La lecture est terminée, à présent nous chantons. Chaque dimanche a son thème, les cantiques que nous chantons sont articulés avec ces thèmes.

6.    Vient la prédication. Pas un simple discours, pas une simple explication de texte, pas l’avis d’un commentateur, plus qu’un témoignage, mais notre désir et notre responsabilité est de recevoir une parole qui rend le Christ présent, ce Christ qui se donne à nous. « Je n’ai rien voulu prêcher parmi vous que Jésus-Christ, Jésus-Christ mort et ressuscité » écrira l’apôtre Paul. C’est pour cette raison que trône au milieu du chœur, cet autel qui nous rappelle le don qui nous a été fait.

7.    L’organiste prolonge le temps de réflexion.

Voici qu’à présent nous répondons à la prédication, nous le faisons en confessant notre foi. Oui Amen, c’est vrai nous le croyons et voulons vivre ainsi.
Oui nous confessons notre foi avec nos pères, avec l’Eglise universelle. Ce que je crois de manière plus personnelle, peut-être plus originale et plus risquée, n’est pas dit à ce moment-là. Ici est dite la foi de l’Eglise, l’Eglise qui est une. Je suis bien membre d’un corps dont les différentes parties sont bien articulées.

8.    Je réponds à nouveau à la prédication en apportant mon offrande, mon argent. J’exprime mon appartenance, ma solidarité, par un don en argent. La parole de la prédication ne glisse pas sur moi comme l’eau sur les plumes d’un canard, elle m’ouvre à la générosité, au partage.

9.    A présent, nous nous préparons à célébrer la sainte cène. Nous allons partager le pain et le vin. Je suis autorisé à m’approcher encore, je vais aller vers l’autel. Le Christ s’est déjà donné à moi par sa parole, à présent il se donne à moi et me rappelle à nouveau son don. Le Christ est mort et ressuscité pour moi, pour nous. Voilà le centre, ce que nous célébrons. Le culte, éternellement, c’est célébrer Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous. Nous le disons par la prédication et les cantiques, nous le disons aussi en refaisant les gestes par lesquels il se donna à nous autrefois. Prenez et mangez, ceci est mon corps donné pour vous. Prenez et buvez, ceci est mon sang répandu pour vous. Avant nous écoutions et la parole nous parvenait par l’ouïe, à présent nous recevons le Christ en ce pain et ce vin. Le culte, c’est éternellement se réunir autour du don de Dieu, de Jésus-Christ.

10.    A présent je prie pour le monde, pour moi, pour les frères, pour les situations de souffrance. Etre solidaire du Christ, c’est porter avec lui, comme lui, la souffrance des uns et des autres. C’est prier jusqu’à ce qu’il vienne.

11.    Le culte se termine : le pasteur fait part des événements de la vie communautaire.

12.    Nous terminons enfin sous le signe de la bénédiction. Vous êtes venus rendre un culte à celui qui est le vrai Dieu unique. Allez dans l’assurance qu’il vous accompagne. Il a reçu vos prières, il a apaisé vos cœurs, il a réorienté vos pensées. Allez avec le pardon, allez avec la force tranquille de la communion et vivez par l’Esprit toutes les conséquences de la foi dans la vie quotidienne.

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Notre société occidentale a largement perdu le sens du sacré, du mystère dont on s’approche et qui nous fait vivre. Nous pouvons imaginer d’autres rencontres, d’autres logiques, d’autres temps forts. Plus de partage, ou moins de paroles, suivre un cours, apporter un enseignement, plus de musique, place aux saynètes, etc. Nous utilisons régulièrement notre liberté pour célébrer, nous adresser aux jeunes et oser des formes alternatives. Mais le culte, comme je vous ai expliqué, nous l’avons hérité des israélites. Le croyant répond à une convocation, il s’approche humblement, il se place dans l’histoire du monde, dans son peuple et au sein de l’histoire du salut.
Le croyant reçoit ce qui le sauve par la parole et le sacrement, et s’en retourne vivre, apaisé, réorienté.

Frères et sœurs, vivrons-nous ainsi ?
Amen, c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Samedi 10 Mars 2012
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