La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2008

Prédication : Noël 2008

Prédication de Noël 2008 du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn-les-Bains


Chers frères et sœurs
 
              Peut-être avez-vous relu dans la presse que Les Français sont les champions d'Europe des cadeaux de Noël ! Les études le confirment : les Français sont les Européens les plus attachés à la tradition du cadeau de Noël. Ils offrent en moyenne huit présents pour un montant de 400-500 euros. Au total, des dizaines de milliards d’euros sont dépensés au cours de ce grand rituel.
Ce sont là des statistiques et nous apporterons en pensée les corrections individuelles ou familiales. Mais un fait indiscutable est bien là. Nous associons la fête au cadeau, nous associons la fête à l’achat, à la dépense d’argent.
 
Les rois mages sont venus avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Ils apportent leur cadeau et se tiennent en silence. L’or est destiné à Jésus le roi du monde à qui reviennent les richesses du monde. L’encens évoque quant à lui la présence de Dieu à présent reconnue en Jésus. La myrrhe est ce parfum qui exprime le respect que l’on signifie à une personne et dont on oignait aussi les morts. Les rois mages se tiennent ainsi devant Jésus et ils sont non seulement devant ce que nous appelons l’incarnation, mais aussi devant ce qu’est Jésus dans sa royauté, dans la présence de Dieu, dans la vie, la mort et la résurrection qu’il va nous donner.
 
Sans doute tenons-nous par leur démarche l’une des origines de cette habitude d’offrir, tout particulièrement à Noël, des cadeaux. Malgré la grande consommation et l’énorme chiffre commercial de ces périodes, le sens de Noël n’est pas totalement absent car nous y trouvons des aspects que nous reconnaissons pour bons.
A Noël nous célébrons la fête de l’enfance, l’unité de la famille, l’unité d’une population, la lumière d’une foi.

Bien ancrée dans nos esprits se trouve encore cette idée d’une trêve de Noël, d’un message de paix pour tous les hommes. Ce message est si fort que même, certaines batailles, des luttes fratricides, des bombardements s’arrêtent parfois durant les fêtes.  Hélas, pas toujours.
A Noël encore certains foyers fabriquent ou ressortent des tiroirs une crèche de Noël. Par cette scène biblique nous disons la tendresse et l’enfance, et nous disons par la crèche une certaine vision de l’humanité. Les bergers sont bien là sous forme de santons, mais souvenons-nous, tout le village est là. Les artisans, les représentants de nombreux anciens métiers, les hommes et les âges de la vie, les différences sociales apparaissent, les animaux domestiques, les animaux sauvages. Il faudrait réussir à placer aussi les citadins qui depuis cette année sont plus nombreux que les ruraux de par le monde. Il faudrait y placer des gratte-ciels, les villes géantes, les enfants qui ne connaissent plus la nature.
Mais ce village réunit autour de l’enfant Jésus représenté bien toute l’humanité, la création et même les continents puisque souvent l’on prête aux rois mages une origine africaine, asiatique et européenne.
Le commerce surabondant n’empêche pas la trace de Dieu au milieu de nous.
 
Noël du commerce, certes. Noël parfois tellement difficile pour ceux qui connaissent en ce moment les difficultés de la vie. Noël dépensier, Noël lors duquel les statistiques de détresses et de tentatives de suicides vont connaître leur triste pic. Noël aussi d’unité, de bons souvenirs, d’ambiance de fête et de place de la foi.
Les rois mages sont donc là ayant déposé leur cadeau et ils adorent. Avec eux nous nous trouvons devant cet instant émouvant et tellement dense. Nous nous trouvons parmi les personnages de la crèche. Nous sommes invités par eux à nous situer dans l’aboutissement d’une longue attente. Nous nous tenons juste derrière eux et nous tenons, nous aussi, quelque chose entre nos mains que nous voulons déposer.  
 
Derrière les mages nous tenons quelque chose entre nos mains. Vivre en chrétien en ce temps de Noël et d’ailleurs aussi durant le reste de l’année, ne consiste pas à en faire encore plus, à donner plus. La bonne attitude devant Dieu consiste plutôt à nous désencombrer d’un trop plein de ce que la société nous donne en ce moment.
Comme si nous pouvions enrichir Dieu par nos dons ! Comme si nous avions des choses précieuses à donner ! Une télé ? Des vacances dans des îles ? Un jeu informatique ? Un chèque offrant une remise spéciale ?
Si nous nous tenons derrière les mages, c’est pour faire comme eux. Reconnaître en Jésus la richesse et l’espérance du monde. Les mains ouvertes, nos cœurs ouverts, pour recevoir ce qu’il veut nous donner. Nos biens et nos vies ne sont que la réponse à la bonté, l’abondance, la générosité, la grâce de Dieu.
 
Martin Luther disait que même si nous fêtions 1000 fois Noël, cela ne nous serait d’aucune utilité, si aujourd'hui le Christ ne venait pas naître dans nos cœurs. Le véritable cadeau à recevoir vient de Dieu, c’est Jésus lui-même. C’est là que nos cœurs sont en fête.
 
Nos contemporains sont nombreux à se précipiter dans la frénésie de consommation et sont menés par des quêtes personnelles qui les font parfois si longuement, si douloureusement errer. « Le bonheur dans l’achat, le bonheur en kit, le bonheur clé en main. Nous nous occupons de tout ! »  Ici ces mages sont venus de loin, leur quête est terminée, ils se tiennent dans le silence, ils ne prononcent pas de discours, ils se prosternent, ils adorent, ils contemplent, ils se réjouissent intérieurement, ils déposent tout devant lui.
 
L’on sait ce que l’on trouve chez le libraire, le boulanger ou le boucher. Mais que trouve-t-on dans une Eglise ? Le monde offre ce qu’il peut offrir et dans une Eglise il y a là une bonne nouvelle à recevoir dans sa chaleur. Une nouvelle à recevoir dans l’humilité.
 

Connaissez-vous cette courte histoire qui peut aussi éclairer ce que les Eglises, ce que Dieu veut nous offrir ? Un Européen était venu voir un moine et avant même qu’ils ne soient assis, l’Européen posait ses questions sur l’existence de Dieu, les différences entre les religions, la place du mal, les différentes théologies et les relations entre la foi et la culture…
Le moine l’invita à s’asseoir et lui offrit une tasse de thé. Et l’homme européen dans sa recherche continua, dans un flot ininterrompu de paroles, à poser question après question. Pendant ce temps le moine versa le thé, la tasse se remplit, il continua à verser et la tasse déborda sans qu’il arrêta son geste et le thé se répandit sur la table. « Mais ne voyez-vous pas que la coupe est pleine et qu’elle déborde » dit l’Européen ? « Certes, dit le moine, comprenez que cette tasse est à l’image de votre vie, elle est tellement pleine de vos questions que je ne peux rien vous donner. Revenez quand vous aurez de la place dans votre vie ».

Derrière les rois mages nous attendons en silence et Dieu s’offre à nous en ce moment dans le calme, la paix profonde.
La vie exige beaucoup d’efforts, la foi est donnée quand on sait ouvrir la Bible, nos mains et notre être pour recevoir et comprendre qui est Jésus.
Alors que dans le monde nous sommes tous tellement incités à nous créer pour le moins une place au soleil et pour le mieux une place parmi les puissants de la terre, voici que des humbles et des étrangers sont parmi les premiers à comprendre, à recevoir et à croire.

Nous voyons bien le geste qui correspond à cette adoration, ils sont agenouillés, prosternés devant Jésus. C’est par ce geste que l’on reconnaissait que quelqu’un à une autorité sur nous. Ce geste était fait par le soldat devant son général, par le sujet devant son roi, par l’homme devant l’ange, par le croyant devant son Dieu. C’est ainsi que l’on rend son culte à Dieu.

Nous le disons aujourd’hui durant ce culte. Peut-être pourrons-nous dans les tout prochains jours prendre d’autres moments chez nous, chanter quelques cantique, ouvrir la Bible et nous tenir avec une grande intériorité devant ce Dieu qui nous aime et se donne à nous dans toute sa richesse et ses bénédictions. Joyeux Noël.

Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Vendredi 26 Décembre 2008
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