L'apôtre Paul et Marthin Luther étaient habités par cette angoisse précise, une angoisse profonde. Elle consistait à tenter de vivre comme Dieu l'exigeait, de vivre sous le regard de Dieu, de vivre en sachant que tout était enregistré, pesé et que le jugement dernier déciderait de notre sort.
Mais rares sont ceux qui, parmi nous, sont habités d'une telle angoisse. Heureusement !
Ce qui compte à présent c'est de dire nos angoisses et de dire quelles sont les réponses que l'on peut trouver dans la Bible, et mieux encore les réponses qui font vivre nous qui nous tenons devant ce qu'a enseigné et réalisé le Christ.
Tout comme l'homme est parfois habité par la crainte de rater sa vie, la crainte de Dieu c'est que l'homme n'arrive pas à trouver le chemin de la vie, c'est pourquoi il est allé si loin au point de venir lui-même et d'aller au bout de son amour. En Jésus nous avons tout reçu.
Maintenant si l'apôtre Paul et Martin Luther ont énoncé une angoisse répandue en leur époque il nous faut dire, énoncer, comprendre les angoisses dont nous souffrons pour trouver l'aide de Dieu.
Le monde est dans l'immense agitation de la mondialisation, c'est ici et maintenant que nous avons besoin de dire qui est Dieu. La mondialisation est complexe, c'est aussi le mélange "de tout avec tout" avec l'illusion que cela produira une cohérence, et pourquoi pas une nouvelle civilisation... Mais ce n'est pas une angoisse, c'est une illusion.
- L'angoisse par contre c'est de ne plus savoir de quoi l'avenir sera fait.
- Qui d'entre nous a réussi à transmettre à ses enfants la cohérence et les convictions de sa vie ? Là il y a une vraie souffrance, une angoisse devant l'avenir. Là nous avons l'impression d'entrer dans une chambre funéraire quand le métier disparaît, l'entreprise disparaît, les camarades disparaissent, l'association - lieu de rencontre et de militance - disparaît. Des secteurs entiers se dépeuplent, l'histoire de la région descend dans le marécage de l'oubli.
Des angoisses nous en avons à la pelle, je vais en citer quelques-unes :
- L'angoisse de ne pas rester jeune,
- L'angoisse de ne pas arriver à suivre le rendement
- L'angoisse de ne pas être capable d'évoluer assez
- l'angoisse d'être rejeté.
- L'angoisse du divorce
- L'angoisse d'être dans une société matérialiste et de vivre trop de frustration qui font finalement craquer par la dépression ou la délinquance.
- L'angoisse de la maladie, l'angoisse de toutes les maladies et finalement l'angoisse de la déchéance et de la mort.
Prolongez la liste des angoisses ! Le nucléaire, le bactériologique-chimique, les nouveaux virus, la violence ou la délinquance.
Dieu est venu dans ce monde et l'a aimé... Dieu a vu ce qu'il en était du monde, il a décidé de venir intervenir avec ce qu'il avait de plus précieux.
Dieu ne s'est pas replié dans son temple en incitant à ce qu'on fasse monter plus de prières vers lui !
Il a placé au milieu de nous la force de l'amour, de l'amour qui cherche celui qui a peur, de l'amour qui cherche celui qui est un blessé de la vie, de l'amour qui fait sortir de l'impasse, de l'amour qui fait dire il reste un espoir, un amour qui dit à l'homme qu'il est infiniment précieux même s'il est chômeur. Etc.
Amis, peut-être êtes-vous vieux ? Peut-être sommes-nous peu nombreux ? mais toujours aimés, aimés et envoyés.
Nous ne sommes pas sauvés par nos oeuvres mais pour des oeuvres. Je me suis demandé ce que cela signifiait. C'est l'amour qui est le révélateur de ce que nous sommes. C'est l'amour qui est le moteur. On peut parfaitement être vieux et aimer, on peut être peu nombreux et aimer. Nous sommes toujours capables d'oeuvrer, oui nous avons tous des domaines de compétences.
Il est bien possible que tous n'aient pas fait des études de théologie, mais la vieillesse, le veuvage ou la maladie, tu la connais très bien. Si nous avons la liberté de tutoyer Dieu, nous pouvons bien parfois prendre la liberté d'être tutoyé. L'oeuvre attendue est de parler à ceux qui te ressemblent tellement.
Dans la technique, dans la solidarité, dans l'amitié, dans l'entraide, dans la simplicité, dans le soutien financier, dans tous les domaines nous avons été sauvés pour entrer dans la sécurité, mais ensuite pour vivre toutes les aventures, toute l'inventivité de l'amour.
Nous avons été sauvés pour les oeuvres...
- Que nous parvenions à entretenir un patrimoine est important.
- Que nous atteignions des cibles financières est également important
- Que se perpétuent nos temps forts, fêtes, rites et traditions c'est effectivement important
Mais aujourd'hui quand nous recevons le message de Paul, « nous avons été sauvés pour des oeuvres » il faudrait que notre réputation, ce qu'on lit dans la presse, ce qui se murmure dans les foyers soit autre chose.
Peut-être du genre « Tu as vu, les protestants ont encore fait quelque chose de nouveau ! »
« Tu es au courant ? Une nouvelle idée fait son chemin »
« Les protestants ont encore créée une nouvelle association, et plein de gens de tous bords vont les rejoindre ».
Que l'Esprit nous donne ces idées et nous fasse prendre des initiatives... et au fond en ce qui concerne ce qu'on pourrait faire, ce qu'on devrait faire, faut-il vraiment attendre l'Esprit, ? N'est-ce pas déjà là dans un repli du cerveau, dans un coin de ton coeur ?
A nous de répondre : Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.