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2010 Prédications
Prédication : Jésus, le ressuscité, circule parmi nous
Chers frères et soeurs
Dans la rue du Maréchal Leclerc figure une plaque, elle mentionne tout simplement qu'Ettore Bugatti a dormi ici. C'est une plaque fixée sur l'actuel centre de réadaptation fonctionnel qui était en 1902 un hôtel. Un peu plus loin, notre chantre luthérien, Friedrich Weyermuller, est également mentionné à 50 mètres d'ici, par une plaque vissée sur son ancienne maison. Nous connaissons fort bien ce genre de plaques, on en voit souvent et à travers toute la France. Ce sont des hommes devenus célèbres dont on rappelle le lieu de naissance et parfois les lieux de passage. C'est qu'on apprécie souvent davantage l'oeuvre d'un homme ou femme après sa mort car une vie n'est pas toujours évidente à déchiffrer ! Précisément la vie de Jésus n'était pas évidente à déchiffrer. La foule s'y est d'ailleurs perdue. Certains s'étaient mis à croire en lui, mais même sa famille était très réservée. Il est vrai qu'il parlait de manière étonnante, accomplissant des miracles. Mais il était d'une modeste famille et d'un village insignifiant. Il parlait avec sagesse et livrait des commentaires des Ecritures saintes percutants, mais il n'a cependant jamais été dans l'équivalent des écoles de théologie de l'époque. Peu de religieux de l'époque l'ont reconnu comme rabbi. Non, la vie n'était pas si facile à lire, à situer, à comprendre. Et l'exemple explicité, c'est peut-être Judas ! L'homme qui l'a trahit ! Il estimait quant à lui que c'est Jésus qui trahissait ! C'est Jésus qui devait prendre la tête de la lutte contre les romains. De déception, de rage, de dépit, il l'a livré. Non il n'est pas évident de lire de manière claire quand on est dans l'action et même les annales de l'histoire ne disent pas grand-chose. Même Flavius Josèphe, pourtant grand historien relatant la vie des Juifs, n'en fait qu'à peine mention. Non vous dis-je, il faut lire la Bible, surtout l'Evangile, en commençant par derrière, par la fin. Comme certains le font en lisant les romans policiers. Connaître l'issue finale permet de comprendre et de situer mille et un détails. Et à la fin vient pour nous la résurrection de Jésus. Ceci je l'explique souvent aux catéchumènes et ils sont surpris. Des hommes tenant un discours sur Dieu, il y en a eu beaucoup. Des hommes formant quelques disciples aussi. Des hommes effectuant quelques guérisons étonnantes, il y en a encore de nos jours et Jésus de Nazareth aurait pu sombrer dans les oubliettes de l'histoire si un événement n'était venu tout bouleverser : sa résurrection. Jésus s'est relevé d'entre les morts et c'est parce que Jésus est ressuscité qu'on met des plaques partout dans les villes et les rues. Comment ça on met des plaques un peu partout ? À vrai dire ce ne sont pas des plaques, mais partout on a construit des Eglises, on a planté des croix, on a célébré la résurrection. Oui on peut se rendre à Nazareth, à Bethléhem ou à Jérusalem, vous trouverez les plaques. Mais mieux que des plaques c'est surtout la trace de Jésus que l'on suit encore de nos jours. Parce qu'il est vivant ! Le ressuscité laisse la trace de son passage partout où des gens se mettent à croire. Partout où l'on voit une chapelle des siècles passée, une église en terre en Afrique, une communauté en Chine, une église en bois debout en Norvège, des cathédrales un peu partout en Europe, partout à travers notre Alsace, on voit que le Christ est passé par ici. Les cloches font retentir la bonne nouvelle, les cierges brûlent, les cantiques retentissent. Le Christ est passé par ici, il revient à chaque fois qu'on l'invoque. La fin des Evangiles fait mention de la résurrection du Christ et à peine s'est-on éloigné, même sur les routes poussiéreuses menant à Emmaüs, voici qu'on le croise, qu'il nous accompagne, qu'il nous explique. Une dernière chose peut-être, c'est parce que sa fin a été si étonnante - une résurrection - que tout ce qu'il a dit et fait est scruté avec minutie, avec respect, avec avidité car désormais nous savons que rien de sa vie n'est livré au hasard et aux nécessités, mais qu'il est venu accomplir une oeuvre immense qui se prolonge aujourd'hui. Voilà pourquoi il faut lire l'Evangile en commençant par la fin. C'est la fin qui éclaire le tout, le début et tous les actes. Une Eglise c'est encore bien mieux qu'une plaque sur un mur, d'une certaine façon ce lieu est habité et c'est le Christ qui se donne à nous, par la parole comme par le sacrement. Que chacun vive du Christ ! Frères et soeurs, vivrons-nous ainsi ? Amen c'est vrai nous le croyons et voulons vivre ainsi. Rédigé par Bruno Holcroft le Lundi 5 Avril 2010
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