La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

2010 Prédications

Prédication : Jésus, c'est Jésus le crucifié !

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains


  Prédication


Chers amis, il y a peu, en Autriche, au cours d’une réunion à laquelle assistait une centaine d’hommes, la question suivante a été posée : “Combien parmi vous ont déjà vu un exemplaire de la Bible ?”. Quatre seulement ont levé la main !
On demandait aussi en France, en 2009, à un groupe de lycéen, quand était né Jésus... Tous se sont trompés de plusieurs siècles, certains le situaient même au XIXe siècle...

Ceci nous montre que, même dans nos sociétés dites “christianisées”, il existe des gens qui ne connaissent pas la Bible, que Jésus reste méconnu.
Ce vendredi nous nous souvenons de la mort de Jésus, de sa mort par torture, crucifié sur une croix. Cela pose question car si l'existence de Dieu est déjà une immense question le point de départ, celui qui crée l'Église !, n'est pas une question débutant avec l'éventuelle existence de Dieu. C'est devant Jésus, devant son enseignement et surtout devant sa mort et sa résurrection, que la réponse vient tout doucement ou comme une irruption de l'espérance.

Devant Jésus mort et ressuscité la question n'est pas celle de définitions culturelles. On ne nous demande pas notre opinion sur tel ou tel point, on ne nous demande pas si nous préférons une traduction de la Bible à une autre, on ne nous demande pas d'avantage si nous pensons que l'Église est assez démocratique, dans quelle tradition liturgique nous nous inscrivons, etc. Non, nous sommes placés devant Jésus-Christ, mort et ressuscité.

Que faire de ce Jésus crucifié ? Je me souviens avoir vu un sketch à Strasbourg. Dans une église l'un des acteurs représentait le Christ en croix, il se tenait debout dans le choeur, les bras étendus, la tête baissée. Voici qu'une autre personne s'approche, découvre ce Jésus crucifié, et après un instant de réflexion, a une idée car le Christ agonisant est un Christ ne lui convenait pas. Il pensait avoir une meilleure idée. Voici qu'il prend un bras et l'étend en avant, il relève la tête, change sa posture du buste. Voici qu'il ressemble un peu à la statue de la liberté !
Il s'éloigne fort satisfait. ...
Pourtant au bout de quelques secondes le Christ bouge et lentement reprend la position initiale, celle du Christ en croix.

Un autre acteur s'approche. Lui aussi trouve qu'un Christ en croix n'est guère adéquat. Lui aussi a sa petite idée de ce que le Christ devrait être. Il relève la tête du Christ, redresse également son buste, étend ses deux bras en V jusqu'au bout de ses doits lui fait faire le "V" de la victoire. Voilà ! Très bien ! Il s'éloigne...
Peu de secondes après le Christ reprend sa position initiale, celle d'un homme crucifié.

D'autres acteurs suivront et à tour de rôle lui donneront la posture de l'intellectuel, du révolutionnaire, du sage, du capitaliste, de la vedette de télévision, et ainsi de suite.
Et à chaque fois Jésus redevient Jésus le crucifié.
Oui il s'est accompli quelque chose d'immense ce jour-là. Pour tous les temps Jésus est à présent reconnu comme étant le crucifié.
Devant le Christ en croix se livre un combat. Ce combat se déroulait alors comme il se déroule en nous ce matin. Ce sont des ténèbres qui ont englouti le Christ, ce sont les ténèbres qui veulent nous faire voir et comprendre autre chose que le Christ crucifié.

Ecoutons la chorale chanter :
Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler


Oui, les ténèbres veulent parler. L'être humain est souvent incapable de faire la paix, de donner la paix ou de la recevoir. Même quand il pense à Dieu il est dans l'agression ou la fuite.
Hier lors du culte du jeudi saint nous suivions pas à pas le chemin, hier les pas étaient parallèles, ils allaient droit vers l'avant. Nos vies à nous sont bien différentes.


Voici cette femme qui a tant aimé, qui a fait confiance, qui s'est unie à un homme pensant vivre son histoire d'amour et de liberté. Pourtant elle sent qu'un danger menace cet amour. Elle pense être délaissée, peut-être trompée. Que faire, que dire ? Elle ne veut pas laisser les ténèbres la gagner.


Voici cet homme qui a toujours été très sûr de lui. Façonné depuis la petite enfance il ne sait que donner des ordres et regarder les autres avec condescendance... Comment se rendra-t-il compte se son errance, de l'enfermement mortel de son autorité ? Il devrait prier et ne pas laisser les ténèbres le gagner.
Voici cette personne qui s'est vouée comme tant d'entre nous au travail. Depuis bien des années elle organise sa vie autour de travail, ne comptant pas vraiment les heures, acceptant la souplesse requise et bien des exigences. Pourtant la voici aujourd'hui au chômage. Comment retrouvera-t-elle confiance en la vie ? Elle ne veut pas laisser les ténèbres la gagner.

Voici ce jeune qui se perd dans la sexualité, prenant pour argent comptant les sottises et la frénésie prônée par la télévision. Le corps de l'autre devient objet, la recherche du plaisir sa philosophie de vie.. Comment retrouvera-t-il le chemin de la vraie vie ?

Voici enfin l'irruption de la maladie dans la vie. Ce malade refuse sa maladie tant il panique devant la souffrance et la mort. Il ne veut pas laisser les ténèbres le gagner.

Et nous tous qui nous trompons, qui sommes hésitants, qui cherchons notre chemin, qui cherchons la paix intérieure. Toute l'humanité prie Dieu afin de ne pas laisser les ténèbres nous gagner.

Ecoutons et chantons avec la chorale :
Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler

C'est dans les ténèbres que l'on voit le mieux la lumière.
C'est l'amour qui est en train de sauver le monde.

Oh pas l'amour romantique, mais cet amour qui veut toujours rechercher ce qui est juste.
  • L'amour qui dans toutes les relations, toutes les problématiques, recherchera toujours la vérité.
  • L'amour qui ne se lasse pas dans sa volonté de faire grandir l'autre et de le mettre au bénéfice de tout ce que nous recevons nous-même du Christ.
  • L'amour qui ne veut jamais considérer le passé comme une condamnation au recommencement, au cycle sans fin. Non, l'amour qui nous sauve est celui qui croit que l'avenir n'est pas écrit, et qu'il est toujours ouvert.
  • L'amour qui nous sauve est celui qui nous détourne de nous-mêmes et nous concentre sur le bien de l'autre.
  • Oui il faudrait que s'allume en nous un feu que les bourrasques de la vie ne feront qu'attiser.
Que Dieu nous soit en aide, en Jésus-Christ !

Ecoutons et chantons avec la chorale :
Dans nos obscurités allume le feu qui ne s'éteint jamais


Rédigé par Bruno Holcroft le Lundi 5 Avril 2010
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