La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2010

Prédication : "Je te parlerai en ta langue maternelle..."

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft le 23 mai 2010 dans la paroisse de Niederbronn les Bains le jour de la Pentecôte

Actes 2


Chers amis

le récit de la Pentecôte nous est bien connu. Les israélites venaient en pèlerinage pour l'une de leurs grandes célébrations. Ce jour-là on célébrait le don de la loi donnée par Moïse ainsi que la récolte des premiers fruits. Ces pèlerins, très nombreux, drainaient vers l'unique capitale et l'unique lieu de culte. Le grand événement de la Pentecôte était donc ce pèlerinage et le micro événement celui de ces quelques hommes qui annonçaient un certain Jésus. Il faudra ces manifestations étonnantes pour attirer l'attention et ouvrir les coeurs. L'événement à venir sera la conversion de milliers de personnes. Le centre de la foi deviendra pour eux la foi en Jésus.

Des juifs de toutes les nations venaient à Jérusalem... Il paraît que si de nos jours vous circulez dans les quartiers de Jérusalem vous faites encore le tour du monde des nations. Une émission de radio donnait la parole à l'un des responsables mentionnant que des juifs du monde entier étaient venus habiter en Israël et à Jérusalem. En venant construire leur maison ils ont évidemment importé les styles qui leur plaisaient, le style de leur pays d'origine. Vous reconnaîtrez ici une influence soviétique, là une autre d'origine éthiopienne, slave, américaine, d'Europe du Nord, etc. Les styles de nombreux pays se côtoieraient sans ordre ni règlement. Dans ce petit pays on peut de cette manière faire le tour du monde en faisant le tour de quelques quartiers ! Le résultat général est sans doute douteux quand on veut chercher un critère esthétique commun, mais il est par contre impressionnant quand on pense qu'une réalité plus importante vient coiffer le tout. Cette réalité plus importante tourne autour de l'identité nationale, de la foi, la sécurité, de la liberté. Toutes les différences sont canalisées, elles sont chapeautées par des éléments communs. La diversité est placé au sein d'une réalité plus importante.

Ce tableau est certainement quelque peu idyllique ! mais il suffit à introduire notre propre récit de la Pentecôte car là aussi nous avons une foule réunie en un même lieu et les éléments sont en place pour qu'ils ne s'entendent pas, pour qu'ils ne se comprennent pas. Ils ne parlent plus la même langue et bien souvent leur langue maternelle était la langue du pays qu'ils habitaient et l'hébreu une langue peu pratiquée, la langue de la religion... une langue héritée mais peu pratiquée.
Revenons chez nous. Il est arrivé bien des fois que des croyants entent dans une église et qu'ils ne comprenaient pas bien ce qui était dit. Il fallait la mère ou la grand-mère pour chuchoter de temps en temps des explications. En Alsace il y a ceux qui ne comprennent pas bien le français et ceux qui ne comprennent pas bien l'allemand ! Les deux sont embarrassés et on ne trouve pas spontanément de solution. Nous le savons fort bien.


Le miracle c'est que tous ceux qui étaient réunis comprirent de quoi il était question. Chacun entendait l'annonce de l'Evangile dans sa langue maternelle ! Mon but aujourd'hui n'est pas de crier au miracle et de souligner que les apôtres étaient devenus instantanément polyglottes. Mon but est de sonder comment un message dit en hébreu était à présent entendu par chacun en sa langue maternelle. Ce qui retiendra notre attention est de sonder cet événement. Quelle doit être la qualité d'un discours pour être compris par tous ? De quoi un discours doit-il être porteur pour qu'il soit compris en profondeur par chacun ? Quelle sera la base, le contenu pour que chacun soit saisi, touché, réorienté, converti ?
Nous avions à Jérusalem, ce jour-là, un peuple disparate, tout comme nous avons des peuples disparates en France. Mais tous les peuples, toutes les nations, cherchent à se doter d'une unité, de la force d'une unité, d'une identité.
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Pour cette recherche de l'unité, avant de continuer, passons par le monde des entreprises et du sport, elles tentent également de trouver les clés de la dynamique de l'unité, de l'identité et de forger une équipe ou carrément une entreprise qui gagne.
Il paraît que notre sélectionneur national, pour sélectionner justement les joueurs, prendrait aussi en compte les signes astrologiques et des horoscopes de chaque joueur... Je ne sais pas si c'est vrai, si c'était vrai j'en serais pantois et vous sans doute aussi.
Mais plus sérieusement comment unir les gens ? Qui va avec qui ?
Parmi ce qui a été tenté nous pouvons mentionner : Réunir les hommes et les femmes à part.
J'ai aussi en souvenir que l'on fait parfois faire à des équipes des stages de sport qui développent l'esprit d'équipe.
Bien entendu si l'on sort d'une même région ou d'une même grande école... cela crée des liens.
Bien entendu aussi, tout un arsenal psychologique est déployé et utilisé, afin de vous aider à trouver un travail et un poste qui vous correspondraient.

La dernière mode nous vient du Japon, une fois de plus. Il s'agit de rapprocher les gens mais cette fois par... groupe sanguin ! C'est au point que les Japonais décideraient d'un mariage ou d'une rupture, d'une embauche ou d'un licenciement, voire d'une amitié, en fonction de cette classification en A, B, AB et O.

Tentés par les catégorisations faciles dans une société plutôt homogène, beaucoup vivent dans l'idée que chaque groupe sanguin - ketsueki-gata, en japonais - détermine des comportements. Un sang de type A donnerait une personnalité sérieuse, prudente et sensible. Le type B favoriserait l'individualisme et la créativité, le AB la réflexion rationnelle et la sociabilité. Quant au type O, il serait du genre à donner de l'ambition et conférer une certaine suffisance.

De fait, il n'est pas rare de se voir demander à quel groupe sanguin l'on appartient. Le phénomène a déjà poussé des écoles maternelles à répartir les enfants selon leur groupe sanguin. Des entreprises ont utilisé cette classification pour leur recrutement. Il y a même un mot, bura-hara, pour qualifier le harcèlement lié aux groupes sanguins. Et, sans surprise, il y a des agences matrimoniales qui les utilisent pour établir des affinités.

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Qui suis-je ? Qui sommes-nous ? Qu'avons-nous en commun ? C'est l'éternelle grande question philosophique que nous avons tous à aborder.

Au jour de la Pentecôte c'est un Esprit qui est donné, il vient habiter toutes les différences, jusque nos langues maternelles. Ce qui nous unit est le fait de comprendre l'oeuvre du Christ par le Saint Esprit. C'est cette compréhension qui crée l'unité tant recherchée et donnera un sens à nos efforts.
Qui sommes-nous ? Mais de ceux qui vivent devant Dieu, de ceux qui ont été convertis et qui adorent celui qui nous a donné le Christ. Il ne suffira pas d'indiquer une religion, des rites, traditions ou croyances mais, parce que c'est la Pentecôte, d'être habité par l'Esprit qui était en Jésus.


Jean 14 :
23 Jésus lui répondit : « Celui qui m'aime obéira à ce que je dis. Mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui, mon Père et moi, et nous habiterons chez lui. ...
26 Celui qui doit vous venir en aide, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » 


N'ayons pas peur de l'Esprit Saint, ne soyons pas indifférent au Saint Esprit comme s'il était une notion vague et presque superflue. Prions l'Esprit comme nous l'avons fait au début du culte.


L'Esprit suscite des vocations, des services, des prises d'initiatives.
Voilà aussi pourquoi il ne peut y avoir qu'une Eglise, celle de Jésus-Christ.
Voilà pourquoi il y aura toujours une unité, elle est donnée en Jésus.
Voilà pourquoi un croyant ne peut pas se passer de la communauté, ni de la Parole, ni des sacrements, car c'est justement là, dans l'Église, que l'Esprit circule, inspire, rappelle, enseigne, encourage.


Comment fait-on pour s'ouvrir, recevoir l'Esprit, être convaincu, être habité par l'Esprit ? Mais l'avons-nous seulement demandé ? Du bout des lèvres l'on peut murmurer « Donne-moi ton Esprit Seigneur ». Mais il est encore meilleur de demander l'Esprit tout en lisant la Bible.


Demander comme un homme qui a faim et qui cherche à manger
Chercher comme quelqu'un qui gèle et qui veut se réchauffer
Prier comme quelqu'un qui meurt de l'absurde et de la vanité de la vie et qui cherche le sens et l'éternité


Bien entendu il y a mille moyens de réfléchir à Dieu, mais dans une Eglise cela sera vrai quand Jésus-Christ sera au centre de notre réflexion.


La langue universelle ? C'est justement l'universalité de l'amour de Dieu révélée en Jésus-Christ.
L'unité ? Elle est un don de Dieu.
Le chemin pour continuer ? Il est indiqué dans le livre des Actes : « Ceux qui acceptèrent sa parole persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction des pains et dans les prières ».


Frères et soeurs à nous de répondre, vivrons-nous ainsi ?
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.




Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 23 Mai 2010
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