La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2008

Prédication : Il y aura des signes dans le ciel !

Luc 21 v 25-33
25 « Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles . Sur la terre, les nations seront dans l'angoisse, rendues inquiètes par le bruit violent de la mer et des vagues.
26 Des hommes mourront de frayeur en pensant à ce qui devra survenir sur toute la terre, car les puissances des cieux seront ébranlées.
27 Alors on verra le Fils de l'homme arriver sur un nuage, avec beaucoup de puissance et de gloire .
28 Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance sera proche. »
29 Puis Jésus leur dit cette parabole : « Regardez le figuier et tous les autres arbres :
30 quand vous voyez leurs feuilles commencer à pousser, vous savez que la bonne saison est proche.
31 De même, quand vous verrez ces événements arriver, sachez que le Royaume de Dieu est proche.
32 Je vous le déclare, c'est la vérité : les gens d'aujourd'hui n'auront pas tous disparu avant que tout cela arrive.
33 Le ciel et la terre disparaîtront, tandis que mes paroles ne disparaîtront jamais. »


Prédication

Chers frères et soeurs

cette période de l'année nous laisse toujours avec un sentiment mitigé car si nous savons que nous allons vers Noël - et ceci évoque pour nous la joie -, nous savons aussi que nous entrons dans une période de frénésie commerciale et, plus encore, c'est aussi une période lors de laquelle la solitude et la pauvreté se feront encore plus cruellement sentir.

A ceci s'ajoutent les textes apocalyptiques, ces textes qui veulent éclairer sur les circonstances de ce que nous appelons la fin du monde ! Nous avons tous lu et entendu parler de nombreuses personnes ou églises tenter de mettre des noms et des dates pour comprendre de quelle manière nous nous approchons de la fin du monde. L'histoire est parsemée de ces tentatives, depuis l'empereur Néron jusqu'au 3ème Reich allemand, de temps en temps l'on apprend aussi qu'un groupe s'est réfugié sur les hauteurs d'une montagne pour attendre la fin. La dernière tentative importante dans ce domaine est certainement quand nous avons changé de millénaire et que certains se sont rués à Jérusalem car il était entendu que c'était là-bas et maintenant que « ça « allait se passer.

Comment lire ces textes apocalyptiques ? Il faut tout simplement les lire au présent. Ces récits ne peuvent pas seulement être compris comme décrivant une chronologie des événements à venir, cette chronologie nous échappe. Ces textes sont aussi une révélation d'un moment toujours vrai. Et l'actualisation de ces récits est vraiment facile. Il suffit d'énumérer les problèmes, les difficultés nationales et internationales. Il suffit de dire ce qui en ce moment alimente nos angoisses.
Il suffit de demander « De quoi parlez-vous ? De quoi parlent les médias ? » Je n'ai pas pris le temps de vérifier l'ordre hiérarchique des sujets et je risque de toute manière d'en oublier l'un ou l'autre. Acceptez une énumération dans le désordre et partielle.

- D'abord la crise économique internationale. Elle est du coup évidemment nationale et se décline jusqu'à notre région, jusque dans notre ville. Nous connaissons bien les réalités du chômage et de tant de précarités.
- Ensuite les énormes enjeux écologiques, l'avenir de la planète terre.
- Ensuite les risques de guerre, les risque chimiques, bactériologiques, nucléaires
- Ensuite on meurt toujours de faim dans le monde, par millions !
- Ajoutons les religions, ou plutôt les intégrismes religieux qui sont facteurs de fanatisme
- Mentionnons les familles, leur décomposition, leur recomposition
- Terminons en rappelant la scandaleuse exploitation de l'homme par l'homme. Quel choc ce fut pour moi de comprendre que les pays en voie de développement sont en réalité souvent des pays en voie de sous-développement.

Vous le constatez avec moi, il n'est pas nécessaire de lire l'avenir dans une sorte de boule de cristal, les récits apocalyptiques racontent le présent.
D'ailleurs en relisant tranquillement le texte de Luc chez vous vous verrez que les éléments précis manquent.

Pourtant l'objectif de Jésus, aussi celui de Luc, n'est pas du tout de nous donner raison. La sinistrose ambiante ne veut pas être alimentée par ses paroles. Quand Luc écrit, le Temple de Jérusalem avait été détruit, la ville sainte démolie, le pays ruiné, le pays – Israël – n'avait plus le droit d'exister. Pour lui c'est évidemment un signe avant-coureur, annonciateur de la fin des temps. Comment voulez-vous que ce ne soit pas la fin ? Luc, comme nous-mêmes, nous aurons donc une série de signes sous les yeux pour dire que oui, nous sommes bien dans les temps de la fin.

Regardez le figuier et tous les autres arbres :
30 quand vous voyez leurs feuilles commencer à pousser, vous savez que la bonne saison est proche.
31 De même, quand vous verrez ces événements arriver, sachez que le Royaume de Dieu est proche.


Ce ne sont pas seulement des signes qui doivent frapper nos esprits, mais ce qui doit nous donner la joie, c'est que l'avenir du monde vient vers nous. Tous les signes renvoient toujours vers plus loin. Un miracle, c'est à dire un signe, veut indiquer la divinité du Christ. Et quand le doigt de la main indique la lune, c'est la lune qui compte et non le bout du doigt. Quand les catastrophes apocalyptiques sont énumérées c'est ce qui vient après les catastrophes qui compte.
Les chrétiens savent que c'est le Christ qui vient vers nous, c'est son retour que nous attendons, nous attendons l'accomplissement de ses promesses, nous attendons que tout ce qui est espéré et commencé soit accompli.

Tout ceci fait que dans notre travail nous n'allons pas être orientés par le récit des crises et des angoisses, mais nous allons être orientés par ce qui a commencé et qui va être terminé.
C'est l'espérance qui va nous diriger.

Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête, car votre délivrance sera proche

La foi n'est pas seulement une espérance pour l'avenir, elle nous donne d'ores et déjà la possibilité de vivre sans les peurs et sans les angoisses.
Amis peut-être devrions-nous un peu moins regarder la télévision et sensiblement plus lire la Bonne Nouvelle de Jésus. Il y a une paix qui veut venir vers nous.
Nous l'avons évoqué avec Luc la destruction du Temple de Jérusalem, ajoutons que bien des générations ont déjà connu et les guerres et les destructions, mais la paix de Dieu est venue sur les croyants de la génération de Luc comme sur les croyants d'autres générations. C'est cette même paix de Dieu que je veux évoquer et invoquer sur vous.

Noël est une fête contre la peur, contre toutes les peurs, contre toutes les angoisses. Ne nous laissons pas prendre le message de paix, le message de l'enfant dans la crèche, le message de la douceur, de l'aide et de la réconciliation, le message du pardon et de la guérison intérieure.
Le monde nous rend malade de ses angoisses, laissons les angoisses du monde et trouvons notre paix en celui qui est la paix.

Regardez le figuier dit Jésus... le ciel et la terre disparaîtront mais mes paroles ne disparaîtront jamais.

C'est d'ailleurs vrai aussi dans nos vies, les circonstances peuvent varier, nous pouvons ne pas obtenir ce pour quoi nous prions, ce pour quoi nous oeuvrons n'est pas toujours atteint, mais ce qui est sûr est le don de Dieu fait en Jésus et la venue de Jésus vers nous.

Les gens écoutent les peurs, s'effraient au son des catastrophes, des canons, des émeutes, des épidémies. Les signes sont donnés à la télévision et nous nous les répétons les uns aux autres. Mais nous pouvons faire tout autre chose, être pour nos contemporains des signes qui annoncent la victoire prochaine du Christ.
Si le figuier est un signe, l'apocalypse se lit au présent aussi soyons nous-mêmes les signes de la réalité qui vient:

Plaçons la fraternité, osons la solidarité, promouvons la justice, voulons le pardon, proclamons la simplicité des choix de vie, plaçons tous les signes du royaume.

Noël est une fête contre la peur et ce n'est pas seulement le moment un peu sensible de la nuit de Noël, de la crèche et de l'étoile du berger qui doivent le dire, mais ce sont nos actions, nos aides qui seront des étoiles dans la nuit de ce monde.

Est-il vrai que Dieu vient vers nous ? Voulons-nous être pour nos proches comme pour nos contemporains de ce signes qui aident à vivre et à croire ?

Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 7 Décembre 2008
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