La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

Prédications 2010

Prédication : De l'intuition première à l'épanouissement de l'intelligence par les Ecritures

Colossiens 3 v 12


Chers amis,


Nous réfléchissons tous sur Dieu ne serait-ce qu'en réfléchissant à la vie humaine ou à notre société. Nous nous penchons sur la notion de bien ou de mal, nous observons un certain nombre de valeurs prônées par une religion, aussi les interdits et le permis, nous sondons nos vies humaines, nous nous heurtons à la notion de faute et de pardon.


Toutes les religions apportent une réponse, mais ici éclate une nouvelle fois la merveilleuse nouvelle qui se veut libératrice. Réfléchissez mais : « Vous faites partie du peuple de Dieu; Dieu vous a choisis et il vous aime ». L'amour comme point de départ, l'amour comme point d'arrivée !


On m'a raconté l'histoire de ce jeune homme qui était tourmenté par la complexité de la vie, par la complexité de toutes ces questions dont il fallait se saisir pour arriver à vivre, arriver à tenir une place dans la société. Il est vrai que les questions sont si nombreuses ! Le monde du travail et ses conflits « De Dietrich fait grève », « Crises et scandales multiples » lisions nous dans la presse. Il est long et difficile de trouver sa place, de la conserver. S'il suffisait de faire une fois le bon choix mais nous sommes constamment soumis à bien des tensions.
Voit toutes les dimensions relationnelles, comment arriver à vivre en paix.
Toutes les dimensions concernant la santé.
Tout ce qui concerne la famille, le conjoint, la belle-famille, les enfants, les petits-enfants
Tout ce qui est du ressort de l'âme, de nos peurs, de nos espoirs, ce que nous n'aurions jamais dû faire, et puis l'illusion qui consiste à croire que nous sommes des gens « bien ».
Et puis les choix politiques, les lieux de nos engagements, notre espoir pour transformer ou du moins améliorer le monde ou encore contribuer à le sauver.
Ajoutons tout ce qui concerne nos solidarités, tout ce qui concerne notre personne qui veut tant à la fois être seule, unique, reconnue mais qui aspire aussi à être portée, à se couler dans la tradition d'une religion, d'une république ou tout simplement d'un cercle ou d'une association.


Oui ce jeune homme était couché dans l'herbe au Liebfrauenberg, et tout cela tourbillonnait dans son esprit. Compliqué de vivre... compliqué de comprendre... compliqué de faire les bons choix et de persévérer.
Alors ce jeune homme ferma les yeux, mit ses mains à plat pour sentir l'herbe sur laquelle il était couché et de tout son long il s'efforça de sentir le poids de son corps sur la terre. Et c'est là que « la chose » se produisit. Il se sentit lentement s'unir à une réalité autre, il sentit que tout sur terre n'était pas seulement éclaté et ravagé, il sentit, malgré tout cela, une unité entre lui, la terre, le monde. Quelque chose unissait tout à tout, personne n'est seul, tout est relié. Le monde est un, Dieu est un, l'homme est destiné à vivre dans cette harmonie.
Puis il ouvrit les yeux et vit le ciel étoilé et comme notre ancêtre Abraham, il vit les étoiles scintiller dans le ciel. Autant d'étoiles, autant de promesses, autant de signes. L'homme n'est pas seul dans des galaxies froides et dangereuses, il est accompagné. Quelqu'un marche sur son chemin.


Et toutes ces questions évoquées, celle de la santé, celle de la famille, celle des drames vécus, celles de toutes les nécessités de la vie, me direz-vous ?
Paul le dit si bien : « Vous faites partie du peuple de Dieu; Dieu vous a choisis et il vous aime ».
La foi est cette tranquille assurance, nous ne sommes pas seuls, nous sommes connus, nous sommes accompagnés, nous sommes aimés.


Ah l'amour, l'amour, l'amour... Pensez-vous de cette expression qu'elle serait usée, galvaudée ? Mais pas du tout et cela nous permet de demander pourquoi nous nous intéressons à la religion, pourquoi nous sommes pratiquants ? Ce n'est pas la catégorie de l'amour qui vient en premier, c'est par exemple et à tort : « Qu'est-ce qui est permis, qu'est-ce qui est défendu ? » 
La semaine dernière je vous citais cette phrase de catéchumène « Est-ce qu'on est obligé d'aller au culte ? » Et dans la même catégorie des obligations les adultes se demandent combien faut-il donner d'argent pour avoir une conscience à peu près en paix, pour se sentir un peu moral ? Comme vous le constatez nous sommes toujours en train de perdre la « bonne nouvelle » de Jésus. Non, le point de départ n'est pas une liste, ni une crainte, ni un calcul. C'est de découvrir de quel amour nous sommes aimés en Jésus.


Ce jeune homme de l'histoire était couché dans l'herbe, il sentit l'harmonie invisible du monde, il regarda le ciel pour y voir toutes les promesses. Nous ce matin nous sommes invités à ouvrir la Bible, nous sommes invités à lever les yeux vers celui qui est venu, vers Jésus. Nous sommes invités à entrer, à nous laisser posséder par ce message de paix. Collez votre oreille à la Bible, vous entendrez un chant ! Venez, allons ensemble à la tombe, là où ils avaient enterré Jésus. C'est le matin très tôt, il fait encore si sombre, c'est le silence de la nature, le silence du matin de Pâques... et la surprise qui ne trouve pas tout de suite des mots pour le dire. La tombe est ouverte, il n'y a plus de corps. Il est ressuscité et à présent il nous renvoie vers tout ce qu'il nous a dit, il nous laisse ses paroles, il nous laisse la Bible.
« Que la parole du Christ, avec toute sa richesse, habite en vous » dit la parole du jour. Si nous avons à lire la Bible, dire que c'est un devoir est une approche bien faible. Ouvrir la Bible permet la rencontre, le dialogue. Le jeune homme du Liebfrauenberg prenait conscience de l'harmonie par le contact avec l'herbe et la terre, nous prenons conscience de Dieu en ouvrant la Bible. Par elle nous allons à la rencontre... à la rencontre de quoi ? Vers un mystère qui a été révélé en Jésus. L'harmonie décrite n'est pas celle d'un monde sans souffrance, mais d'un monde qui dans chaque de ses époques, en chaque région, en chaque situation, est accompagné par la réalité de Dieu.


Dans la souffrance c'est le crucifié qui est notre compagnon.
Dans la recherche de sens, c'est Jésus le rabbi, l'enseignant qui est avec nous.
Dans la recherche de l'espérance, c'est Jésus le ressuscité qui vient à notre rencontre.
Le Christ a vraiment été homme, c'est pourquoi il comprend et accompagne chacun.


Les cieux et les étoiles témoignent de sa grâce, nous pouvons regarder le ciel et être admiratifs. C'est en ouvrant la Bible que l'on circule dans l'univers de Dieu qui vient à la rencontre des hommes. « Dieu vous a choisis et il vous aime ». C'est une parole si simple mais tellement audacieuse ! Comment donc un petit groupe réuni dans une église pourrait donc s'emparer d'une telle promesse, d'une telle certitude ?


Lire la Bible n'est pas réservé aux plus grands savants ou à ceux qui ont fait des études supérieures, il y a mille et une façon de lire la Bible.
Seul à la maison, en groupe,
acheter des livres, suivre telle ou telle formation.
Se doter d'une règle, lire au hasard,
lire à partir de l'histoire, lire à partir d'un personnage,
lire à partir d'une problématique, lire en choisissant l'un des fils rouges qui traversent la Bible.

Oui il y a tant de manières de lire la Bible, mais nous sommes des chrétiens si la rencontre se fait avec celui qui se révèle par la Bible.


« Que la parole du Christ, avec toute sa richesse, habite en vous » Et puis j'ai une bonne nouvelle pour vous. Vendredi, réunis à Pfaffenhoffen, tous les présidents de consistoire ont appris que le calendrier, l'éphéméride « Notre pain quotidien » allait à présent être réédité, amélioré, écrit en français, développé pour le dimanche, contenir un élargissement avec des textes et prières. Prenons rendez-vous pour cet automne et nous approvisionner. C'est un exemple parmi tant d'autres. Il y a abondance de lectures, de livres, pour nous accompagner dans notre démarche.
Dans la paroisse aussi nous aboutirons à une forme d'étude biblique. Nous y réfléchissons au sein du Conseil presbytéral et vous proposerons de vous joindre à un groupe. Probablement pour la rentrée.


Le jeune homme couché dans l'herbe au Liebfrauenberg avait eu une intuition première. C'est dans cette vaine qu'il faut rester, mais ce sont les Ecritures qu'il faut travailler. Sentir l'espace et le temps, l'humanité et la bestialité, les tentatives, les échecs, les ruptures, les longues désespérances, la jeunesse et la vieillesse, l'aide et la délivrance, la sagesse et la pertinence, et tant d'autres thèmes.
La Bible est un trésor de l'humanité. De l'intuition première « Il y a un Dieu » allons à la compréhension et l'approfondissement par l'étude de la Bible .

Rappelons pour finir le plan de lectures bibliques qui se trouve sur la table à la sortie. Ce plan propose une lecture pour chaque jour, il vous indique aussi à l'avance le texte que le pasteur abordera dimanche après dimanche. Il est gratuit, il est à votre disposition.


Terminons par l'exhortation de ce dimanche CANTATE. Chantez ! Chantez car Dieu est bon, chantez car celui qui chante prie deux fois disait notre réformateur Martin Luther.
Frères et soeurs, à nous de répondre, vivrons-nous ainsi ?
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.


Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 4 Mai 2010
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