Cliquez sur ce lien pour accéder aux photos Plaidoyer pour que la prédication me parle encore aujourd’hui …
Sylvie Graessel 28/02/2010 Niederbronn-les-Bains
Texte à lire au préalable : II Timothée 3, 14-17 La prédication est essentielle pour les protestants, et elle est effectivement placée au centre de nos cultes. Pour nos sœurs et frères catholiques, c’est l’eucharistie appelée couramment la messe qui se trouve au cœur de la célébration. La réforme protestante du XVIe siècle à l’origine de notre foi avait comme devise : « L’écriture seule, la grâce seule, la foi seule ». Dans toutes les religions les hommes cherchent le salut. La protestante que je suis trouve son salut dans une relation personnelle avec Dieu, dans une relation de confiance où la grâce et l’amour du Seigneur entrent dans ma vie et dans mon cœur. Cette grâce et son Esprit Saint éclairent pour moi sa parole qui ne reste pas lettre morte ou un ensemble de belles histoires sans intérêt pour moi.
Se mettre à l’écoute de la prédication c’est être à l’affût, c’est être en éveil de ce que Dieu veut me dire au travers des explications que le pasteur me donne.
Deux attitudes intérieures à l’égard de la prédication sont alors possibles :
Je peux la subir comme l’eau de pluie qui coule sur mon ciré mais ne me touche pas ; je peux la subir en regardant l’heure toutes les deux minutes et en me disant constamment : « Aura-t-il bientôt fini ? ». Je peux compter si c’est une prédication à un, deux ou trois bonbons – comprenez bien que pour le chrétien chaotique que je suis parfois, l’ennui augmente avec le nombre de bonbons que j’ouvre pendant le sermon.
Si j’adopte cette attitude intérieure la prédication ne changera rien dans
ma vie et je sortirai de l’église comme j’y suis entrée…
Je peux être en éveil intérieur, comme le photographe à l’affût d’une magnifique image, mes pensées et mon cœur tournés vers ce prédicateur qui est chargé par Dieu de m’enseigner, de me redresser, de m’éduquer. Pour cela il a fait des études longues (il faut un bac + 5 pour être pasteur) et pas toujours faciles, pour mettre à la portée de tout un chacun une parole vieille de 2 000 ans et écrite dans des contextes sociaux et historiques bien différents des nôtres. Et pourtant cette parole est encore une parole vivante pour les croyants que nous sommes. Parfois mon esprit s’égare pendant la prédication et je me mets à rêver quand un mot du pasteur m’interpelle ou qu’une image me rappelle une situation joyeuse ou douloureuse de ma vie. Ecouter la prédication c’est être en dialogue intérieur avec le prédicateur : il ou elle parle, j’écoute et je participe à cette écoute en acquiesçant, en m’interrogeant. Mon oreille entend et mon esprit comprend, interprète, réfléchit …
C’est ce qui se passe au premier degré ! Nous entendons, comprenons ou ne comprenons pas ce que le pasteur raconte.
Mais il y a plus que cela ! Il y a ce qui se passe au second degré : ce qu’on appelle la communication non-verbale, ce qui se passe au niveau du ressenti.Ici on entre dans le domaine plus profond des sentiments, des émotions, de l’âme.
Quand le pasteur parle, je ressens des choses au fond de moi-même ; parfois une chaleur, une douceur et je sens alors que cette parole me réconforte, me fait du bien, me redonne courage… mais parfois je peux ressentir autre chose au fond de moi : de l’énervement, de l’irritation, de l’agacement et j’ai envie de partir en courant, ce que je ne fais pas car je suis bien éduquée …Si nous ressentons parfois ce genre de sentiments négatifs, nous devrions nous interroger avec honnêteté. « Est-ce que ce que dit le pasteur m’agace car je ne suis pas d’accord avec lui ? (et alors je devrais lui en parler à la fin du culte car après tout il peut aussi se tromper) … ou est-ce que cette parole m’irrite car elle éclaire une réalité de ma vie que je pourrais corriger mais que je préfère tenir cachée, comme le pan d’un voile qu’on soulèverait pour apercevoir des zones d’ombre sombres et déplaisantes ? ». Paul le dit à Timothée : le but de la parole est de transformer notre vie, petit à petit. Dieu ne nous brusque pas, mais quand Il parle, il faut savoir l’entendre et changer nos vies selon ses directives, c’est ce que la Bible appelle l’obéissance au Saint-Esprit.
Selon la situation personnelle de chacun, le même message pourra consoler Jules et agacer Albert : l’émetteur est le même, mais le récepteur est différent !
J’aimerais résumer mon plaidoyer pour une prédication active et participative par deux questions auxquelles chacun pourra tenter de répondre :
Quelle est la mission du prédicateur ? … il doit expliquer, édifier et convaincre …
Quelle est ma mission, moi qui écoute la prédication ? … j’entends, je comprends, je ressens et j’agis ! … pas à pas, petit à petit, par la grâce de Dieu !