2 Corinthiens 5 v 21
Bruno Holcroft | Mardi 4 Mai 2010

2 Corinthiens 5 v 21

Parlant de Jésus Paul écrivait : Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Chers amis nous nous séparons aujourd'hui de notre doyen d'âge, 97 ans. C'est pour nous l'occasion de nous de méditer quant au rôle des anciens dans le domaine de la sagesse, de l'expérience et de la transmission.
Bien entendu l'âge de donne pas automatiquement la sagesse, mais la Bible, contrairement à la mentalité dominante de notre époque, valorise le respect, aussi ce qui a été enseigné aux générations qui nous précèdent.
Quand dans une paroisse nous débutons un parcours catéchétique, quand nous ouvrons la Bible, nous disons à ceux qui commencent qu'ils n'ont pas à commencer pas à zéro, mais que sur le chemin de la foi ils sont précédés par de nombreux croyants. Il suffit de comprendre la vie de ces croyants pour progresser, il suffit d'assimiler ce qu'ils ont découvert l'espace de toute une génération, de le faire sien, afin de ne pas commencer à zéro.

Il est sans doute utile de rappeler comment les Israélites se tiennent dans le temps, ils n'ont pas l'attitude que nous connaissons dans notre société contemporaine. Pour eux l'homme se tient face au passé et avance vers l'avenir en regardant le passé. Cela signifie que, si pour nous, le passé se tient derrière nous et l'avenir devant nous, pour ces croyants, c'est le passé est constamment devant eux. Cette attitude est parfois exprimée par ce diction : « Pour savoir où tu veux aller, regarde d'où tu viens ».

Ce regard vers le passé n'est pas une attitude passéiste, c'est la sagesse, elle consiste à s'appuyer sur l'histoire et sur la mémoire. La sagesse consiste à ne pas de couper de ses racines. La sagesse ne prétend pas construire un monde nouveau ou un homme neuf mais bien au contraire à engranger l'histoire de l'humanité, à en faire un trésor dans lequel l'on puise pour comprendre, pour construire. Oui, l'israélite avance dans la vie, tourné vers le passé.

Ce passé redit la bonté de Dieu et pour nous chrétien, le consiste à rouvrir le Nouveau Testament et tout ce qui a été révélé et donné en Jésus-Christ. Beaucoup de contemporains hésitent à classer le christianisme. Faut-il le placer dans le passé, le présent ou l'avenir ? Le christianisme est en expansion dans le monde, il est en régression en Europe...

Le verset de confirmation de notre frère rappelle quant à lui la nouveauté qui a consisté en cette irruption de Dieu dans l'histoire.
Restons chez les israélites de l'époque de Jésus. Cela faisait des siècles que les prophètes ne parlaient plus au nom de celui qui est au-dessus de tout nom. Ce silence de Dieu troublait, il troublait d'autant plus que la période était difficile, il s'agissait alors de l'occupation militaire du pays par les Romains. Quand Jésus se mit à parler, quand il accomplit son oeuvre, Paul écrivait alors que le passé était dépassé. Il écrit littéralement: « Les choses anciennes sont passées; voici toutes choses sont devenues nouvelles ». « Le Christ a réconcilié le monde avec lui-même »

Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Dans ce contexte israélite il fallait pouvoir placer un sang versé face à la faute. Il fallait un bouc émissaire, une victime expiatoire. Dans ce contexte sacrificiel le Christ a donc donné sa vie.

Reste pour tous et tous les temps cette idée d'un monde réconcilié. La nouveauté, qui reste nouveauté pour toujours, c'est un monde qui a besoin de paix, un monde qui a besoin de sagesse, un monde qui a besoin de s'appuyer sur ce qui ne fera pas défaut.
Le monde... Le monde intérieur, le monde politique, le monde des entreprises, de tous les âges, tous les éléments de la société. Le monde a besoin d'être apaisé envers lui-même, envers son prochain, envers ses erreurs passées, envers l'avenir à préparer.

La nouveauté, c'est aussi l'annonce de l'Esprit, de la force de la résurrection.
Tout n'est pas du domaine du monde à venir. La force de la résurrection est promise, mais elle est déjà à l'oeuvre dans ce monde.

La résurrection est une force, et pour terminer avec l'idée et l'image de la sagesse, c'est quand la sagesse se met à danser, quand elle ouvre les tombes, quand elle guérit les peurs, quand elle bouleverse les habitudes.

La sagesse n'est pas vieille, c'est peut-être la surprise, elle est jeune et nous entraîne sur des chemins inattendus.

Celui qui nous accueillera dans cet autre monde, c'est le ressuscité dans sa force, dans sa gloire. Nous n'emmenons rien avec nous si ce n'est tout ce qui a déjà été suscité par la sagesse. Nous ne laissons rien derrière nous, si ce n'est ce que la sagesse nous a faits donner et faire.

Heureux les enfants, les descendants et tous les croyants qui vivent de la sagesse, du Christ vivant, qui est parmi nous, réconciliant le monde avec lui-même.

Amen.

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