Prédication de mariage Daniel Peter et Monia Wambst

Chers amis, chers époux,

Nous avons tous chez nous des albums de photographies. Parfois des années se suivent tout simplement : l'album de 2009, celui de 2008, de 2007. Parfois aussi c'est un événement particulier qui remplit tout un album. Bien entendu nous pensons au mariage de ce jour – il faudra bien un album entier ! – et puis viendront les autres étapes de la vie, nous attendons les étapes heureuses, nous craignons les étapes plus difficiles.

La vie est ce chemin sur lequel il est bon de pouvoir poser à intervalles réguliers des signes qui nous rappelleront les étapes franchies. Quand je fais des visites de temps en temps l'on ouvre l'un de ces albums de photos et j'ai le plaisir de le feuilleter. On m'indique les parents, les voyages, les enfants, le travail, la petite amie d'il y a quelques années..., l'appartement qu'on a habité, la maison qu'on a bâtie. Et puis vient le moment des dernières photos et enfin les pages blanches.

Que va-t-on mettre ensuite ? Quelles seront les étapes dont on conservera le souvenir ?
Le mariage c'est aussi commencer un nouvel album de photographies et nous allons le feuilleter avec vous. Là maintenant, avant l'heure !
Je passe sur le 20 septembre 2009 pour aller vers le monde du travail, Daniel fait carrière chez De Dietrich, le voici chef d'atelier. Monia est devenu aide soignante et puis infirmière ! Je vois l'un dans son atelier, l'autre avec son diplôme tout neuf ! L'un est entouré d'appareils de mesures, l'autre a les poches remplies de tous ces petits trucs qu'il faut quant on fait la tournée des malades.

Mais je tourne les pages de cet album... voici un premier enfant, un second, un troisième, un quatrième... si vous voulez je peux encore en ajouter..

Puis je vois la construction d'une maison
Puis je vois les fêtes, les amis, des baptêmes.
Je passe sur des événements plus tristes.

Tiens voilà Daniel qui m'a rejoint dans le cercle de ceux qui n'ont plus une abondante chevelure...
Et Monia qui s'initie au stylisme et la décoration ! Ca alors, c'est inattendu...

Bien entendu tout cela est fictif et avec vos amis présents nous ne souhaitons que le bien, tout le bonheur possible. Puissiez-vous engranger de nombreuses belles et fortes étapes.

Mais à tant tourner les pages on en oublie l'étape du jour !
Ce qui nous est dit lors de ce culte, lors de nos prières, lors de la bénédiction qui sera invoquée sur vous, ce sont des voeux de bonheur, voeux que nous formulons tous. Oui nous vous souhaitons de pouvoir vous appuyer l'un sur l'autre, nous souhaitons que vous continuiez à vous apprécier, que ce qui rend l'autre aujourd'hui si attachant soit regardé avec le même regard de tendresse, de complicité, d'affection, de désir. Aujourd'hui cette force, ce regard vous permet de porter, de dépasser, d'être tendus avec confiance vers l'avenir.

Mais ce que nous formulons ici ce ne sont pas seulement des voeux, je vous parle aussi de la part de quelqu'un qui sait ce qu'est l'amour, qui connaît tout de la vie. Je vous parle de Jésus-Christ et de la foi. Nous ne sommes pas seuls dans le monde, nous ne sommes pas seuls dans la joie, nous sommes également entourés, accompagnés par celui qui se réjouit avec nous.

En vous mariant dans cette église vous avez, en fait, pénétré en un lieu où d'autres couples se sont, eux aussi, mariés. A vrai dire cela fait des siècles que l'on se marie dans cette église. Couple après couple, tous ont pris un départ, tous voulaient être heureux, tous souhaitaient avoir des enfants, tous se donnaient l'un à l'autre leur confiance.
Dans cette église des centaines de couples se sont passés la bague au doigt avec émotion, avec sourire, avec confiance, avec tant d'espérance.
C'est à présent à votre tour. La photo va saisir un instant, mais le mariage est comme le baptême. Il y a l'instant, le temps d'une cérémonie, d'un acte, ensuite le baptême et le mariage sont à vivre toute une vie.

Le temps va passer... acceptez la vie, mais refusez de vieillir, de laisser s'affadir l'élan du coeur !
Acceptez tout ce que vous ne pouvez pas changer, mais avec ouvrez tous les jours l'album de votre vie et inscrivez des paroles et des actes d'amour.
Acceptez de vivre, de tout vivre, les bons comme les mauvais jours, mais démarrez chaque matin avec le cap de l'amour, avec la tendresse, la complicité, le fou rire de celui qui a confiance.

Et peut-être découvrirez-vous ce mystère ? Quand on vit l'amour, on ne vit pas seulement à deux, on découvre qu'il rapproche bien des êtres et règles bien des différends. Le christianisme est la religion de l'amour, aucune autre religion ne peut le dire aussi fortement, aussi nettement.

Alors avec vous, Monia et Daniel, nous fêtons votre union et fêtons en même temps ce qui est le sel de la vie : aimer et être aimé, à l'exemple de Jésus-Christ. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:13
Chers frères et soeurs, chers amis


nous allons méditer la parole de l'Evangile qui sera lue demain dans toutes les Eglises. Nous lisons dans l'Evangile de Luc -Ch 12 v 21 – 34

...

Les douze étaient autour de Jésus, ils vivaient une vie tout à fait singulière, ils avaient quitté leur métier, parfois leur famille, tout cela pour suivre Jésus le prophète.
C'est à eux que Jésus dit cette parole «  Ne vous inquiétez pas pour votre vie ». Vous aurez ce qu'il faut, en nourriture, en vêtement.
Et effectivement durant tout le temps du ministère de Jésus, également après, les disciples vont vivre, et ils vont expérimenter ce partage des biens. Certains d'entre nous se souviennent que lors des premières conversions – c'est le récit du livre des Actes qui nous le transmet - les convertis vendaient leurs biens et vivaient une forme radicale de partage communautaire.

A ses disciples Jésus dira donc de se concentrer sur ce qui est leur vocation. Durant ce laps de temps où ils vivent avec Jésus, ils sont au bénéfice de son enseignement, ils ont à faire tout un chemin intérieur, ils ont à comprendre de manière renouvelée le contenu et le coeur de la foi. Ils ont à découvrir une vérité, le Christ, et cela doit les absorber entièrement.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Leur cheminement intérieur sera long, car il n'est pas facile de s'approcher d'une réalité que nous nommons Dieu ou la vérité, ou l'éternité, ou l'infini ou l'amour. C'est un chemin immense... sur lequel ils expérimenteront la réalité de la promesse.


Nous recevons à présent cette parole 2000 ans plus tard. Nous ne sommes pas du groupe des douze, mais l'enseignement garde une portée fondamentale. Les soucis de la vie, les soucis légitimes mais matériels, peuvent nous absorber totalement.
Nous constatons que bien des peurs sont encore présentes parmi nous. Les plus anciens évoquent la guerre, l'actualité mentionne la grippe, mais c'est aussi le chômage, c'est l'endettement, ce sont nos enfants, c'est l'appartement, le loyer ou la construction. Bien évidemment pour vivre il faut faire face à ces exigences multiples.

Et puis il y a l'Eglise, son message, la Bible, la sainte cène ou eucharistie. La vraie vie ce sont de multiples contraintes matérielles, il ne faut pas rêver. Mais la vraie vie c'est aussi, profondément, inlassablement, se souvenir de ce qui est important, retrouver l'orientation profonde. Nous avons besoin de la compréhension du monde, besoin d'y trouver une unité, un sens.

A force d'être au centre de notre vie, nous ne savons plus vivre avec les autres.
A force de travail, nous oublions que les objets ne sont que faiblement le sens de la vie.
A force de souci, nous oublions qu'énormément de choses peuvent être vécues sans qu'elles coûtent de l'argent.

Permettez moi une illustration triviale. Il suffit de regarder les caddys des supermarchés, ils sont pleins de trous, c'est l'image d'un contenant qui peut contenir des objets mais non la valeur et le sens de la vie.
Les caddys sont pleins de trous, les objets ne peuvent combler ce qui est de l'ordre de la relation, de la vérité, du sens, de la cohésion.

La parole de Jésus - Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus... - nous rejoignent aujourd'hui dans le cadre de ces obsèques. Même nos mains ne peuvent rien emporter, mais nous pouvons laisser derrière nous un sillon dans lequel il y aura peut-être des objets et des biens, mais surtout une vie, son sens, la manière dont on a aimé, comment l'on a protégé, comment on a appris à être de plus en plus humains. Amis je veux que ce lieu d'Eglise soit un lieu de liberté, de tolérance, de recherche de vérité, d'expérimentation de la fraternité.
On nous ment, on nous trompe, on nous berne en faisant croire que les seules valeurs sont les valeurs matérielles. C'est un chemin qui mène à la ruine, à la dislocation des familles, à un individualisme malsain.

Humblement nous poserons ici pierre sur pierre, même si nous sommes peu nombreux, mais nous nous attacherons à vivre vraiment. Vivre en perdant le Nord ne sert à rien.

Quand nous nous recueillerons sur les tombes de ceux qui nous ont quittés, nous pourrons penser aux biens, exprimer une gratitude, mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la direction indiquée, le chemin emprunté.
Jésus disait de vivre sans peur afin d'avancer vers des réalités tellement importantes que la nourriture et le vêtement. Ces derniers allaient être de simples accompagnateurs de vérités tellement plus importantes.

Peu importe le modèle de voiture que nous avons conduit, peu importe si les vêtements ont suivi telle mode plutôt qu'une autre, ce qui compte est de savoir ce qui donne un éclat tout autre à nos yeux. Quand nos yeux se mettent-ils à briller ? Quels sont les sujets, les personnes, les rencontres qui font briller nos yeux.
Pour notre frère vous m'avez témoigné que c'était l'amour qu'il vous portait à vous madame qui le rendait lui-même « grand », qui donnait l'intensité du regard et c'est la droiture de vie et de coeur de votre père qui vous a tellement marqués. Ce sont là des signes parmi des signes.

Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...

Puisse notre front briller de la lumière qui vient de Dieu. Puissent nos vies être éclairantes, puissent nos vies nous aider à vivre, à croire, à construire un monde meilleur.
Nous vivrons sans crainte et les yeux fixés sur des buts qui en valent la peine. Des hommes et les femmes nous ont inspirés, ce qu'il y a eu de meilleur en eux nous montre le chemin, nous offre le sens, nous permet le courage.

Pour les croyants, c'est le Christ lui-même qui est le meilleur exemple. Dans la vie comme dans la mort nous avons confiance en lui.


Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:04