Chers frères et soeurs, nous allons méditer cette parole, ce verset de confirmation qui contient une telle puissance, une telle direction pour l'existence d'un chrétien.
1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.
Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !
Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.
Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.
La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.
Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».
Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.
Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.
1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.
Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !
Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.
Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.
La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.
Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».
Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.
Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.
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vie éternelle
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:50
Accueil
Chers paroissiens, chers amis et chère famille
Avec vous nous sommes tristes et nous nous retrouvons cet après-midi avec ce désir de vous accompagner, de porter avec vous cette tristesse, c'est bien pourquoi nous sommes venus nombreux en cette église.
Nous accompagnons chaque famille dans son deuil, mais aujourd'hui nous mesurons une nouvelle fois que les paroles voulant aider peuvent en fait blesser, les gestes que nous tentons peuvent être mal interprétés, les phrases de condoléances et de sympathies sont marqués par la gentillesse et mais aussi par un embarras particulier.
Veuillez nous pardonner d'avance si l'un ou l'autre, ou même moi-même, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas, nous parlons sans pouvoir réellement nous mettre à votre place.
Le pasteur parle à partir de la Bible, les personnes vous raconteront peut-être l'une ou l'autre épreuve traversée et d'autres femmes ayant vécu la même souffrance vous en témoigneront peut-être.
Le souhait de chacun est de tenter de vous aider tout en sachant qu'à un certain moment nous sommes tout de même seuls avec notre peine.
Aujourd'hui nous voulons nous souvenir que nous sommes une même humanité. Aujourd'hui il n'y a pas de protestants ou de catholiques, des ouvriers ou des ingénieurs, des gens d'ici ou d'ailleurs, des chrétiens ou des agnostiques, nous entourons une mère qui pleure son fils. Voilà pourquoi nous sommes tous frères, nous sommes réunis en une même humanité qui vacille parfois devant les épreuves les plus redoutables, et la mort en est une.
Pardonnez-moi d'évoquer ce qui fait la joie d'une femme enceinte, nous en comprendrons d'autant mieux votre peine.
Porter un enfant est comme le sourire de la vie,
c'est la promesse d'un avenir,
c'est la concrétisation d'un amour,
c'est la confiance en quelqu'un,
c'est un projet de vie,
c'est mettre le meilleur de soi-même,
c'est aussi le mystère de l'existence, le secret de la maternité... comment un être se tisse-t-il au plus profond de son corps ?
c'est se préparer à sa venue,
C'est se préparer avec sa famille, avec toute une série de membres de sa famille...
on se prépare à accueillir un nouveau membre, on se réjouit avec celle qui sera maman...
C'est tout cela qui est bouleversé, et vous aurez peut-être encore d'autres mots pour le dire...
Le deuil est à la mesure de l'espoir, de l'amour qui avait préparé, de tout ce qu'un couple s'était chuchoté en une grande complicité.
Et il vous faut faire le deuil de ce petit Thibaut qui n'aura vécu que trois jours, après environ 6 mois de grossesse. Thibaut est né le 22 mars, il a été baptisé à l'hôpital le 23 mars, il est décédé le 25 mars.
Nul ne peut donner d'explication quant aux raisons qui ont fait s'interrompre le processus qui devait terminer la formation de l'enfant, et donner ainsi tout ce qui semblait promis.
--------------------------
Méditation
Dans quelques minutes, quand nous sortirons de l'Eglise, nous serons frappés par les rayons de soleil, la nature annonce l'arrivée du printemps, ces jours-ci semblent, eux aussi, promettre la vie. Nous voyons les premiers arbustes se couvrir de bourgeons, ils contiennent, eux aussi, une promesse de vie et il me semble que la vie de Thibaut peut leur être comparée car elle contenait une promesse de vie, un bourgeon qui devait se déployer pour sa joie et la joie de sa famille.
La nature, elle encore, peut nous inspirer, il arrive que le froid et le gel font des dégâts parfois irréparables. Et nous savons bien que nous ne maîtrisons pas le climat ni la nature. Le gel fait parfois des dégâts et la nature souffre, des bourgeons meurent parfois.
Thibaut était donc l'un de ces bourgeons de la vie, mais il était aussi plus que cela. Je l'ai évoqué, il a été baptisé, il porte un nom. Nous ne donnons pas de noms aux bourgeons, nous donnons un nom à nos enfants. Vous n'aurez pas à l'oublier, vous aurez un nom, un souvenir, un amour qui vous a porté et qui continuera à vous porter. Nous vous offrons cette bougie de baptême pour vous aider à vous souvenir du passage de Thibaut dans votre vie. Elle vous rappellera aussi que Jésus nous a dit Je suis la lumière du monde. Je veux être votre lumière malgré toutes les obscurités qui vous touchent.
Voyez-vous nous guérissons tous des petites déceptions, des petits deuils, mais pour ce qui touche au vrai deuil, rien ne s'oublie jamais. Tout ce que nous pouvons vivre c'est de nous habituer mieux à la douleur et, dans la dimension de la foi, de comprendre que nous sommes accompagnés dans cette douleur.
La vie va continuer, le passé s'inscrit en nous, nous portons tous des blessures, des brèches, des meurtrissures, mais l'avenir reste ouvert pour vivre intensément ce que l'amour continue à nous promettre.
Qu'en est-il de la vie après la mort ? Quand nous nous séparons de nos proches qui ont eu une histoire nous pouvons imaginer par-delà la mort une vie, certes différente, mais une vie, car ces défunts auront eu une histoire, développé une intelligence, possédé un caractère. L'intuition de la foi peut faire imaginer une autre vie, une éternité, des retrouvailles.
Qu'en est-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Ecoutons ce simple élément de réponse, écoutons comment le prophète Esaïe évoque la naissance d'un pays que nous connaissons sous le nom d'Israël.
Nous savons fort bien l'histoire très mouvementée de ce pays, nous évoquons régulièrement les drames liés à son histoire. Pourtant Dieu affirme ici l'avoir accompagné alors qu'il n'était pas encore formé. Le processus, le plan de Dieu, continue.
Esaïe 4
1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j'ai choisi.
2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t'ai fait,
qui t'ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N'aie pas peur, peuple de Jacob,
Qu'adviendra-t-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Nous n'avons pas une réponse mais l'intuition que donne la foi, nous avons le prolongement de ce qu'a annoncé le prophète Esaïe et tout ce qui a été donné en Jésus nous fait dépasser cette énigme.
Et ce n'est pas seulement aujourd'hui que nous sommes placés devant des mystères, devant ce qui nous est caché, car la vie éprouve régulièrement notre foi.
La logique ou le raisonnement ne savent pas y répondre. Devant l'absurde, devant l'échec, devant l'arbitraire nous pouvons certes placer la volonté, les progrès de la science, le combat contre toutes les formes du mal, mais vient toujours le moment où la foi prendra le relais de la raison et de la volonté.
Qu'en est-il du petit Thibaut ? La réponse est dans le mystère, mais le mystère n'est pas un vide. C'est un mystère quand nous prenons le pain et le vin de la sainte cène, c'est le mystère de la présence de Dieu quand nous le prions, c'est le mystère de la célébration de Pâques et de la résurrection... En ces moments-là nous plaçons notre confiance en ce qui a été montré et donné en Jésus.
Frères et soeurs soutenons-nous les uns les autres en une simple humanité compatissante, soutenons-nous les uns les autres par ce qui nous donné dans la dimension de la foi. C'est dans la souffrance que nous ferons particulièrement briller l'amitié, le soutien, la fraternité. Que ce mystère-là vienne réchauffer et éclairer ce que nous ne pouvons comprendre. Amen.
Chers paroissiens, chers amis et chère famille
Avec vous nous sommes tristes et nous nous retrouvons cet après-midi avec ce désir de vous accompagner, de porter avec vous cette tristesse, c'est bien pourquoi nous sommes venus nombreux en cette église.
Nous accompagnons chaque famille dans son deuil, mais aujourd'hui nous mesurons une nouvelle fois que les paroles voulant aider peuvent en fait blesser, les gestes que nous tentons peuvent être mal interprétés, les phrases de condoléances et de sympathies sont marqués par la gentillesse et mais aussi par un embarras particulier.
Veuillez nous pardonner d'avance si l'un ou l'autre, ou même moi-même, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas, nous parlons sans pouvoir réellement nous mettre à votre place.
Le pasteur parle à partir de la Bible, les personnes vous raconteront peut-être l'une ou l'autre épreuve traversée et d'autres femmes ayant vécu la même souffrance vous en témoigneront peut-être.
Le souhait de chacun est de tenter de vous aider tout en sachant qu'à un certain moment nous sommes tout de même seuls avec notre peine.
Aujourd'hui nous voulons nous souvenir que nous sommes une même humanité. Aujourd'hui il n'y a pas de protestants ou de catholiques, des ouvriers ou des ingénieurs, des gens d'ici ou d'ailleurs, des chrétiens ou des agnostiques, nous entourons une mère qui pleure son fils. Voilà pourquoi nous sommes tous frères, nous sommes réunis en une même humanité qui vacille parfois devant les épreuves les plus redoutables, et la mort en est une.
Pardonnez-moi d'évoquer ce qui fait la joie d'une femme enceinte, nous en comprendrons d'autant mieux votre peine.
Porter un enfant est comme le sourire de la vie,
c'est la promesse d'un avenir,
c'est la concrétisation d'un amour,
c'est la confiance en quelqu'un,
c'est un projet de vie,
c'est mettre le meilleur de soi-même,
c'est aussi le mystère de l'existence, le secret de la maternité... comment un être se tisse-t-il au plus profond de son corps ?
c'est se préparer à sa venue,
C'est se préparer avec sa famille, avec toute une série de membres de sa famille...
on se prépare à accueillir un nouveau membre, on se réjouit avec celle qui sera maman...
C'est tout cela qui est bouleversé, et vous aurez peut-être encore d'autres mots pour le dire...
Le deuil est à la mesure de l'espoir, de l'amour qui avait préparé, de tout ce qu'un couple s'était chuchoté en une grande complicité.
Et il vous faut faire le deuil de ce petit Thibaut qui n'aura vécu que trois jours, après environ 6 mois de grossesse. Thibaut est né le 22 mars, il a été baptisé à l'hôpital le 23 mars, il est décédé le 25 mars.
Nul ne peut donner d'explication quant aux raisons qui ont fait s'interrompre le processus qui devait terminer la formation de l'enfant, et donner ainsi tout ce qui semblait promis.
--------------------------
Méditation
Dans quelques minutes, quand nous sortirons de l'Eglise, nous serons frappés par les rayons de soleil, la nature annonce l'arrivée du printemps, ces jours-ci semblent, eux aussi, promettre la vie. Nous voyons les premiers arbustes se couvrir de bourgeons, ils contiennent, eux aussi, une promesse de vie et il me semble que la vie de Thibaut peut leur être comparée car elle contenait une promesse de vie, un bourgeon qui devait se déployer pour sa joie et la joie de sa famille.
La nature, elle encore, peut nous inspirer, il arrive que le froid et le gel font des dégâts parfois irréparables. Et nous savons bien que nous ne maîtrisons pas le climat ni la nature. Le gel fait parfois des dégâts et la nature souffre, des bourgeons meurent parfois.
Thibaut était donc l'un de ces bourgeons de la vie, mais il était aussi plus que cela. Je l'ai évoqué, il a été baptisé, il porte un nom. Nous ne donnons pas de noms aux bourgeons, nous donnons un nom à nos enfants. Vous n'aurez pas à l'oublier, vous aurez un nom, un souvenir, un amour qui vous a porté et qui continuera à vous porter. Nous vous offrons cette bougie de baptême pour vous aider à vous souvenir du passage de Thibaut dans votre vie. Elle vous rappellera aussi que Jésus nous a dit Je suis la lumière du monde. Je veux être votre lumière malgré toutes les obscurités qui vous touchent.
Voyez-vous nous guérissons tous des petites déceptions, des petits deuils, mais pour ce qui touche au vrai deuil, rien ne s'oublie jamais. Tout ce que nous pouvons vivre c'est de nous habituer mieux à la douleur et, dans la dimension de la foi, de comprendre que nous sommes accompagnés dans cette douleur.
La vie va continuer, le passé s'inscrit en nous, nous portons tous des blessures, des brèches, des meurtrissures, mais l'avenir reste ouvert pour vivre intensément ce que l'amour continue à nous promettre.
Qu'en est-il de la vie après la mort ? Quand nous nous séparons de nos proches qui ont eu une histoire nous pouvons imaginer par-delà la mort une vie, certes différente, mais une vie, car ces défunts auront eu une histoire, développé une intelligence, possédé un caractère. L'intuition de la foi peut faire imaginer une autre vie, une éternité, des retrouvailles.
Qu'en est-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Ecoutons ce simple élément de réponse, écoutons comment le prophète Esaïe évoque la naissance d'un pays que nous connaissons sous le nom d'Israël.
Nous savons fort bien l'histoire très mouvementée de ce pays, nous évoquons régulièrement les drames liés à son histoire. Pourtant Dieu affirme ici l'avoir accompagné alors qu'il n'était pas encore formé. Le processus, le plan de Dieu, continue.
Esaïe 4
1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j'ai choisi.
2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t'ai fait,
qui t'ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N'aie pas peur, peuple de Jacob,
Qu'adviendra-t-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Nous n'avons pas une réponse mais l'intuition que donne la foi, nous avons le prolongement de ce qu'a annoncé le prophète Esaïe et tout ce qui a été donné en Jésus nous fait dépasser cette énigme.
Et ce n'est pas seulement aujourd'hui que nous sommes placés devant des mystères, devant ce qui nous est caché, car la vie éprouve régulièrement notre foi.
La logique ou le raisonnement ne savent pas y répondre. Devant l'absurde, devant l'échec, devant l'arbitraire nous pouvons certes placer la volonté, les progrès de la science, le combat contre toutes les formes du mal, mais vient toujours le moment où la foi prendra le relais de la raison et de la volonté.
Qu'en est-il du petit Thibaut ? La réponse est dans le mystère, mais le mystère n'est pas un vide. C'est un mystère quand nous prenons le pain et le vin de la sainte cène, c'est le mystère de la présence de Dieu quand nous le prions, c'est le mystère de la célébration de Pâques et de la résurrection... En ces moments-là nous plaçons notre confiance en ce qui a été montré et donné en Jésus.
Frères et soeurs soutenons-nous les uns les autres en une simple humanité compatissante, soutenons-nous les uns les autres par ce qui nous donné dans la dimension de la foi. C'est dans la souffrance que nous ferons particulièrement briller l'amitié, le soutien, la fraternité. Que ce mystère-là vienne réchauffer et éclairer ce que nous ne pouvons comprendre. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:45
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