Ta parole est une lampe à mes pieds Psaume 119 v 105

Qu'est-ce que l'homme ? Aujourd'hui nous nous posons cette question devant la mort, devant la finitude. La question n'est pas celle du sens de la mort, mais du sens de la vie. L'humanité cherche depuis toujours le sens de la vie. Le sens de la vie, mais les nécessités et les plaisirs y répondent fort bien, diront certains. Mais l'humanité a toujours voulu aller plus loin justement parce qu'elle n'est ni animale, ni technicienne, ni simplement consommatrice. Le sens de la vie n'est pas dans les échéances de fin de mois, ni dans le caddy du supermarché. Le sens de la vie n'est pas dans la jouissance de ce que peut donner le corps, l'estomac ou la sexualité.
Le sens de la vie n'est pas dans la stérile répétition des jours, ni dans l'éphémère du vent que nous poursuivons. Le sens de la vie n'est pas donné par les vedettes du petit écran ni dans la météo de ce jour.
Nous sommes des humains, c'est à dire des fils de la terre, c'est ce magnifique récit de la Genèse qui le redit, mais nous sommes aussi des fils d'un appel silencieux, des fils qui sont invités à répondre à l'appel intérieur, des fils qui sont appelés à se lever, à étendre leur être pour dépasser les cimes des arbres, pour s'élever jusqu'aux étoiles et recevoir la parole reçue par Abraham. Là-haut, une parole est dite, un père nous cherche, une promesse nous attend et cette parole est entendue dans le bruissement de l'expérience humaine, dans l'empilement des pages de la Bible.
« Tu es un homme, un humain, et ta destinée est de t'élever au-dessus de toutes les contingences pour être de ceux qui connaissent l'Eternel, qui sont entraînés par l'appel de la vérité, de la liberté, du sens dernier de toute notre existence. »
Nous sommes des humains et quand nous nous interrogeons sur notre destinée, sur ce qui doit diriger et orienter notre vie. Nous avons pour exemple dans la Bible ces hommes et ces femmes qui sont sortis de la glaise originelle, ils ont quitté le carcan des simples religions, pour aller vers la vérité. Quitter père et mère, quitter les fausser assurances, quitter les illusions, quitter les demi-vérités, quitter et s'arracher à toutes les idolâtries. La foi est un chemin de liberté.
Abraham est le premier personnage évoqué par la Bible qui le fit. Il quitte le commerce des parents, il quitte sa région, il quitte la sécurité, il se met en marche vers une terre inconnue mais promise. Et il trouve d'immenses difficultés, matérielles d'abord, spirituelle ensuite. De peu s'en faut qu'il ne meure de faim, il se heurte aux grands de l'histoire, il se heurte à la petitesse de la vie matérielle, mais ce faisant il devient vraiment un humain parce qu'il répond à l'appel le plus important, celui de Dieu. Etre croyant ce n'est pas être bigot, c'est devenir quelqu'un qui ne se contente pas d'être d'ici, qui ne se définit pas parce qu'il vote à droite ou à gauche, qui ne se confond pas avec son métier, et dont la tâche essentielle n'est pas simplement de procréer. Qui es-tu ? Pour les croyants l'identité se définit dans la réponse faite à Dieu.
La voici la question centrale: « Qu'est-ce que l'homme et qui est Dieu ? »
Dieu est extraordinaire et notre confession de foi le redit chaque dimanche. Il est à la fois le créateur de tout, il est puissance, force, éternité. Mais il est aussi simple, faible, dépendant. Il est ce souffle et même ce soupir qui soulève notre poitrine. Il est celui qu'on peut renvoyer d'une chiquenaude. Il est même quelqu'un qu'on peut expédier en enfer après l'avoir crucifié.
C'est la manière dont on répond à l'appel de la vraie vie qui compte.
« Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier » … Ce verset est celui que vous m'avez cité, il comptait pour notre soeur défunte. Ce verset exprime tout le contraire d'une vie statique et répétitive. La parole qui éclaire est une parole pour celui qui est en route. La parole que l'on lit est la parole qui nous saisit. La parole que l'on écoute est une parole qui nous fait suivre le vent, le vent de l'Esprit. Ces paroles sont la mémoire des témoins d'une époque et puis, après l'écoute, elles placent entre nos mains le relais de la foi, le relais des témoins, le relais de ceux qui sont, eux aussi, mis en route par ce vent de l'Esprit.
Il y a un dialogue avec la Bible, ceux qui ont vécu s'adressent à ceux qui vivent et de mille et une manières Dieu parle.
Cette image du vent de l'Esprit a souvent été utilisée par les évangélistes pour dire comment Dieu agit mystérieusement, pour dire qu'on n'en sait pas le chemin, pas la destinée, mais pour dire aussi qu'on ne vit véritablement que lorsqu'on se laisse entraîner par lui.
Sortir des habitudes et des répétitions, cesser de croire aux seules valeurs matérielles, quitter le manteau commode de toutes les religions pour aller vers la vérité, vers la vérité révélée par le Christ… c'est le chemin de la vraie vie.
La vie chrétienne n'est certainement pas douce, car nous suivons l'exemple du Christ. Il est venu, confessons-nous... il a souffert... il est mort... il est ressuscité... La vie chrétienne est une consolation pour ceux qui vivent l'arrachement. Il est douceur pour ceux qui pleurent, il est tendresse pour ceux qui souffrent, il est espoir pour ceux qui désespèrent ; il est force pour ceux qui défaillent.
Le but de la vie est de vivre comme des fils de cet appel intérieur. C'est lui qui est vrai, il vient de la Bible, il vient du Christ. C'est comme fils et fille de Dieu que nous sommes fidèles et que nous comprenons ce qu'il attend de nous.
Le Christ avait mis un tel espoir, une telle confiance en son père qu'il n'a pas reculé, même devant la mort.
La vérité et l'amour,
la vérité et le pardon,
la vérité et la fraternité,
la vérité et la grâce,
la vérité en hauteur, profondeur, largeur, et tout l'amour de Dieu.
La croix de Jésus nous rappelle la hauteur, profondeur et largeur de l'amour de Dieu et c'est ce faisant que nous vivrons nous aussi.
Parfois nous sommes tentés de croire que la vie éternelle commencerait au-delà du seuil de la mort, mais c'est bien parce que le Christ vivait la vie éternelle de son vivant que même la mort n'a pas eu de prise sur lui. C'est ainsi que nous aussi nous sommes invités à laisser les simples contingences de nos vies et à commencer la vie éternelle. La vie éternelle, dit Jésus, c'est qu'ils te connaissent toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé.

Frères et soeurs, ce soir vous retrouverez sur votre table de chevet ou sur une étagère la Bible évoquée cet après-midi. Penchez-vous sur elle, prenez-là en main, tendez l'oreille, que dis-je, tendez tout votre être pour écouter ce qui y est dit. C'est la vérité de Dieu et de l'homme que l'on y entend, et ce sont ces paroles seules qui font vivre. Où est dieu, où parle-t-il, que dit-il ? Mais tout est dans la Bible, tout est en Jésus-Christ.
Nous y trouverons aussi la seule et véritable espérance, aussi face à la mort. Et le pasteur ne parle pas de la mort en disant « Que voulez-vous c'est la vie, nous naissons, nous grandissons, nous vivons notre âge d'homme ou de femme, puis nous retournons à la terre. »
La parole de la foi est un tout autre itinéraire. Nous naissons d'un amour et un autre amour nous cherche pour nous faire vivre vraiment. Nous recevons l'appel à la vérité, nous poursuivons la vérité, elle nous entraîne et nous commençons à vivre ce qui est éternel et vrai.
Nous commençons à vivre la royaume de Dieu,
nous commençons à vivre ce qui est du domaine du vent et de l'Esprit,
nous commençons à être fils de Dieu.
Et puis viendra le jour où nous connaîtrons comme nous sommes connus. Viendra le jour où ni la fatigue, ni l'erreur, ni aucune de nos limites humaines ne nous freineront dans l'élan reçu durant notre vie. Ce sera la vie éternelle, pleine et éternelle.

Frères et soeurs, consolez-vous par ces paroles. La vie de tous les jours nous attend, mais plus que tout, l'appel à la vie peut seul nous faire vivre véritablement. Soyons de ces fils et de ces filles de la lumière, la communion et la consolation se trouvent dans cette vérité. Puissions-nous tous en vivre. Amen.

Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 22 Janvier 2009 à 22:28
Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Luc 18/27
Chers amis, frères et sœurs, nous allons commencer par méditer le verset biblique de l’année.
 Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu. Luc 18/27
 
Nous passons tous par des temps difficiles, nous y passons alternativement. Les temps sont parfois tellement difficiles que ce sont des temps de crises. Affronter la mort d’un parent, d’un ami, d’un proche… oui c’est un temps de crise à affronter.
Les crises de la société sont  – morales, économiques, financières – ce mot prend une valeur toute particulière. Peut-être peut-on dire que ce qui caractérise l’humanité, c’est le fait qu’elle aspire toujours à réaliser l’impossible. Il existe même un livre des records qui comptabilise les tentatives de l’impossible les plus folles et les plus extravagantes. Même si l’humanité a réussi à dépasser les limites qui semblaient impossibles il y a quelques années, voire quelques siècles, elle ne réussira cependant jamais l’impossible.
 
L’homme a réussi à voler comme un oiseau, à plonger comme un poisson, à courir bien plus vite que le cheval.
 
L’homme a réussi à pénétrer dans les profondeurs de la terre, dans les profondeurs du corps et du coeur, dans les mystères de l’infiniment petit comme ceux de l’infiniment grand.
 
L’homme fabrique des machines les unes plus sophistiquées que les autres.
 
L’homme manipule la vie, les gènes et fabrique de nouvelles espèces végétales et animales.
 
L’homme croit pouvoir toucher à la perfection. Dieu a permis que beaucoup de choses soient possibles à l’homme.
 
L’impossible reste cependant entre ses mains à lui, le créateur. Car qu’est-ce que l’impossible ? Cela concerne le bonheur qui ne peut ni se fabriquer, ni s'acheter. Les tentatives humaines sont toutes vouées à l’échec car même si elles durent un temps, et c’est appréciable, notre nature, la condition humaine, ce qui nous éloigne les uns des autres, ce qui nous fait faire des choix aberrants, tout cela nous habite. La Bible appelle cette réalité le péché, qui est pour le moins l’erreur, et pour le plus la faute. Nous savons bien qu’une approche plus ou moins philosophique et spirituelle n’est que faiblement dans l’air du temps. Les réflexions sont souvent très matérielles, quasiment uniquement matérielles.
 
Les économies ont tenté de faire le bonheur des consommateurs. Bien. Elles ont prouvé la vanité de leurs tentatives et l’échec de leur pouvoir. Si l’idéal est le bonheur de l’homme, comment être heureux quand 70 % de l’humanité souffre de la faim et de la pauvreté ? Il n’est pas possible d’être heureux quand plus de 100 000 personnes vivent dans la rue dans notre pays.
Les religions présentent elles aussi un aspect dépassé. Ainsi les théologies ont trouvé, elles aussi leurs limites, car il n’est pas possible de réduire Dieu à une pensée ou à une logique, aussi spirituelle soient-elles. Croire ce n’est pas réunir quelques notions plus ou moins habiles, plus ou moins intellectuelles ou culturelles. Croire c’est se lier à Dieu, c’est faire confiance, c’est mener un dialogue intelligent, construire une relation, être responsable devant lui. La Bible, l’Eglise et notre prochain ont tous une place et un rôle pour que cette relation soit vraie, saine et en développement.
 
Certains pensent que le bonheur est dans l’amour, l’amour que l’autre vous porte, l’amour que l’on peut porter à l’autre. Oui c’est magnifique, nous le vivons, mais seulement parfois car nous en faisons aussi l’expérience. L’amour est fragile. Du moins l’amour que nous les humains nous pouvons trouver au fond de nous-mêmes. Le bonheur est dans les mains de Dieu.
 
Le bonheur est le don que Dieu fait aux hommes et aux femmes de toutes races, de toutes couleurs. Le bonheur est le cadeau de l’amour de Dieu. N’est-ce pas Dieu lui-même qui déclare sa flamme à son peuple par la bouche du prophète Ésaïe : "Les montagnes peuvent bouger, les collines peuvent changer de place, mais l’amour que j’ai pour toi ne changera jamais, l’alliance que j’ai établie avec toi pour te rendre heureux ne bougera jamais. C’est moi le Seigneur qui te dis cela, dans ma tendresse".



 
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 13 Janvier 2009 à 11:30