En introduction à une assemblée d'inspection en octobre 2009
Lecture : Marc 1 v 16 – 20 (Jésus appelle ses disciples)
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Chers amis,
Qu'est-ce que la vocation quand on est un homme ou une femme ordinaire ?
Evidemment, sans autre introduction, la question surprend. De quoi parlons-nous ? En fait, nous nous sommes posé cette question dans ma paroisse de Niederbronn en préparant – déjà - le culte de la réformation auquel nous associons le thème de la vocation.
Vocation... As-tu la vocation ? A cette question l'on répond en fait à une idée simple. Il s'agit de savoir si ce jeune homme ou cette jeune femme veut être pasteur. Si tu penses avoir la vocation tu fais des études de théologie et tu deviens pasteur ! C'est aussi simple que cela.
As-tu la vocation ? Martin Luther s'est jeté dans la clémence de Dieu. La terreur de l'orage et de la foudre lui ont fait faire une promesse, celle de devenir moine s'il échappait à la foudre !
L'origine de sa vocation semble aussi simple que cela... Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Jean Calvin est quant à lui un mystère... Lui, le juriste dont le langage était souple et précis pour dire exactement, comme pour le Droit, quelle était la bonne théologie, il ne dit presque rien de sa conversion, de sa vocation... On sait qu'il fréquenta le courant évangélique de l'époque, qu'il lut des ouvrages, on se doute qu'il se mit à écrire et à recentrer une théologie qui devait l'être... mais il ne nous parle que très peu de sa vocation. Son parcours a été brillant, mais a-t-il seulement été ordonné pasteur ? Le voilà grande figure du protestantisme et nous ne savons pas bien du tout ce qui l'a mené, ce qui l'a convaincu, quel formidable bras de fer l'aurait opposé à Dieu... Ah heureusement nous avons Saul de Tarse, merci de nous avoir raconté comment tu as été terrassé et jeté du cheval sur lequel tu cheminais ! Dieu avait tout préparé pour qu'il soit un témoin ! Mais la conversion, la vocation de Calvin restera cachée de par sa volonté.
Nous aimons les grandes figures du protestantisme... nous aimons avoir quelques hommes ou femmes brillants, figures phares et emblématiques. Mais j'en reviens au groupe de préparation, je reviens aux hommes et aux femmes ordinaires. Je parle de nous. Qu'est-ce que la vocation ? Dieu merci ce ne sont pas seulement les pasteurs qui sont appelés. Ils sont simplement appelés à être des pasteurs, mais les appels de Dieu sont infiniment plus nombreux. Il y a ce qui se passe dans l'Eglise, mais mille et une choses se passent hors de l'Eglise !
Nous en sommes peu à peu venu à la formulation utilisée sans préalable. Dieu est extraordinaire mais qu'est-ce qu'une vocation ordinaire, pour des chrétiens « français-moyens » que nous sommes ? Il n'y a pas là de quoi se vexer, ordinaire ne veut pas rabaisser, cela veut simplement dire que nous ne voulons pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne voulons pas jouer à être leader, dirigeants, réformateurs, chargés de sauver le monde entier par la puissance de la prédication du salut. C'est tout simplement trop lourd, c'est charger la barque d'une manière excessive, c'est faire semblant se vouloir assumer un rôle qui n'est pas le nôtre. Et puis notre Eglise n'est pas vraiment en phase d'expansion...
Non, Dieu est extraordinaire, mais notre vocation doit trouver sa raison, son déploiement, son rythme dans l'ordinaire de nos jours et de nos semaines.
La vocation, autrement dit la place, le sens, le chemin... l'Eglise n'est pas la seule à chercher sa place et l'actualité nous fournit quelques exemples de travail, de labeur où l'on retrousse ses manches pour patiemment construire.
L'exemple dramatique est sans doute celui de France Telecom. Oui il est urgent de comprendre et de trouver d'autres voies, d'autres modes de travail. Quel est le rôle d'une entreprise et de ses dirigeants ? Quel est le respect, le sens, les précautions qu'il faut donner aux salariés ?
L'autre exemple est celui du parti socialiste. Voilà un immense parti obligé de reposer toutes les bonnes questions qu'un parti doit se poser, le voilà obligé de trouver une manière de construire et d'organiser.
Le dernier exemple est celui de l'Irlande, une nation est interrogée, elle participe, elle s'exprime par le vote. Quelle sera sa place dans l'Europe ? Quelle est sa conviction la plus profonde ?
Nous ici, au Liebfrauenberg, nous sommes cette assemblée animée d'une espérance et d'une volonté de travail. Cette soirée est une étape. Notre vocation ordinaire ? Se saisir des étapes, des rouages, des questions, pour patiemment poser pierre sur pierre. Vivre la vie de chrétien et faire le tour de la « Maison Eglise ».
Peut-être est-il bon de prendre quelques distances avec l'extraordinaire car ce qui est attendu c'est tout simplement que nous soyons trouvés au travail, avec nos facultés, notre expérience.
Nous avons évoqué Luther et Calvin, aussi le fonctionnement de la société civile. Cette assemblée d'inspection nous trouve ce soir au travail et permet l'information, l'échange, l'orientation, la vérification du sens, elle offre tout simplement un lieu fraternel. C'est dans cette sérénité, dans la patience et la constance de l'apport de tous nos talents que notre vocation trouvera le ton le plus juste, l'expression la plus adéquate. C'est la vocation de cette soirée.
Que Dieu nous bénisse dans ce travail et échange. Amen.
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Chers amis,
Qu'est-ce que la vocation quand on est un homme ou une femme ordinaire ?
Evidemment, sans autre introduction, la question surprend. De quoi parlons-nous ? En fait, nous nous sommes posé cette question dans ma paroisse de Niederbronn en préparant – déjà - le culte de la réformation auquel nous associons le thème de la vocation.
Vocation... As-tu la vocation ? A cette question l'on répond en fait à une idée simple. Il s'agit de savoir si ce jeune homme ou cette jeune femme veut être pasteur. Si tu penses avoir la vocation tu fais des études de théologie et tu deviens pasteur ! C'est aussi simple que cela.
As-tu la vocation ? Martin Luther s'est jeté dans la clémence de Dieu. La terreur de l'orage et de la foudre lui ont fait faire une promesse, celle de devenir moine s'il échappait à la foudre !
L'origine de sa vocation semble aussi simple que cela... Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Jean Calvin est quant à lui un mystère... Lui, le juriste dont le langage était souple et précis pour dire exactement, comme pour le Droit, quelle était la bonne théologie, il ne dit presque rien de sa conversion, de sa vocation... On sait qu'il fréquenta le courant évangélique de l'époque, qu'il lut des ouvrages, on se doute qu'il se mit à écrire et à recentrer une théologie qui devait l'être... mais il ne nous parle que très peu de sa vocation. Son parcours a été brillant, mais a-t-il seulement été ordonné pasteur ? Le voilà grande figure du protestantisme et nous ne savons pas bien du tout ce qui l'a mené, ce qui l'a convaincu, quel formidable bras de fer l'aurait opposé à Dieu... Ah heureusement nous avons Saul de Tarse, merci de nous avoir raconté comment tu as été terrassé et jeté du cheval sur lequel tu cheminais ! Dieu avait tout préparé pour qu'il soit un témoin ! Mais la conversion, la vocation de Calvin restera cachée de par sa volonté.
Nous aimons les grandes figures du protestantisme... nous aimons avoir quelques hommes ou femmes brillants, figures phares et emblématiques. Mais j'en reviens au groupe de préparation, je reviens aux hommes et aux femmes ordinaires. Je parle de nous. Qu'est-ce que la vocation ? Dieu merci ce ne sont pas seulement les pasteurs qui sont appelés. Ils sont simplement appelés à être des pasteurs, mais les appels de Dieu sont infiniment plus nombreux. Il y a ce qui se passe dans l'Eglise, mais mille et une choses se passent hors de l'Eglise !
Nous en sommes peu à peu venu à la formulation utilisée sans préalable. Dieu est extraordinaire mais qu'est-ce qu'une vocation ordinaire, pour des chrétiens « français-moyens » que nous sommes ? Il n'y a pas là de quoi se vexer, ordinaire ne veut pas rabaisser, cela veut simplement dire que nous ne voulons pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne voulons pas jouer à être leader, dirigeants, réformateurs, chargés de sauver le monde entier par la puissance de la prédication du salut. C'est tout simplement trop lourd, c'est charger la barque d'une manière excessive, c'est faire semblant se vouloir assumer un rôle qui n'est pas le nôtre. Et puis notre Eglise n'est pas vraiment en phase d'expansion...
Non, Dieu est extraordinaire, mais notre vocation doit trouver sa raison, son déploiement, son rythme dans l'ordinaire de nos jours et de nos semaines.
La vocation, autrement dit la place, le sens, le chemin... l'Eglise n'est pas la seule à chercher sa place et l'actualité nous fournit quelques exemples de travail, de labeur où l'on retrousse ses manches pour patiemment construire.
L'exemple dramatique est sans doute celui de France Telecom. Oui il est urgent de comprendre et de trouver d'autres voies, d'autres modes de travail. Quel est le rôle d'une entreprise et de ses dirigeants ? Quel est le respect, le sens, les précautions qu'il faut donner aux salariés ?
L'autre exemple est celui du parti socialiste. Voilà un immense parti obligé de reposer toutes les bonnes questions qu'un parti doit se poser, le voilà obligé de trouver une manière de construire et d'organiser.
Le dernier exemple est celui de l'Irlande, une nation est interrogée, elle participe, elle s'exprime par le vote. Quelle sera sa place dans l'Europe ? Quelle est sa conviction la plus profonde ?
Nous ici, au Liebfrauenberg, nous sommes cette assemblée animée d'une espérance et d'une volonté de travail. Cette soirée est une étape. Notre vocation ordinaire ? Se saisir des étapes, des rouages, des questions, pour patiemment poser pierre sur pierre. Vivre la vie de chrétien et faire le tour de la « Maison Eglise ».
Peut-être est-il bon de prendre quelques distances avec l'extraordinaire car ce qui est attendu c'est tout simplement que nous soyons trouvés au travail, avec nos facultés, notre expérience.
Nous avons évoqué Luther et Calvin, aussi le fonctionnement de la société civile. Cette assemblée d'inspection nous trouve ce soir au travail et permet l'information, l'échange, l'orientation, la vérification du sens, elle offre tout simplement un lieu fraternel. C'est dans cette sérénité, dans la patience et la constance de l'apport de tous nos talents que notre vocation trouvera le ton le plus juste, l'expression la plus adéquate. C'est la vocation de cette soirée.
Que Dieu nous bénisse dans ce travail et échange. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Samedi 3 Octobre 2009 à 14:50
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