Chers frères et soeurs

Nos vies sont parfois comparées à un long voyage lors duquel se succèdent les ombres et les lumières. Vivre est toujours difficile, il nous faut faire des choix, il faut tenir compte de nos erreurs et heureusement nous engrangeons aussi des temps de paix, de grand bonheur.
Aujourd'hui, réunis à l'occasion de ce deuil, nous voulons redire la direction que doit prendre notre vie. Notre méditation portera sur cette parole de Jésus de l'Evangile de Matthieu : « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde ».
Ce texte biblique pose une question extraordinairement importante, extraordinairement centrale : celle de notre valeur. Et le Christ ne place rien entre le plus haut et l'inexistant ! Etre sel et lumière ou être destinés à être jetés dehors ! Cela peut nous désarçonner car nous n'avons pas pour habitude de nous jauger de la sorte étant dans la sécurité de l'Evangile. Nous disons et répétons que Dieu est amour, nous insistons constamment pour dire que Dieu nous fait grâce.
L'affirmation du Christ peut donc nous déstabiliser.
Une nouvelle fois nous entendons qu'il n'y a que deux chemins, le chemin large et le chemin étroit, ces chemins sont présentés aujourd'hui par ces images du sel et de la lumière.
Que valons-nous ? La question n'est pas du tout neutre, elle peut-être terrorisante, elle peut mener à la dépression. Des culpabilités peuvent en être issues. Un vertige, un malaise fondamental peuvent nous saisir et le plus souvent nous répondons par notre métier, notre famille, nos activités, nos possessions. Mais le vertige demeure cependant.
Nous sortons du trouble en nous tenant dans la lumière de l'Evangile. Nous sommes en train d'être sauvés, le but de la vie est le bon, nous vivons vraiment, si à notre tour nous donnons ce que nous avons reçu en bonté, vérité, générosité. Que valons-nous ? Nous pouvons nous étourdir et fuir en nous lançant dans les activités ou une consommation mais la force intérieure, elle, nous est donnée quand nous nous trouvons dans le sillon de l'Evangile, dans ce sillon dont surgira la vraie vie.
L'homme naturel est facilement orgueilleux, il croit valoir quelque chose et nous retrouvons cet orgueil dans toutes les couches de la société. Quant à nous nous visons simplement à mener de vraies vies d'humains. Que valons-nous ? Jésus le dit dans cet extrait des Evangiles « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde... » et ce texte n'est pas difficile à comprendre car il suffit de se souvenir à quoi servent le sel et la lumière.
Le sel conserve, il empêche le pourrissement ; il donne aussi du goût ou, plus précisément, le goût qui se trouve dans l'aliment se trouve comme révélé, magnifié, épanoui. Ce n'est plus du tout le même plat que nous dégustons sitôt qu'il est salé.
La lumière, quant à elle, va évidemment à l'encontre des ténèbres, elle révèle ce qui est caché ou indistinct. Sel et lumière sont des révélateurs de ce qui peut nous échapper.

Ce message du Christ est bien simple : tous ceux qui écoutent le Christ, tous ceux qui se mettent à le suivre, tous ceux-là sont censés être de ceux qui préservent la vraie vie et donnent du goût à toute l'existence humaine. Les chrétiens sont de ceux qui mettent en lumière, qui mettent en perspective les vies, les sociétés, tout ce qui la constitue ou l'anime.
A l'inverse – et le Christ en parle aussi - quand on se dit croyant et qu'on n'apporte rien en préservation, saveur ou en clarté, il est évident que cette construction s'écroule ; il n'en reste rien.
Que valons-nous ? « Vous êtes sel et lumière du monde, mais plus que la crainte de ne pas être suffisamment sérieux résonne la Bonne Nouvelle de Jésus. Elle s'adresse très simplement aux humbles.
Nous sommes invités à recevoir cet encouragement. « Vous êtes sel et lumière du monde »Si nous recevons cette parole en croyant être en-haut, elle nous précipite en bas. Mais si nous la recevons en bas, elle nous propulse tout en haut !
Acceptons d'être en bas, acceptons d'être de ces humbles auxquels le Christ s'adresse. Nous laissons la folie de l'orgueil, nous laissons également le sentiment que nous ne valons rien et nous recevons cette parole qui nous sauve, cette vérité qui s'inscrit en nous, change nos mentalités et nos modes de vie.
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Quand nous sommes interrogés par Dieu les questions fondamentales qui nous sont posées sont de l'ordre des béatitudes. Ce qui était demandé alors, ce qui nous est demandé dès aujourd'hui, est relatif à leur contenu :
- à l'espoir des pauvres
- à la souffrance des endeuillés
- à l'angoisse et à la détresse de celles et de ceux qui ne possèdent rien
- à la misère absolue de ceux qui n'ont aucun droit
Pour eux, l'appel du Christ est vigoureusement encourageant. Relevez-vous, debout, en marche ! Pour soulager de vraies détresses, afin que se défasse le pouvoir des vies menées par la haine, que soit dit que la bonté seule mène à la vérité, que s'écroulent ces caractères qui aiment la guerre.
Il nous est demandé d'être de ceux qui souffrent pour la vérité et d'être à ce titre de ceux qui sont persécutés. Il nous est demandé de soutenir tous ceux qui se découragent quand ils tentent de vivre comme Dieu le demande.
Sommes-nous sel de la terre, lumière de ce monde ? Il n'y a que le Christ qui soit totalement lumière du monde et sel de la terre. Et si nous sommes nous-mêmes de ces pauvres, souffrants, endeuillés, nous sachant fragiles, dépendants, en butte aux difficultés multiples, ne sachant bien souvent comment sortir des impasses et situations si complexes... soyez dans la joie dit le Christ. Vous êtes ce que l'humanité a de meilleur ! Les riches et puissants ne doutent de rien et n'ont d'ailleurs besoin de rien, ce sont les pauvres qui doutent d'eux-mêmes et l'élan de leur espérance, leur lutte pour survivre et vivre,sont ce qu'il y a de plus beau au monde. Oui, l'évangile inverse les valeurs. Si nous voulons vivre nous avons à recevoir le sens, l'orientation la plus profonde qui fait de nous des humains, qui rend la vie ensemble possible et la terre habitable. La sécurité et la paix se trouvent dans les paroles du Christ.

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Pour vous madame, et pour la parenté, les amis du défunt, nous mesurons à quel point la mort soudaine peut bouleverser. Elle vient mettre fin à une vie, aussi à des espoirs, à de possibles rétablissements. Charles, vous l'avez connu dès la petite enfance, vous lui avez donné le meilleur de vous-même et puis les enfants font leur propre choix. Ils luttent, tentent de vivre, s'égarent, se rattrapent, expérimentent autre chose et nous avons toujours le coeur serré. Nous pouvons penser à Charles nous pouvons aussi penser à nos propres enfants. La vie est un cycle bien difficile, difficile pour tous ! Le cours normal de la vie est que partent les grands-parents, puis les parents et quand la vie s'arrête au milieu de la vie elle nous laisse heurtés et stoppés dans un élan.
Nous aurions voulu que la vie continue, que l'amour puisse être vécu. Le Christ lui-même a connu ce déchirement de la mort et Marie fut une mère entraînée malgré elle à se tenir devant l'agonie de son Fils. Qui est Dieu et pourquoi cela arrive-t-il ? Cela nous dépasse totalement, mais nous savons que nos vies, tout comme nos souffrances, sont connues. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, il a connu l'effroi, la souffrance. Bien peu de lumière est placée dans nos vies pour expliquer, mais toute la lumière est donnée pour nous accompagner.

Il est vrai que les erreurs, le mal et ses conséquences, ne sont pas suffisamment couverts par une simple notion de tolérance, tant la vie et les conséquences de nos actes sont sérieux. A chacun de se tenir dans la lumière et de vivre en se tenant dans l'esprit des béatitudes, en étant « sel et lumière ». Ce qui nous rend vivants c'est d'être en route, soutenus et guidés par la vérité du Christ.
Amen.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 18 Août 2009 à 14:28