Matthieu3
1 En ce temps-là, Jean-Baptiste parut dans le désert de Judée j et se mit à prêcher : 2 « Changez de comportement, disait-il, car le Royaume des cieux s'est approché ! » 3 Jean est celui dont le prophète Ésaïe a parlé lorsqu'il a dit :
« Un homme crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
faites-lui des sentiers bien droits l ! »
4 Le vêtement de Jean était fait de poils de chameau et il portait une ceinture de cuir autour de la taille; il mangeait des sauterelles et du miel sauvage. 5 Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région voisine de la rivière, le Jourdain, allaient à lui. 6 Ils confessaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans le Jourdain.
Voir - entendre
Plus tard Jésus demandera à ses contemporains ce qu'ils étaient allés voir en se rendant auprès de Jean-Baptiste. Qu'êtes-vous allé voir ? Jésus renvoyait déjà à plus profond car, quand on voit, il faut toujours réfléchir à ce que l'on voit, le sens n'est pas si premier qu'il en a l'air.
Le silence et le cri
Mais le texte du jour renvoie à une voix qui crie dans le désert. C'est le désert qui est le vrai lieu de la rencontre. Non un désert n'est pas sympathique ! Mais il est authentique. Les musiques, les fêtes, les couleurs, le rythme de tous les jours couvrent plus ou moins habilement la pauvreté d'une vie intérieure.
Souvenons-nous, c'est au désert que Dieu a emmené son peuple pour le préparer à la terre promise.
Il paraît aussi qu'à l'époque de l'existence du grand temple de Jérusalem, quand on entrait dans le Temple et qu'on progressait vers des lieux de plus en plus saints, jusque dans le Saint des Saints, il y avait... rien. Un vide, un silence.
C'est comme lorsque nous allons dans une église, elle est souvent vide et silencieuse. A nous de parler dans le silence, à nous de percevoir ce qui est présent, à nous de savoir de quoi, de qui elle est habitée. C'est aux artistes et architectes de nous conduire, ils sont, eux aussi, parfois dans le rôle des prophètes.
Noël, nous le savons fort bien correspond à une frénésie d'images, de sons, d'illuminations. Nous pouvons apprécier l'illumination des villes, les décors de Noël, je les apprécie. Mais la musique des supermarchés, où l'on entend se superposer toutes les musiques simplement pour promouvoir les achats, est plutôt pénible. Noël c'est plutôt la simplicité, le sens, l'espérance. Rien à voir avec ces frénésies consommatrices.
Qu'êtes-vous allés voir en rejoignant Jean-Baptiste ? Vêtement de poil de chameaux, un personnage hirsute, vociférant, au langage rude... ça valait bien la peine d'aller et de sortir du désert...
Oui mais la vie de tous les jours devient insupportable tellement elle est creuse, répétitive. Une vie passe à répéter les mêmes choses, tout est en place, le travail et la consommation, les petites habitudes, au fond on n'a pas besoin d'autre chose, au fond il n'y a pas de fond. Alors au fond de nous s'est développé notre cri, notre appel intérieur, notre résistance, notre appel à un absolu. Notre cri intérieur rencontre son écho dans le cri de Jean-Baptiste.
Aller au désert...
Les gens quittaient leurs maisons et leurs habitudes pour le rejoindre, pour se faire baptiser. C'est quand on se coupe du bruit de la vie qu'on peut entendre ce qui se dit au désert. Entendre ce qui se dit au désert ? Car oui le désert parle ! Quand on accepte d'aller au fond de soi on ne découvre pas le silence, des silences, mais tout ce qui crie en soi ! Tout ce sur quoi on avait mis une couverture, tout ce qui avait été tu parce que cela dérangeait, tout ce qui dérangeait l'ordre extérieur sage et répétitif. Oui il y a bien des réalités qui crient en nous que nous faisons se taire. Et Jean-Baptiste lâche son cri. Il concerne la religion, il concerne la foi, il concerne l'espérance, il concerne le Christ. Son cri est un coup de buttoir dans la superficialité des vies et des rites.
Son cri met à jour la crise intérieure.
Noël voudrait être douceur, sucreries, tendresses, sécurités, familles unies, gestes d'amour, temps consacrés, etc. et nous avons ici l'appel de la famine. Un homme cherche le vrai Dieu et non des machins, des peluches, des objets ou de la consommation. Et nous-mêmes avons besoin de réentendre Jean-Baptiste, de le laisser rejoindre car quand il nous rejoint, le cri que nous avons au fond de nous retentit aussi !
Suffit de faire semblant ! Suffit de couler des jours ! Suffit de croire que la consommation donne le bonheur ! Suffit de croire que nous ne sommes pas perdus dans la complexité de la vie et de ce monde ! Il suffit ! La coupe est pleine de faire ce que la société juge convenable, d'être des conformistes qui se prennent pour la sagesse incarnée ! Suffit de mettre sous le boisseau nos souffrances, nos révoltes, nos espérances.
Noël va être une nouvelle naissance, ce qui qui est intérieur, caché, intime et sacré, va venir à jour. La foudre de Jean et la tendresse de Dieu. Les plis et les replis du plus profond de nos vies vont être mis à plat.
Vous connaissez cette race de chiens qui ont des plis si profonds qu'on ne voit plus la peau ou la forme du squelette ! Nos vies aussi sont ainsi, on ne laisse plus accès qu'à la surface ! On n'avait pas osé le croire, on n'avait pas osé le dire, on n'avait plus osé l'exprimer, mais Dieu vient vers nous.
Et j'en termine. Hier nous avons baptisé un nourrisson, une petite Noémie. Rappelons le sens du baptême: dans un premier temps c'est le mouvement vers la mort, c'est le mouvement vers la profondeur, le mouvement vers le désert. Il faut se dépouiller, il faut laisser derrière soi, il faut aller plus loin, être plus vrai, ouvrir, tout ouvrir pour quitter. Ouvrir et lâcher prise, ouvrir et plonger dans ce vide qui fait peur, mais qui est la porte de la vie.
Le second mouvement vient du fait qu'au fond de notre descente une voix nous rend la vie, la voix dont Jean-Baptiste est l'écho, une voix qui nous appelle par notre nom, une voix qui ordonne de ressusciter, d'être un être de lumière, de recevoir l'Esprit, de vivre comme des frères.
Aujourd'hui comme au dernier jour, cette voix surgira et nous donnera la vie. Rejoints par le Christ viennent sur nous la vie de l'Esprit, la paix, la guérison, l'harmonie intérieure, le vie éternelle. Tout est donné, tout est là.
Bruno Holcroft, le 15.12.008
Plus tard Jésus demandera à ses contemporains ce qu'ils étaient allés voir en se rendant auprès de Jean-Baptiste. Qu'êtes-vous allé voir ? Jésus renvoyait déjà à plus profond car, quand on voit, il faut toujours réfléchir à ce que l'on voit, le sens n'est pas si premier qu'il en a l'air.
Le silence et le cri
Mais le texte du jour renvoie à une voix qui crie dans le désert. C'est le désert qui est le vrai lieu de la rencontre. Non un désert n'est pas sympathique ! Mais il est authentique. Les musiques, les fêtes, les couleurs, le rythme de tous les jours couvrent plus ou moins habilement la pauvreté d'une vie intérieure.
Souvenons-nous, c'est au désert que Dieu a emmené son peuple pour le préparer à la terre promise.
Il paraît aussi qu'à l'époque de l'existence du grand temple de Jérusalem, quand on entrait dans le Temple et qu'on progressait vers des lieux de plus en plus saints, jusque dans le Saint des Saints, il y avait... rien. Un vide, un silence.
C'est comme lorsque nous allons dans une église, elle est souvent vide et silencieuse. A nous de parler dans le silence, à nous de percevoir ce qui est présent, à nous de savoir de quoi, de qui elle est habitée. C'est aux artistes et architectes de nous conduire, ils sont, eux aussi, parfois dans le rôle des prophètes.
Noël, nous le savons fort bien correspond à une frénésie d'images, de sons, d'illuminations. Nous pouvons apprécier l'illumination des villes, les décors de Noël, je les apprécie. Mais la musique des supermarchés, où l'on entend se superposer toutes les musiques simplement pour promouvoir les achats, est plutôt pénible. Noël c'est plutôt la simplicité, le sens, l'espérance. Rien à voir avec ces frénésies consommatrices.
Qu'êtes-vous allés voir en rejoignant Jean-Baptiste ? Vêtement de poil de chameaux, un personnage hirsute, vociférant, au langage rude... ça valait bien la peine d'aller et de sortir du désert...
Oui mais la vie de tous les jours devient insupportable tellement elle est creuse, répétitive. Une vie passe à répéter les mêmes choses, tout est en place, le travail et la consommation, les petites habitudes, au fond on n'a pas besoin d'autre chose, au fond il n'y a pas de fond. Alors au fond de nous s'est développé notre cri, notre appel intérieur, notre résistance, notre appel à un absolu. Notre cri intérieur rencontre son écho dans le cri de Jean-Baptiste.
Aller au désert...
Les gens quittaient leurs maisons et leurs habitudes pour le rejoindre, pour se faire baptiser. C'est quand on se coupe du bruit de la vie qu'on peut entendre ce qui se dit au désert. Entendre ce qui se dit au désert ? Car oui le désert parle ! Quand on accepte d'aller au fond de soi on ne découvre pas le silence, des silences, mais tout ce qui crie en soi ! Tout ce sur quoi on avait mis une couverture, tout ce qui avait été tu parce que cela dérangeait, tout ce qui dérangeait l'ordre extérieur sage et répétitif. Oui il y a bien des réalités qui crient en nous que nous faisons se taire. Et Jean-Baptiste lâche son cri. Il concerne la religion, il concerne la foi, il concerne l'espérance, il concerne le Christ. Son cri est un coup de buttoir dans la superficialité des vies et des rites.
Son cri met à jour la crise intérieure.
Noël voudrait être douceur, sucreries, tendresses, sécurités, familles unies, gestes d'amour, temps consacrés, etc. et nous avons ici l'appel de la famine. Un homme cherche le vrai Dieu et non des machins, des peluches, des objets ou de la consommation. Et nous-mêmes avons besoin de réentendre Jean-Baptiste, de le laisser rejoindre car quand il nous rejoint, le cri que nous avons au fond de nous retentit aussi !
Suffit de faire semblant ! Suffit de couler des jours ! Suffit de croire que la consommation donne le bonheur ! Suffit de croire que nous ne sommes pas perdus dans la complexité de la vie et de ce monde ! Il suffit ! La coupe est pleine de faire ce que la société juge convenable, d'être des conformistes qui se prennent pour la sagesse incarnée ! Suffit de mettre sous le boisseau nos souffrances, nos révoltes, nos espérances.
Noël va être une nouvelle naissance, ce qui qui est intérieur, caché, intime et sacré, va venir à jour. La foudre de Jean et la tendresse de Dieu. Les plis et les replis du plus profond de nos vies vont être mis à plat.
Vous connaissez cette race de chiens qui ont des plis si profonds qu'on ne voit plus la peau ou la forme du squelette ! Nos vies aussi sont ainsi, on ne laisse plus accès qu'à la surface ! On n'avait pas osé le croire, on n'avait pas osé le dire, on n'avait plus osé l'exprimer, mais Dieu vient vers nous.
Et j'en termine. Hier nous avons baptisé un nourrisson, une petite Noémie. Rappelons le sens du baptême: dans un premier temps c'est le mouvement vers la mort, c'est le mouvement vers la profondeur, le mouvement vers le désert. Il faut se dépouiller, il faut laisser derrière soi, il faut aller plus loin, être plus vrai, ouvrir, tout ouvrir pour quitter. Ouvrir et lâcher prise, ouvrir et plonger dans ce vide qui fait peur, mais qui est la porte de la vie.
Le second mouvement vient du fait qu'au fond de notre descente une voix nous rend la vie, la voix dont Jean-Baptiste est l'écho, une voix qui nous appelle par notre nom, une voix qui ordonne de ressusciter, d'être un être de lumière, de recevoir l'Esprit, de vivre comme des frères.
Aujourd'hui comme au dernier jour, cette voix surgira et nous donnera la vie. Rejoints par le Christ viennent sur nous la vie de l'Esprit, la paix, la guérison, l'harmonie intérieure, le vie éternelle. Tout est donné, tout est là.
Bruno Holcroft, le 15.12.008
Rédigé par Bruno Holcroft le Lundi 15 Décembre 2008 à 17:56
Profil
Bruno Holcroft
Infos XML
Archives
Dernières notes
Ps. 145 Ton règne dure à tout jamais
14/02/2012
L'amour au coeur de la religion et de la vie
20/10/2011
Atteinte de la maladie d'Alzeimer
03/12/2010
2 Corinthiens 5 v 21
04/05/2010
Le grain de sable !
01/12/2009
Qu'est-ce qu'une vocation... ordinaire ?
03/10/2009
Dans nos blogs
Galerie
Liste de liens
Méditations