Psaume 26 v 8

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël 2009 sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.

L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?

Ces désirs n'ont pas besoin d'être longuement recherchés.
Toutes les trois secondes quelqu'un meurt de faim, un humain dont les bras sont sans force, et dont le regard se perd dans le vide, meurt.
C'est la souffrance aussi dans le froid, un sondage révèle que près de la moitié des français craignent de devenir des SDF.
Bien entendu nous avons une sensibilité toute particulière en pensant à la souffrance des enfants
Nous songeons à tous ceux pour qui Noël est un temps de souffrance et de solitude
Nous songeons à la planète, à la destruction, au saccage de la nature
Nous songeons à nos malades, aux injustices, aux violences
Nous songeons au conjoint trompé, à l'enfant qui s'est égaré
Nous songeons aux conflits, aux rancunes, au passé dont on ne guérit pas, à ceux qui se sont enfermés dans un mutisme
Terminons par notre besoin de sécurité, de dignité, d'amour, etc.

Oui il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure pas en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

Dans ce monde de brute la famille et l'Église peuvent être des havres de paix. Je suis bien heureux pour vous que notre soeur vous ait réunis pour des temps de fête et de communion.
Et puis la boulangerie elle-même est symbole de partage, de protection « Donne-nous notre pain de ce jour ». C'est un métier pénible pour le boulanger, mais c'est une source où l'on vient chaque jour, rassurés par ce qui nous est donné.
Les dernières émeutes en Egypte ont été des émeutes de la faim, des émeutes du pain, car suite à une décision gouvernementale, le pain était devenu trop cher. Les pauvres, très nombreux, n'avaient même pas de quoi acheter du pain qui était subventionné par le gouvernement. Ce pain était est souvent leur seule nourriture !

Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.

L’Avent est aussi l'annonce d'une venue, le temps de la préparation à cette venue. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps évoqué était tourné vers le passé et vers l'éternité - le sommeil de la mort - , nous pouvons aussi le conjuguer au présent.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ?

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Le protestantisme rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.

Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?

Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ.
Que ce soit devant la crèche où il naquit, nous nous tenons devant Jésus.
Quand nous nous tenons devant le baptistère où nous avons été baptisés, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ enseignant et guérissant, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ mourant sur la croix ou devant le Christ se relevant d'entre les morts, nous sommes toujours devant Jésus !
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
A chaque rencontre à l'Église nous sommes toujours placés devant la réalité du Christ.

Noël c'est parler de Jésus, c'est se tenir devant Jésus, il est le cadeau de Dieu fait aux hommes.

Amis menons ce dialogue intérieur, ardent et profond. Une réalité se construit, un feu s'allume quand je me laisse habiter par ce que la Bible me révèle de Dieu. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.

Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui fait briller les lumières de Noêl, c'est ce feu qui donne sens et avive notre conscience.

Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël.

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.

Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 20 Décembre 2009 à 15:31