Chers frères et soeurs, chers amis


nous allons méditer la parole de l'Evangile qui sera lue demain dans toutes les Eglises. Nous lisons dans l'Evangile de Luc -Ch 12 v 21 – 34

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Les douze étaient autour de Jésus, ils vivaient une vie tout à fait singulière, ils avaient quitté leur métier, parfois leur famille, tout cela pour suivre Jésus le prophète.
C'est à eux que Jésus dit cette parole «  Ne vous inquiétez pas pour votre vie ». Vous aurez ce qu'il faut, en nourriture, en vêtement.
Et effectivement durant tout le temps du ministère de Jésus, également après, les disciples vont vivre, et ils vont expérimenter ce partage des biens. Certains d'entre nous se souviennent que lors des premières conversions – c'est le récit du livre des Actes qui nous le transmet - les convertis vendaient leurs biens et vivaient une forme radicale de partage communautaire.

A ses disciples Jésus dira donc de se concentrer sur ce qui est leur vocation. Durant ce laps de temps où ils vivent avec Jésus, ils sont au bénéfice de son enseignement, ils ont à faire tout un chemin intérieur, ils ont à comprendre de manière renouvelée le contenu et le coeur de la foi. Ils ont à découvrir une vérité, le Christ, et cela doit les absorber entièrement.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Leur cheminement intérieur sera long, car il n'est pas facile de s'approcher d'une réalité que nous nommons Dieu ou la vérité, ou l'éternité, ou l'infini ou l'amour. C'est un chemin immense... sur lequel ils expérimenteront la réalité de la promesse.


Nous recevons à présent cette parole 2000 ans plus tard. Nous ne sommes pas du groupe des douze, mais l'enseignement garde une portée fondamentale. Les soucis de la vie, les soucis légitimes mais matériels, peuvent nous absorber totalement.
Nous constatons que bien des peurs sont encore présentes parmi nous. Les plus anciens évoquent la guerre, l'actualité mentionne la grippe, mais c'est aussi le chômage, c'est l'endettement, ce sont nos enfants, c'est l'appartement, le loyer ou la construction. Bien évidemment pour vivre il faut faire face à ces exigences multiples.

Et puis il y a l'Eglise, son message, la Bible, la sainte cène ou eucharistie. La vraie vie ce sont de multiples contraintes matérielles, il ne faut pas rêver. Mais la vraie vie c'est aussi, profondément, inlassablement, se souvenir de ce qui est important, retrouver l'orientation profonde. Nous avons besoin de la compréhension du monde, besoin d'y trouver une unité, un sens.

A force d'être au centre de notre vie, nous ne savons plus vivre avec les autres.
A force de travail, nous oublions que les objets ne sont que faiblement le sens de la vie.
A force de souci, nous oublions qu'énormément de choses peuvent être vécues sans qu'elles coûtent de l'argent.

Permettez moi une illustration triviale. Il suffit de regarder les caddys des supermarchés, ils sont pleins de trous, c'est l'image d'un contenant qui peut contenir des objets mais non la valeur et le sens de la vie.
Les caddys sont pleins de trous, les objets ne peuvent combler ce qui est de l'ordre de la relation, de la vérité, du sens, de la cohésion.

La parole de Jésus - Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus... - nous rejoignent aujourd'hui dans le cadre de ces obsèques. Même nos mains ne peuvent rien emporter, mais nous pouvons laisser derrière nous un sillon dans lequel il y aura peut-être des objets et des biens, mais surtout une vie, son sens, la manière dont on a aimé, comment l'on a protégé, comment on a appris à être de plus en plus humains. Amis je veux que ce lieu d'Eglise soit un lieu de liberté, de tolérance, de recherche de vérité, d'expérimentation de la fraternité.
On nous ment, on nous trompe, on nous berne en faisant croire que les seules valeurs sont les valeurs matérielles. C'est un chemin qui mène à la ruine, à la dislocation des familles, à un individualisme malsain.

Humblement nous poserons ici pierre sur pierre, même si nous sommes peu nombreux, mais nous nous attacherons à vivre vraiment. Vivre en perdant le Nord ne sert à rien.

Quand nous nous recueillerons sur les tombes de ceux qui nous ont quittés, nous pourrons penser aux biens, exprimer une gratitude, mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la direction indiquée, le chemin emprunté.
Jésus disait de vivre sans peur afin d'avancer vers des réalités tellement importantes que la nourriture et le vêtement. Ces derniers allaient être de simples accompagnateurs de vérités tellement plus importantes.

Peu importe le modèle de voiture que nous avons conduit, peu importe si les vêtements ont suivi telle mode plutôt qu'une autre, ce qui compte est de savoir ce qui donne un éclat tout autre à nos yeux. Quand nos yeux se mettent-ils à briller ? Quels sont les sujets, les personnes, les rencontres qui font briller nos yeux.
Pour notre frère vous m'avez témoigné que c'était l'amour qu'il vous portait à vous madame qui le rendait lui-même « grand », qui donnait l'intensité du regard et c'est la droiture de vie et de coeur de votre père qui vous a tellement marqués. Ce sont là des signes parmi des signes.

Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...

Puisse notre front briller de la lumière qui vient de Dieu. Puissent nos vies être éclairantes, puissent nos vies nous aider à vivre, à croire, à construire un monde meilleur.
Nous vivrons sans crainte et les yeux fixés sur des buts qui en valent la peine. Des hommes et les femmes nous ont inspirés, ce qu'il y a eu de meilleur en eux nous montre le chemin, nous offre le sens, nous permet le courage.

Pour les croyants, c'est le Christ lui-même qui est le meilleur exemple. Dans la vie comme dans la mort nous avons confiance en lui.


Amen.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:04