Chers frères et sœurs

Prier avec les psaumes c’est entrer dans la prière des croyants des siècles précédents, c’est prier avec leurs mots et entrer dans le contexte de leurs vies.

Le psaume 1, le premier psaume de la Bible, donne des conseils au croyant au début de sa vie. Il est comme un arbre, il faut qu’il pousse à proximité d’un cours d’eau. Ce cours d’eau c’est évidemment le Seigneur, la foi, l’intégrité, la confiance. Et quel que soit la saison de la vie, le feuillage sera vert et la sécurité, la réussite seront sa récompense.

Abordons à présent le Psaume 145, nous sommes à la fin de ce livre qui en comporte 150. C’est à présent le regard en arrière qui est proposé, le regard sur toute une vie, le regard sur toutes les circonstances. Ce regard en arrière comporte lui aussi l’expression d’une louange, d’une confiance, d’une sécurité. Autant il était peut-être facile de dire la confiance et la sécurité au début de la vie, autant il est sans doute surprenant que, malgré l’adversité et la rudesse des coups qui auront été portés, le croyant soit toujours dans la confiance et dans la louange.

Ce psaume 145, est le psaume qui va être lu dimanche lors de la fête des récoltes et des moissons. La louange pour la nature et la création est quant à elle, naturelle, spontanée. Nul besoin de grand développement pour admirer notre coin de pays, toute la planète, l’infiniment grand ou l’infiniment petit.
Nos catéchumènes vont faire leur entrée dans cette église, tenant dans leurs mains un panier de fruits et légumes dont ils vont décorer l’autel.
Là encore, la louange et la sensibilité au cycle des saisons, le fait de pouvoir manger à satiété, nous réjouit d’avance.

Par contre la louange est plus difficile quand, au lieu de nous approcher avec un panier de fruits et légumes, nous nous avançons avec tout ce que la vie a placé dans le panier de notre existence. De la naissance à la tombe le panier de nos vies s’est rempli et là il faut constater que ce qui nous était réservé, ce qui a été déposé, a souvent un goût amer.
Notre panier s’est parfois rempli de douleurs, de déceptions, d’échecs successifs, de disputes, etc.
Ce panier nous voudrions le vider, remonter le cours du temps, changer notre histoire. Et ce n’est pas possible.

Les croyants des temps passés n’ont pas eu une vie plus facile que la nôtre, bien au contraire. On nous annonce aussi que les jeunes de notre époque auront une vie plus difficile que celle que nous avons connue.
Comment les croyants d’autrefois ont-ils pu rester dans ce respect de Dieu, dans la stabilité, dans la fidélité de leurs choix, et s’estimer être dans la sécurité d’une alliance ?

Le psaume 145 est écrit d’une manière particulière, il comporte une originalité. L’auteur du Psaume a fait commencer chaque verset par une lettre de l’alphabet. Le premier verset commence par la lettre « a » le second par la lettre « b », ensuite «c », jusqu’à la dernière lettre de l’alphabet. Autrement dit, cette louange à Dieu, au Seigneur, se déroule, elle déploie l’existence et ses contextes, elle parcourt entièrement et chronologiquement nos vies et dit sans cesse la bonté, la grandeur, la proximité de Dieu.

Nous l’avons dit, les croyants d’autrefois avaient souvent une vie difficile, comment peuvent-ils en venir, en finir, en disant la stabilité de la proximité de Dieu ?

Le sens des drames et des difficultés que nous vivons nous est et nous reste caché. Nul ne sait répondre quand l’accident est annoncé, quand la maladie révèle son nom, quand l’injustice s’abat.

Le sens est caché mais le psalmiste, justement, affirme qu’un sens caché n’est pas une absence de sens. Nous sommes invités à regarder toute notre vie, nous sommes aussi invités à regarder les générations successives, les millénaires même qui se sont écoulés. Des milliards de milliards d’événements, heureux et malheureux.
L’homme, si petit face à ces événements, n’a pas à se sentir insignifiant ou perdu. Il est connu, il est accompagné, il est aimé. Nos histoires s’inscrivent dans de nombreuses histoires tout comme dans la grande histoire.
Mais tout commence par « a » continue par b » se prolonge par « c » jusqu’à se terminer à la lettre « z ».

De génération en génération, qu’on fasse l’éloge de tes œuvres, qu’on raconte tes hauts faits… je méditerai le récit de tes actes étonnants.

Nos vies se déroulent et ne nous épargnent rien, mais la Bible nous donne l’assurance d’une constante. Tout n’est pas chaos ou violence, se passe, se déroule et se déploie devant une présence aimante, rassurante et un dessein s’accomplit.

Le meilleur exemple que nous en ayons est celui du Christ qui est venu dans ce monde. Il est venu, disons-nous dans le Credo, il a souffert, il est mort.
Le sens de tout cela fut un temps caché, puis il fut révélé. Il est ressuscité le troisième jour d’entre les morts. Le sens dernier, le sens glorieux, a été donné après coup.

Nos vies aussi peuvent être entraînées dans la souffrance, dans le chaos. Mais le croyant aujourd’hui, comme le croyant autrefois, comprend son existence, nos existences, dans la continuité d’une gloire, d’une présence, d’une volonté.

Jésus est le même, hier, aujourd’hui, éternellement, écrira l’évangéliste Jean.
Puisse la foi du psalmiste nous rejoindre et nous permettre de comprendre que nous ne sommes pas seuls, et que, malgré le mal et la souffrance, nous puissions être convaincus que nous sommes appelés à vivre et à collaborer afin que le monde soit juste et fraternel.

Consolons-nous les uns les autres par ces paroles. Que le Christ soit le compagnon radieux de nos vies. Amen.



Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 20 Octobre 2011 à 19:07
1 Jean 4 v 19

18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parfait dans l'amour.
19 Pour nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier.

20 Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur, car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut aimer Dieu qu'il ne voit pas.
21 Et nous avons de lui ce commandement : Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.


Chers frères et sœurs,
ce verset de confirmation nous place dans ce qui est au cœur de l’Evangile. Il ne répond pas tout de suite à notre interrogation concernant la vie et la mort. Il répond tout d’abord à deux réalités.

En premier il veut dire pourquoi nous donnons de l’importance à Dieu et ensuite comment toutes ces questions religieuses doivent rejoindre notre vie, notre contexte immédiat.

Pourquoi parler de religion ?
Pourquoi parler de la vie et de la mort, de la pratique de notre foi, de nos solidarités, de nos bénévolats ? Pourquoi parler de la Bible, de la prière, de la foi, de Jésus-Christ ?

Nous redécouvrons ici, le message central, c’est une histoire d’amour.
Il s’agit de cet attrait irrésistible…, de ce que nous trouvons en Dieu et que nous ne trouvons nulle part ailleurs. Blaise Pascal disait qu’il y avait dans notre cœur un vide qui avait la forme de Dieu. Aux enfants nous expliquons les puzzles à assembler ou l’empilement de pièces différentes. Elles ne s’emboîtent pas indifféremment. Il y a dans notre cœur un vide qui a la forme de Dieu…

Ces versets redisent que l’Église, la foi, la religion, ne sont pas des questions d’obligations. D’où parfois notre surprise quand on entend énumérer, comme constitutif d’une religion ou une confession chrétienne, tout ce qu’un homme doit faire, tout ce que l’on n’a pas le droit de faire, les obligations religieuses, les devoirs religieux, etc. C’est l’obéissance craintive qui semble l’emporter.
La foi en Dieu, la recherche de Dieu, le service de Dieu, est une histoire d’amour. Suis-je obligé d’aller à la Messe ou au culte ? C’est un malentendu. Quand deux personnes s’aiment il n’est pas du tout nécessaire de leur dire qu’elles sont obligées de se rencontrer. Il est fort à craindre que l’absence au culte évoque tout simplement la distance, le désintérêt, l’absence d’amour.

L’amour rend inventif et chaque histoire d’amour est unique. Nous n’avons pas eu l’occasion d’évoquer durant notre entretien comment le défunt a rencontré et aimé sa compagne. C’est simplement sa propre gentillesse que les paroissiens ont évoquée.
Chaque histoire d’amour est unique. Pour l’un l’amour sera exprimé par les paroles, d’autres feront des heures supplémentaires, d’autres le manifesteront par des écrits, des gestes, d’autres par la tendresse, d’autres par la disponibilité, d’autres par la patience, la persévérance et la constance. Mais ils viendront toujours donner et correspondre à ce dont l’autre à justement besoin. L’amour répond à l’amour.

Ce texte nous rappelle que nous sommes aimés. Là-bas quelqu’un qui s’est mis en marche, quelqu’un s’est déclaré et exprime son amour sous toutes ces formes évoquées. Avant même que nous disions quoi que ce soit, avant même que nous répondions à cet amour, nous sommes aimés, nous sommes connus.
Un amour nous recherche. C’est pour cette raison que nous baptisons les petits enfants : Dieu nous a aimés le premier.
C’est sans doute aussi pour cette raison que nombre d’hommes ou de femmes fuient cet amour. Parce que c’est trop fort, parce que nous sentons bien, même de manière confuse, que répondre à un absolu aussi intense ne nous laisserait pas indemne.
Répondre à cet amour nous entraînerait sur les chemins nouveaux, inconnus, risqués. On ne peut pas répondre à l’absolu de Dieu et rester en marge ou dans la tiédeur. C’est bien plus facile de se réfugier dans un « on ne peut pas savoir » ou « chacun son choix », etc.

Ce verset nous redit qu’un amour nous cherche et que croiser le regard du Christ, croiser ce qu’il a dit, nous arrêter à ce qu’il a fait, a ce qu’il nous a donné, à l’espérance qui s’est levée, nous entraînera vers un océan dans lequel nous plongerons entièrement.
Commencer à répondre à l’amour de Dieu, c’est comme le bateau qui lève l’ancre et qui va vers le large. Mais c’est un amour qui nous appelle.
Nous le disons volontiers dans la vie, un homme ou une femme qui auraient peur d’aimer et d’être aimé passeraient à côté de quelque chose d’énorme dans sa vie. Il en est de même dans ce qui nous attire en Dieu.
Oui, nous savons bien que la religion contient des pièges et des désillusions, mais l’amour existe.
Nous savons aussi que la vie peut nous réserver des épreuves rudes, voir très rudes, mais dans tous les cas l’amour que nous a donné le Christ reste entier. Le Christ nous a aimés jusque dans la mort. L’apôtre écrira que rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu tel qu’il s’est manifesté en Jésus-Christ.
Vivre, répondre à l’amour du Christ, n’est pas du tout la promesse qu’il ne nous arrivera rien, mais c’est la promesse que dans tous les domaines, sur ce chemin qui nous entraîne vers une vie juste et la vérité, nous sommes toujours aimés, précédés, accompagnés.

Que celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. C’est ainsi que se termine notre passage. Si dans tout l’Occident nous disons aujourd’hui avec le plus grand naturel que chaque vie est précieuse, que chaque individu est unique c’est, en droite ligne, l’héritage du christianisme. L’amour de Dieu ne peut être séparé de l’amour du prochain. L’amour de Dieu cherchera non seulement le bien commun, mais aussi le bien de chaque individu.
Le bien n’est pas une notion théorique, mais c’est ce qui est donné comme respect, comme soin, comme attention à un voisin, un collègue, son prochain, à une personne en difficulté.

Reste la mort, la séparation, les générations qui se suivent et le temps qui emporte ceux que nous avons aimés.
Il nous a aimés le premier… c’est pourquoi son amour nous précède. Il nous précède aussi dans le royaume qu’il nous a préparés.
Il nous le dit quand nous approchons pour communier, il nous le dit aussi à présent : Venez dans le royaume que je vous ai préparé.


Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 20 Octobre 2011 à 15:23

Romains 8 v 19 - 24

19 La création entière attend avec impatience le moment où Dieu révélera ses enfants. 20 Car la création est tombée sous le pouvoir de forces qui ne mènent à rien, non parce qu'elle l'a voulu elle-même, mais parce que Dieu l'y a mise .
Il y a toutefois une espérance : 21 c'est que la création elle-même sera libérée un jour du pouvoir destructeur qui la tient en esclavage et qu'elle aura part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu. 22 Nous savons, en effet, que maintenant encore la création entière gémit et souffre comme une femme qui accouche. 23 Mais pas seulement la création : nous qui avons déjà l'Esprit Saint comme première part des dons de Dieu, nous gémissons aussi intérieurement en attendant que Dieu fasse de nous ses enfants et nous accorde une délivrance totale. 24 Car nous avons été sauvés, mais en espérance seulement. Si l'on voit ce que l'on espère, ce n'est plus de l'espérance : qui donc espérerait encore ce qu'il voit ? 25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience.


Chers amis,

ces quelques versets décrivant l'humanité mais aussi la nature et les animaux, toute la création attendant le jour de la délivrance est bien touchante. Une délivrance ? Quand nous lisons les mauvaises nouvelles dans la presse, quand la télévision nous livre son lot de violence, de destructions, d'actes de folies le plus souvent nous soupirons d'impuissance, quand le malheur nous atteint et que nous ne voyons plus ce qu'il y a lieu de faire, nous sommes toujours dans le soupir, nous sommes dans l'attente d'une délivrance.

Et puis vient la question de Dieu. Car s'il y a un Dieu bien entendu nous voudrions qu'il soit la force qui empêche toute forme de mal et d'autant plus quand le mal est violent, absurde, injuste. La Bible nous apporte quelques lumières à ce sujet. Jésus est bien venu en apportant des délivrances, il suffit de penser à ses actes, aux malades guéris, aux démons chassés. Mais Dieu est venu, en Jésus-Christ, vivre pleinement la condition humaine, il est venu recevoir en sa chair l'absurde de la vie, l'implacable, l'injuste. Il en est mort et c'est parce qu'il est ressuscité des morts que nous nous retrouvons pour continuer, étonnés et espérants, regardant la vie avec une attente modifiée, mais une attente bien vivante.

L'attente de Dieu ce n'est pas de croire en une irruption brutale, la victoire du bien contre tout mal, mais l'Evangile s'offre à nous comme une plante à croissance silencieuse. La semence est en train d'être semée, elle est au milieu de nous, elle est en nous. Elle fait son oeuvre, son chemin.
Le grand jour – le jour du règne de Dieu – est partout où Jésus s'approche et son oeuvre n'est, le plus souvent, pas du domaine de ce qui est visible, mais de l'ordre du discret, de l'intime, du secret.
Le royaume de Dieu est au milieu de nous. Le royaume est là où circule Jésus, le royaume est là où l'on reçoit ses paroles, le royaume est là où l'on vit de ce qu'il nous donne. Et nul ne peut nous l'enlever.
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Quand nous sommes au chevet d'une personne aimée souffrant de la maladie d'Alzeimer notre espérance humaine baisse peu à peu, au rythme de la mémoire qui s'en va, au rythme des mots qui manquent, du regard qui ne s'allume plus, de l'esprit qui divague. C'est une tristesse pour nous, c'est un abattement de ne plus reconnaître et de ne plus être reconnu.
Que faire quand on est au chevet de la personne aimée et que les gestes, les paroles, la présence s'enfoncent et perdent leur sens ?
Nous ne pouvons que nous en remettre à une espérance plus grande, celle de Dieu, celle qui nous rappelle que le mot de la fin n'appartient pas à la mort mais à celui qui est la vie, celle évoquée par les versets lus en introduction.

Quand nous sommes au chevet du mourant nous sommes invités à le voir tel que Dieu le voit, lui qui ni ne se fatigue, ni ne se lasse.
Nous regardons avec tendresse un bébé et pourtant ses capacités sont encore minimes, c'est un potentiel qu'il a en lui que nous voyons.
Quand la maladie, la vie, la guerre, ou l'alzeimer nous blessent, nous mutile ou nous amenuise, nous avons à comprendre que cet état n'est pas à l'image de l'homme ou de la femme, c'est la trace de la maladie et cet état n'est pas une condition finale.

Devant la vraie souffrance, la maladie et la mort nous sommes invités à entrer plus en profondeur avec le mystère et le secret de la vie. Nous n'avons pas une valeur parce que nous avons un métier, une passion, une maison, mais nous avons une valeur parce que nous sommes aimés, tels que nous sommes, et sans condition. La maladie peut diminuer et défigurer, mais nous sommes tous invités à nous placer dans la soupire de la création, dans l'attente de la venue d'un salut plus complet. L'homme et la femme ne sont à l'image de la maladie qui les altère, mais à l'image de Dieu. La fin de tout n'est pas un anéantissement mais un accomplissement.

Oui nous craignons tous la maladie, et la déchéance et la mort, mais l'Evangile répond par le don de l'amour et il souligne qu'une aide doit nous être apportée dans bien d'autres domaines aussi.
Nous craignons la maladie d'Alzeimer mais
Quand des bien-portants regardent quelqu'un est que notre visage et notre regard n'exprime plus rien, de quelle maladie sommes-nous atteints ?
Quand nous rencontrons quelqu'un et que nos lèvres ne trouvent plus les mots de l'amitié, du pardon, de la fraternité, de quelle maladie sommes-nous atteints?
Quand nous vivons et que nous n'avons plus de mémoire, ne nous souvenant ni de ce que nos parents ont voulu nous transmettre, ni de ce que l'histoire de notre pays nous enseigne, de quelle maladie sommes-nous atteints ?
Quand nous ne comprenons plus le monde dans lequel nous vivons et que nos familles sont disloquées au point le père ne reconnaît plus son fils ni l'enfant sa parentée. De quelle maladie sommes-nous atteints ?

Nous avons à nous aimer les uns les autres afin de sortir des surdités, des cécités, des solitudes et de tout ce qui est mortifère. Le monde se vante, le monde se vend et veut que nous allions toujours plus vite en avant. L'Evangile préconise un arrêt, que nous pivotions sur nous-mêmes et que nous recontruisions notre vision de l'homme et du monde.

Nos bienaimés nous voulons simplement les accompagner, nous tenir là, leur éviter une souffrance inutile et croire que ce qu'ils sont est plus grand que leur état.
Mais pour tous ceux au milieu de qui nous vivons nous voulons continuer à croire qu'une guérison est possible.
Nous voulons être en paix, être animés d'un idéal, savoir nous réconcilier, élever nos pensées, travailler à la fraternité, vouloir toujours une meilleure justice. Et si le travail de Dieu se fait dans le secret, si une semence a été plantée, si la plante de l'Evangile est en train de grandir en nous, nous nous en réjouirons, nous fiant à lui, le priant de poursuivre son oeuvre afin que tout le travail du jour, nos responsabilités comme nos peines, se déroulent dans la conscience de la grande oeuvre à laquelle nous participons. Nous sommes en train d'être sauvés.
Rédigé par Bruno Holcroft le Vendredi 3 Décembre 2010 à 16:26
2 Corinthiens 5 v 21

Parlant de Jésus Paul écrivait : Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Chers amis nous nous séparons aujourd'hui de notre doyen d'âge, 97 ans. C'est pour nous l'occasion de nous de méditer quant au rôle des anciens dans le domaine de la sagesse, de l'expérience et de la transmission.
Bien entendu l'âge de donne pas automatiquement la sagesse, mais la Bible, contrairement à la mentalité dominante de notre époque, valorise le respect, aussi ce qui a été enseigné aux générations qui nous précèdent.
Quand dans une paroisse nous débutons un parcours catéchétique, quand nous ouvrons la Bible, nous disons à ceux qui commencent qu'ils n'ont pas à commencer pas à zéro, mais que sur le chemin de la foi ils sont précédés par de nombreux croyants. Il suffit de comprendre la vie de ces croyants pour progresser, il suffit d'assimiler ce qu'ils ont découvert l'espace de toute une génération, de le faire sien, afin de ne pas commencer à zéro.

Il est sans doute utile de rappeler comment les Israélites se tiennent dans le temps, ils n'ont pas l'attitude que nous connaissons dans notre société contemporaine. Pour eux l'homme se tient face au passé et avance vers l'avenir en regardant le passé. Cela signifie que, si pour nous, le passé se tient derrière nous et l'avenir devant nous, pour ces croyants, c'est le passé est constamment devant eux. Cette attitude est parfois exprimée par ce diction : « Pour savoir où tu veux aller, regarde d'où tu viens ».

Ce regard vers le passé n'est pas une attitude passéiste, c'est la sagesse, elle consiste à s'appuyer sur l'histoire et sur la mémoire. La sagesse consiste à ne pas de couper de ses racines. La sagesse ne prétend pas construire un monde nouveau ou un homme neuf mais bien au contraire à engranger l'histoire de l'humanité, à en faire un trésor dans lequel l'on puise pour comprendre, pour construire. Oui, l'israélite avance dans la vie, tourné vers le passé.

Ce passé redit la bonté de Dieu et pour nous chrétien, le consiste à rouvrir le Nouveau Testament et tout ce qui a été révélé et donné en Jésus-Christ. Beaucoup de contemporains hésitent à classer le christianisme. Faut-il le placer dans le passé, le présent ou l'avenir ? Le christianisme est en expansion dans le monde, il est en régression en Europe...

Le verset de confirmation de notre frère rappelle quant à lui la nouveauté qui a consisté en cette irruption de Dieu dans l'histoire.
Restons chez les israélites de l'époque de Jésus. Cela faisait des siècles que les prophètes ne parlaient plus au nom de celui qui est au-dessus de tout nom. Ce silence de Dieu troublait, il troublait d'autant plus que la période était difficile, il s'agissait alors de l'occupation militaire du pays par les Romains. Quand Jésus se mit à parler, quand il accomplit son oeuvre, Paul écrivait alors que le passé était dépassé. Il écrit littéralement: « Les choses anciennes sont passées; voici toutes choses sont devenues nouvelles ». « Le Christ a réconcilié le monde avec lui-même »

Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait devenir péché, afin que nous devenions en lui justice de Dieu.

Dans ce contexte israélite il fallait pouvoir placer un sang versé face à la faute. Il fallait un bouc émissaire, une victime expiatoire. Dans ce contexte sacrificiel le Christ a donc donné sa vie.

Reste pour tous et tous les temps cette idée d'un monde réconcilié. La nouveauté, qui reste nouveauté pour toujours, c'est un monde qui a besoin de paix, un monde qui a besoin de sagesse, un monde qui a besoin de s'appuyer sur ce qui ne fera pas défaut.
Le monde... Le monde intérieur, le monde politique, le monde des entreprises, de tous les âges, tous les éléments de la société. Le monde a besoin d'être apaisé envers lui-même, envers son prochain, envers ses erreurs passées, envers l'avenir à préparer.

La nouveauté, c'est aussi l'annonce de l'Esprit, de la force de la résurrection.
Tout n'est pas du domaine du monde à venir. La force de la résurrection est promise, mais elle est déjà à l'oeuvre dans ce monde.

La résurrection est une force, et pour terminer avec l'idée et l'image de la sagesse, c'est quand la sagesse se met à danser, quand elle ouvre les tombes, quand elle guérit les peurs, quand elle bouleverse les habitudes.

La sagesse n'est pas vieille, c'est peut-être la surprise, elle est jeune et nous entraîne sur des chemins inattendus.

Celui qui nous accueillera dans cet autre monde, c'est le ressuscité dans sa force, dans sa gloire. Nous n'emmenons rien avec nous si ce n'est tout ce qui a déjà été suscité par la sagesse. Nous ne laissons rien derrière nous, si ce n'est ce que la sagesse nous a faits donner et faire.

Heureux les enfants, les descendants et tous les croyants qui vivent de la sagesse, du Christ vivant, qui est parmi nous, réconciliant le monde avec lui-même.

Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 4 Mai 2010 à 13:43
Psaume 26 v 8

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël 2009 sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.

L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?

Ces désirs n'ont pas besoin d'être longuement recherchés.
Toutes les trois secondes quelqu'un meurt de faim, un humain dont les bras sont sans force, et dont le regard se perd dans le vide, meurt.
C'est la souffrance aussi dans le froid, un sondage révèle que près de la moitié des français craignent de devenir des SDF.
Bien entendu nous avons une sensibilité toute particulière en pensant à la souffrance des enfants
Nous songeons à tous ceux pour qui Noël est un temps de souffrance et de solitude
Nous songeons à la planète, à la destruction, au saccage de la nature
Nous songeons à nos malades, aux injustices, aux violences
Nous songeons au conjoint trompé, à l'enfant qui s'est égaré
Nous songeons aux conflits, aux rancunes, au passé dont on ne guérit pas, à ceux qui se sont enfermés dans un mutisme
Terminons par notre besoin de sécurité, de dignité, d'amour, etc.

Oui il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure pas en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

Dans ce monde de brute la famille et l'Église peuvent être des havres de paix. Je suis bien heureux pour vous que notre soeur vous ait réunis pour des temps de fête et de communion.
Et puis la boulangerie elle-même est symbole de partage, de protection « Donne-nous notre pain de ce jour ». C'est un métier pénible pour le boulanger, mais c'est une source où l'on vient chaque jour, rassurés par ce qui nous est donné.
Les dernières émeutes en Egypte ont été des émeutes de la faim, des émeutes du pain, car suite à une décision gouvernementale, le pain était devenu trop cher. Les pauvres, très nombreux, n'avaient même pas de quoi acheter du pain qui était subventionné par le gouvernement. Ce pain était est souvent leur seule nourriture !

Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.

L’Avent est aussi l'annonce d'une venue, le temps de la préparation à cette venue. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps évoqué était tourné vers le passé et vers l'éternité - le sommeil de la mort - , nous pouvons aussi le conjuguer au présent.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ?

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Le protestantisme rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.

Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?

Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ.
Que ce soit devant la crèche où il naquit, nous nous tenons devant Jésus.
Quand nous nous tenons devant le baptistère où nous avons été baptisés, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ enseignant et guérissant, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ mourant sur la croix ou devant le Christ se relevant d'entre les morts, nous sommes toujours devant Jésus !
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
A chaque rencontre à l'Église nous sommes toujours placés devant la réalité du Christ.

Noël c'est parler de Jésus, c'est se tenir devant Jésus, il est le cadeau de Dieu fait aux hommes.

Amis menons ce dialogue intérieur, ardent et profond. Une réalité se construit, un feu s'allume quand je me laisse habiter par ce que la Bible me révèle de Dieu. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.

Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui fait briller les lumières de Noêl, c'est ce feu qui donne sens et avive notre conscience.

Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël.

Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.

Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 20 Décembre 2009 à 15:31
Chers frères et soeurs, chers amis


nous allons méditer la parole de l'Evangile qui sera lue demain dans toutes les Eglises. Nous lisons dans l'Evangile de Luc -Ch 12 v 21 – 34

...

Les douze étaient autour de Jésus, ils vivaient une vie tout à fait singulière, ils avaient quitté leur métier, parfois leur famille, tout cela pour suivre Jésus le prophète.
C'est à eux que Jésus dit cette parole «  Ne vous inquiétez pas pour votre vie ». Vous aurez ce qu'il faut, en nourriture, en vêtement.
Et effectivement durant tout le temps du ministère de Jésus, également après, les disciples vont vivre, et ils vont expérimenter ce partage des biens. Certains d'entre nous se souviennent que lors des premières conversions – c'est le récit du livre des Actes qui nous le transmet - les convertis vendaient leurs biens et vivaient une forme radicale de partage communautaire.

A ses disciples Jésus dira donc de se concentrer sur ce qui est leur vocation. Durant ce laps de temps où ils vivent avec Jésus, ils sont au bénéfice de son enseignement, ils ont à faire tout un chemin intérieur, ils ont à comprendre de manière renouvelée le contenu et le coeur de la foi. Ils ont à découvrir une vérité, le Christ, et cela doit les absorber entièrement.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Leur cheminement intérieur sera long, car il n'est pas facile de s'approcher d'une réalité que nous nommons Dieu ou la vérité, ou l'éternité, ou l'infini ou l'amour. C'est un chemin immense... sur lequel ils expérimenteront la réalité de la promesse.


Nous recevons à présent cette parole 2000 ans plus tard. Nous ne sommes pas du groupe des douze, mais l'enseignement garde une portée fondamentale. Les soucis de la vie, les soucis légitimes mais matériels, peuvent nous absorber totalement.
Nous constatons que bien des peurs sont encore présentes parmi nous. Les plus anciens évoquent la guerre, l'actualité mentionne la grippe, mais c'est aussi le chômage, c'est l'endettement, ce sont nos enfants, c'est l'appartement, le loyer ou la construction. Bien évidemment pour vivre il faut faire face à ces exigences multiples.

Et puis il y a l'Eglise, son message, la Bible, la sainte cène ou eucharistie. La vraie vie ce sont de multiples contraintes matérielles, il ne faut pas rêver. Mais la vraie vie c'est aussi, profondément, inlassablement, se souvenir de ce qui est important, retrouver l'orientation profonde. Nous avons besoin de la compréhension du monde, besoin d'y trouver une unité, un sens.

A force d'être au centre de notre vie, nous ne savons plus vivre avec les autres.
A force de travail, nous oublions que les objets ne sont que faiblement le sens de la vie.
A force de souci, nous oublions qu'énormément de choses peuvent être vécues sans qu'elles coûtent de l'argent.

Permettez moi une illustration triviale. Il suffit de regarder les caddys des supermarchés, ils sont pleins de trous, c'est l'image d'un contenant qui peut contenir des objets mais non la valeur et le sens de la vie.
Les caddys sont pleins de trous, les objets ne peuvent combler ce qui est de l'ordre de la relation, de la vérité, du sens, de la cohésion.

La parole de Jésus - Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus... - nous rejoignent aujourd'hui dans le cadre de ces obsèques. Même nos mains ne peuvent rien emporter, mais nous pouvons laisser derrière nous un sillon dans lequel il y aura peut-être des objets et des biens, mais surtout une vie, son sens, la manière dont on a aimé, comment l'on a protégé, comment on a appris à être de plus en plus humains. Amis je veux que ce lieu d'Eglise soit un lieu de liberté, de tolérance, de recherche de vérité, d'expérimentation de la fraternité.
On nous ment, on nous trompe, on nous berne en faisant croire que les seules valeurs sont les valeurs matérielles. C'est un chemin qui mène à la ruine, à la dislocation des familles, à un individualisme malsain.

Humblement nous poserons ici pierre sur pierre, même si nous sommes peu nombreux, mais nous nous attacherons à vivre vraiment. Vivre en perdant le Nord ne sert à rien.

Quand nous nous recueillerons sur les tombes de ceux qui nous ont quittés, nous pourrons penser aux biens, exprimer une gratitude, mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la direction indiquée, le chemin emprunté.
Jésus disait de vivre sans peur afin d'avancer vers des réalités tellement importantes que la nourriture et le vêtement. Ces derniers allaient être de simples accompagnateurs de vérités tellement plus importantes.

Peu importe le modèle de voiture que nous avons conduit, peu importe si les vêtements ont suivi telle mode plutôt qu'une autre, ce qui compte est de savoir ce qui donne un éclat tout autre à nos yeux. Quand nos yeux se mettent-ils à briller ? Quels sont les sujets, les personnes, les rencontres qui font briller nos yeux.
Pour notre frère vous m'avez témoigné que c'était l'amour qu'il vous portait à vous madame qui le rendait lui-même « grand », qui donnait l'intensité du regard et c'est la droiture de vie et de coeur de votre père qui vous a tellement marqués. Ce sont là des signes parmi des signes.

Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...

Puisse notre front briller de la lumière qui vient de Dieu. Puissent nos vies être éclairantes, puissent nos vies nous aider à vivre, à croire, à construire un monde meilleur.
Nous vivrons sans crainte et les yeux fixés sur des buts qui en valent la peine. Des hommes et les femmes nous ont inspirés, ce qu'il y a eu de meilleur en eux nous montre le chemin, nous offre le sens, nous permet le courage.

Pour les croyants, c'est le Christ lui-même qui est le meilleur exemple. Dans la vie comme dans la mort nous avons confiance en lui.


Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:04
Chers frères et soeurs

Nos vies sont parfois comparées à un long voyage lors duquel se succèdent les ombres et les lumières. Vivre est toujours difficile, il nous faut faire des choix, il faut tenir compte de nos erreurs et heureusement nous engrangeons aussi des temps de paix, de grand bonheur.
Aujourd'hui, réunis à l'occasion de ce deuil, nous voulons redire la direction que doit prendre notre vie. Notre méditation portera sur cette parole de Jésus de l'Evangile de Matthieu : « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde ».
Ce texte biblique pose une question extraordinairement importante, extraordinairement centrale : celle de notre valeur. Et le Christ ne place rien entre le plus haut et l'inexistant ! Etre sel et lumière ou être destinés à être jetés dehors ! Cela peut nous désarçonner car nous n'avons pas pour habitude de nous jauger de la sorte étant dans la sécurité de l'Evangile. Nous disons et répétons que Dieu est amour, nous insistons constamment pour dire que Dieu nous fait grâce.
L'affirmation du Christ peut donc nous déstabiliser.
Une nouvelle fois nous entendons qu'il n'y a que deux chemins, le chemin large et le chemin étroit, ces chemins sont présentés aujourd'hui par ces images du sel et de la lumière.
Que valons-nous ? La question n'est pas du tout neutre, elle peut-être terrorisante, elle peut mener à la dépression. Des culpabilités peuvent en être issues. Un vertige, un malaise fondamental peuvent nous saisir et le plus souvent nous répondons par notre métier, notre famille, nos activités, nos possessions. Mais le vertige demeure cependant.
Nous sortons du trouble en nous tenant dans la lumière de l'Evangile. Nous sommes en train d'être sauvés, le but de la vie est le bon, nous vivons vraiment, si à notre tour nous donnons ce que nous avons reçu en bonté, vérité, générosité. Que valons-nous ? Nous pouvons nous étourdir et fuir en nous lançant dans les activités ou une consommation mais la force intérieure, elle, nous est donnée quand nous nous trouvons dans le sillon de l'Evangile, dans ce sillon dont surgira la vraie vie.
L'homme naturel est facilement orgueilleux, il croit valoir quelque chose et nous retrouvons cet orgueil dans toutes les couches de la société. Quant à nous nous visons simplement à mener de vraies vies d'humains. Que valons-nous ? Jésus le dit dans cet extrait des Evangiles « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde... » et ce texte n'est pas difficile à comprendre car il suffit de se souvenir à quoi servent le sel et la lumière.
Le sel conserve, il empêche le pourrissement ; il donne aussi du goût ou, plus précisément, le goût qui se trouve dans l'aliment se trouve comme révélé, magnifié, épanoui. Ce n'est plus du tout le même plat que nous dégustons sitôt qu'il est salé.
La lumière, quant à elle, va évidemment à l'encontre des ténèbres, elle révèle ce qui est caché ou indistinct. Sel et lumière sont des révélateurs de ce qui peut nous échapper.

Ce message du Christ est bien simple : tous ceux qui écoutent le Christ, tous ceux qui se mettent à le suivre, tous ceux-là sont censés être de ceux qui préservent la vraie vie et donnent du goût à toute l'existence humaine. Les chrétiens sont de ceux qui mettent en lumière, qui mettent en perspective les vies, les sociétés, tout ce qui la constitue ou l'anime.
A l'inverse – et le Christ en parle aussi - quand on se dit croyant et qu'on n'apporte rien en préservation, saveur ou en clarté, il est évident que cette construction s'écroule ; il n'en reste rien.
Que valons-nous ? « Vous êtes sel et lumière du monde, mais plus que la crainte de ne pas être suffisamment sérieux résonne la Bonne Nouvelle de Jésus. Elle s'adresse très simplement aux humbles.
Nous sommes invités à recevoir cet encouragement. « Vous êtes sel et lumière du monde »Si nous recevons cette parole en croyant être en-haut, elle nous précipite en bas. Mais si nous la recevons en bas, elle nous propulse tout en haut !
Acceptons d'être en bas, acceptons d'être de ces humbles auxquels le Christ s'adresse. Nous laissons la folie de l'orgueil, nous laissons également le sentiment que nous ne valons rien et nous recevons cette parole qui nous sauve, cette vérité qui s'inscrit en nous, change nos mentalités et nos modes de vie.
...
Quand nous sommes interrogés par Dieu les questions fondamentales qui nous sont posées sont de l'ordre des béatitudes. Ce qui était demandé alors, ce qui nous est demandé dès aujourd'hui, est relatif à leur contenu :
- à l'espoir des pauvres
- à la souffrance des endeuillés
- à l'angoisse et à la détresse de celles et de ceux qui ne possèdent rien
- à la misère absolue de ceux qui n'ont aucun droit
Pour eux, l'appel du Christ est vigoureusement encourageant. Relevez-vous, debout, en marche ! Pour soulager de vraies détresses, afin que se défasse le pouvoir des vies menées par la haine, que soit dit que la bonté seule mène à la vérité, que s'écroulent ces caractères qui aiment la guerre.
Il nous est demandé d'être de ceux qui souffrent pour la vérité et d'être à ce titre de ceux qui sont persécutés. Il nous est demandé de soutenir tous ceux qui se découragent quand ils tentent de vivre comme Dieu le demande.
Sommes-nous sel de la terre, lumière de ce monde ? Il n'y a que le Christ qui soit totalement lumière du monde et sel de la terre. Et si nous sommes nous-mêmes de ces pauvres, souffrants, endeuillés, nous sachant fragiles, dépendants, en butte aux difficultés multiples, ne sachant bien souvent comment sortir des impasses et situations si complexes... soyez dans la joie dit le Christ. Vous êtes ce que l'humanité a de meilleur ! Les riches et puissants ne doutent de rien et n'ont d'ailleurs besoin de rien, ce sont les pauvres qui doutent d'eux-mêmes et l'élan de leur espérance, leur lutte pour survivre et vivre,sont ce qu'il y a de plus beau au monde. Oui, l'évangile inverse les valeurs. Si nous voulons vivre nous avons à recevoir le sens, l'orientation la plus profonde qui fait de nous des humains, qui rend la vie ensemble possible et la terre habitable. La sécurité et la paix se trouvent dans les paroles du Christ.

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Pour vous madame, et pour la parenté, les amis du défunt, nous mesurons à quel point la mort soudaine peut bouleverser. Elle vient mettre fin à une vie, aussi à des espoirs, à de possibles rétablissements. Charles, vous l'avez connu dès la petite enfance, vous lui avez donné le meilleur de vous-même et puis les enfants font leur propre choix. Ils luttent, tentent de vivre, s'égarent, se rattrapent, expérimentent autre chose et nous avons toujours le coeur serré. Nous pouvons penser à Charles nous pouvons aussi penser à nos propres enfants. La vie est un cycle bien difficile, difficile pour tous ! Le cours normal de la vie est que partent les grands-parents, puis les parents et quand la vie s'arrête au milieu de la vie elle nous laisse heurtés et stoppés dans un élan.
Nous aurions voulu que la vie continue, que l'amour puisse être vécu. Le Christ lui-même a connu ce déchirement de la mort et Marie fut une mère entraînée malgré elle à se tenir devant l'agonie de son Fils. Qui est Dieu et pourquoi cela arrive-t-il ? Cela nous dépasse totalement, mais nous savons que nos vies, tout comme nos souffrances, sont connues. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, il a connu l'effroi, la souffrance. Bien peu de lumière est placée dans nos vies pour expliquer, mais toute la lumière est donnée pour nous accompagner.

Il est vrai que les erreurs, le mal et ses conséquences, ne sont pas suffisamment couverts par une simple notion de tolérance, tant la vie et les conséquences de nos actes sont sérieux. A chacun de se tenir dans la lumière et de vivre en se tenant dans l'esprit des béatitudes, en étant « sel et lumière ». Ce qui nous rend vivants c'est d'être en route, soutenus et guidés par la vérité du Christ.
Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 18 Août 2009 à 14:28
Chers frères et soeurs, nous allons méditer cette parole, ce verset de confirmation qui contient une telle puissance, une telle direction pour l'existence d'un chrétien.

1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.

Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !

Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.

Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.

La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...

La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.

Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».

Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.

Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:50
Accueil

Chers paroissiens, chers amis et chère famille

Avec vous nous sommes tristes et nous nous retrouvons cet après-midi avec ce désir de vous accompagner, de porter avec vous cette tristesse, c'est bien pourquoi nous sommes venus nombreux en cette église.

Nous accompagnons chaque famille dans son deuil, mais aujourd'hui nous mesurons une nouvelle fois que les paroles voulant aider peuvent en fait blesser, les gestes que nous tentons peuvent être mal interprétés, les phrases de condoléances et de sympathies sont marqués par la gentillesse et mais aussi par un embarras particulier.
Veuillez nous pardonner d'avance si l'un ou l'autre, ou même moi-même, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas, nous parlons sans pouvoir réellement nous mettre à votre place.
Le pasteur parle à partir de la Bible, les personnes vous raconteront peut-être l'une ou l'autre épreuve traversée et d'autres femmes ayant vécu la même souffrance vous en témoigneront peut-être.
Le souhait de chacun est de tenter de vous aider tout en sachant qu'à un certain moment nous sommes tout de même seuls avec notre peine.

Aujourd'hui nous voulons nous souvenir que nous sommes une même humanité. Aujourd'hui il n'y a pas de protestants ou de catholiques, des ouvriers ou des ingénieurs, des gens d'ici ou d'ailleurs, des chrétiens ou des agnostiques, nous entourons une mère qui pleure son fils. Voilà pourquoi nous sommes tous frères, nous sommes réunis en une même humanité qui vacille parfois devant les épreuves les plus redoutables, et la mort en est une.

Pardonnez-moi d'évoquer ce qui fait la joie d'une femme enceinte, nous en comprendrons d'autant mieux votre peine.

Porter un enfant est comme le sourire de la vie,
c'est la promesse d'un avenir,
c'est la concrétisation d'un amour,
c'est la confiance en quelqu'un,
c'est un projet de vie,
c'est mettre le meilleur de soi-même,
c'est aussi le mystère de l'existence, le secret de la maternité... comment un être se tisse-t-il au plus profond de son corps ?
c'est se préparer à sa venue,
C'est se préparer avec sa famille, avec toute une série de membres de sa famille...
on se prépare à accueillir un nouveau membre, on se réjouit avec celle qui sera maman...

C'est tout cela qui est bouleversé, et vous aurez peut-être encore d'autres mots pour le dire...
Le deuil est à la mesure de l'espoir, de l'amour qui avait préparé, de tout ce qu'un couple s'était chuchoté en une grande complicité.
Et il vous faut faire le deuil de ce petit Thibaut qui n'aura vécu que trois jours, après environ 6 mois de grossesse. Thibaut est né le 22 mars, il a été baptisé à l'hôpital le 23 mars, il est décédé le 25 mars.
Nul ne peut donner d'explication quant aux raisons qui ont fait s'interrompre le processus qui devait terminer la formation de l'enfant, et donner ainsi tout ce qui semblait promis.

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Méditation
Dans quelques minutes, quand nous sortirons de l'Eglise, nous serons frappés par les rayons de soleil, la nature annonce l'arrivée du printemps, ces jours-ci semblent, eux aussi, promettre la vie. Nous voyons les premiers arbustes se couvrir de bourgeons, ils contiennent, eux aussi, une promesse de vie et il me semble que la vie de Thibaut peut leur être comparée car elle contenait une promesse de vie, un bourgeon qui devait se déployer pour sa joie et la joie de sa famille.
La nature, elle encore, peut nous inspirer, il arrive que le froid et le gel font des dégâts parfois irréparables. Et nous savons bien que nous ne maîtrisons pas le climat ni la nature. Le gel fait parfois des dégâts et la nature souffre, des bourgeons meurent parfois.

Thibaut était donc l'un de ces bourgeons de la vie, mais il était aussi plus que cela. Je l'ai évoqué, il a été baptisé, il porte un nom. Nous ne donnons pas de noms aux bourgeons, nous donnons un nom à nos enfants. Vous n'aurez pas à l'oublier, vous aurez un nom, un souvenir, un amour qui vous a porté et qui continuera à vous porter. Nous vous offrons cette bougie de baptême pour vous aider à vous souvenir du passage de Thibaut dans votre vie. Elle vous rappellera aussi que Jésus nous a dit Je suis la lumière du monde. Je veux être votre lumière malgré toutes les obscurités qui vous touchent.

Voyez-vous nous guérissons tous des petites déceptions, des petits deuils, mais pour ce qui touche au vrai deuil, rien ne s'oublie jamais. Tout ce que nous pouvons vivre c'est de nous habituer mieux à la douleur et, dans la dimension de la foi, de comprendre que nous sommes accompagnés dans cette douleur.
La vie va continuer, le passé s'inscrit en nous, nous portons tous des blessures, des brèches, des meurtrissures, mais l'avenir reste ouvert pour vivre intensément ce que l'amour continue à nous promettre.

Qu'en est-il de la vie après la mort ? Quand nous nous séparons de nos proches qui ont eu une histoire nous pouvons imaginer par-delà la mort une vie, certes différente, mais une vie, car ces défunts auront eu une histoire, développé une intelligence, possédé un caractère. L'intuition de la foi peut faire imaginer une autre vie, une éternité, des retrouvailles.
Qu'en est-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Ecoutons ce simple élément de réponse, écoutons comment le prophète Esaïe évoque la naissance d'un pays que nous connaissons sous le nom d'Israël.
Nous savons fort bien l'histoire très mouvementée de ce pays, nous évoquons régulièrement les drames liés à son histoire. Pourtant Dieu affirme ici l'avoir accompagné alors qu'il n'était pas encore formé. Le processus, le plan de Dieu, continue.

Esaïe 4
1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j'ai choisi.
2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t'ai fait,
qui t'ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N'aie pas peur, peuple de Jacob,
Qu'adviendra-t-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Nous n'avons pas une réponse mais l'intuition que donne la foi, nous avons le prolongement de ce qu'a annoncé le prophète Esaïe et tout ce qui a été donné en Jésus nous fait dépasser cette énigme.
Et ce n'est pas seulement aujourd'hui que nous sommes placés devant des mystères, devant ce qui nous est caché, car la vie éprouve régulièrement notre foi.
La logique ou le raisonnement ne savent pas y répondre. Devant l'absurde, devant l'échec, devant l'arbitraire nous pouvons certes placer la volonté, les progrès de la science, le combat contre toutes les formes du mal, mais vient toujours le moment où la foi prendra le relais de la raison et de la volonté.
Qu'en est-il du petit Thibaut ? La réponse est dans le mystère, mais le mystère n'est pas un vide. C'est un mystère quand nous prenons le pain et le vin de la sainte cène, c'est le mystère de la présence de Dieu quand nous le prions, c'est le mystère de la célébration de Pâques et de la résurrection... En ces moments-là nous plaçons notre confiance en ce qui a été montré et donné en Jésus.

Frères et soeurs soutenons-nous les uns les autres en une simple humanité compatissante, soutenons-nous les uns les autres par ce qui nous donné dans la dimension de la foi. C'est dans la souffrance que nous ferons particulièrement briller l'amitié, le soutien, la fraternité. Que ce mystère-là vienne réchauffer et éclairer ce que nous ne pouvons comprendre. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:45

Prédication d'enterrement du pasteur Bruno Holcroft à l'occasion des obsèques de Monsieur Lucien Perraut le 14 février 2009 à Niederbronn-les-Bains.

Marc 16
1 Quand le jour du sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles parfumées pour aller embaumer le corps de Jésus. 2 Très tôt le dimanche matin, au lever du soleil, elles se rendirent au tombeau. 3 Elles se disaient l'une à l'autre : « Qui va rouler pour nous la pierre qui ferme l'entrée du tombeau ? » 4 Mais quand elles regardèrent, elles virent que la pierre, qui était très grande, avait déjà été roulée de côté.



Qui va nous rouler la pierre ? Cette question des femmes nous la prendrons pour nous car nous nous trouvons régulièrement confrontés à des tâches qui dépassent nos forces. Le sens premier est simple, les femmes de l'Evangile ne pouvaient pas rouler la pierre tant leurs forces physiques étaient insuffisantes ; nous comprenons parfaitement le bon sens de leur question.

Quant à nous, nous sommes confrontés à la vie, à nos difficultés d'hommes ou de femmes, nos difficultés comme employeurs ou comme salariés, confrontés à notre mauvaise santé, parfois encore nous sommes en butte à des difficultés sans y être pour autant pour quelque chose. La vie est parfois difficile, lourde comme une immense pierre, l'accès à ce qui nous semble essentiel étant comme bouché, l'accès à l'être aimé interdit, fermé.
Des difficultés auxquelles il faut faire face, il faut encore évoquer les guerres lors desquelles la vie humaine et les destins personnels sont si peu de choses.

[La guerre a volé la jeunesse à toute une génération, aussi à notre frère. Lucien Perraut qui s’est battu pour une certaine idée de son pays, pour les valeurs qui étaient les siennes et pour la liberté. Il a payé ces convictions de plusieurs années de sa jeune vie, pendant lesquelles il a beaucoup souffert, et qui l’ont marqué à jamais. Les emprisonnements, les camps, le maquis, la faim et la violence. Mais aussi sans doute de manière également marquante : les amitiés, la solidarité, le respect de l’autre.]

Nous saluons l'homme qu'il a été et nous nous demandons tous comment nous pouvons affronter, apaiser, guérir des traumatismes de la vie. Comment à tour de rôle de pas devenir aussi dur que la vie l'est parfois, aussi fermé que les obstacles que nous énumérons aujourd'hui.
Et puis disons-le : il faut des forces presque surhumaines pour aller rouvrir une tombe que l'on avait fermée trois jours plus tôt. Sur nos vies aussi nous posons aussi des pierres, un couvercle, nous l'appelons parfois une chape de plomb ou la loi du silence. Nous disons qu'il vaut mieux ne plus en parler, ne rien remuer de peur que... de peur que la souffrance et que toutes les vérités révélées par les crises ne se déchaînent à nouveau !

Et à vous chère famille il faut des forces pour affronter la séparation, pour affronter le silence, pour accepter que la voix de celui que vous avez aimé ne retentisse plus, que la main que vous aviez serrée, cette main qui vous avait protégées, choyées, qui vous avait guidées, glisse à présent de la vôtre. Reste l'amour, comme vous me l'avez écrit, l'amour reçu qui reste le soutien pour toute l'existence.

Devant la mort on ne peut guère tricher, devant la mort nous sommes devant toutes les morts, aussi devant cette amertume qu'elle suscite, devant le livre de la vie qui ne s'écrit plus, devant ce qui est peut-être inachevé, ce qui n'a jamais été guéri, peut-être aussi devant ce que nous aurions dû dire, ce que nous aurions dû être ou faire.

Comment rouler la pierre... ? Il faut le courage des femmes pour faire rouvrir la tombe. Elles tiennent à faire leur devoir... Elles ont préparé les onguents pour cela...
Nous aussi quand nous enterrons nos morts nous devons faire face à une série de difficultés matérielles, il faut faire face, il faut faire ce qu'il faut faire.

Les femmes étaient seules quand de si bonne heure elles traversaient la ville, elles étaient des ombres furtives se glissant silencieusement vers les hauteurs avec cette pensée qui martelait leurs tempes quand leur peine n'était pas trop grande. Qui nous roulera la pierre... ? Elles étaient comme un cortège de mort traversant la ville, écrasées par ce qui s'était passé, écrasées par ce qu'elles avaient encore à faire. Mais elles avancent, elles se trouvent à la tombe.

… Nous connaissons le récit de la résurrection, la pierre fut roulée par une main non humaine et le mort était absent. Ce qui avait été fermé, ce qui était effrayant, injuste, violent, se trouve ouvert, apaisé, joyeux.

Les femmes vont retraverser la ville, elles vont le faire en courant, les bras déchargés de ce qu'elles voulaient faire. Ce qui les attendait, ce qui les renvoyait, était tout autre chose que la notion du devoir ou du courage qu'il faut pour vivre, c'est l'annonce que l'amour a surmonté la mort. La pierre à rouler était une question importante, le Christ vivant l'est infiniment plus ! Elles pensaient aller vers la mort et le Christ les renvoyait vers la vie.

Notre ville est ainsi traversée de cortèges, de fronts lourds, de questions matérielles, de vraies peines de cœur, de destinées parfois tragiques. Ce sont de vraies souffrances devant lesquelles chacun s'incline. Un mouvement vient aussi des Eglises, il va à contre-courant, le message de Pâques vient à notre rencontre, il retentit dans nos deux Eglises. Le Christ est vivant, la pierre a été roulée, le mot de la fin n'appartient pas à l'absurde condition humaine, il appartient au Père qui a tant aimé son Fils. « Rien ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ » ! écrivait l'apôtre Paul.

Aucune pierre, aucune tombe ne nous séparera jamais de la vie. Il y a là une vérité à entendre, une vérité qui fait vivre. Ceux qui sont morts sont vivants et toute notre vie veut être amenée à la vraie vie, à la guérison des traumatismes, à l'épanouissement complet de l'amour.

Notre véritable consolation se trouve en cette vérité vécue dès à présent parmi nous, et qui sera vécue infiniment et éternellement là où tous nous attendent, là où le Père céleste nous attend.

Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Jeudi 19 Février 2009 à 13:27
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