Chers frères et soeurs, nous allons méditer cette parole, ce verset de confirmation qui contient une telle puissance, une telle direction pour l'existence d'un chrétien.

1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.

Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !

Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.

Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.

La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...

La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.

Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».

Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.

Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.

Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.


Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:50