Psaume 26 v 8
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël 2009 sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.
L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?
Ces désirs n'ont pas besoin d'être longuement recherchés.
Toutes les trois secondes quelqu'un meurt de faim, un humain dont les bras sont sans force, et dont le regard se perd dans le vide, meurt.
C'est la souffrance aussi dans le froid, un sondage révèle que près de la moitié des français craignent de devenir des SDF.
Bien entendu nous avons une sensibilité toute particulière en pensant à la souffrance des enfants
Nous songeons à tous ceux pour qui Noël est un temps de souffrance et de solitude
Nous songeons à la planète, à la destruction, au saccage de la nature
Nous songeons à nos malades, aux injustices, aux violences
Nous songeons au conjoint trompé, à l'enfant qui s'est égaré
Nous songeons aux conflits, aux rancunes, au passé dont on ne guérit pas, à ceux qui se sont enfermés dans un mutisme
Terminons par notre besoin de sécurité, de dignité, d'amour, etc.
Oui il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure pas en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
Dans ce monde de brute la famille et l'Église peuvent être des havres de paix. Je suis bien heureux pour vous que notre soeur vous ait réunis pour des temps de fête et de communion.
Et puis la boulangerie elle-même est symbole de partage, de protection « Donne-nous notre pain de ce jour ». C'est un métier pénible pour le boulanger, mais c'est une source où l'on vient chaque jour, rassurés par ce qui nous est donné.
Les dernières émeutes en Egypte ont été des émeutes de la faim, des émeutes du pain, car suite à une décision gouvernementale, le pain était devenu trop cher. Les pauvres, très nombreux, n'avaient même pas de quoi acheter du pain qui était subventionné par le gouvernement. Ce pain était est souvent leur seule nourriture !
Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.
L’Avent est aussi l'annonce d'une venue, le temps de la préparation à cette venue. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps évoqué était tourné vers le passé et vers l'éternité - le sommeil de la mort - , nous pouvons aussi le conjuguer au présent.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ?
----------------------
Le protestantisme rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.
Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?
Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ.
Que ce soit devant la crèche où il naquit, nous nous tenons devant Jésus.
Quand nous nous tenons devant le baptistère où nous avons été baptisés, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ enseignant et guérissant, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ mourant sur la croix ou devant le Christ se relevant d'entre les morts, nous sommes toujours devant Jésus !
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
A chaque rencontre à l'Église nous sommes toujours placés devant la réalité du Christ.
Noël c'est parler de Jésus, c'est se tenir devant Jésus, il est le cadeau de Dieu fait aux hommes.
Amis menons ce dialogue intérieur, ardent et profond. Une réalité se construit, un feu s'allume quand je me laisse habiter par ce que la Bible me révèle de Dieu. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.
Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui fait briller les lumières de Noêl, c'est ce feu qui donne sens et avive notre conscience.
Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël.
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël 2009 sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.
L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?
Ces désirs n'ont pas besoin d'être longuement recherchés.
Toutes les trois secondes quelqu'un meurt de faim, un humain dont les bras sont sans force, et dont le regard se perd dans le vide, meurt.
C'est la souffrance aussi dans le froid, un sondage révèle que près de la moitié des français craignent de devenir des SDF.
Bien entendu nous avons une sensibilité toute particulière en pensant à la souffrance des enfants
Nous songeons à tous ceux pour qui Noël est un temps de souffrance et de solitude
Nous songeons à la planète, à la destruction, au saccage de la nature
Nous songeons à nos malades, aux injustices, aux violences
Nous songeons au conjoint trompé, à l'enfant qui s'est égaré
Nous songeons aux conflits, aux rancunes, au passé dont on ne guérit pas, à ceux qui se sont enfermés dans un mutisme
Terminons par notre besoin de sécurité, de dignité, d'amour, etc.
Oui il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure pas en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
Dans ce monde de brute la famille et l'Église peuvent être des havres de paix. Je suis bien heureux pour vous que notre soeur vous ait réunis pour des temps de fête et de communion.
Et puis la boulangerie elle-même est symbole de partage, de protection « Donne-nous notre pain de ce jour ». C'est un métier pénible pour le boulanger, mais c'est une source où l'on vient chaque jour, rassurés par ce qui nous est donné.
Les dernières émeutes en Egypte ont été des émeutes de la faim, des émeutes du pain, car suite à une décision gouvernementale, le pain était devenu trop cher. Les pauvres, très nombreux, n'avaient même pas de quoi acheter du pain qui était subventionné par le gouvernement. Ce pain était est souvent leur seule nourriture !
Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.
L’Avent est aussi l'annonce d'une venue, le temps de la préparation à cette venue. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps évoqué était tourné vers le passé et vers l'éternité - le sommeil de la mort - , nous pouvons aussi le conjuguer au présent.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ?
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Le protestantisme rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.
Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?
Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ.
Que ce soit devant la crèche où il naquit, nous nous tenons devant Jésus.
Quand nous nous tenons devant le baptistère où nous avons été baptisés, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ enseignant et guérissant, nous sommes devant Jésus.
Quand nous sommes devant le Christ mourant sur la croix ou devant le Christ se relevant d'entre les morts, nous sommes toujours devant Jésus !
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
A chaque rencontre à l'Église nous sommes toujours placés devant la réalité du Christ.
Noël c'est parler de Jésus, c'est se tenir devant Jésus, il est le cadeau de Dieu fait aux hommes.
Amis menons ce dialogue intérieur, ardent et profond. Une réalité se construit, un feu s'allume quand je me laisse habiter par ce que la Bible me révèle de Dieu. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.
Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui fait briller les lumières de Noêl, c'est ce feu qui donne sens et avive notre conscience.
Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël.
Eternel, j'aime le séjour en ta maison, le lieu où ta gloire habite.
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 20 Décembre 2009 à 15:31
Chers amis
A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.
L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?
Il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »
Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.
L’Avent est aussi le temps d'une venue, le temps de la préparation de la venue de Dieu. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps de l'Avent était tourné vers le passé et vers l'éternité, à présent nous pouvons aussi considérer ce temps comme une préparation.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ? Lorsque Dieu est en nous, les autres personnes de ce monde sont aussi présents en nous. En particulier ceux qui d’habitude ne sont pas toujours bien accueillis.
Les petits de notre monde de grands,
Les sans emplois dans notre société de stress,
Ceux qui arrivent alors que nous pensons que la barque est déjà suffisamment pleine.
Dieu en Jésus-Christ est tout particulièrement venu pour eux dans le monde. C’est pourquoi ils viennent aussi vers nous quand Dieu vient véritablement demeurer en nous – et lorsque nous les accueillons nous accueillons effectivement Dieu dans notre vie.
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Le protestantisme enfin rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.
J'ai vu à la télévision le reporter regrettant que l'esprit de Noël soit entaché à cause d'une grève dans un grand magasin. Mais Noël ce n'est pas du tout dépenser 400 € dans les grands magasins ! Quelle erreur !
J'ai vu un grand « buzz », un grand succès d'audience, on se précipite sur internet pour voir chaque jour 6 manchots, habillés en père Noël, parcourir quelques mètres. Mais comment peut-on dire que c'est là Noël ? ! Etc.
Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?
Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ. Que ce soit devant la crèche où il naquit, devant la baptistère où nous avons été baptisé, devant le Christ enseignant et guérissant, devant le Christ mourant sur la croix, devant le Christ se relevant d'entre les morts.
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
Que faut-il en conclure ? Que l'Esprit de Dieu, cette conscience haute et ardente, personnelle, intime, consolante et exigeante se vit et se reçoit quand on se frotte à la Bible, à l'Ecriture sainte. Se tenir devant Dieu c'est bien plus que de connaître une simple émotion, ce n'est pas nécessairement une envolée mystique, mais c'est se frotter aux Ecritures. Rencontrer Dieu c'est se laisser interroger et conduire par elles.
Menons ce dialogue ardent et profond. Quelque chose se construit, quelque chose s'allume, quand je me laisse habiter par ce qu'elle dit. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.
Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui nous fait briller le feu, qui donne sens et avive notre conscience.
Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël. Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
A quelques jours de Noël nous sommes dans la tristesse de devoir nous séparer d'un membre de nos familles. Ce Noël sera marqué par ce départ. Dans le calendrier de l'Église nous vivons cette période de quatre semaines que nous nommons « le temps de l'Avent ».
C'est un temps d'attente, il permet un arrêt afin nous relevions nos têtes tant il est vrai que nous sommes tous plongés dans une course quotidienne ou hebdomadaire. Lever nos têtes c'est se dégager de toutes les contraintes qui nous enserrent et nous pressent, afin de vérifier le sens de ce que nous vivons. Ce sens nous échappe quand nous sommes dans les seules nécessités de la vie, dans les activités hebdomadaires ou quotidiennes.
L’Avent est le temps de l’attente, il est ce temps particulier de l’année où nous nous mettons à l’écoute de notre vie intérieure et où nos désirs ont le droit de s’exprimer. Durant ces semaines nous attendons qu’arrive ce que nous désirons au plus profond de notre coeur, ce qui est important pour notre vie, ce qui nous donne sens et qui nous sauve.
Mais de quoi s’agit-il ? Que doit-il arriver, que doit-il se produire en nous et autour de nous pour que se réalisent ces désirs ?
Il y a bien longtemps quelqu’un a dit : « Notre coeur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi, ô notre Dieu. » Le philosophe Blaise Pascal le dira ainsi : « Il y a dans nos cœurs un vide qui a la forme de Dieu ». Durant ce culte nous pourrions dire : « Notre coeur est sans repos, tant que toi, Dieu, tu n’es pas arrivé dans notre coeur, dans nos familles et nos lieux de vie. »
Nous sommes aussi collectivement plongés dans un temps d'attente, celui qui nous permettra plus tard de retrouver ceux dont nous avons été séparés par le sommeil de la mort. Et la mort n'est pas un simple retour à la vie, le jour où nous nous réveillerons des morts, nous vivrons une dimension bien supérieure à ce que nous avons commencé à vivre ici-bas.
Ce qui aura manqué à nos relations, ce qui est aujourd'hui le soupire de nos coeurs, ce qui est resté inachevé ou insatisfait, connaîtra l'épanouissement de ceux qui vivent dans la présence de Dieu. Ces mots sont des images, toutes imparfaites, mais elles nourrissent de manière sûre nos intuitions.
L’Avent est aussi le temps d'une venue, le temps de la préparation de la venue de Dieu. Dieu va revenir dans ce monde, mais aussi chez chacune, chez chacun d’entre nous. C’est pourquoi l’Avent est le temps favorable pour oser se poser les questions importantes :
Si le premier temps de l'Avent était tourné vers le passé et vers l'éternité, à présent nous pouvons aussi considérer ce temps comme une préparation.
Comment Dieu arrive-t-il chez moi ? Dieu peut-il arriver chez moi ? Y a-t-il du temps et de l’espace en moi pour l’attendre, pour préparer sa venue, pour aller joyeusement à sa rencontre ? Lorsque Dieu est en nous, les autres personnes de ce monde sont aussi présents en nous. En particulier ceux qui d’habitude ne sont pas toujours bien accueillis.
Les petits de notre monde de grands,
Les sans emplois dans notre société de stress,
Ceux qui arrivent alors que nous pensons que la barque est déjà suffisamment pleine.
Dieu en Jésus-Christ est tout particulièrement venu pour eux dans le monde. C’est pourquoi ils viennent aussi vers nous quand Dieu vient véritablement demeurer en nous – et lorsque nous les accueillons nous accueillons effectivement Dieu dans notre vie.
----------------------
Le protestantisme enfin rappelle que les questions les plus importantes, les plus intimes, les plus décisives, se jouent et se décident devant Dieu. Oui Noël donne une place à la tendresse, à l'émotion de l'enfance, à la féérie des lumières, à la gentillesse exprimée par les cadeaux. Le protestantisme cependant se méfie aussi de la religiosité, qu'elle soit laïque ou religieuse. Derrière ces symboles, ces temps, ces décors, c'est une réalité sainte, vibrante et éternelle se tient.
J'ai vu à la télévision le reporter regrettant que l'esprit de Noël soit entaché à cause d'une grève dans un grand magasin. Mais Noël ce n'est pas du tout dépenser 400 € dans les grands magasins ! Quelle erreur !
J'ai vu un grand « buzz », un grand succès d'audience, on se précipite sur internet pour voir chaque jour 6 manchots, habillés en père Noël, parcourir quelques mètres. Mais comment peut-on dire que c'est là Noël ? ! Etc.
Noël c'est parler de Jésus. Et tout comme il est venu parmi nous, parmi les humains, parmi les pauvres, nous avons à nous demander ce que nous faisons pour nos frères en humanité ?
Nous tenir devant l'enfant de la crèche c'est bien plus que de ressentir les émotions de l'enfance,
la foi c'est toujours se tenir devant Jésus-Christ. Que ce soit devant la crèche où il naquit, devant la baptistère où nous avons été baptisé, devant le Christ enseignant et guérissant, devant le Christ mourant sur la croix, devant le Christ se relevant d'entre les morts.
Et ce Christ se rencontre par excellence quand on ouvre la Bible, quand on lit les Evangiles.
Que faut-il en conclure ? Que l'Esprit de Dieu, cette conscience haute et ardente, personnelle, intime, consolante et exigeante se vit et se reçoit quand on se frotte à la Bible, à l'Ecriture sainte. Se tenir devant Dieu c'est bien plus que de connaître une simple émotion, ce n'est pas nécessairement une envolée mystique, mais c'est se frotter aux Ecritures. Rencontrer Dieu c'est se laisser interroger et conduire par elles.
Menons ce dialogue ardent et profond. Quelque chose se construit, quelque chose s'allume, quand je me laisse habiter par ce qu'elle dit. La lumière vient et la tendresse, la féérie de Noël, la force tout comme les initiatives, tout comme la consolation pour ceux qui sont dans le deuil, tout cela nous est donné à ce moment-là.
Noël annonce la venue d'un Sauveur et Seigneur. C'est cette relation avec lui qui nous fait briller le feu, qui donne sens et avive notre conscience.
Que brillent parmi nous et dans le monde les lumières de Noël. Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 15 Décembre 2009 à 08:52
Matthieu 7 v 21 – 27
Chers amis,
l'histoire est connue et nous avons médité depuis notre enfance les deux chemins possibles et l'exhortation solennelle de Jésus à bâtir sur le roc. Nous allons donc rafraîchir un peu cette parabole et la reconstruire autour du grain de sable.
L'explication habituelle - et bonne - vise à dire que les paroles, et mêmes nos actes, présentent une illusion de solidité qui s'effacera devant la dureté de la vie si nous pensons pouvoir éviter de vivre dans la sincérité et la pureté. Ceux qui disent, dit la Bible, « Seigneur, Seigneur » et même ceux qui ont fait tant et plus au nom de la foi, de l'Église, de l'Evangile, tous ceux-là n'expérimentent la sécurité de l'Evangile qu'à condition qu'ils soient ancrés eux-mêmes dans une réalité de vie, de relation avec le Christ.
Bâtir sur le sable mène à la ruine quand les jours mauvais arrivent. Nous avons tous vu à la télévision des fleuves en crue, la caméra saisit le moment où les maisons s'écroulent et suscitent notre effroi. Le parallèle est évident, nous ne pouvons pas imaginer une vie humaine qui ne serait pas traversée par quelque tempête, et c'est là que les fondements d'une vie sont éprouvés. Bien-heureux ceux qui ont bâti sur le vrai et le durable ! Malheur à ceux qui se sont contentés de suivre les modes ou la superficialité de ce que propose une société de consommation.
Dans un deuxième temps reprenons l'image du sable, pour passer au grain de sable. L'image qui me vient à l'esprit est celle du sablier, du temps qui s'écoule et qu'on ne peut pas retenir. Là encore c'est une image négative, nous ne pouvons rien maintenir, tout s'écoule comme l'eau et nos actions se suivent, se succèdent, se perdent dans le fond indistinct du sablier du temps. Il nous suffit d'énumérer les activités d'une journée, du matin au soir, beaucoup de petits actes, un enchaînement continu, la répétition de jour en jour des mêmes petits éléments. Au fond je ne construis rien, s'écoule, tout s'amoncelle indistinctement.
A côté de cela l'image utilisée par Jésus est bien celle du roc, de la maison construite sur le roc, ce qui nous fera assurément penser, dans notre région d'Alsace, au grès des Vosges. Ici les châteaux ont traversé des siècles. Le grès des Vosges... un exemple de solidité, de stabilité.
Pourtant j'ouvre l'un ou l'autre ouvrage et je constate que ce magnifique grès des Vosges n'est quasiment constitué que... de grains de sable ! L'exemple de compacité est constitué de cet élément instable, roulant, fuyant, coulant ! Il n'y a qu'une différence, le grès est la cimentation de grains de sable. Un processus s'est développé, un liant a associé tous les grains de sable leur donnant cette stabilité. C'est la même chose mais c'est tout à fait différent ! Une réalité extérieure est venue donner une unité, une cohérence. Quelque chose crée du lien entre les mille petites choses de la vie.
Le premier des liants est l'attitude de vie qui peut se dire en une prière : Me voici Seigneur ce matin. Je quitte le sommeil de la nuit comme un homme sort du fleuve, ruisselant de l'eau de son baptême, et j'entre dans la journée, disponible, entier, orienté.
Dès le matin je t'entends ô Dieu prononcer mon nom tandis que je murmure le tien.
Je tente humblement de mettre en oeuvre ce que j'ai compris du secret de ton dessein.
Ce bien recherché n'est pas une idée vaporeuse difficile à définir, ce bien porte le nom de Jésus qui se révèle et se donne à nous par la Bible. Et la solidité de la construction se vérifie, l'on découvre même qu'il y a un architecte. Le Bien choisi par mon voisin, le bien choisi par un croyant, le bien choisi par l'enfant, l'adolescent jusqu'à ceux qui connaissent le grand âge, tous les éléments posés construisent une réalité forte et joyeuse qu'est l'Église.
Cependant ajoutons une dernière chose difficile, celle d'un autre grain de sable. Celui qui vient gripper la machine, qui irrite la gorge, qui fait pleurer les yeux. Tout ne va pas toujours bien, la tempêté évoquée arrive, le vent souffle vraiment fort quand nous affrontons l'échec, la maladie, l'injustice ou le deuil. Que faire de ce grain de sable ? La solution n'est pas de prier pour qu'il n'arrive rien, la solution réside dans le fait que nous pouvons intégrer la souffrance dans la réalité de la vie. Autrement dit il nous faut accepter la souffrance, accepter ce que nous ne pouvons pas éviter. Il faut que le liant vienne cimenter ce grain de sable, au départ extérieur, à la construction de nos vies. Ce qui nous arrive de difficile, de très difficile parfois, doit être regardé, resitué, accepté dans la réalité de la foi, dans la réalité du don de Dieu, de Jésus-Christ. Et le grain prendra sa place dans la construction, et la construction avancera.
Et enfin, quand tout à la fin de nos vies il arrive que tout se désagrère, à cause des erreurs et surtout tout simplement à cause de notre âge. Nous sommes dès lors invités à nous souvenir que rien ne peut jamais nous séparer de l'amour de Dieu. Toutes choses contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu... Même si nous tombons, quand la mémoire se perd, quand les forces faiblissent et que l'ombre de la nuit vient nous menacer... souvenons-nous qu'aussi bas que nous tombions nous ne tomberons que dans les bras de Dieu. Il reste notre sécurité dernière et le sens de tout, de notre vie aussi, se trouve en lui.
Prions :
Merci Seigneur de pouvoir choisir la vie, la vraie vie qui se trouve et s'épanouit dans le bien. C'est notre choix, notre volonté comme notre salut, notre devoir et notre bonheur.
Merci de pouvoir aimer les mille petites choses que nous enchaînons et qui font notre journée.
Merci pour ta parole qui fait notre joie, elle est nourriture, boisson, lumière, chemin ! Au jour de la création tu t'es exclamé que le monde était beau et ouvrant ta parole, découvrant de quel amour nous sommes aimés, nous nous exclamons nous aussi tant tu es bon, beau et puissant. On t'a dit au repos mais ce n'est pas vrai, tu es au travail au milieu de nous ! Nous sommes tous en train d'être sauvés et c'est l'oeuvre de l'Esprit.
Merci pour la tradition qui nous porte et nous nourrit.
Merci pour le rythme de la semaine, celui des fêtes et des saisons.
Merci pour tous les cycles de la vie de l'Église, merci pour la liturgie, ses couleurs et même ses odeurs.
Merci pour l'Église qui me permet de comprendre les générations qui se suivent, se posent, se superposent pour un projet dont toi seul es le grand architecte.
Pour aujourd'hui, comme pour hier et demain, nous avançons dans ton grand dessein.
Mes pieds suivent le chemin des ancêtres et mes enfants aussi sont invités à choisir le vrai, le bien et l'humain.
Ensemble et le même jour nous entrerons dans ton royaume que tu construits, grain de après grain.
Amen.
l'histoire est connue et nous avons médité depuis notre enfance les deux chemins possibles et l'exhortation solennelle de Jésus à bâtir sur le roc. Nous allons donc rafraîchir un peu cette parabole et la reconstruire autour du grain de sable.
L'explication habituelle - et bonne - vise à dire que les paroles, et mêmes nos actes, présentent une illusion de solidité qui s'effacera devant la dureté de la vie si nous pensons pouvoir éviter de vivre dans la sincérité et la pureté. Ceux qui disent, dit la Bible, « Seigneur, Seigneur » et même ceux qui ont fait tant et plus au nom de la foi, de l'Église, de l'Evangile, tous ceux-là n'expérimentent la sécurité de l'Evangile qu'à condition qu'ils soient ancrés eux-mêmes dans une réalité de vie, de relation avec le Christ.
Bâtir sur le sable mène à la ruine quand les jours mauvais arrivent. Nous avons tous vu à la télévision des fleuves en crue, la caméra saisit le moment où les maisons s'écroulent et suscitent notre effroi. Le parallèle est évident, nous ne pouvons pas imaginer une vie humaine qui ne serait pas traversée par quelque tempête, et c'est là que les fondements d'une vie sont éprouvés. Bien-heureux ceux qui ont bâti sur le vrai et le durable ! Malheur à ceux qui se sont contentés de suivre les modes ou la superficialité de ce que propose une société de consommation.
Dans un deuxième temps reprenons l'image du sable, pour passer au grain de sable. L'image qui me vient à l'esprit est celle du sablier, du temps qui s'écoule et qu'on ne peut pas retenir. Là encore c'est une image négative, nous ne pouvons rien maintenir, tout s'écoule comme l'eau et nos actions se suivent, se succèdent, se perdent dans le fond indistinct du sablier du temps. Il nous suffit d'énumérer les activités d'une journée, du matin au soir, beaucoup de petits actes, un enchaînement continu, la répétition de jour en jour des mêmes petits éléments. Au fond je ne construis rien, s'écoule, tout s'amoncelle indistinctement.
A côté de cela l'image utilisée par Jésus est bien celle du roc, de la maison construite sur le roc, ce qui nous fera assurément penser, dans notre région d'Alsace, au grès des Vosges. Ici les châteaux ont traversé des siècles. Le grès des Vosges... un exemple de solidité, de stabilité.
Pourtant j'ouvre l'un ou l'autre ouvrage et je constate que ce magnifique grès des Vosges n'est quasiment constitué que... de grains de sable ! L'exemple de compacité est constitué de cet élément instable, roulant, fuyant, coulant ! Il n'y a qu'une différence, le grès est la cimentation de grains de sable. Un processus s'est développé, un liant a associé tous les grains de sable leur donnant cette stabilité. C'est la même chose mais c'est tout à fait différent ! Une réalité extérieure est venue donner une unité, une cohérence. Quelque chose crée du lien entre les mille petites choses de la vie.
Le premier des liants est l'attitude de vie qui peut se dire en une prière : Me voici Seigneur ce matin. Je quitte le sommeil de la nuit comme un homme sort du fleuve, ruisselant de l'eau de son baptême, et j'entre dans la journée, disponible, entier, orienté.
Dès le matin je t'entends ô Dieu prononcer mon nom tandis que je murmure le tien.
Je tente humblement de mettre en oeuvre ce que j'ai compris du secret de ton dessein.
Ce bien recherché n'est pas une idée vaporeuse difficile à définir, ce bien porte le nom de Jésus qui se révèle et se donne à nous par la Bible. Et la solidité de la construction se vérifie, l'on découvre même qu'il y a un architecte. Le Bien choisi par mon voisin, le bien choisi par un croyant, le bien choisi par l'enfant, l'adolescent jusqu'à ceux qui connaissent le grand âge, tous les éléments posés construisent une réalité forte et joyeuse qu'est l'Église.
Cependant ajoutons une dernière chose difficile, celle d'un autre grain de sable. Celui qui vient gripper la machine, qui irrite la gorge, qui fait pleurer les yeux. Tout ne va pas toujours bien, la tempêté évoquée arrive, le vent souffle vraiment fort quand nous affrontons l'échec, la maladie, l'injustice ou le deuil. Que faire de ce grain de sable ? La solution n'est pas de prier pour qu'il n'arrive rien, la solution réside dans le fait que nous pouvons intégrer la souffrance dans la réalité de la vie. Autrement dit il nous faut accepter la souffrance, accepter ce que nous ne pouvons pas éviter. Il faut que le liant vienne cimenter ce grain de sable, au départ extérieur, à la construction de nos vies. Ce qui nous arrive de difficile, de très difficile parfois, doit être regardé, resitué, accepté dans la réalité de la foi, dans la réalité du don de Dieu, de Jésus-Christ. Et le grain prendra sa place dans la construction, et la construction avancera.
Et enfin, quand tout à la fin de nos vies il arrive que tout se désagrère, à cause des erreurs et surtout tout simplement à cause de notre âge. Nous sommes dès lors invités à nous souvenir que rien ne peut jamais nous séparer de l'amour de Dieu. Toutes choses contribuent au bien de ceux qui aiment Dieu... Même si nous tombons, quand la mémoire se perd, quand les forces faiblissent et que l'ombre de la nuit vient nous menacer... souvenons-nous qu'aussi bas que nous tombions nous ne tomberons que dans les bras de Dieu. Il reste notre sécurité dernière et le sens de tout, de notre vie aussi, se trouve en lui.
Prions :
Merci Seigneur de pouvoir choisir la vie, la vraie vie qui se trouve et s'épanouit dans le bien. C'est notre choix, notre volonté comme notre salut, notre devoir et notre bonheur.
Merci de pouvoir aimer les mille petites choses que nous enchaînons et qui font notre journée.
Merci pour ta parole qui fait notre joie, elle est nourriture, boisson, lumière, chemin ! Au jour de la création tu t'es exclamé que le monde était beau et ouvrant ta parole, découvrant de quel amour nous sommes aimés, nous nous exclamons nous aussi tant tu es bon, beau et puissant. On t'a dit au repos mais ce n'est pas vrai, tu es au travail au milieu de nous ! Nous sommes tous en train d'être sauvés et c'est l'oeuvre de l'Esprit.
Merci pour la tradition qui nous porte et nous nourrit.
Merci pour le rythme de la semaine, celui des fêtes et des saisons.
Merci pour tous les cycles de la vie de l'Église, merci pour la liturgie, ses couleurs et même ses odeurs.
Merci pour l'Église qui me permet de comprendre les générations qui se suivent, se posent, se superposent pour un projet dont toi seul es le grand architecte.
Pour aujourd'hui, comme pour hier et demain, nous avançons dans ton grand dessein.
Mes pieds suivent le chemin des ancêtres et mes enfants aussi sont invités à choisir le vrai, le bien et l'humain.
Ensemble et le même jour nous entrerons dans ton royaume que tu construits, grain de après grain.
Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 1 Décembre 2009 à 09:15
En introduction à une assemblée d'inspection en octobre 2009
Lecture : Marc 1 v 16 – 20 (Jésus appelle ses disciples)
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Chers amis,
Qu'est-ce que la vocation quand on est un homme ou une femme ordinaire ?
Evidemment, sans autre introduction, la question surprend. De quoi parlons-nous ? En fait, nous nous sommes posé cette question dans ma paroisse de Niederbronn en préparant – déjà - le culte de la réformation auquel nous associons le thème de la vocation.
Vocation... As-tu la vocation ? A cette question l'on répond en fait à une idée simple. Il s'agit de savoir si ce jeune homme ou cette jeune femme veut être pasteur. Si tu penses avoir la vocation tu fais des études de théologie et tu deviens pasteur ! C'est aussi simple que cela.
As-tu la vocation ? Martin Luther s'est jeté dans la clémence de Dieu. La terreur de l'orage et de la foudre lui ont fait faire une promesse, celle de devenir moine s'il échappait à la foudre !
L'origine de sa vocation semble aussi simple que cela... Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Jean Calvin est quant à lui un mystère... Lui, le juriste dont le langage était souple et précis pour dire exactement, comme pour le Droit, quelle était la bonne théologie, il ne dit presque rien de sa conversion, de sa vocation... On sait qu'il fréquenta le courant évangélique de l'époque, qu'il lut des ouvrages, on se doute qu'il se mit à écrire et à recentrer une théologie qui devait l'être... mais il ne nous parle que très peu de sa vocation. Son parcours a été brillant, mais a-t-il seulement été ordonné pasteur ? Le voilà grande figure du protestantisme et nous ne savons pas bien du tout ce qui l'a mené, ce qui l'a convaincu, quel formidable bras de fer l'aurait opposé à Dieu... Ah heureusement nous avons Saul de Tarse, merci de nous avoir raconté comment tu as été terrassé et jeté du cheval sur lequel tu cheminais ! Dieu avait tout préparé pour qu'il soit un témoin ! Mais la conversion, la vocation de Calvin restera cachée de par sa volonté.
Nous aimons les grandes figures du protestantisme... nous aimons avoir quelques hommes ou femmes brillants, figures phares et emblématiques. Mais j'en reviens au groupe de préparation, je reviens aux hommes et aux femmes ordinaires. Je parle de nous. Qu'est-ce que la vocation ? Dieu merci ce ne sont pas seulement les pasteurs qui sont appelés. Ils sont simplement appelés à être des pasteurs, mais les appels de Dieu sont infiniment plus nombreux. Il y a ce qui se passe dans l'Eglise, mais mille et une choses se passent hors de l'Eglise !
Nous en sommes peu à peu venu à la formulation utilisée sans préalable. Dieu est extraordinaire mais qu'est-ce qu'une vocation ordinaire, pour des chrétiens « français-moyens » que nous sommes ? Il n'y a pas là de quoi se vexer, ordinaire ne veut pas rabaisser, cela veut simplement dire que nous ne voulons pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne voulons pas jouer à être leader, dirigeants, réformateurs, chargés de sauver le monde entier par la puissance de la prédication du salut. C'est tout simplement trop lourd, c'est charger la barque d'une manière excessive, c'est faire semblant se vouloir assumer un rôle qui n'est pas le nôtre. Et puis notre Eglise n'est pas vraiment en phase d'expansion...
Non, Dieu est extraordinaire, mais notre vocation doit trouver sa raison, son déploiement, son rythme dans l'ordinaire de nos jours et de nos semaines.
La vocation, autrement dit la place, le sens, le chemin... l'Eglise n'est pas la seule à chercher sa place et l'actualité nous fournit quelques exemples de travail, de labeur où l'on retrousse ses manches pour patiemment construire.
L'exemple dramatique est sans doute celui de France Telecom. Oui il est urgent de comprendre et de trouver d'autres voies, d'autres modes de travail. Quel est le rôle d'une entreprise et de ses dirigeants ? Quel est le respect, le sens, les précautions qu'il faut donner aux salariés ?
L'autre exemple est celui du parti socialiste. Voilà un immense parti obligé de reposer toutes les bonnes questions qu'un parti doit se poser, le voilà obligé de trouver une manière de construire et d'organiser.
Le dernier exemple est celui de l'Irlande, une nation est interrogée, elle participe, elle s'exprime par le vote. Quelle sera sa place dans l'Europe ? Quelle est sa conviction la plus profonde ?
Nous ici, au Liebfrauenberg, nous sommes cette assemblée animée d'une espérance et d'une volonté de travail. Cette soirée est une étape. Notre vocation ordinaire ? Se saisir des étapes, des rouages, des questions, pour patiemment poser pierre sur pierre. Vivre la vie de chrétien et faire le tour de la « Maison Eglise ».
Peut-être est-il bon de prendre quelques distances avec l'extraordinaire car ce qui est attendu c'est tout simplement que nous soyons trouvés au travail, avec nos facultés, notre expérience.
Nous avons évoqué Luther et Calvin, aussi le fonctionnement de la société civile. Cette assemblée d'inspection nous trouve ce soir au travail et permet l'information, l'échange, l'orientation, la vérification du sens, elle offre tout simplement un lieu fraternel. C'est dans cette sérénité, dans la patience et la constance de l'apport de tous nos talents que notre vocation trouvera le ton le plus juste, l'expression la plus adéquate. C'est la vocation de cette soirée.
Que Dieu nous bénisse dans ce travail et échange. Amen.
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Chers amis,
Qu'est-ce que la vocation quand on est un homme ou une femme ordinaire ?
Evidemment, sans autre introduction, la question surprend. De quoi parlons-nous ? En fait, nous nous sommes posé cette question dans ma paroisse de Niederbronn en préparant – déjà - le culte de la réformation auquel nous associons le thème de la vocation.
Vocation... As-tu la vocation ? A cette question l'on répond en fait à une idée simple. Il s'agit de savoir si ce jeune homme ou cette jeune femme veut être pasteur. Si tu penses avoir la vocation tu fais des études de théologie et tu deviens pasteur ! C'est aussi simple que cela.
As-tu la vocation ? Martin Luther s'est jeté dans la clémence de Dieu. La terreur de l'orage et de la foudre lui ont fait faire une promesse, celle de devenir moine s'il échappait à la foudre !
L'origine de sa vocation semble aussi simple que cela... Est-ce vraiment aussi simple que cela ?
Jean Calvin est quant à lui un mystère... Lui, le juriste dont le langage était souple et précis pour dire exactement, comme pour le Droit, quelle était la bonne théologie, il ne dit presque rien de sa conversion, de sa vocation... On sait qu'il fréquenta le courant évangélique de l'époque, qu'il lut des ouvrages, on se doute qu'il se mit à écrire et à recentrer une théologie qui devait l'être... mais il ne nous parle que très peu de sa vocation. Son parcours a été brillant, mais a-t-il seulement été ordonné pasteur ? Le voilà grande figure du protestantisme et nous ne savons pas bien du tout ce qui l'a mené, ce qui l'a convaincu, quel formidable bras de fer l'aurait opposé à Dieu... Ah heureusement nous avons Saul de Tarse, merci de nous avoir raconté comment tu as été terrassé et jeté du cheval sur lequel tu cheminais ! Dieu avait tout préparé pour qu'il soit un témoin ! Mais la conversion, la vocation de Calvin restera cachée de par sa volonté.
Nous aimons les grandes figures du protestantisme... nous aimons avoir quelques hommes ou femmes brillants, figures phares et emblématiques. Mais j'en reviens au groupe de préparation, je reviens aux hommes et aux femmes ordinaires. Je parle de nous. Qu'est-ce que la vocation ? Dieu merci ce ne sont pas seulement les pasteurs qui sont appelés. Ils sont simplement appelés à être des pasteurs, mais les appels de Dieu sont infiniment plus nombreux. Il y a ce qui se passe dans l'Eglise, mais mille et une choses se passent hors de l'Eglise !
Nous en sommes peu à peu venu à la formulation utilisée sans préalable. Dieu est extraordinaire mais qu'est-ce qu'une vocation ordinaire, pour des chrétiens « français-moyens » que nous sommes ? Il n'y a pas là de quoi se vexer, ordinaire ne veut pas rabaisser, cela veut simplement dire que nous ne voulons pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Nous ne voulons pas jouer à être leader, dirigeants, réformateurs, chargés de sauver le monde entier par la puissance de la prédication du salut. C'est tout simplement trop lourd, c'est charger la barque d'une manière excessive, c'est faire semblant se vouloir assumer un rôle qui n'est pas le nôtre. Et puis notre Eglise n'est pas vraiment en phase d'expansion...
Non, Dieu est extraordinaire, mais notre vocation doit trouver sa raison, son déploiement, son rythme dans l'ordinaire de nos jours et de nos semaines.
La vocation, autrement dit la place, le sens, le chemin... l'Eglise n'est pas la seule à chercher sa place et l'actualité nous fournit quelques exemples de travail, de labeur où l'on retrousse ses manches pour patiemment construire.
L'exemple dramatique est sans doute celui de France Telecom. Oui il est urgent de comprendre et de trouver d'autres voies, d'autres modes de travail. Quel est le rôle d'une entreprise et de ses dirigeants ? Quel est le respect, le sens, les précautions qu'il faut donner aux salariés ?
L'autre exemple est celui du parti socialiste. Voilà un immense parti obligé de reposer toutes les bonnes questions qu'un parti doit se poser, le voilà obligé de trouver une manière de construire et d'organiser.
Le dernier exemple est celui de l'Irlande, une nation est interrogée, elle participe, elle s'exprime par le vote. Quelle sera sa place dans l'Europe ? Quelle est sa conviction la plus profonde ?
Nous ici, au Liebfrauenberg, nous sommes cette assemblée animée d'une espérance et d'une volonté de travail. Cette soirée est une étape. Notre vocation ordinaire ? Se saisir des étapes, des rouages, des questions, pour patiemment poser pierre sur pierre. Vivre la vie de chrétien et faire le tour de la « Maison Eglise ».
Peut-être est-il bon de prendre quelques distances avec l'extraordinaire car ce qui est attendu c'est tout simplement que nous soyons trouvés au travail, avec nos facultés, notre expérience.
Nous avons évoqué Luther et Calvin, aussi le fonctionnement de la société civile. Cette assemblée d'inspection nous trouve ce soir au travail et permet l'information, l'échange, l'orientation, la vérification du sens, elle offre tout simplement un lieu fraternel. C'est dans cette sérénité, dans la patience et la constance de l'apport de tous nos talents que notre vocation trouvera le ton le plus juste, l'expression la plus adéquate. C'est la vocation de cette soirée.
Que Dieu nous bénisse dans ce travail et échange. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Samedi 3 Octobre 2009 à 14:50
Prédication de mariage Daniel Peter et Monia Wambst
Chers amis, chers époux,
Nous avons tous chez nous des albums de photographies. Parfois des années se suivent tout simplement : l'album de 2009, celui de 2008, de 2007. Parfois aussi c'est un événement particulier qui remplit tout un album. Bien entendu nous pensons au mariage de ce jour – il faudra bien un album entier ! – et puis viendront les autres étapes de la vie, nous attendons les étapes heureuses, nous craignons les étapes plus difficiles.
La vie est ce chemin sur lequel il est bon de pouvoir poser à intervalles réguliers des signes qui nous rappelleront les étapes franchies. Quand je fais des visites de temps en temps l'on ouvre l'un de ces albums de photos et j'ai le plaisir de le feuilleter. On m'indique les parents, les voyages, les enfants, le travail, la petite amie d'il y a quelques années..., l'appartement qu'on a habité, la maison qu'on a bâtie. Et puis vient le moment des dernières photos et enfin les pages blanches.
Que va-t-on mettre ensuite ? Quelles seront les étapes dont on conservera le souvenir ?
Le mariage c'est aussi commencer un nouvel album de photographies et nous allons le feuilleter avec vous. Là maintenant, avant l'heure !
Je passe sur le 20 septembre 2009 pour aller vers le monde du travail, Daniel fait carrière chez De Dietrich, le voici chef d'atelier. Monia est devenu aide soignante et puis infirmière ! Je vois l'un dans son atelier, l'autre avec son diplôme tout neuf ! L'un est entouré d'appareils de mesures, l'autre a les poches remplies de tous ces petits trucs qu'il faut quant on fait la tournée des malades.
Mais je tourne les pages de cet album... voici un premier enfant, un second, un troisième, un quatrième... si vous voulez je peux encore en ajouter..
Puis je vois la construction d'une maison
Puis je vois les fêtes, les amis, des baptêmes.
Je passe sur des événements plus tristes.
Tiens voilà Daniel qui m'a rejoint dans le cercle de ceux qui n'ont plus une abondante chevelure...
Et Monia qui s'initie au stylisme et la décoration ! Ca alors, c'est inattendu...
Bien entendu tout cela est fictif et avec vos amis présents nous ne souhaitons que le bien, tout le bonheur possible. Puissiez-vous engranger de nombreuses belles et fortes étapes.
Mais à tant tourner les pages on en oublie l'étape du jour !
Ce qui nous est dit lors de ce culte, lors de nos prières, lors de la bénédiction qui sera invoquée sur vous, ce sont des voeux de bonheur, voeux que nous formulons tous. Oui nous vous souhaitons de pouvoir vous appuyer l'un sur l'autre, nous souhaitons que vous continuiez à vous apprécier, que ce qui rend l'autre aujourd'hui si attachant soit regardé avec le même regard de tendresse, de complicité, d'affection, de désir. Aujourd'hui cette force, ce regard vous permet de porter, de dépasser, d'être tendus avec confiance vers l'avenir.
Mais ce que nous formulons ici ce ne sont pas seulement des voeux, je vous parle aussi de la part de quelqu'un qui sait ce qu'est l'amour, qui connaît tout de la vie. Je vous parle de Jésus-Christ et de la foi. Nous ne sommes pas seuls dans le monde, nous ne sommes pas seuls dans la joie, nous sommes également entourés, accompagnés par celui qui se réjouit avec nous.
En vous mariant dans cette église vous avez, en fait, pénétré en un lieu où d'autres couples se sont, eux aussi, mariés. A vrai dire cela fait des siècles que l'on se marie dans cette église. Couple après couple, tous ont pris un départ, tous voulaient être heureux, tous souhaitaient avoir des enfants, tous se donnaient l'un à l'autre leur confiance.
Dans cette église des centaines de couples se sont passés la bague au doigt avec émotion, avec sourire, avec confiance, avec tant d'espérance.
C'est à présent à votre tour. La photo va saisir un instant, mais le mariage est comme le baptême. Il y a l'instant, le temps d'une cérémonie, d'un acte, ensuite le baptême et le mariage sont à vivre toute une vie.
Le temps va passer... acceptez la vie, mais refusez de vieillir, de laisser s'affadir l'élan du coeur !
Acceptez tout ce que vous ne pouvez pas changer, mais avec ouvrez tous les jours l'album de votre vie et inscrivez des paroles et des actes d'amour.
Acceptez de vivre, de tout vivre, les bons comme les mauvais jours, mais démarrez chaque matin avec le cap de l'amour, avec la tendresse, la complicité, le fou rire de celui qui a confiance.
Et peut-être découvrirez-vous ce mystère ? Quand on vit l'amour, on ne vit pas seulement à deux, on découvre qu'il rapproche bien des êtres et règles bien des différends. Le christianisme est la religion de l'amour, aucune autre religion ne peut le dire aussi fortement, aussi nettement.
Alors avec vous, Monia et Daniel, nous fêtons votre union et fêtons en même temps ce qui est le sel de la vie : aimer et être aimé, à l'exemple de Jésus-Christ. Amen.
Chers amis, chers époux,
Nous avons tous chez nous des albums de photographies. Parfois des années se suivent tout simplement : l'album de 2009, celui de 2008, de 2007. Parfois aussi c'est un événement particulier qui remplit tout un album. Bien entendu nous pensons au mariage de ce jour – il faudra bien un album entier ! – et puis viendront les autres étapes de la vie, nous attendons les étapes heureuses, nous craignons les étapes plus difficiles.
La vie est ce chemin sur lequel il est bon de pouvoir poser à intervalles réguliers des signes qui nous rappelleront les étapes franchies. Quand je fais des visites de temps en temps l'on ouvre l'un de ces albums de photos et j'ai le plaisir de le feuilleter. On m'indique les parents, les voyages, les enfants, le travail, la petite amie d'il y a quelques années..., l'appartement qu'on a habité, la maison qu'on a bâtie. Et puis vient le moment des dernières photos et enfin les pages blanches.
Que va-t-on mettre ensuite ? Quelles seront les étapes dont on conservera le souvenir ?
Le mariage c'est aussi commencer un nouvel album de photographies et nous allons le feuilleter avec vous. Là maintenant, avant l'heure !
Je passe sur le 20 septembre 2009 pour aller vers le monde du travail, Daniel fait carrière chez De Dietrich, le voici chef d'atelier. Monia est devenu aide soignante et puis infirmière ! Je vois l'un dans son atelier, l'autre avec son diplôme tout neuf ! L'un est entouré d'appareils de mesures, l'autre a les poches remplies de tous ces petits trucs qu'il faut quant on fait la tournée des malades.
Mais je tourne les pages de cet album... voici un premier enfant, un second, un troisième, un quatrième... si vous voulez je peux encore en ajouter..
Puis je vois la construction d'une maison
Puis je vois les fêtes, les amis, des baptêmes.
Je passe sur des événements plus tristes.
Tiens voilà Daniel qui m'a rejoint dans le cercle de ceux qui n'ont plus une abondante chevelure...
Et Monia qui s'initie au stylisme et la décoration ! Ca alors, c'est inattendu...
Bien entendu tout cela est fictif et avec vos amis présents nous ne souhaitons que le bien, tout le bonheur possible. Puissiez-vous engranger de nombreuses belles et fortes étapes.
Mais à tant tourner les pages on en oublie l'étape du jour !
Ce qui nous est dit lors de ce culte, lors de nos prières, lors de la bénédiction qui sera invoquée sur vous, ce sont des voeux de bonheur, voeux que nous formulons tous. Oui nous vous souhaitons de pouvoir vous appuyer l'un sur l'autre, nous souhaitons que vous continuiez à vous apprécier, que ce qui rend l'autre aujourd'hui si attachant soit regardé avec le même regard de tendresse, de complicité, d'affection, de désir. Aujourd'hui cette force, ce regard vous permet de porter, de dépasser, d'être tendus avec confiance vers l'avenir.
Mais ce que nous formulons ici ce ne sont pas seulement des voeux, je vous parle aussi de la part de quelqu'un qui sait ce qu'est l'amour, qui connaît tout de la vie. Je vous parle de Jésus-Christ et de la foi. Nous ne sommes pas seuls dans le monde, nous ne sommes pas seuls dans la joie, nous sommes également entourés, accompagnés par celui qui se réjouit avec nous.
En vous mariant dans cette église vous avez, en fait, pénétré en un lieu où d'autres couples se sont, eux aussi, mariés. A vrai dire cela fait des siècles que l'on se marie dans cette église. Couple après couple, tous ont pris un départ, tous voulaient être heureux, tous souhaitaient avoir des enfants, tous se donnaient l'un à l'autre leur confiance.
Dans cette église des centaines de couples se sont passés la bague au doigt avec émotion, avec sourire, avec confiance, avec tant d'espérance.
C'est à présent à votre tour. La photo va saisir un instant, mais le mariage est comme le baptême. Il y a l'instant, le temps d'une cérémonie, d'un acte, ensuite le baptême et le mariage sont à vivre toute une vie.
Le temps va passer... acceptez la vie, mais refusez de vieillir, de laisser s'affadir l'élan du coeur !
Acceptez tout ce que vous ne pouvez pas changer, mais avec ouvrez tous les jours l'album de votre vie et inscrivez des paroles et des actes d'amour.
Acceptez de vivre, de tout vivre, les bons comme les mauvais jours, mais démarrez chaque matin avec le cap de l'amour, avec la tendresse, la complicité, le fou rire de celui qui a confiance.
Et peut-être découvrirez-vous ce mystère ? Quand on vit l'amour, on ne vit pas seulement à deux, on découvre qu'il rapproche bien des êtres et règles bien des différends. Le christianisme est la religion de l'amour, aucune autre religion ne peut le dire aussi fortement, aussi nettement.
Alors avec vous, Monia et Daniel, nous fêtons votre union et fêtons en même temps ce qui est le sel de la vie : aimer et être aimé, à l'exemple de Jésus-Christ. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:13
Chers frères et soeurs, chers amis
nous allons méditer la parole de l'Evangile qui sera lue demain dans toutes les Eglises. Nous lisons dans l'Evangile de Luc -Ch 12 v 21 – 34
...
Les douze étaient autour de Jésus, ils vivaient une vie tout à fait singulière, ils avaient quitté leur métier, parfois leur famille, tout cela pour suivre Jésus le prophète.
C'est à eux que Jésus dit cette parole « Ne vous inquiétez pas pour votre vie ». Vous aurez ce qu'il faut, en nourriture, en vêtement.
Et effectivement durant tout le temps du ministère de Jésus, également après, les disciples vont vivre, et ils vont expérimenter ce partage des biens. Certains d'entre nous se souviennent que lors des premières conversions – c'est le récit du livre des Actes qui nous le transmet - les convertis vendaient leurs biens et vivaient une forme radicale de partage communautaire.
A ses disciples Jésus dira donc de se concentrer sur ce qui est leur vocation. Durant ce laps de temps où ils vivent avec Jésus, ils sont au bénéfice de son enseignement, ils ont à faire tout un chemin intérieur, ils ont à comprendre de manière renouvelée le contenu et le coeur de la foi. Ils ont à découvrir une vérité, le Christ, et cela doit les absorber entièrement.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Leur cheminement intérieur sera long, car il n'est pas facile de s'approcher d'une réalité que nous nommons Dieu ou la vérité, ou l'éternité, ou l'infini ou l'amour. C'est un chemin immense... sur lequel ils expérimenteront la réalité de la promesse.
Nous recevons à présent cette parole 2000 ans plus tard. Nous ne sommes pas du groupe des douze, mais l'enseignement garde une portée fondamentale. Les soucis de la vie, les soucis légitimes mais matériels, peuvent nous absorber totalement.
Nous constatons que bien des peurs sont encore présentes parmi nous. Les plus anciens évoquent la guerre, l'actualité mentionne la grippe, mais c'est aussi le chômage, c'est l'endettement, ce sont nos enfants, c'est l'appartement, le loyer ou la construction. Bien évidemment pour vivre il faut faire face à ces exigences multiples.
Et puis il y a l'Eglise, son message, la Bible, la sainte cène ou eucharistie. La vraie vie ce sont de multiples contraintes matérielles, il ne faut pas rêver. Mais la vraie vie c'est aussi, profondément, inlassablement, se souvenir de ce qui est important, retrouver l'orientation profonde. Nous avons besoin de la compréhension du monde, besoin d'y trouver une unité, un sens.
A force d'être au centre de notre vie, nous ne savons plus vivre avec les autres.
A force de travail, nous oublions que les objets ne sont que faiblement le sens de la vie.
A force de souci, nous oublions qu'énormément de choses peuvent être vécues sans qu'elles coûtent de l'argent.
Permettez moi une illustration triviale. Il suffit de regarder les caddys des supermarchés, ils sont pleins de trous, c'est l'image d'un contenant qui peut contenir des objets mais non la valeur et le sens de la vie.
Les caddys sont pleins de trous, les objets ne peuvent combler ce qui est de l'ordre de la relation, de la vérité, du sens, de la cohésion.
La parole de Jésus - Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus... - nous rejoignent aujourd'hui dans le cadre de ces obsèques. Même nos mains ne peuvent rien emporter, mais nous pouvons laisser derrière nous un sillon dans lequel il y aura peut-être des objets et des biens, mais surtout une vie, son sens, la manière dont on a aimé, comment l'on a protégé, comment on a appris à être de plus en plus humains. Amis je veux que ce lieu d'Eglise soit un lieu de liberté, de tolérance, de recherche de vérité, d'expérimentation de la fraternité.
On nous ment, on nous trompe, on nous berne en faisant croire que les seules valeurs sont les valeurs matérielles. C'est un chemin qui mène à la ruine, à la dislocation des familles, à un individualisme malsain.
Humblement nous poserons ici pierre sur pierre, même si nous sommes peu nombreux, mais nous nous attacherons à vivre vraiment. Vivre en perdant le Nord ne sert à rien.
Quand nous nous recueillerons sur les tombes de ceux qui nous ont quittés, nous pourrons penser aux biens, exprimer une gratitude, mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la direction indiquée, le chemin emprunté.
Jésus disait de vivre sans peur afin d'avancer vers des réalités tellement importantes que la nourriture et le vêtement. Ces derniers allaient être de simples accompagnateurs de vérités tellement plus importantes.
Peu importe le modèle de voiture que nous avons conduit, peu importe si les vêtements ont suivi telle mode plutôt qu'une autre, ce qui compte est de savoir ce qui donne un éclat tout autre à nos yeux. Quand nos yeux se mettent-ils à briller ? Quels sont les sujets, les personnes, les rencontres qui font briller nos yeux.
Pour notre frère vous m'avez témoigné que c'était l'amour qu'il vous portait à vous madame qui le rendait lui-même « grand », qui donnait l'intensité du regard et c'est la droiture de vie et de coeur de votre père qui vous a tellement marqués. Ce sont là des signes parmi des signes.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Puisse notre front briller de la lumière qui vient de Dieu. Puissent nos vies être éclairantes, puissent nos vies nous aider à vivre, à croire, à construire un monde meilleur.
Nous vivrons sans crainte et les yeux fixés sur des buts qui en valent la peine. Des hommes et les femmes nous ont inspirés, ce qu'il y a eu de meilleur en eux nous montre le chemin, nous offre le sens, nous permet le courage.
Pour les croyants, c'est le Christ lui-même qui est le meilleur exemple. Dans la vie comme dans la mort nous avons confiance en lui.
Amen.
nous allons méditer la parole de l'Evangile qui sera lue demain dans toutes les Eglises. Nous lisons dans l'Evangile de Luc -Ch 12 v 21 – 34
...
Les douze étaient autour de Jésus, ils vivaient une vie tout à fait singulière, ils avaient quitté leur métier, parfois leur famille, tout cela pour suivre Jésus le prophète.
C'est à eux que Jésus dit cette parole « Ne vous inquiétez pas pour votre vie ». Vous aurez ce qu'il faut, en nourriture, en vêtement.
Et effectivement durant tout le temps du ministère de Jésus, également après, les disciples vont vivre, et ils vont expérimenter ce partage des biens. Certains d'entre nous se souviennent que lors des premières conversions – c'est le récit du livre des Actes qui nous le transmet - les convertis vendaient leurs biens et vivaient une forme radicale de partage communautaire.
A ses disciples Jésus dira donc de se concentrer sur ce qui est leur vocation. Durant ce laps de temps où ils vivent avec Jésus, ils sont au bénéfice de son enseignement, ils ont à faire tout un chemin intérieur, ils ont à comprendre de manière renouvelée le contenu et le coeur de la foi. Ils ont à découvrir une vérité, le Christ, et cela doit les absorber entièrement.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Leur cheminement intérieur sera long, car il n'est pas facile de s'approcher d'une réalité que nous nommons Dieu ou la vérité, ou l'éternité, ou l'infini ou l'amour. C'est un chemin immense... sur lequel ils expérimenteront la réalité de la promesse.
Nous recevons à présent cette parole 2000 ans plus tard. Nous ne sommes pas du groupe des douze, mais l'enseignement garde une portée fondamentale. Les soucis de la vie, les soucis légitimes mais matériels, peuvent nous absorber totalement.
Nous constatons que bien des peurs sont encore présentes parmi nous. Les plus anciens évoquent la guerre, l'actualité mentionne la grippe, mais c'est aussi le chômage, c'est l'endettement, ce sont nos enfants, c'est l'appartement, le loyer ou la construction. Bien évidemment pour vivre il faut faire face à ces exigences multiples.
Et puis il y a l'Eglise, son message, la Bible, la sainte cène ou eucharistie. La vraie vie ce sont de multiples contraintes matérielles, il ne faut pas rêver. Mais la vraie vie c'est aussi, profondément, inlassablement, se souvenir de ce qui est important, retrouver l'orientation profonde. Nous avons besoin de la compréhension du monde, besoin d'y trouver une unité, un sens.
A force d'être au centre de notre vie, nous ne savons plus vivre avec les autres.
A force de travail, nous oublions que les objets ne sont que faiblement le sens de la vie.
A force de souci, nous oublions qu'énormément de choses peuvent être vécues sans qu'elles coûtent de l'argent.
Permettez moi une illustration triviale. Il suffit de regarder les caddys des supermarchés, ils sont pleins de trous, c'est l'image d'un contenant qui peut contenir des objets mais non la valeur et le sens de la vie.
Les caddys sont pleins de trous, les objets ne peuvent combler ce qui est de l'ordre de la relation, de la vérité, du sens, de la cohésion.
La parole de Jésus - Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus... - nous rejoignent aujourd'hui dans le cadre de ces obsèques. Même nos mains ne peuvent rien emporter, mais nous pouvons laisser derrière nous un sillon dans lequel il y aura peut-être des objets et des biens, mais surtout une vie, son sens, la manière dont on a aimé, comment l'on a protégé, comment on a appris à être de plus en plus humains. Amis je veux que ce lieu d'Eglise soit un lieu de liberté, de tolérance, de recherche de vérité, d'expérimentation de la fraternité.
On nous ment, on nous trompe, on nous berne en faisant croire que les seules valeurs sont les valeurs matérielles. C'est un chemin qui mène à la ruine, à la dislocation des familles, à un individualisme malsain.
Humblement nous poserons ici pierre sur pierre, même si nous sommes peu nombreux, mais nous nous attacherons à vivre vraiment. Vivre en perdant le Nord ne sert à rien.
Quand nous nous recueillerons sur les tombes de ceux qui nous ont quittés, nous pourrons penser aux biens, exprimer une gratitude, mais ce qu'il y a de plus précieux, c'est la direction indiquée, le chemin emprunté.
Jésus disait de vivre sans peur afin d'avancer vers des réalités tellement importantes que la nourriture et le vêtement. Ces derniers allaient être de simples accompagnateurs de vérités tellement plus importantes.
Peu importe le modèle de voiture que nous avons conduit, peu importe si les vêtements ont suivi telle mode plutôt qu'une autre, ce qui compte est de savoir ce qui donne un éclat tout autre à nos yeux. Quand nos yeux se mettent-ils à briller ? Quels sont les sujets, les personnes, les rencontres qui font briller nos yeux.
Pour notre frère vous m'avez témoigné que c'était l'amour qu'il vous portait à vous madame qui le rendait lui-même « grand », qui donnait l'intensité du regard et c'est la droiture de vie et de coeur de votre père qui vous a tellement marqués. Ce sont là des signes parmi des signes.
Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données en plus...
Puisse notre front briller de la lumière qui vient de Dieu. Puissent nos vies être éclairantes, puissent nos vies nous aider à vivre, à croire, à construire un monde meilleur.
Nous vivrons sans crainte et les yeux fixés sur des buts qui en valent la peine. Des hommes et les femmes nous ont inspirés, ce qu'il y a eu de meilleur en eux nous montre le chemin, nous offre le sens, nous permet le courage.
Pour les croyants, c'est le Christ lui-même qui est le meilleur exemple. Dans la vie comme dans la mort nous avons confiance en lui.
Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 22 Septembre 2009 à 11:04
Chers frères et soeurs
Nos vies sont parfois comparées à un long voyage lors duquel se succèdent les ombres et les lumières. Vivre est toujours difficile, il nous faut faire des choix, il faut tenir compte de nos erreurs et heureusement nous engrangeons aussi des temps de paix, de grand bonheur.
Aujourd'hui, réunis à l'occasion de ce deuil, nous voulons redire la direction que doit prendre notre vie. Notre méditation portera sur cette parole de Jésus de l'Evangile de Matthieu : « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde ».
Ce texte biblique pose une question extraordinairement importante, extraordinairement centrale : celle de notre valeur. Et le Christ ne place rien entre le plus haut et l'inexistant ! Etre sel et lumière ou être destinés à être jetés dehors ! Cela peut nous désarçonner car nous n'avons pas pour habitude de nous jauger de la sorte étant dans la sécurité de l'Evangile. Nous disons et répétons que Dieu est amour, nous insistons constamment pour dire que Dieu nous fait grâce.
L'affirmation du Christ peut donc nous déstabiliser.
Une nouvelle fois nous entendons qu'il n'y a que deux chemins, le chemin large et le chemin étroit, ces chemins sont présentés aujourd'hui par ces images du sel et de la lumière.
Que valons-nous ? La question n'est pas du tout neutre, elle peut-être terrorisante, elle peut mener à la dépression. Des culpabilités peuvent en être issues. Un vertige, un malaise fondamental peuvent nous saisir et le plus souvent nous répondons par notre métier, notre famille, nos activités, nos possessions. Mais le vertige demeure cependant.
Nous sortons du trouble en nous tenant dans la lumière de l'Evangile. Nous sommes en train d'être sauvés, le but de la vie est le bon, nous vivons vraiment, si à notre tour nous donnons ce que nous avons reçu en bonté, vérité, générosité. Que valons-nous ? Nous pouvons nous étourdir et fuir en nous lançant dans les activités ou une consommation mais la force intérieure, elle, nous est donnée quand nous nous trouvons dans le sillon de l'Evangile, dans ce sillon dont surgira la vraie vie.
L'homme naturel est facilement orgueilleux, il croit valoir quelque chose et nous retrouvons cet orgueil dans toutes les couches de la société. Quant à nous nous visons simplement à mener de vraies vies d'humains. Que valons-nous ? Jésus le dit dans cet extrait des Evangiles « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde... » et ce texte n'est pas difficile à comprendre car il suffit de se souvenir à quoi servent le sel et la lumière.
Le sel conserve, il empêche le pourrissement ; il donne aussi du goût ou, plus précisément, le goût qui se trouve dans l'aliment se trouve comme révélé, magnifié, épanoui. Ce n'est plus du tout le même plat que nous dégustons sitôt qu'il est salé.
La lumière, quant à elle, va évidemment à l'encontre des ténèbres, elle révèle ce qui est caché ou indistinct. Sel et lumière sont des révélateurs de ce qui peut nous échapper.
Ce message du Christ est bien simple : tous ceux qui écoutent le Christ, tous ceux qui se mettent à le suivre, tous ceux-là sont censés être de ceux qui préservent la vraie vie et donnent du goût à toute l'existence humaine. Les chrétiens sont de ceux qui mettent en lumière, qui mettent en perspective les vies, les sociétés, tout ce qui la constitue ou l'anime.
A l'inverse – et le Christ en parle aussi - quand on se dit croyant et qu'on n'apporte rien en préservation, saveur ou en clarté, il est évident que cette construction s'écroule ; il n'en reste rien.
Que valons-nous ? « Vous êtes sel et lumière du monde, mais plus que la crainte de ne pas être suffisamment sérieux résonne la Bonne Nouvelle de Jésus. Elle s'adresse très simplement aux humbles.
Nous sommes invités à recevoir cet encouragement. « Vous êtes sel et lumière du monde »Si nous recevons cette parole en croyant être en-haut, elle nous précipite en bas. Mais si nous la recevons en bas, elle nous propulse tout en haut !
Acceptons d'être en bas, acceptons d'être de ces humbles auxquels le Christ s'adresse. Nous laissons la folie de l'orgueil, nous laissons également le sentiment que nous ne valons rien et nous recevons cette parole qui nous sauve, cette vérité qui s'inscrit en nous, change nos mentalités et nos modes de vie.
...
Quand nous sommes interrogés par Dieu les questions fondamentales qui nous sont posées sont de l'ordre des béatitudes. Ce qui était demandé alors, ce qui nous est demandé dès aujourd'hui, est relatif à leur contenu :
- à l'espoir des pauvres
- à la souffrance des endeuillés
- à l'angoisse et à la détresse de celles et de ceux qui ne possèdent rien
- à la misère absolue de ceux qui n'ont aucun droit
Pour eux, l'appel du Christ est vigoureusement encourageant. Relevez-vous, debout, en marche ! Pour soulager de vraies détresses, afin que se défasse le pouvoir des vies menées par la haine, que soit dit que la bonté seule mène à la vérité, que s'écroulent ces caractères qui aiment la guerre.
Il nous est demandé d'être de ceux qui souffrent pour la vérité et d'être à ce titre de ceux qui sont persécutés. Il nous est demandé de soutenir tous ceux qui se découragent quand ils tentent de vivre comme Dieu le demande.
Sommes-nous sel de la terre, lumière de ce monde ? Il n'y a que le Christ qui soit totalement lumière du monde et sel de la terre. Et si nous sommes nous-mêmes de ces pauvres, souffrants, endeuillés, nous sachant fragiles, dépendants, en butte aux difficultés multiples, ne sachant bien souvent comment sortir des impasses et situations si complexes... soyez dans la joie dit le Christ. Vous êtes ce que l'humanité a de meilleur ! Les riches et puissants ne doutent de rien et n'ont d'ailleurs besoin de rien, ce sont les pauvres qui doutent d'eux-mêmes et l'élan de leur espérance, leur lutte pour survivre et vivre,sont ce qu'il y a de plus beau au monde. Oui, l'évangile inverse les valeurs. Si nous voulons vivre nous avons à recevoir le sens, l'orientation la plus profonde qui fait de nous des humains, qui rend la vie ensemble possible et la terre habitable. La sécurité et la paix se trouvent dans les paroles du Christ.
-----------------
Pour vous madame, et pour la parenté, les amis du défunt, nous mesurons à quel point la mort soudaine peut bouleverser. Elle vient mettre fin à une vie, aussi à des espoirs, à de possibles rétablissements. Charles, vous l'avez connu dès la petite enfance, vous lui avez donné le meilleur de vous-même et puis les enfants font leur propre choix. Ils luttent, tentent de vivre, s'égarent, se rattrapent, expérimentent autre chose et nous avons toujours le coeur serré. Nous pouvons penser à Charles nous pouvons aussi penser à nos propres enfants. La vie est un cycle bien difficile, difficile pour tous ! Le cours normal de la vie est que partent les grands-parents, puis les parents et quand la vie s'arrête au milieu de la vie elle nous laisse heurtés et stoppés dans un élan.
Nous aurions voulu que la vie continue, que l'amour puisse être vécu. Le Christ lui-même a connu ce déchirement de la mort et Marie fut une mère entraînée malgré elle à se tenir devant l'agonie de son Fils. Qui est Dieu et pourquoi cela arrive-t-il ? Cela nous dépasse totalement, mais nous savons que nos vies, tout comme nos souffrances, sont connues. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, il a connu l'effroi, la souffrance. Bien peu de lumière est placée dans nos vies pour expliquer, mais toute la lumière est donnée pour nous accompagner.
Il est vrai que les erreurs, le mal et ses conséquences, ne sont pas suffisamment couverts par une simple notion de tolérance, tant la vie et les conséquences de nos actes sont sérieux. A chacun de se tenir dans la lumière et de vivre en se tenant dans l'esprit des béatitudes, en étant « sel et lumière ». Ce qui nous rend vivants c'est d'être en route, soutenus et guidés par la vérité du Christ.
Amen.
Nos vies sont parfois comparées à un long voyage lors duquel se succèdent les ombres et les lumières. Vivre est toujours difficile, il nous faut faire des choix, il faut tenir compte de nos erreurs et heureusement nous engrangeons aussi des temps de paix, de grand bonheur.
Aujourd'hui, réunis à l'occasion de ce deuil, nous voulons redire la direction que doit prendre notre vie. Notre méditation portera sur cette parole de Jésus de l'Evangile de Matthieu : « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde ».
Ce texte biblique pose une question extraordinairement importante, extraordinairement centrale : celle de notre valeur. Et le Christ ne place rien entre le plus haut et l'inexistant ! Etre sel et lumière ou être destinés à être jetés dehors ! Cela peut nous désarçonner car nous n'avons pas pour habitude de nous jauger de la sorte étant dans la sécurité de l'Evangile. Nous disons et répétons que Dieu est amour, nous insistons constamment pour dire que Dieu nous fait grâce.
L'affirmation du Christ peut donc nous déstabiliser.
Une nouvelle fois nous entendons qu'il n'y a que deux chemins, le chemin large et le chemin étroit, ces chemins sont présentés aujourd'hui par ces images du sel et de la lumière.
Que valons-nous ? La question n'est pas du tout neutre, elle peut-être terrorisante, elle peut mener à la dépression. Des culpabilités peuvent en être issues. Un vertige, un malaise fondamental peuvent nous saisir et le plus souvent nous répondons par notre métier, notre famille, nos activités, nos possessions. Mais le vertige demeure cependant.
Nous sortons du trouble en nous tenant dans la lumière de l'Evangile. Nous sommes en train d'être sauvés, le but de la vie est le bon, nous vivons vraiment, si à notre tour nous donnons ce que nous avons reçu en bonté, vérité, générosité. Que valons-nous ? Nous pouvons nous étourdir et fuir en nous lançant dans les activités ou une consommation mais la force intérieure, elle, nous est donnée quand nous nous trouvons dans le sillon de l'Evangile, dans ce sillon dont surgira la vraie vie.
L'homme naturel est facilement orgueilleux, il croit valoir quelque chose et nous retrouvons cet orgueil dans toutes les couches de la société. Quant à nous nous visons simplement à mener de vraies vies d'humains. Que valons-nous ? Jésus le dit dans cet extrait des Evangiles « Vous êtes sel de la terre et lumière du monde... » et ce texte n'est pas difficile à comprendre car il suffit de se souvenir à quoi servent le sel et la lumière.
Le sel conserve, il empêche le pourrissement ; il donne aussi du goût ou, plus précisément, le goût qui se trouve dans l'aliment se trouve comme révélé, magnifié, épanoui. Ce n'est plus du tout le même plat que nous dégustons sitôt qu'il est salé.
La lumière, quant à elle, va évidemment à l'encontre des ténèbres, elle révèle ce qui est caché ou indistinct. Sel et lumière sont des révélateurs de ce qui peut nous échapper.
Ce message du Christ est bien simple : tous ceux qui écoutent le Christ, tous ceux qui se mettent à le suivre, tous ceux-là sont censés être de ceux qui préservent la vraie vie et donnent du goût à toute l'existence humaine. Les chrétiens sont de ceux qui mettent en lumière, qui mettent en perspective les vies, les sociétés, tout ce qui la constitue ou l'anime.
A l'inverse – et le Christ en parle aussi - quand on se dit croyant et qu'on n'apporte rien en préservation, saveur ou en clarté, il est évident que cette construction s'écroule ; il n'en reste rien.
Que valons-nous ? « Vous êtes sel et lumière du monde, mais plus que la crainte de ne pas être suffisamment sérieux résonne la Bonne Nouvelle de Jésus. Elle s'adresse très simplement aux humbles.
Nous sommes invités à recevoir cet encouragement. « Vous êtes sel et lumière du monde »Si nous recevons cette parole en croyant être en-haut, elle nous précipite en bas. Mais si nous la recevons en bas, elle nous propulse tout en haut !
Acceptons d'être en bas, acceptons d'être de ces humbles auxquels le Christ s'adresse. Nous laissons la folie de l'orgueil, nous laissons également le sentiment que nous ne valons rien et nous recevons cette parole qui nous sauve, cette vérité qui s'inscrit en nous, change nos mentalités et nos modes de vie.
...
Quand nous sommes interrogés par Dieu les questions fondamentales qui nous sont posées sont de l'ordre des béatitudes. Ce qui était demandé alors, ce qui nous est demandé dès aujourd'hui, est relatif à leur contenu :
- à l'espoir des pauvres
- à la souffrance des endeuillés
- à l'angoisse et à la détresse de celles et de ceux qui ne possèdent rien
- à la misère absolue de ceux qui n'ont aucun droit
Pour eux, l'appel du Christ est vigoureusement encourageant. Relevez-vous, debout, en marche ! Pour soulager de vraies détresses, afin que se défasse le pouvoir des vies menées par la haine, que soit dit que la bonté seule mène à la vérité, que s'écroulent ces caractères qui aiment la guerre.
Il nous est demandé d'être de ceux qui souffrent pour la vérité et d'être à ce titre de ceux qui sont persécutés. Il nous est demandé de soutenir tous ceux qui se découragent quand ils tentent de vivre comme Dieu le demande.
Sommes-nous sel de la terre, lumière de ce monde ? Il n'y a que le Christ qui soit totalement lumière du monde et sel de la terre. Et si nous sommes nous-mêmes de ces pauvres, souffrants, endeuillés, nous sachant fragiles, dépendants, en butte aux difficultés multiples, ne sachant bien souvent comment sortir des impasses et situations si complexes... soyez dans la joie dit le Christ. Vous êtes ce que l'humanité a de meilleur ! Les riches et puissants ne doutent de rien et n'ont d'ailleurs besoin de rien, ce sont les pauvres qui doutent d'eux-mêmes et l'élan de leur espérance, leur lutte pour survivre et vivre,sont ce qu'il y a de plus beau au monde. Oui, l'évangile inverse les valeurs. Si nous voulons vivre nous avons à recevoir le sens, l'orientation la plus profonde qui fait de nous des humains, qui rend la vie ensemble possible et la terre habitable. La sécurité et la paix se trouvent dans les paroles du Christ.
-----------------
Pour vous madame, et pour la parenté, les amis du défunt, nous mesurons à quel point la mort soudaine peut bouleverser. Elle vient mettre fin à une vie, aussi à des espoirs, à de possibles rétablissements. Charles, vous l'avez connu dès la petite enfance, vous lui avez donné le meilleur de vous-même et puis les enfants font leur propre choix. Ils luttent, tentent de vivre, s'égarent, se rattrapent, expérimentent autre chose et nous avons toujours le coeur serré. Nous pouvons penser à Charles nous pouvons aussi penser à nos propres enfants. La vie est un cycle bien difficile, difficile pour tous ! Le cours normal de la vie est que partent les grands-parents, puis les parents et quand la vie s'arrête au milieu de la vie elle nous laisse heurtés et stoppés dans un élan.
Nous aurions voulu que la vie continue, que l'amour puisse être vécu. Le Christ lui-même a connu ce déchirement de la mort et Marie fut une mère entraînée malgré elle à se tenir devant l'agonie de son Fils. Qui est Dieu et pourquoi cela arrive-t-il ? Cela nous dépasse totalement, mais nous savons que nos vies, tout comme nos souffrances, sont connues. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, il a connu l'effroi, la souffrance. Bien peu de lumière est placée dans nos vies pour expliquer, mais toute la lumière est donnée pour nous accompagner.
Il est vrai que les erreurs, le mal et ses conséquences, ne sont pas suffisamment couverts par une simple notion de tolérance, tant la vie et les conséquences de nos actes sont sérieux. A chacun de se tenir dans la lumière et de vivre en se tenant dans l'esprit des béatitudes, en étant « sel et lumière ». Ce qui nous rend vivants c'est d'être en route, soutenus et guidés par la vérité du Christ.
Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 18 Août 2009 à 14:28
Chers frères et soeurs, nous allons méditer cette parole, ce verset de confirmation qui contient une telle puissance, une telle direction pour l'existence d'un chrétien.
1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.
Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !
Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.
Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.
La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.
Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».
Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.
Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.
1 Timothée (6 v 12)
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et pour laquelle tu as fait une belle confession en présence d'un grand nombre de témoins.
Chers amis, nous savons tous apprécier la douceur de la vie, par exemple la douceur du printemps qui s'installe. Mais si nous savourons les moments de tendresse et d'intimité, la vie est pourtant aussi faite de moments difficiles et même de moments redoutables.
La maladie et la mort sont des bouleversements dont nous ne sortons pas indemnes tant ils demandent des forces, tant ils nous accaparent, tant il faut de constance, tant il faut tenir, pour soi ou pour les autres, et rester fermes.
La maladie et la mort nous rappellent l'importance du lien, de la fidélité, des valeurs qui font de nous des humains. La maladie et la mort nous rappellent l'importance des heures que nous passons avec ceux que nous aimons. Elles nous rappellent que la vie est bien souvent un combat contre de multiples adversités.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle... mais nous pouvons nous tromper de combat !
Le contexte de l'épître rappelle que l'apôtre Paul faisait d'importants efforts pour propager la bonne nouvelle de Jésus dans tout le bassin méditerranéen. Le combat qu'il menait était celui contre les adversaires de cette diffusion. Il établit une liste des épreuves majeures qu'il lui fallut affronter :
J'ai peiné plus qu'eux, j'ai été en prison bien plus fréquemment, frappé beaucoup, et en danger de mort souvent. 24 Cinq fois j'ai reçu des Juifs la série de trente-neuf coups, 25 trois fois j'ai été battu à coups de fouet par les Romains et une fois on m'a blessé en me jetant des pierres ; trois fois j'ai fait naufrage et une fois je suis resté un jour et une nuit dans les flots. 26 Dans mes nombreux voyages j'ai connu les dangers dus aux rivières qui débordent ou aux brigands, les dangers dus à mes compatriotes juifs ou à des non-Juifs, j'ai été en danger dans les villes ou dans les lieux déserts, en danger sur la mer et en danger parmi de faux frères. 27 J'ai connu des travaux pénibles et de dures épreuves ; souvent j'ai été privé de sommeil ; j'ai eu faim et soif ; souvent j'ai été obligé de jeûner ; j'ai souffert du froid et du manque de vêtements. 28 Et sans parler du reste, il y a ma préoccupation quotidienne : le souci que j'ai de toutes les Églises. 29 Si quelqu'un est faible, je me sens faible aussi ; si quelqu'un est détourné de la foi, j'en éprouve une vive douleur.
Cette liste impressionnante mais elle n'est même pas complète car il faudrait évoquer tous les combats intellectuels et les conflits au sein du christianisme naissant. Mais ce sont là des soucis de l'un des fondateurs du christianisme.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
Nous sommes confrontés à de tout autres combats et l'un d'entre eux est sans doute celui du sens, celui du sens de notre vie. Saisir la vie éternelle souligne que
notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.
notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.
Notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.
La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.
Un théologien du nom de Paul Tillich, disait qu'on pouvait remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.
Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur. Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.
Combat le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue. Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.
Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.
Dans ce combat la souffrance est au rendez-vous. Mais c'est dans ce rendez-vous que nous avons justement la présence du Christ. Aujourd'hui nous sommes dans le silence qui précède Pâques. Le vendredi saint c'était hier, le dimanche de Pâques c'est donc demain. Aujourd'hui nous sommes dans ce temps de silence, comme si Dieu s'était retiré, comme si les puissances de la mort avaient vaincu.
Aujourd'hui nous sommes dans le silence, le Christ s'est tu après avoir prononcé les paroles exprimant le doute et la confiance. « Pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font » « Mon Dieu mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné » « Je remets mon esprit entre tes mains ».
Le Christ a combattu le bon combat, il est allé jusqu'au bout de ses forces, il est même allé jusqu'à la mort.
Demain nous chanterons Pâques et son enseignement vaut pour toute notre vie. Nos combats sont les bons combats quand nous allons au bout de nous-mêmes, quand nous allons au bout de l'amour, quand nous allons au bout du don, quand nous allons au bout de la recherche de la vérité, quand nous allons là où la recherche de justice nous mène.
Nous menons le bon combat quand nous nous levons pour faire entendre ce qui a été dit et vécu par le Christ.
Madame, vous avez accompagné votre mari durant des années et tous ces derniers mois vous avez mené le bon combat du don de soi, de la présence, de la sollicitude de jour et de nuit. Vous êtes allée au bout de vos forces. A présent nous prions afin que la consolation, le repos du corps et de l'esprit vous soient donnés.
Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle...
A nous tous de comprendre où notre engagement, nos forces et notre intelligence sont attendues.
Que la paix de Dieu soit en chacun de nous et que le Christ nous accorde l'Esprit pour mener le bon combat. Exhortons-nous les uns les autres par ces paroles. Amen.
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vie éternelle
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:50
Accueil
Chers paroissiens, chers amis et chère famille
Avec vous nous sommes tristes et nous nous retrouvons cet après-midi avec ce désir de vous accompagner, de porter avec vous cette tristesse, c'est bien pourquoi nous sommes venus nombreux en cette église.
Nous accompagnons chaque famille dans son deuil, mais aujourd'hui nous mesurons une nouvelle fois que les paroles voulant aider peuvent en fait blesser, les gestes que nous tentons peuvent être mal interprétés, les phrases de condoléances et de sympathies sont marqués par la gentillesse et mais aussi par un embarras particulier.
Veuillez nous pardonner d'avance si l'un ou l'autre, ou même moi-même, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas, nous parlons sans pouvoir réellement nous mettre à votre place.
Le pasteur parle à partir de la Bible, les personnes vous raconteront peut-être l'une ou l'autre épreuve traversée et d'autres femmes ayant vécu la même souffrance vous en témoigneront peut-être.
Le souhait de chacun est de tenter de vous aider tout en sachant qu'à un certain moment nous sommes tout de même seuls avec notre peine.
Aujourd'hui nous voulons nous souvenir que nous sommes une même humanité. Aujourd'hui il n'y a pas de protestants ou de catholiques, des ouvriers ou des ingénieurs, des gens d'ici ou d'ailleurs, des chrétiens ou des agnostiques, nous entourons une mère qui pleure son fils. Voilà pourquoi nous sommes tous frères, nous sommes réunis en une même humanité qui vacille parfois devant les épreuves les plus redoutables, et la mort en est une.
Pardonnez-moi d'évoquer ce qui fait la joie d'une femme enceinte, nous en comprendrons d'autant mieux votre peine.
Porter un enfant est comme le sourire de la vie,
c'est la promesse d'un avenir,
c'est la concrétisation d'un amour,
c'est la confiance en quelqu'un,
c'est un projet de vie,
c'est mettre le meilleur de soi-même,
c'est aussi le mystère de l'existence, le secret de la maternité... comment un être se tisse-t-il au plus profond de son corps ?
c'est se préparer à sa venue,
C'est se préparer avec sa famille, avec toute une série de membres de sa famille...
on se prépare à accueillir un nouveau membre, on se réjouit avec celle qui sera maman...
C'est tout cela qui est bouleversé, et vous aurez peut-être encore d'autres mots pour le dire...
Le deuil est à la mesure de l'espoir, de l'amour qui avait préparé, de tout ce qu'un couple s'était chuchoté en une grande complicité.
Et il vous faut faire le deuil de ce petit Thibaut qui n'aura vécu que trois jours, après environ 6 mois de grossesse. Thibaut est né le 22 mars, il a été baptisé à l'hôpital le 23 mars, il est décédé le 25 mars.
Nul ne peut donner d'explication quant aux raisons qui ont fait s'interrompre le processus qui devait terminer la formation de l'enfant, et donner ainsi tout ce qui semblait promis.
--------------------------
Méditation
Dans quelques minutes, quand nous sortirons de l'Eglise, nous serons frappés par les rayons de soleil, la nature annonce l'arrivée du printemps, ces jours-ci semblent, eux aussi, promettre la vie. Nous voyons les premiers arbustes se couvrir de bourgeons, ils contiennent, eux aussi, une promesse de vie et il me semble que la vie de Thibaut peut leur être comparée car elle contenait une promesse de vie, un bourgeon qui devait se déployer pour sa joie et la joie de sa famille.
La nature, elle encore, peut nous inspirer, il arrive que le froid et le gel font des dégâts parfois irréparables. Et nous savons bien que nous ne maîtrisons pas le climat ni la nature. Le gel fait parfois des dégâts et la nature souffre, des bourgeons meurent parfois.
Thibaut était donc l'un de ces bourgeons de la vie, mais il était aussi plus que cela. Je l'ai évoqué, il a été baptisé, il porte un nom. Nous ne donnons pas de noms aux bourgeons, nous donnons un nom à nos enfants. Vous n'aurez pas à l'oublier, vous aurez un nom, un souvenir, un amour qui vous a porté et qui continuera à vous porter. Nous vous offrons cette bougie de baptême pour vous aider à vous souvenir du passage de Thibaut dans votre vie. Elle vous rappellera aussi que Jésus nous a dit Je suis la lumière du monde. Je veux être votre lumière malgré toutes les obscurités qui vous touchent.
Voyez-vous nous guérissons tous des petites déceptions, des petits deuils, mais pour ce qui touche au vrai deuil, rien ne s'oublie jamais. Tout ce que nous pouvons vivre c'est de nous habituer mieux à la douleur et, dans la dimension de la foi, de comprendre que nous sommes accompagnés dans cette douleur.
La vie va continuer, le passé s'inscrit en nous, nous portons tous des blessures, des brèches, des meurtrissures, mais l'avenir reste ouvert pour vivre intensément ce que l'amour continue à nous promettre.
Qu'en est-il de la vie après la mort ? Quand nous nous séparons de nos proches qui ont eu une histoire nous pouvons imaginer par-delà la mort une vie, certes différente, mais une vie, car ces défunts auront eu une histoire, développé une intelligence, possédé un caractère. L'intuition de la foi peut faire imaginer une autre vie, une éternité, des retrouvailles.
Qu'en est-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Ecoutons ce simple élément de réponse, écoutons comment le prophète Esaïe évoque la naissance d'un pays que nous connaissons sous le nom d'Israël.
Nous savons fort bien l'histoire très mouvementée de ce pays, nous évoquons régulièrement les drames liés à son histoire. Pourtant Dieu affirme ici l'avoir accompagné alors qu'il n'était pas encore formé. Le processus, le plan de Dieu, continue.
Esaïe 4
1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j'ai choisi.
2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t'ai fait,
qui t'ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N'aie pas peur, peuple de Jacob,
Qu'adviendra-t-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Nous n'avons pas une réponse mais l'intuition que donne la foi, nous avons le prolongement de ce qu'a annoncé le prophète Esaïe et tout ce qui a été donné en Jésus nous fait dépasser cette énigme.
Et ce n'est pas seulement aujourd'hui que nous sommes placés devant des mystères, devant ce qui nous est caché, car la vie éprouve régulièrement notre foi.
La logique ou le raisonnement ne savent pas y répondre. Devant l'absurde, devant l'échec, devant l'arbitraire nous pouvons certes placer la volonté, les progrès de la science, le combat contre toutes les formes du mal, mais vient toujours le moment où la foi prendra le relais de la raison et de la volonté.
Qu'en est-il du petit Thibaut ? La réponse est dans le mystère, mais le mystère n'est pas un vide. C'est un mystère quand nous prenons le pain et le vin de la sainte cène, c'est le mystère de la présence de Dieu quand nous le prions, c'est le mystère de la célébration de Pâques et de la résurrection... En ces moments-là nous plaçons notre confiance en ce qui a été montré et donné en Jésus.
Frères et soeurs soutenons-nous les uns les autres en une simple humanité compatissante, soutenons-nous les uns les autres par ce qui nous donné dans la dimension de la foi. C'est dans la souffrance que nous ferons particulièrement briller l'amitié, le soutien, la fraternité. Que ce mystère-là vienne réchauffer et éclairer ce que nous ne pouvons comprendre. Amen.
Chers paroissiens, chers amis et chère famille
Avec vous nous sommes tristes et nous nous retrouvons cet après-midi avec ce désir de vous accompagner, de porter avec vous cette tristesse, c'est bien pourquoi nous sommes venus nombreux en cette église.
Nous accompagnons chaque famille dans son deuil, mais aujourd'hui nous mesurons une nouvelle fois que les paroles voulant aider peuvent en fait blesser, les gestes que nous tentons peuvent être mal interprétés, les phrases de condoléances et de sympathies sont marqués par la gentillesse et mais aussi par un embarras particulier.
Veuillez nous pardonner d'avance si l'un ou l'autre, ou même moi-même, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas, nous parlons sans pouvoir réellement nous mettre à votre place.
Le pasteur parle à partir de la Bible, les personnes vous raconteront peut-être l'une ou l'autre épreuve traversée et d'autres femmes ayant vécu la même souffrance vous en témoigneront peut-être.
Le souhait de chacun est de tenter de vous aider tout en sachant qu'à un certain moment nous sommes tout de même seuls avec notre peine.
Aujourd'hui nous voulons nous souvenir que nous sommes une même humanité. Aujourd'hui il n'y a pas de protestants ou de catholiques, des ouvriers ou des ingénieurs, des gens d'ici ou d'ailleurs, des chrétiens ou des agnostiques, nous entourons une mère qui pleure son fils. Voilà pourquoi nous sommes tous frères, nous sommes réunis en une même humanité qui vacille parfois devant les épreuves les plus redoutables, et la mort en est une.
Pardonnez-moi d'évoquer ce qui fait la joie d'une femme enceinte, nous en comprendrons d'autant mieux votre peine.
Porter un enfant est comme le sourire de la vie,
c'est la promesse d'un avenir,
c'est la concrétisation d'un amour,
c'est la confiance en quelqu'un,
c'est un projet de vie,
c'est mettre le meilleur de soi-même,
c'est aussi le mystère de l'existence, le secret de la maternité... comment un être se tisse-t-il au plus profond de son corps ?
c'est se préparer à sa venue,
C'est se préparer avec sa famille, avec toute une série de membres de sa famille...
on se prépare à accueillir un nouveau membre, on se réjouit avec celle qui sera maman...
C'est tout cela qui est bouleversé, et vous aurez peut-être encore d'autres mots pour le dire...
Le deuil est à la mesure de l'espoir, de l'amour qui avait préparé, de tout ce qu'un couple s'était chuchoté en une grande complicité.
Et il vous faut faire le deuil de ce petit Thibaut qui n'aura vécu que trois jours, après environ 6 mois de grossesse. Thibaut est né le 22 mars, il a été baptisé à l'hôpital le 23 mars, il est décédé le 25 mars.
Nul ne peut donner d'explication quant aux raisons qui ont fait s'interrompre le processus qui devait terminer la formation de l'enfant, et donner ainsi tout ce qui semblait promis.
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Méditation
Dans quelques minutes, quand nous sortirons de l'Eglise, nous serons frappés par les rayons de soleil, la nature annonce l'arrivée du printemps, ces jours-ci semblent, eux aussi, promettre la vie. Nous voyons les premiers arbustes se couvrir de bourgeons, ils contiennent, eux aussi, une promesse de vie et il me semble que la vie de Thibaut peut leur être comparée car elle contenait une promesse de vie, un bourgeon qui devait se déployer pour sa joie et la joie de sa famille.
La nature, elle encore, peut nous inspirer, il arrive que le froid et le gel font des dégâts parfois irréparables. Et nous savons bien que nous ne maîtrisons pas le climat ni la nature. Le gel fait parfois des dégâts et la nature souffre, des bourgeons meurent parfois.
Thibaut était donc l'un de ces bourgeons de la vie, mais il était aussi plus que cela. Je l'ai évoqué, il a été baptisé, il porte un nom. Nous ne donnons pas de noms aux bourgeons, nous donnons un nom à nos enfants. Vous n'aurez pas à l'oublier, vous aurez un nom, un souvenir, un amour qui vous a porté et qui continuera à vous porter. Nous vous offrons cette bougie de baptême pour vous aider à vous souvenir du passage de Thibaut dans votre vie. Elle vous rappellera aussi que Jésus nous a dit Je suis la lumière du monde. Je veux être votre lumière malgré toutes les obscurités qui vous touchent.
Voyez-vous nous guérissons tous des petites déceptions, des petits deuils, mais pour ce qui touche au vrai deuil, rien ne s'oublie jamais. Tout ce que nous pouvons vivre c'est de nous habituer mieux à la douleur et, dans la dimension de la foi, de comprendre que nous sommes accompagnés dans cette douleur.
La vie va continuer, le passé s'inscrit en nous, nous portons tous des blessures, des brèches, des meurtrissures, mais l'avenir reste ouvert pour vivre intensément ce que l'amour continue à nous promettre.
Qu'en est-il de la vie après la mort ? Quand nous nous séparons de nos proches qui ont eu une histoire nous pouvons imaginer par-delà la mort une vie, certes différente, mais une vie, car ces défunts auront eu une histoire, développé une intelligence, possédé un caractère. L'intuition de la foi peut faire imaginer une autre vie, une éternité, des retrouvailles.
Qu'en est-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Ecoutons ce simple élément de réponse, écoutons comment le prophète Esaïe évoque la naissance d'un pays que nous connaissons sous le nom d'Israël.
Nous savons fort bien l'histoire très mouvementée de ce pays, nous évoquons régulièrement les drames liés à son histoire. Pourtant Dieu affirme ici l'avoir accompagné alors qu'il n'était pas encore formé. Le processus, le plan de Dieu, continue.
Esaïe 4
1 Mais maintenant, écoute bien,
peuple de Jacob, mon serviteur,
Israël, toi que j'ai choisi.
2 Voici ce que je te déclare,
moi le Seigneur qui t'ai fait,
qui t'ai formé dès avant ta naissance
et qui viens à ton aide :
N'aie pas peur, peuple de Jacob,
Qu'adviendra-t-il d'un enfant qui n'était pas encore complètement formé ? Nous n'avons pas une réponse mais l'intuition que donne la foi, nous avons le prolongement de ce qu'a annoncé le prophète Esaïe et tout ce qui a été donné en Jésus nous fait dépasser cette énigme.
Et ce n'est pas seulement aujourd'hui que nous sommes placés devant des mystères, devant ce qui nous est caché, car la vie éprouve régulièrement notre foi.
La logique ou le raisonnement ne savent pas y répondre. Devant l'absurde, devant l'échec, devant l'arbitraire nous pouvons certes placer la volonté, les progrès de la science, le combat contre toutes les formes du mal, mais vient toujours le moment où la foi prendra le relais de la raison et de la volonté.
Qu'en est-il du petit Thibaut ? La réponse est dans le mystère, mais le mystère n'est pas un vide. C'est un mystère quand nous prenons le pain et le vin de la sainte cène, c'est le mystère de la présence de Dieu quand nous le prions, c'est le mystère de la célébration de Pâques et de la résurrection... En ces moments-là nous plaçons notre confiance en ce qui a été montré et donné en Jésus.
Frères et soeurs soutenons-nous les uns les autres en une simple humanité compatissante, soutenons-nous les uns les autres par ce qui nous donné dans la dimension de la foi. C'est dans la souffrance que nous ferons particulièrement briller l'amitié, le soutien, la fraternité. Que ce mystère-là vienne réchauffer et éclairer ce que nous ne pouvons comprendre. Amen.
Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 14 Avril 2009 à 07:45
Actes 9
18 Aussitôt, des sortes d'écailles tombèrent des yeux de Saul et il put voir de nouveau. Il se leva et fut baptisé ; 19 puis il mangea et les forces lui revinrent. Saul resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.
20 Il se mit immédiatement à prêcher dans les synagogues, en proclamant que Jésus est le Fils de Dieu. 21 Tous ceux qui l'entendaient étaient étonnés et demandaient : « N'est-ce pas cet homme qui persécutait violemment à Jérusalem ceux qui font appel au nom de Jésus ? Et n'est-il pas venu ici exprès pour les arrêter et les ramener aux chefs des prêtres ? » 22 Mais Saul se montrait toujours plus convaincant : les Juifs qui vivaient à Damas ne savaient plus que lui répondre quand il leur démontrait que Jésus est le Messie.
23 Après un certain temps, les Juifs prirent ensemble la décision de faire mourir Saul, 24 mais il fut averti de leur complot. On surveillait les portes de la ville jour et nuit, afin de le mettre à mort. 25 Alors les disciples de Saul l'emmenèrent de nuit pour le faire passer de l'autre côté du mur de la ville, en le descendant dans une corbeille.
26 Arrivé à Jérusalem, Saul essaya de se joindre aux disciples ; mais tous en avaient peur, car ils ne croyaient pas qu'il fût vraiment un disciple. 27 Barnabas le prit alors avec lui et le conduisit auprès des apôtres. Il leur raconta comment Saul avait vu le Seigneur en cours de route et comment le Seigneur lui avait parlé. Il leur dit aussi avec quelle assurance Saul avait prêché au nom de Jésus à Damas. 28 A partir de ce moment, Saul se tint avec eux, il allait et venait dans Jérusalem et prêchait avec assurance au nom du Seigneur. 29 Il s'adressait aussi aux Juifs de langue grecque et discutait avec eux ; mais ceux-ci cherchaient à le faire mourir. 30 Quand les frères l'apprirent, ils conduisirent Saul à Césarée, d'où ils le firent partir pour Tarse.
Chers frères et soeurs,
nous continuons notre chemin de carême, nous continuons à sonder ce mystère partiellement révélé, celui de la souffrance. Nous disions la semaine dernière que la prédication du royaume était au coeur des prédications de Jésus. Le royaume est là; il est déjà là, mais il est encore à venir. Nous vivons ainsi entre un « déjà » et un « pas encore ». Déjà la victoire, mais encore les défaites. Encore des batailles perdues, mais déjà des victoires remportées... Sachant que la perspective générale est celle d'une certitude... même si les soubresauts agitent encore ce monde, tout est déjà gagnée, car nous connaissons l'issue finale.
Paul se trouve donc comme nous dans cette échelle du temps du salut. Déjà il annonce le Christ, déjà des gens se convertissent, déjà sa parole est accompagnée des signes du salut, mais encore pour un moment la rage de ceux qui ne veulent pas de Jésus, de ceux qui, emportés par un esprit d'opposition vont jusqu'à vouloir la mort de celui qui parle. Il faut croire que lorsque nous n'avons que la parole ce n'est pas peu de choses alors que parfois les mots, les déclarations, les prédications peuvent sembler justement être peu de choses...
La prophétie concernant l'apôtre Paul annonçait qu'il avait été choisi, et qu'il allait particulièrement souffrir pour annoncer Jésus. Si nous avons évoqué les souffrances de ce monde, peut-être aussi les souffrances injustes et absurdes, nous n'avons pas encore évoqué la souffrance qui découle de notre fidélité au Christ. Nous comprenons au moins en partie les raisons de la violence qu'il va déchaîner.
D'abord il annonce Jésus alors que c'était déjà une levée progressive de bouclier contre cette annonce.
D'autre part Paul était un excellent juif, c'est-à-dire qu'il avait été juif avec rigueur, avec ferveur, avec intelligence, ayant été formé par les meilleurs maîtres de son époque.
Ensuite il ne se contente pas d'annoncer le Christ, il devient un contradicteur. Les Actes le présentent comme prouvant par les Ecritures que Jésus était le Christ.
Ensuite c'est un prédicateur à succès. Même si l'écho rencontré par sa prédication est parfois mauvais, moyen ou très bon, en tout cas c'est un prédicateur infatigable. Le plus souvent sa parole porte du fruit. Et il reste aussi longtemps qu'il le faut sur place, organise ses tournées, consolide le travail accompli, entretient une correspondance.
Ensuite c'est un prédicateur dont la prédication est accompagnée de signes miraculeux. C'est déjà ce qui avait occasionné de vives réactions de la part de ceux qui avaient décidés de faire exécuter le Christ. Face à une idée on peut, certes, opposer d'autres idées, mais face aux miracles que peut-on opposer ? On peut tout au plus faire taire, éliminer celui qui parle et agit. Et nous savons que c'est bien ce qui, au fil des ans, va arriver à Paul aussi. Il sera jeté en prison, le Nouveau Testament nous apprend qu'il va être jugé à Rome parce qu'il est citoyen romain. Et puis Paul disparaît, nous ne connaissons pas le dernier acte de sa vie.
Nous n'avons pas à mener la vie de Paul, à chacun sa vocation. Mais la fidélité au Christ nous amènera obligatoirement à parler et à agir, à cause de lui. Je laisse de côté ce qui pourrait être occasionné par notre maladresse pour ne retenir que l'aspect essentiel de la vérité. Oui il est vrai que nous sommes menés à témoigner, notre comportement sera aussi éthique. Quand on est honnête dans une entreprise, oui il y a un prix à payer. Quand on est vrai dans les rapports humains, oui cela aura des conséquences. Quand on refuse de se livrer à des formes de manipulations, quand on refusera des formes de débauches, quand on se refuse de réduire un homme ou une femme à un adversaire, quand on croit que la liberté et l'amour – aussi de la parole et des actions – sont tellement essentielle, oui pour certains c'est insupportable. Quand on rappelle que la grande valeur est celle de l'amour, de la solidarité, de la communion à la vérité et les uns avec les autres, oui il y aura bien un prix à payer. Et dans bien des pays, dans bien des conditions mentionner notre foi en Jésus suscite la moquerie, le rejet et même parfois la persécution.
« Déjà », « pas encore »... mais nous ne sommes pas de ceux qui retournent en arrière, nous allons vers le but, avec ceux et celles que nous entraînerons dans ce salut qui nous est si cher.
L'idée n'est pas de courir vers les difficultés mais, comme nous le disait Alain Arnoux dimanche, d'affermir notre visage pour tenir bon. Tenons bon et allons de l'avant. Amen.
nous continuons notre chemin de carême, nous continuons à sonder ce mystère partiellement révélé, celui de la souffrance. Nous disions la semaine dernière que la prédication du royaume était au coeur des prédications de Jésus. Le royaume est là; il est déjà là, mais il est encore à venir. Nous vivons ainsi entre un « déjà » et un « pas encore ». Déjà la victoire, mais encore les défaites. Encore des batailles perdues, mais déjà des victoires remportées... Sachant que la perspective générale est celle d'une certitude... même si les soubresauts agitent encore ce monde, tout est déjà gagnée, car nous connaissons l'issue finale.
Paul se trouve donc comme nous dans cette échelle du temps du salut. Déjà il annonce le Christ, déjà des gens se convertissent, déjà sa parole est accompagnée des signes du salut, mais encore pour un moment la rage de ceux qui ne veulent pas de Jésus, de ceux qui, emportés par un esprit d'opposition vont jusqu'à vouloir la mort de celui qui parle. Il faut croire que lorsque nous n'avons que la parole ce n'est pas peu de choses alors que parfois les mots, les déclarations, les prédications peuvent sembler justement être peu de choses...
La prophétie concernant l'apôtre Paul annonçait qu'il avait été choisi, et qu'il allait particulièrement souffrir pour annoncer Jésus. Si nous avons évoqué les souffrances de ce monde, peut-être aussi les souffrances injustes et absurdes, nous n'avons pas encore évoqué la souffrance qui découle de notre fidélité au Christ. Nous comprenons au moins en partie les raisons de la violence qu'il va déchaîner.
D'abord il annonce Jésus alors que c'était déjà une levée progressive de bouclier contre cette annonce.
D'autre part Paul était un excellent juif, c'est-à-dire qu'il avait été juif avec rigueur, avec ferveur, avec intelligence, ayant été formé par les meilleurs maîtres de son époque.
Ensuite il ne se contente pas d'annoncer le Christ, il devient un contradicteur. Les Actes le présentent comme prouvant par les Ecritures que Jésus était le Christ.
Ensuite c'est un prédicateur à succès. Même si l'écho rencontré par sa prédication est parfois mauvais, moyen ou très bon, en tout cas c'est un prédicateur infatigable. Le plus souvent sa parole porte du fruit. Et il reste aussi longtemps qu'il le faut sur place, organise ses tournées, consolide le travail accompli, entretient une correspondance.
Ensuite c'est un prédicateur dont la prédication est accompagnée de signes miraculeux. C'est déjà ce qui avait occasionné de vives réactions de la part de ceux qui avaient décidés de faire exécuter le Christ. Face à une idée on peut, certes, opposer d'autres idées, mais face aux miracles que peut-on opposer ? On peut tout au plus faire taire, éliminer celui qui parle et agit. Et nous savons que c'est bien ce qui, au fil des ans, va arriver à Paul aussi. Il sera jeté en prison, le Nouveau Testament nous apprend qu'il va être jugé à Rome parce qu'il est citoyen romain. Et puis Paul disparaît, nous ne connaissons pas le dernier acte de sa vie.
Nous n'avons pas à mener la vie de Paul, à chacun sa vocation. Mais la fidélité au Christ nous amènera obligatoirement à parler et à agir, à cause de lui. Je laisse de côté ce qui pourrait être occasionné par notre maladresse pour ne retenir que l'aspect essentiel de la vérité. Oui il est vrai que nous sommes menés à témoigner, notre comportement sera aussi éthique. Quand on est honnête dans une entreprise, oui il y a un prix à payer. Quand on est vrai dans les rapports humains, oui cela aura des conséquences. Quand on refuse de se livrer à des formes de manipulations, quand on refusera des formes de débauches, quand on se refuse de réduire un homme ou une femme à un adversaire, quand on croit que la liberté et l'amour – aussi de la parole et des actions – sont tellement essentielle, oui pour certains c'est insupportable. Quand on rappelle que la grande valeur est celle de l'amour, de la solidarité, de la communion à la vérité et les uns avec les autres, oui il y aura bien un prix à payer. Et dans bien des pays, dans bien des conditions mentionner notre foi en Jésus suscite la moquerie, le rejet et même parfois la persécution.
« Déjà », « pas encore »... mais nous ne sommes pas de ceux qui retournent en arrière, nous allons vers le but, avec ceux et celles que nous entraînerons dans ce salut qui nous est si cher.
L'idée n'est pas de courir vers les difficultés mais, comme nous le disait Alain Arnoux dimanche, d'affermir notre visage pour tenir bon. Tenons bon et allons de l'avant. Amen.
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carême 2009
Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 22 Mars 2009 à 07:45
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