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La prédication du pasteur Pierre Magne de la Croix est en ligne

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La prédication du pasteur Pierre Magne de la Croix est en ligne


La prédication du pasteur Pierre Magne de la Croix est en ligne

 1ème partie :
 
Notre cantate, sur le Psaume 115, est une bénédiction !
 
Bénir, c’est 3 choses :
C’est un geste, c’est une parole, et c’est lié à Dieu
 
1.
Bénir, c’est d’abord un geste.
Par les mains, par le regard, par un baiser, bénir est un geste qui touche le corps et le cœur :
-      un geste qui dit une proximité, un attachement, une dépendance: nous sommes si proche.
-      et c’est un geste qui dit une distance, avec un envoi, un élan : vas-y , tu peux y aller, je te fais confiance
C’est le « au revoir » ou bien le baiser du matin à l’enfant, qui part pour la journée.
 
2.
Et puis, 2ème aspect, « bénir » est une parole pour « dire du bien »
Mais ce n’est pas « dire du bien » DE quelqu’un,
c’est « dire du bien » POUR quelqu’un
Ce n’est pas  approuver, une personne,
C’est souhaiter du bien, gratuitement POUR la personne
La bénédiction prend un sens particulier en prison !
Car bénir ce n’est ni approuver, ni ignorer le passé, ni supprimer les difficultés à venir, ni éloigner les obstacles,
C’est dire : là où tu es, là où tu vas, dans ce que tu as à vivre tu n’es pas seul,
quoiqu’il en soit. qui que tu sois, où que tu ailles, je te veux, je te souhaite du bien, du mieux
 
3.
Enfin, 3ème aspect : je peux bénir au nom de Dieu
pour rappeler une présence, un accompagnement  de Dieu qui dit :,
tu comptes pour moi, tu es important pour moi, je te veux du bien, tu es inscrit dans ma mémoire – dit notre psaume
La bénédiction est ici comme une étape comme pour rappeler le fil rouge d’une présence qui nous veut du bien
C’est comme si, par un geste et une parole, la bénédiction condensait le temps en un instant :
Récapitulant le passé un passé, réactivant une mémoire,
et rendait présent un avenir pour dire dans l’instant tout le bien que – quoiqu’il en soit - Dieu veut.
 
Le geste, la parole, Dieu    Je prends quelques exemples,:
 
1.
Le premier exemple est la bénédiction de Jacob. Après une nuit de lutte, de combat, d’obscurité, symbole d’une vie tortueuse et difficile, Jacob va garder 3 marques,:
-      Il va boiter, car la vie laisse des blessures à vie
-      Il va changer de nom – il va devenir Israël, celui qui a combattu Dieu – car la vie change la personne
-      Il va demander et recevoir la Bénédiction de Dieu,
car Jacob, après cette nuit de lutte contre lui-même, contre Dieu, contre l’obscurité de sa vie, Jacob a besoin que Dieu, partenaire, adversaire, lui souhaite du bien : pour orienter sa vie vers du bien ; Jacob va pouvoir alors rencontrer son frère !
 
2.
Le 2ème exemple est personnel : c’est ma mère :
le jour où je prenais l’avion pour partir 11 mois dans un pays éloigné et fort agité, elle m’a embrassé sur le front de manière particulière et m’a dit : « bonne route, mon fils, vas-y» ,
Ce geste et cette parole disaient une tendresse, peut-être une inquiétude, mais surtout une confiance et un désir de bien : et ça fait du bien de savoir que l’on vous veut du bien
 
3.
Le 3ème exemple est une bénédiction entre 2 femmes : la jeune Marie, enceinte, porte la vie et a besoin d’être portée ; elle va rencontrer la vielle Elisabeth elle aussi enceinte, porteuse de vie.
Que se passe t-il ?
Elisabeth dit simplement : « tu es bénie, Dieu te veut du bien », et cette parole, cette bénédiction  donne à la jeune Marie le souffle, l’élan, la confiance  pour continuer, pour porter cette vie et sa vie. C’est bien, vas-y, tu es portée ! Et Marie commence par chanter :
 
4.
car chanter est une bénédiction !
Nous voici à notre cantate, une œuvre de jeunesse, écrite d’abord pour une bénédiction d’un couple lors de son mariage, là où bénir prend tout son sens, d’une parole qui souhaite du bien pour les deux qui vont marcher ensemble
Jean Sébastien Bach, lui,  met en musique la Parole de bénédiction : sereine, solide, joyeuse, confiante, entraînante, en do majeur
du psaume qui ditLe Seigneur Dieu vous inscrit dans sa mémoire, il nous mémorise, il nous bénit.
Le temps se condense dans la musique :
Nous sommes inscrits dans la mémoire de Dieu , le « denken an uns » du 1er chœur, se développe par couple de voix qui se répondent et se complètent joyeusement pour aboutir à l’affirmation calme, solide et heureuse : il nous bénit : er segnet uns
Et  cette bénédiction est reprise en fugue pour rappeler sereinement la présence de Dieu dans l’histoire par Ia maison d’Israël, par la maison d’Aaron dont nous sommes les enfants, les héritiers en bénédiction.
C’est une joie de s’en souvenir, avec des arabesques volubiles et joyeuses.
L’air de soprano puis le duo d’hommes élargissent alors cette bénédiction à tous les âges, petits et grands vous et vos enfants
-      Il y a récapitulation de notre passé :  Israël, Aaron
-      L’avenir, vos enfants est rendu présent
-      Il y a Condensation sur le présent, sur nous, sur vous
Et c’est joyeux, confiant, serein : laissons-nous porter par cette bénédiction

2ème partie :
 
La  bénédiction c’est aussi pour nous, ici et maintenant
 
C’est ce que nous dit le prélude du chœur final
Et quand Dieu donne la bénédiction c’est comme si le ciel et la terre se rencontraient calmement, sereinement : Himmel und Erde : Dieu et les humains se rencontrent
 
Tout est donné,       il n’y a plus rien à dire,
il n’y a plus rien à faire……….QUOIQUE
Tout est donné , mais tout reste à faire
Tout est dit……..  sauf un mot
Le mot de la fin qui est aussi la parole de départ :
AMEN     AMEN désigne
-      ce qui est solide,
-      ce à quoi je peux me confier,
-      ce qui oriente et soutient ma vie,
 
43 mesures pour ce AMEN final, en double fugue
-      une fugue calme posée, avec un saut d’octave et une descente comme pour dire qu’une parole descend vers nous pour rejoindre et partager nos vies
-      et une autre fugue , enjouée, virevoltant, où les voix  s’écoutent, se cherchent, se répondent, s’accordent, se confortent,    comme une réponse à la bénédiction qui précède, comme une approbation et une mise en route.
 
Les AMEN de cette fugue virevoltante commencent sur un QUART de soupir :
Tout commence par un soupir, comme un silence qui nous précède et nous invite à poursuivre
Le soupir, le silence parlent : ils sont cette bénédiction qui précède
Je vois dans cette fugue en AMEN, comme une caravane qui se met en marche,
et les gens, les 4 voix,
s’écoutent, se cherchent, se répondent, s’accordent, se confortent pour se dirent :
-      C’est bon, c’est solide, c’est la bonne direction
-      nous pouvons partir Amen : on y va
 
La fugue termine par 6 AMEN sans quart de soupir, ensemble, comme en communion,
Dans un calme tranquille, paisible
Tout  est donné, tout reste à faire :
le silence nous met en route

Ecoutez,
-        les AMEN qui se cherchent et s’accordent,
-        les quart de soupir qui donnent la légèreté et l’envol
-        Et la sérénité confiante des dernières paroles

AMEN



Rédigé par Bruno Holcroft le Dimanche 6 Juin 2010
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