La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

2011 : Toutes les prédications

Jésus était en route, en train de marcher, lorsque vint vers lui quelqu'un en train de courir...

Marc 10 v 17


Frères et sœurs nous allons méditer le récit d'une rencontre, celle d'un jeune homme – riche – notez bien qu'il est riche, avec Jésus.


Jésus était en route... il était en train de marcher lorsque vint vers lui quelqu'un en train de courir.


Presque tout est dit dans cette introduction. Le jeune homme courait comme nous courons souvent. Il courait parce qu'il avait tant d'affaires à régler, tant de priorités, tant d'objectifs. N'est-ce pas quand on est riche on a des responsabilités ! Peut-être vis à vis de son père ? Peut-être vis à vis de l'argent et des affaires qu'il gérait ? Alors il court. - Et nous où et pourquoi courons-nous ?

A tout ce qu'il voulait atteindre, gérer, posséder, il y avait aussi la religion. Là encore il voulait des garanties, là encore il avait un objectif. Il avait pourtant suivi l'équivalent de son catéchisme et il savait réciter les commandements. Jésus les lui rappelle et le jeune homme assure qu'il avait respecté tout cela depuis son enfance.

Alors ?

Normalement le pasteur dirait à ce type de paroissien que c'est très bien, qu'il est fidèle, voir même exemplaire ! Pourtant ça ne va pas, il sent qu'il manque quelque chose, quelque chose qu'il voudrait acquérir.

Jésus le regarda avec amour et lui dit qu'il ne lui manquait rien, mais qu'au contraire il avait des choses en trop. Pour ce jeune homme, sa richesse, sa gestion, ses priorités, en un mot, sa course l'empêchait de marcher.


Jésus était en route... il était en train de marcher, lorsque vint vers lui quelqu'un en train de courir.


Le jeune homme cherchait la vie, la vie éternelle. La question est celle du sens et du rythme. Saisir la vie éternelle, entrer dans la vie éternelle souligne que

-     notre vie peut être entièrement absorbée par des nécessités pour gagner le pain quotidien.

-    notre vie peut connaître une profondeur ou une superficialité.

-    notre vie peut être dispersée au gré de tant d'événements qui ne sont en fait que secondaires. Nous savons bien que nous sommes dans une société matérialiste, souvent hédoniste.


La vie éternelle c'est se tenir dans la profondeur, dans le sens, dans la vérité.

Je voudrais répéter ce qu'un théologien du nom de Paul Tillich, disait : nous pouvons remplacer le terme de Dieu par celui de profondeur. Croit-on qu'il y a un Dieu ? Les réponses peuvent évidemment varier. Mais en tout cas que penser d'un homme ou d'une femme qui dirait que la vie n'est que superficielle et qu'elle n'aurait pas de profondeur ? Ce ne serait pas recevable.

Bien entendu il y a la superficie des choses, mais bien des aspects très importants ne sont vus, pas compris du premier coup. Les plus importants sont de l'ordre de la profondeur et le temps des cultes des dimanches matin favorisent cette profondeur.

Il faut des temps pour se poser, des temps pour regarder à nouveau sa boussole, des temps pour vérifier que nous sommes bien à l'écoute de ce qui est vrai. L'écume des jours, l'écume des infos, l'écume de nos agitations, l'écume de nos sens, tout cela ne nous sauve pas. C'est sur ce terrain de la profondeur qu'il faut se placer pour vivre vraiment, c'est la sagesse qui fait trop défaut.


Jésus était en route... il était en train de marcher, lorsque vint vers lui quelqu'un en train de courir.


La Bible décrit notre vie et décrit notre âme – c'est-à-dire le centre de notre vie – comme l'objet d'une âpre lutte. Elle insiste pour dire que nous, nos contemporains, notre monde, sommes en danger et qu'il faut mener un combat à ne pas perdre de vue.

Être sauvé ne concerne pas en premier un lieu dans lequel nous passerons l'éternité, être sauvé c'est que notre âme, le lieu de conjonction de notre volonté, notre compréhension, notre histoire, ce qui fait notre identité la plus profonde avec tous ses choix, que notre âme soit sauvée.

Nous vivons une époque où nous disons trop fortement que chacun a sa vie et son destin, nous disons trop vite que chacun est libre et seul, nous raisonnons la vie comme si nous étions au centre de tout. La Bible ne dit pas que l'homme est seul, elle dit que nous sommes tous plongés en une même réalité qui veut être réorientée vers la fraternité. Notre combat n'est pas le succès d'une confession particulière, notre combat est tout simplement que l'homme soit de plus en plus humain et qu'il ne se trompe pas quant aux batailles qu'il livre.


25Il est difficile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, mais il est encore plus difficile à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu.


Le chat de l'aiguille, c'est cette porte par laquelle on entrait dans la ville. Dès lors que les portes étaient fermées, pour entrer dans la ville un chameau devait être complètement déchargé de ses ballots et harnachements et c'est à genoux, en rampant péniblement, qu'il pouvait entrer dans la ville.


C'est aussi pour cette raison que nous prions les mains ouvertes, vides et nues. Prier c'est se tenir ainsi en simplicité, en humanité, c'est alors que commence la vie éternelle, c'est alors que nous avons cet accès au père d'amour, que la course cesse et que la marche avec Dieu commence.

Rédigé par Bruno Holcroft le Mercredi 4 Janvier 2012
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