Fête des récoltes et des moissons 2010
Chers frères et soeurs après cette belle histoire du « cercle de la joie » destinée aux plus jeunes, ouvrons la Bible pour lire le texte du jour.
2 Corinthiens 9 v 6 - 15 6En fait, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème largement moissonnera largement. 7Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie. 8Et Dieu a le pouvoir de vous combler de toutes sortes de grâces, afin que, disposant toujours, à tous égards, de tout le nécessaire, vous ayez encore en abondance pour toute œuvre bonne, 9ainsi qu'il est écrit :
Il a répandu ses bienfaits, il a donné aux pauvres ;
sa justice demeure pour toujours.
10Or celui qui fournit de la semence au semeur et du pain pour la nourriture vous fournira la semence, la multipliera et fera croître le produit de votre justice. 11Vous serez ainsi riches de tout, pour toute la générosité qui produira, par notre entremise, des actions de grâces envers Dieu.
12Car le ministère de cette offrande, non seulement supplée à ce qui manque aux saints, mais encore fait abonder les actions de grâces envers Dieu. 13Du fait de la valeur éprouvée de ce ministère, ils glorifient Dieu pour l'obéissance avec laquelle vous reconnaissez publiquement la bonne nouvelle du Christ et pour la générosité de votre solidarité avec eux et avec tous. 14C'est avec une vive affection qu'ils prient pour vous à cause de la grâce surabondante que Dieu vous a faite. 15Grâce soit rendue à Dieu pour son don ineffable !
L'apôtre Paul organise une collecte en faveur des chrétiens de Jérusalem qui souffraient de la famine. Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte. Le don est cet acte de solidarité montre le lien unissant les chrétiens dans le monde. C''est pour la même raison qu'une partie de l'argent que nous collectons durant les cultes, ou que nous remettons en réponse à l'appel financier, est destiné à des oeuvres protestantes de par le monde.
Il est bon de rappeler de temps en temps les fondamentaux, la base, quelques principes essentiels. Dans bien des pays du monde on ne mange pas à sa faim, pire dans bien des pays on meurt de faim, dans tant de pays on est juste propriétaire de la chemise que l'on a sur le dos.
Il faut imaginer la joie de ceux qui reçoivent, surtout justement quand ils sont dans la détresse et se posent ces questions si fondamentales : Comment faire pour avoir de l'eau ? Comment faire pour que mes enfants puissent apprendre à lire et à écrire ? Comment faire pour me soigner ? Comment faire pour parvenir à me nourrir ?
J'ai volontairement pris les besoins fondamentaux, car ce que nous soutenons, au près comme au loin, se situe bien dans ce domaine. Nous accompagnons des projets de solidarité, l'Église – toutes les Eglises de par le monde - est une institution qui envoie des milliers d'hommes ou de femmes. Nous avons en tête des actions caritatives comme le restaurant du coeur, ou le Sidaction (lutte contre le Sida) – mais souvenons-nous de ces nombreux envoyés qui ne font pas la une des médias mais qui apportent, de notre part, une aide si précieuse.
Il ne s'agit pas seulement d'avoir pitié, il s'agit d'être solidaires, joyeusement solidaires. Car qu'est-ce qu'une Eglise ? C'est un lieu où nous mettons en pratique les commandements du Christ, c'est un lieu où nous commençons à vivre cette dimension que Jésus appelait le royaume de Dieu. Le royaume est là où deux ou trois sont réunis en mon nom... C'est un lien qui unit tous ceux qui entrent dans cette réalité d'humanité, de partage, d'espoir. L'Église un lieu dans lequel nous venons nous reposer, c'est aussi un cercle dans lequel nous entrons pour travailler.
L'apôtre Paul s'exclame que lorsque des biens arrivent aux destinataires, ce sont des louanges qui montent vers Dieu !
Faire un don ce n'est pas regarder de l'argent partir, c'est regarder un homme qui est aidé. C'est le royaume qui est transposé dans une dimension sensible. Faire un don ce n'est pas regretter ce que l'on ne gardera pas pour soi, mais c'est participer au commandement d'amour. Il suffit de penser à ses enfants, ce que nous donnons n'est pas perdu, c'est une aide, une manifestation de l'amour. Et dans ce domaine, dans notre paroisse, nous avons quelque chose à améliorer. Nous ne savons pas qui sont ceux et celles qui reçoivent une partie de nos dons ! C'est pour cette raison que deux fois l'an nous organisons désormais des cultes missionnaires. Nous voulons mettre des noms et des situations derrière les chiffres. Rendez-vous le 2ème dimanche de décembre et le 2ème dimanche (ou 3ème) du mois d'avril. Ceux qui auront été sur place témoigneront de ce qu'ils ont vu, compris, organisé.
En réalité nous ne donnons pas de l'argent en réponse à l'exigence de telle ou telle institution, nous donnons parce que, comme des ONG, nous voulons que le monde aille moins mal. Je devance une objection : Non, nos dons ne suffiront pas à guérir le monde entier. Mais pour celui ou celle qui reçoit le don, quelle reconnaissance ! Nombre d'entre nous sont des anciens qui se souviennent des destructions et des privations de la guerre. Voir arriver un colis, voir arriver une couverture, bénéficier au moins de quelques soins, voir arriver un homme ou une femme qui, même s'il ne peut nous aider, nous donne au moins une présence amicale. Oh comme ils étaient reconnaissants. La journée mondiale de prière du 1er vendredi du mois de mars s'inscrit aussi dans cette logique.
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La Bible nous exhorte à ne pas regarder nos biens avec la folie de ce riche qui voulait agrandir ses greniers et sa maison. Le jour où ce dernier se présentera devant Dieu il sera pauvre et ses biens seront dispersés. Tout ce que nous aurons commencé à vivre ici sera prolongé là-bas. Les uns pour leur malheur, les autres pour leur bonheur.
La solidarité c'est parvenir à résister à ce qui est de l'ordre de la fatalité. La solidarité permet que nous évoluions vers une espérance. Elle ouvre des portes, permet la reprise de chemins. Mieux encore qu'une assurance souscrite quelque part, mieux vaut avoir un frère, une famille sur qui compter.
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Nous nous réjouissons aujourd'hui de ces fruits et légumes, nous nous réjouissons de pouvoir les donner. Ces dernières années nous avons pris conscience qu'un dérèglement climatique pouvait en l'espace de quelques semaines amener des catastrophes et montrait nos fragilités. Il suffit de penser au Pakistan, une grande partie du pays recouvert d'eau ! Quelle catastrophe. Un barrage se rompt, un puits de pétrole fuit, le niveau de la mer qui monte, les ouragans aux Etats-Unis, des tsunamis qui se répètent. Nous avons pris conscience que non seulement il fallait réduire notre pollution, mais que la fragilité est à nouveau à l'ordre du jour. La Russie n'exportera pas de blé l'année prochaine ! Certaines nouvelles maladies apparaissent ! Il ne s'agit pas d'alimenter une peur, mais de redire l'humble place de l'homme dans la création, de rendre grâce à Dieu pour nos récoltes et d'accepter de faire fonctionner nos solidarités.
L'humble place de l'homme ? Cette place est glorieuse lorsque l'homme s'élève au-dessus des égoïsmes, au-dessus du mercantilisme, au-dessus des folies, lorsqu'il marche humblement avec son Dieu et que, comme le prophète le disait, nous réparons les brèches, quand nous nous levons pour la justice et le droit. L'homme dont la main se crispe pour retenir ses biens est en train de mourir, l'homme qui ouvre la main, esquisse le geste de la paix, de la bénédiction.
Frères et soeurs vivrons-nous ainsi ?
Amen, c'est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.