La vie de la paroisse de Niederbronn-les-Bains & Les informations régionales protestantes

2010 Prédications

Chère vierge Marie

Une prédication du pasteur Bruno Holcroft dans la paroisse de Niederbronn les Bains
Luc 1 v 26-33;38


Chers frères et sœurs
Le récit est bien connu et nous voulons ce matin nous arrêter sur trois aspects.
D’abord je voudrais souligner ce qui est habituel.
 
Elle s’appelait Marie, c’est un prénom courant, comme le sont les prénoms courants dans notre région. On retrouve plusieurs « Marie » dans les évangiles, c’est un nom qui n’était pas particulièrement significatif car Marie aurait, d’après les dictionnaires en ma possession, soit une étymologie égyptienne dont la racine signifie probablement « aimer ». Un prénom qui correspond donc facilement à ce que ressentent bien des femmes. Prêtes à aimer, étant aimée, donnant de l’amour. Associer un prénom féminin à la valeur universelle de l’amour, c’est donc très positif et en même temps courant.
L’étymologie araméenne quant à elle indiquerait que Marie signifierait « Dame » ou « Maîtresse », autrement dit son nom renverrait à une position de Dame, de maîtresse de maison, une position de respect et d’autorité dans un cercle familial. Nous disons, nous aussi, facilement à quelqu’un « Madame ». C’est, comme déjà dit, un prénom courant, un statut usuel.
Marie était une jeune fille, une adolescente vierge, là encore c’était courant. La sexualité se vivait dans le cadre du mariage.

Elle habitait en Galilée… beaucoup habitaient en Galilée. Au moment de l’appel de l’ange son prénom est conservé, il n’est pas changé pour correspondre à l’annonce qui lui est faite. Moïse a été appelé ainsi parce qu’il avait été sauvé des eaux, Abram (Le Père est exalté) changera de nom pour s’appeler (Abraham, (Père d’une multitude) afin que son nom corresponde à sa mission. Jésus lui-même sera appelé Jésus-Christ, celui sur qui repose l’Esprit, celui qui a été désigné par le Père, pour que le nom corresponde à sa vocation.
Marie s’appelait simplement Marie, et continuera à s’appeler Marie.

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Cependant Marie est choisie entre toutes les jeunes filles. Un choix qui n’est pas lié au hasard, elle devait posséder des caractéristiques qui font qu’elle a été retenue et non une autre. Nous ne connaissons comme caractéristiques que sa réponse. C’est en cela qu’elle est exceptionnelle. Elle accepte que sa vie soit bousculée alors que son avenir était tout tracé. Elle allait épouser Joseph.
Une annonce, une parole la rencontre. Devant le choix de Dieu, elle accepte avec simplicité, avec confiance, avec soumission. Que comprend-elle des conséquences de ce choix ? Que comprend-elle du rôle que jouera son fils ? Sait-elle que dans sa vie aussi il y aura la joie et la croix ?
 
L’ange lui annonce qu’elle sera enceinte. Soit.
Ce sera un garçon. Soit.
Elle lui donnera le nom de Jésus. Soit.
Il sera quelqu’un d’important. Soit encore.
 
« Il sera Fils du Très-haut », c’est là nous sentons la montée progressive dans l’annonce. Dire de quelqu’un qu’il est « fils du Très Haut », c’est un terme habituellement destiné aux plus puissants, aux rois ! On indique dans le titre la proximité du ciel ! Il sera héritier du trône de David. Il faut rappeler ici que dans la grande histoire des rois d’Israël est remplie de drames, d’assassinats, de complots, de guerres et de guerres de successions, les dynasties étaient loin d’être stables et encore moins éternelles. A David, roi d’Israël, Dieu avait promis une dynastie qui ne s’éteindrait jamais. Une dynastie éternelle. Jésus serait de cette lignée, il serait un successeur de David, il monterait sur le trône ! L’ange ajoute encore « Il régnera éternellement ».
Marie répond avec simplicité, « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

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Nous pouvons approfondir la dimension spirituelle de Marie. Elle était donc vierge. La virginité de son corps signifiera bien entendu que le Père de celui qui allait naître sera, justement, « Le Très haut » que nous avons mentionné.
Nous allons dire à présent à quel point nous pouvons, nous – toute l’humanité – ressembler à la vierge Marie.
La virginité signifie aussi le besoin d’aide, l’impossibilité de donner la vie sans autre recours. La virginité signifie spirituellement aussi un état de consécration, un état de séparation quand cette virginité est poursuivie volontairement dans la vie.
Le basculement a lieu justement à ce moment-là. Marie, acceptons de nous identifier à elle, est une femme comme nous, mais c’est à nous de devenir une femme comme elle. C’est cette acceptation de l’irruption d’une parole qui la rend si proche, si unique.
Des paroles de la Bibles nous en entendons souvent. Ces paroles sont des histoires, des enseignements, des promesses, des volontés. Acceptons cette image, ces paroles nous sont adressées comme si un ange nous les annonçait. Ces paroles demandent une écoute, une acceptation, une réception au plus intime de nos vies. Etre comme Marie, c’est prendre au sérieux une parole qui nous est adressée. Et cela nous pouvons tous le faire.
L’idée est de laisser féconder nos vies, l’idée est de laisser déposer en nous les germes d’une réalité appelée  à grandir.
 
Le chemin est tout tracé, il est facile de comprendre ce qui veut grandir en nous. C’est la compréhension que nous avons du Christ. Parcourons une nouvelle fois ce qui a été dit à Marie. Ce serait un homme, qui portera un nom. Il sera le Fils du Très Haut, il sera celui qui régnera éternellement. A nous de considérer ce qu’il est pour nous et de nous situer dans la progression qu’indique le texte.
-        Si nous disons qu’il est un homme et qu’il s’appelait Jésus, nous ne sommes qu’au début de ce chemin.
-        Il sera grand, - il a été important – c’est encore dire bien peu…
-        C’est quand nous confessons que nous sommes devant celui qui détient éternellement le pouvoir, devant celui qui détient l’autorité sur nos vies, c’est là que nous vérifions que nous allons bien fêter Noël.
Ce matin il me semble une nouvelle fois entendre qu’une nouvelle réalité doit naître en nous, « Il faut que tu naisses de nouveau ». Une parole veut être acceptée afin qu’elle trouve en nous, l’oreille, l’intelligence, la volonté, la confiance.

Marie avait bien sa religion, pourtant elle est entrée dans la nouveauté. Elle était bien dans une perspective de vie, pourtant elle a accepté simplement le changement. Elle avait bien ses opinions, mais pourtant elle répond simplement, librement, entièrement, a ce qui lui a été annoncé. Elle accepta que le service d’une cause soit plus important que sa vie personnelle.
Les uns et les autres nous avons grandi dans une religion et souvent vécu la fidélité à une confession. Aujourd’hui cette parole adressée à Marie et d’une autre catégorie, celle d’une irruption, d’une aventure, d’un lien avec l’histoire du Salut, afin que s’écrive l’histoire de l’Eglise. Aucun de nous n’a la vérité, mais nous avons tous à être entraînés par cette vérité à la suite de ce qui est la vraie vie.
Nous lisons la Bible, nous écoutons des sermons, nous fréquentons des groupes ou des assemblées et nous devons nous interroger aujourd'hui. Ce qui est dit nous est dit à nous, à toi. Cela est dit à celui ou à celle qui reçoit cette parole comme la parole de l’ange.
 
Nous existons par une appartenance, mais nous existons par une réponse à la parole prononcée. Une promesse veut nous entraîner pour exister, pour sortir, pour vivre l’aventure de la foi. Dans nos groupes nous pourrions nous dire les uns aux autres quelle parole de la Bible nous a entraînés hors des chemins connus d’avance.
-        Peut-être avons-nous à prendre tout simplement au sérieux la parole qui nous dit que nos péchés sont pardonnés ? !
-        Peut-être faut-il recevoir pour soi que Dieu ne se confond pas avec les bondieuseries et tout le charabia sans queue ni tête des généralités bavardées !?
-        Peut-être faut-il reprendre au sérieux l’étude de la Bible !? Moins de télévision, plus de profondeur  ?!
-        Peut-être est-ce  le culte lui-même qu’il faut reprendre au sérieux. Rendre un culte à Dieu n’est certainement pas facultatif !
-        Peut-être est-ce de se décentrer de soi-même, et comme Marie, se mettre au service d’une cause autrement importante ?!
-        Etc.
 
Nicodème, ce célèbre personnage biblique s’est fait dire par Jésus qu’il fallait naître d’en-haut, d’eau et d’Esprit. Il fallait « naître de nouveau » pour comprendre, pour entrer dans la dimension du Royaume. Comme Marie, recevoir la parole qui change la vie, qui change la destinée.
Terminons par cette parole de Jésus quand sa famille, croyant qu’il déraisonnait, voulait le récupérer, l’assagir, le protéger. Jésus répondit « Quiconque fait la volonté de Dieu est mon frère, ma sœur, ma mère… » Ce lien si intime et si fort se vit dans la réception, dans l’acceptation de sa parole.

Frères et sœurs, vivrons-nous ainsi ?
Amen, c’est vrai, nous le croyons et voulons vivre ainsi.
 
 




Rédigé par Bruno Holcroft le Mardi 21 Décembre 2010
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